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lundi 13 septembre 2010
Vies de Saints : Extraits du Grand Synaxaire de la Sainte Eglise Orthodoxe.
SAINTS JACQUES (+1569) ET JEAN (+1566) DE MENIUGI, NOVGOROD
Ils étaient frères selon la naissance, enfants d'un Couple Pieux, Isidore et Barbara. Ils furent
tués par des mécréants (Jacques à l'âge de trois ans et Jean à l'âge de cinq). Entre les années
1682-1689, on retrouva leurs Reliques incorrompues et elles furent placées dans un reliquaire
2
à l'église de la Trinité du village de Meniuzh dans le diocèse de Novgorod sur le site de
l'ancien Monastère de la Trinité.
NATIVITE DU VENERABLE ET GLORIEUX PROPHETE ET PRECURSEUR JEAN LE
BAPTISTE.
Dès que l'Archange Gabriel eut quitté la Très Sainte Mère de Dieu après lui avoir annoncé la
Bonne Nouvelle de son enfantement virginal en prenant pour preuve de ses dires la
conception de sa cousine Elisabeth, Marie se rendit en hâte en Judée dans le village* où
demeuraient Zacharie et Elisabeth. Elle salua sa cousine et aussitôt le foetus de six mois
tressaillit d'allégresse dans le sein d'Elisabeth, se faisant Précurseur du Sauveur avant même
sa naissance et remplie d'Esprit Saint, Elisabeth prêta sa voix au Prophète et s'écria : "Bénie
es-Tu entre toutes les femmes et béni soit le Fruit de Ton sein! Comment m'est-il donné que
vienne à moi la Mère de Mon Seigneur? (Luc 1:39-44). Marie lui répondit par son admirable
Cantique d'Action de Grâces : "Mon âme exalte le Seigneur...**" Elle resta trois mois auprès
d'Elisabeth, l'assistant et s'entretenant avec elle des Merveilles de Dieu puis rentra chez elle.
* Aïn Karim, à 6 km à l'Ouest de Jérusalem.
** Le Magnificat, Luc 1:46-56 que l'on chante chaque jour, au début de la 9ème Ode de l'Orthros.
Le temps étant accompli où Elisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils que fut
accueilli avec joie et allégresse par sa parenté et par tout le voisinage. Le huitième jour alors
qu'on procédait à la circoncision du nouveau-né, on voulut lui donner le nom de son père,
Zacharie, selon la coutume. Mais Elisabeth prit la parole et dit de manière catégorique : "Non,
il s'appellera Jean!" (Luc 1:59). Les assistants lui objectèrent que personne de sa parenté ne
portait ce nom et s'adressant par signes à Zacharie qui était resté sourd et muet depuis la visite
de l'Archange Gabriel, on lui demanda son avis. Celui-ci demanda une tablette et
Ils étaient frères selon la naissance, enfants d'un Couple Pieux, Isidore et Barbara. Ils furent
tués par des mécréants (Jacques à l'âge de trois ans et Jean à l'âge de cinq). Entre les années
1682-1689, on retrouva leurs Reliques incorrompues et elles furent placées dans un reliquaire
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à l'église de la Trinité du village de Meniuzh dans le diocèse de Novgorod sur le site de
l'ancien Monastère de la Trinité.
NATIVITE DU VENERABLE ET GLORIEUX PROPHETE ET PRECURSEUR JEAN LE
BAPTISTE.
Dès que l'Archange Gabriel eut quitté la Très Sainte Mère de Dieu après lui avoir annoncé la
Bonne Nouvelle de son enfantement virginal en prenant pour preuve de ses dires la
conception de sa cousine Elisabeth, Marie se rendit en hâte en Judée dans le village* où
demeuraient Zacharie et Elisabeth. Elle salua sa cousine et aussitôt le foetus de six mois
tressaillit d'allégresse dans le sein d'Elisabeth, se faisant Précurseur du Sauveur avant même
sa naissance et remplie d'Esprit Saint, Elisabeth prêta sa voix au Prophète et s'écria : "Bénie
es-Tu entre toutes les femmes et béni soit le Fruit de Ton sein! Comment m'est-il donné que
vienne à moi la Mère de Mon Seigneur? (Luc 1:39-44). Marie lui répondit par son admirable
Cantique d'Action de Grâces : "Mon âme exalte le Seigneur...**" Elle resta trois mois auprès
d'Elisabeth, l'assistant et s'entretenant avec elle des Merveilles de Dieu puis rentra chez elle.
* Aïn Karim, à 6 km à l'Ouest de Jérusalem.
** Le Magnificat, Luc 1:46-56 que l'on chante chaque jour, au début de la 9ème Ode de l'Orthros.
Le temps étant accompli où Elisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils que fut
accueilli avec joie et allégresse par sa parenté et par tout le voisinage. Le huitième jour alors
qu'on procédait à la circoncision du nouveau-né, on voulut lui donner le nom de son père,
Zacharie, selon la coutume. Mais Elisabeth prit la parole et dit de manière catégorique : "Non,
il s'appellera Jean!" (Luc 1:59). Les assistants lui objectèrent que personne de sa parenté ne
portait ce nom et s'adressant par signes à Zacharie qui était resté sourd et muet depuis la visite
de l'Archange Gabriel, on lui demanda son avis. Celui-ci demanda une tablette et
Vies de Saints : Extraits du Grand Synaxaire de la Sainte Eglise Orthodoxe.
23 juin – 6 juillet 2010
Cycle mobile (Pascalion): Mardi de la Septième Semaine
Lecture de l’Epître
1Cor VI : 20-VII : 12
6.20 Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans
votre esprit, qui appartiennent à Dieu.
7.1 Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit, je pense qu'il est bon pour l'homme
de ne point toucher de femme. 7.2 Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa
femme, et que chaque femme ait son mari. 7.3 Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit,
et que la femme agisse de même envers son mari. 7.4 La femme n'a pas autorité sur son propre
corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais
c'est la femme. 7.5 Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un
temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par
votre incontinence. 7.6 Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre. 7.7 Je voudrais
que tous les hommes fussent comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un
d'une manière, l'autre d'une autre. 7.8 A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu'il
leur est bon de rester comme moi. 7.9 Mais s'ils manquent de continence, qu'ils se marient; car
il vaut mieux se marier que de brûler.
7.10 A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se
sépare point de son mari 7.11 (si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se
réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. 7.12 Aux autres, ce n'est
pas le Seigneur, c'est moi qui dis: Si un frère a une femme non-croyante, et qu'elle consente à
habiter avec lui, qu'il ne la répudie point;
Lecture de l’Evangile
Matthieu XIV : 1-13
14.1 En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs:
C'est Jean Baptiste! 14.2 Il est ressuscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des
miracles. 14.3 Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l'avait lié et mis en prison, à cause
d'Hérodias, femme de Philippe, son frère, 14.4 parce que Jean lui disait: Il ne t'est pas permis de
l'avoir pour femme. 14.5 Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu'elle
regardait Jean comme un prophète. 14.6 Or, lorsqu'on célébra l'anniversaire de la naissance
d'Hérode, la fille d'Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, 14.7 de sorte qu'il
promit avec serment de lui donner ce qu'elle demanderait. 14.8 A l'instigation de sa mère, elle
dit: Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. 14.9 Le roi fut attristé; mais, à cause de
ses serments et des convives, il commanda qu'on la lui donne, 14.10 et il envoya décapiter Jean
dans la prison. 14.11 Sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa
mère. 14.12 Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l'ensevelirent. Et ils allèrent
l'annoncer à Jésus.
14.13 A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l'écart dans un
lieu désert; et la foule, l'ayant su, sortit des villes et le suivit à pied.
Cycle fixe : Commémorations
SAINT HIEROMARTYR FELIX (+274)
Prêtre et Martyr à Sutri en Toscane sous Aurélien, le bourreau frappa sur sa bouche avec une
pierre jusqu'à ce qu'il rendit son âme à Dieu.
2
SAINT MARTIN DES ORMEAUX (+7°.S.)
Evêque de Saint-Paul-Trois Châteaux et devenu lépreux après quelques années d'un ministère
pastoral fort édifiant, il dut se retirer dans une solitude où il eut beaucoup à souffrir en raison
de sa maladie. Ses fidèles édifièrent une chapelle à Taulignan en son honneur. Ses Reliques
furent ensuite translatées à Valréas dans la chapelle des Cordeliers.
SAINTE MARTYRE AGRIPPINA DEROME ET SES COMPAGNES SAINTES
MARTYRES PAULA, BASSA ET AGATHONICA (+253-260)
Agrippina naquit et fut élevée à Rome. Dès son enfance, elle s'entraîna à mener une vie
évangélique, éloignant d'elle les mauvaises passions loin de son coeur et le remplissant de
pureté, de la virginité et de la chasteté. Comme Epouse du Christ, elle souffrit durant le règne
de l'empereur Valérien. En l'an 275 elle endura les coups de bâton jusqu'à ce que ses os soient
brisés. Sainte Agrippina rendit son âme à Dieu. Ses compagnes, Bassa, Paula et Agathonice
transférèrent ses Reliques en Cilicie et l'y enterrèrent honorablement.
Une église y fut par la suite bâtie en l'honneur de Sainte Agrippina. D'innombrables Miracles
eurent lieu sur ses Reliques. Par la puissance de ses Reliques, même les musulmans
(Hagarènes) se détournèrent de la ville où reposaient ses Reliques. Sainte Agrippina se reposa
en l'an 275 et fut couronnée de Gloire. Au dixième siècle, les Reliques de la Sainte Martyre
Aggrippina furent translatées à Constantinople.
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SAINT ARTEMIUS DE VERKOLA (+ 1545) 20 octobre - 23 juin
Il naquit au village de Dvina Verkola vers 1532. Fils de Pieux Parents, Artémius était un
enfant courageux, doux et diligent pour tout bien à accomplir. En 1545, Artémius âgé de
douze ans étant aux champs avec son père, fut pris par surprise par une tempête. Un coup de
foudre éclata au-dessus de leurs têtes et l'enfant Artemius tomba mort. Des gens pensèrent que
c'était un signe du Jugement de Dieu, dès lors ils abandonnèrent le corps dans une forêt de
pins sans funérailles et sans sépulture. Quelques années plus tard, le Lecteur du village aperçu
une Lumière au-dessus du lieu où on retrouvera le corps incorrompu de Saint Artemius.
Emmenées à l'église Saint-Nicolas en 1577, les Saintes Reliques devinrent source de nombre
de guérisons. On bâtit par la suite un monastère dans ce village appelé le Verkola. En 1918,
les soviets impies hachèrent menu les Saintes Reliques et les jetèrent dans un puits.
SAINT JOSEPH DE ZAONIKIEV, VOLOGDA (+1612) 21 sept. – 23 juin
Paysan de la région de Vologda en Russie, il menait une vie modeste quand il commença à
perdre la vue. Il demande l'Intercession de la Mère de Dieu et devant Son Icône, il retrouva la
pleine vision de ses yeux. Devant ce Miracle, les villageois édifièrent une chapelle et quelques
cellules pour un monastère dont notre Saint refusa de devenir le premier Higoumène en
feignant la simplicité d'esprit. Il vécut ainsi trente ans dans la prière, les privations ascétiques
et la joie.
ou
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Hilarion, paysan du village d'Oboukhovo dans la région de Vologda, menait une vie modeste
et laborieuse jusqu'au jour où le Seigneur le visita pour l'éprouver et il commença à perdre la
vue. La misère le menaçait mais Hilarion ne désespérait pas. Il se rendit dans les différentes
églises de la contrée et demanda qu'on célèbre pour lui des Offices d'intercessions. Un jour,
lors de la Divine Liturgie, un homme merveilleux tout de blanc vêtu et qui disait se nommer
Cosme, lui apparut et le bénit en lui promettant une guérison prochaine.
Lorsque le lendemain Hilarion se présenta de nouveau à l'église, les Saints Anargyres Cosme
et Damien lui apparurent et lui dirent qu'ils avaient été envoyés par la Très Sainte Mère de
Dieu Qui voulait le guérir. Une Icône de la Mère de Dieu apparut alors, brillante comme les
rayons du soleil et une voix en sortit, ordonnant de nettoyer cet emplacement et d'y ériger une
Croix.
A peine Hilarion eut-il vénéré l'Icône qu'il fut guéri. Plein de joie spirituelle, il retourna au
village annoncer ce qui s'était passé. Les villageois se rassemblèrent, nettoyèrent l'endroit,
dressèrent une Croix et édifièrent une chapelle pour recevoir l'Icône qui dès lors accomplit de
nombreux Miracles. Ayant été informé, l'Evêque [lequel???] décida de fonder un monastère
en ce lieu et le premier Moine en fut Hilarion qui reçut le nom de Joseph. Il refusa pourtant la
charge d'Higoumène, simulant la simplicité d'esprit et il vécut là dans l'humilité et les labeurs
ascétiques agréables à Dieu pendant trente années. Il passait les longues nuits d'hiver sans
dormir, debout en prière devant l'Icône miraculeuse. Saint Joseph s'endormit dans le Seigneur
le 21 septembre 1612 dans une grande joie, rendant Grâces à Dieu en se remémorant tous les
Miracles dont il avait été le témoin. Il fut inhumé dans la chapelle de la Mère de Dieu où de
nombreux Miracles continuèrent de s'accomplir par la suite.
Lorsque le lendemain Hilarion se présenta de nouveau à l'église, les Saints Anargyres Cosme
et Damien lui apparurent et lui dirent qu'ils avaient été envoyés par la Très Sainte Mère de
SAINTS ANTOINE ET JONANNICUS, HIGOUMENES DU MEME MONASTERE DE
ZAONIKIEV (+17°.S.)
Ils menèrent une vie d'Ascète au Monastère de Saint Joseph de Zaonikiev.
Saint Gaïos
SAINT HIEROMARTYR EUSTOCHIOS ET DE SES COMPAGNONS : GAÏOS, LOLLIA
(OU LOULO), PROBE ET URBAIN D'ANCYRE (+300-305)
Saint Eustochios était prêtre des idoles de la ville d'Ousade dirigée par le gouverneur Agrippa
au temps de Maximien (285-305). Devant le spectacle des foules de Martyrs chrétiens qui
s'offraient généreusement à la mort pour le Sauveur et qui accomplissaient quantité de
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Miracles, il rejeta l'illusion des idoles et se présentant à Eudoxe l'Archevêque d'Antioche, il
fut baptisé puis ordonné Prêtre. Ayant retrouvé ses trois enfants Lollia, Probe et Urbain ainsi
que son neveu Gaïos dans un village de Lycaonie, Lystra, Eustochios les instruisit de la Foi en
Jésus-Christ et les baptisa ainsi que tout le reste de sa parenté. Continuant sa route, il fut arrêté
par les païens et conduit devant le gouverneur. Comme il confessait sans crainte le Sauveur,
celui-ci ordonna de lui lacérer les flancs. Il fut ensuite livré au gouverneur d'Ancyre, Agrippin
avec ses disciples mais aucun d'entre eux ne consentit à renier le Christ pour épargner sa vie
charnelle. Les bourreaux s'emparèrent alors de Sainte Lollia et de son frère Urbain et les ayant
attachés l'un en face de l’autre, ils leur lacérèrent le visage. Gaïos se précipita pour recueillir
leur sang dans ses mains afin de s'en oindre comme d'un Saint Baume. Il fut saisi brutalement
et flagellé au dos et au ventre. Pendant que les néophytes subissaient ainsi la torture, Saint
Eustochios était décapité. Quelques jours plus tard, Gaïos et les trois enfants d'Eustochios
furent attachés à une grande roue de bronze que l'on fit tourner au-dessus d'un brasier. La
Grâce Divine ayant éteint les flammes, on leur enfonça des clous dans le crâne après les avoir
tondus puis les bourreaux coupèrent les seins de Lollia et de Probe et frappèrent Urbain à
coup d'épées de bois servant à l'exercice des soldats. Comme les valeureux enfants
continuaient de proclamer leur Foi plus forte que la mort et que les tourments, ils furent
décapités et entrèrent victorieux dans la Cour Céleste.
SAINT NICETAS DE THEBES (+1079) ET SES TROIS DISCIPLES THEODORE,
GREGOIRE ET DANIEL*
Notre Saint Père Nicétas naquit de Parents Pieux et fortunés à Thèbes en Béotie, au début du
onzième siècle. Le jour de son Baptême, le Saint-Esprit apparut sous forme de colombe audessus
de l'enfant pour manifester la faveur qu'il avait acquise auprès de Dieu. A l'âge de cinq
ans, on le confia à des maîtres auprès desquels il montra une application extrême, tant dans les
études que dans la pratique des vertus évangéliques. La pureté de son âme et son humilité
étaient telles qu'elles attiraient à lui tous ses condisciples, tout comme l'aimant attire le fer de
manière irrésistible.
* Ignorés des synaxaires, leur vie a été récemment éditée (BHG 2304).
Ses parents s'opposant à son projet de devenir Moine, une fois parvenu à l'âge de seize ans, il
s'enfuit en secret en compagnie de son frère et fut reçu au Monastère de Théoklitos. Bientôt
tonsuré, il montra une vie ascétique exemplaire et ne donna dès lors plus de repos à ses
paupières tant qu'il n'aurait pas disposé en son coeur un lieu de repos pour le Seigneur. Cet
Ardent Amour de Dieu lui faisait désirer intensément un mode de vie tout entier consacré à la
prière dans la solitude, aussi demandait-il nuit et jour au Seigneur de lui accorder cette
hésychia. Une nuit, un Ange apparut à son Higoumène, lui recommandant de ne pas entraver
l'élan du jeune Moine et au matin, l'Higoumène accorda à Nicétas sa bénédiction pour vivre
en Ermite. Prenant avec lui son frère, le Saint partit à la recherche d'un lieu propice à la vie
érémitique.
Parvenu dans la région d'Osteia* il découvrit une grotte en forme de conque où il s'installa et
mena pendant dix années de valeureux combats ascétiques avec Dieu pour seul témoin. Mais
la réputation de ses vertus finit par se répandre dans la contrée environnante et parmi ceux qui
venaient lui rendre visite pour recevoir une parole de Salut, plusieurs lui demandèrent à mener
la vie angélique sous sa direction. Saint Nicétas les guidait avec science sur la voie de la vertu
et pour répondre aux besoins liturgiques de la communauté, il fut ordonné Prêtre. Il passait
toute la nuit en prière, marchant dans la montagne pour lutter contre le sommeil et à l'aurore,
il se trouvait avec les frères dans l'Eglise qu'il avait construite dans la grotte. Il restait de
longues heures prosterné en prière dans le narthex de cette Eglise de jour comme de nuit, ne
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sortant que très rarement du Monastère seulement quand la nécessité l'exigeait. Sa pauvreté
était légendaire et conformément au précepte évangélique, il ne possédait pas de seconde
tunique. Abandonnant tout souci de nourriture et de vêtement à la Divine Providence, sa seule
préoccupation était d'attendre instamment la Venue du Seigneur en trouvant le moyen de Lui
plaire. Quand un visiteur apportait quelque nourriture, le Saint en goûtait un peu pour chasser
la vaine gloire mais dès qu'il se trouvait seul, il reprenait son régime habituel : du pain sec et
un peu d'eau. Pendant le Carême, il ne s'accordait cette maigre réfection que le samedi et le
dimanche et passait les autres jours dans le jeûne complet mais si on lui rendait visite en ces
jours, il mangeait de tout ce qu'on lui présentait. Il avait reçu de Dieu le charisme de la
maîtrise sur les bêtes sauvages auxquelles il distribuait de la nourriture dans sa main. Son
visage était toujours avenant, joyeux et plein de Grâce et par ses paroles plus douces que le
miel tirées de l'Ecriture ou de la sagesse des Pères du Désert, il suscitait des larmes de
componction chez tous ses auditeurs. Instruisant ses disciples, il leur apprenait à se défier des
pièges de l'Ennemi et à garder leur coeur de ses traits empoisonnés : les mauvaises pensées
qu'il convient de rejeter dès leur premier assaut. Evêques, Prêtres, Moines et laïcs accouraient
de partout vers Saint Nicétas comme vers leur père. Avec bienveillance, il leur procurait une
parole de consolation ou une exhortation au repentir et à la pratique des vertus et appliquait
les remèdes spirituels à ceux qui souffraient des passions. Il étendait également cet office de
médecin aux maladies du corps et par ses jeûnes, ses prières et les onctions d'huile, il obtenait
la guérison des maladies et chassait les démons.
* L'ancienne Korsiai, sur le rivage Sud-Ouest de la Béotie, au pied de l'Elikon.
Un jour, le Saint se rendit dans un monastère de la région où l'Higoumène se laissant absorber
par les soucis matériels, négligeait non seulement ses devoirs spirituels mais entraînait aussi
ses disciples dans cette activité irraisonnée qui est perdition pour les Moines. L'Homme de
Dieu l'exhorta à mettre son espérance dans le Seigneur et à cultiver les vertus de l'âme et en
terminant, il lui promit solennellement devant Dieu et Ses Anges que s'il s'adonnait avec
assiduité aux prières et aux Offices Monastiques, le Seigneur lui accorderait non seulement
les Biens Célestes mais assurerait aussi tous les besoins matériels de sa communauté. Pressé
de rester pour la nuit, il se rendit à l'Eglise et pria un long moment pour le salut du Monastère.
Un Ange apparut alors et lui présentant un Pain Céleste, il lui recommanda d'aller dire aux
Moines qui étaient repartis à leurs travaux : "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et cela
vous sera accordé en surcroît (cf Mat. 6:33)." Quand les Moines rentrèrent des champs, ils
trouvèrent le Saint qui les attendait dans le réfectoire dont les tables étaient abondamment
garnies de mets d'une saveur inconnue en ce monde. Après ce festin, les restes furent
pieusement recueillis et pendant des années, on les distribua en remède aux malades.
Théodore, le Prêtre d'un village voisin, venait souvent rendre visite au Saint pour s'entretenir
de questions spirituelles. La nuit ayant surpris l'une de ces conversations, Nicétas lui proposa
de rester jusqu'au matin. Quand Théodore se leva pour accomplir ses prières nocturnes, il vit
dans la cellule du Saint une Lumière surnaturelle semblable à un éclair permanent qui
rayonnait en toutes directions. Approchant de la cellule, il vit que le Saint reposait sur un lit
resplendissant d'étoffes précieuses et de pierreries et entouré de deux Anges lumineux qui le
protégeaient de leurs ailes. Un peu plus tard, il vit Nicétas se lever et aussitôt qu'il étendit les
mains vers le Ciel, il se trouva soulevé de terre, son visage resplendissant de Lumière. Après
avoir accompli bien d'autres merveilles, Saint Nicétas, colonne vivante qui unissait par sa
prière la terre et le Ciel, s'endormit en paix le 23 juin 1079.
Saint Grégoire naquit dans la région de Sparte, de parents aristocrates. Confié pour son
éducation à un Prêtre Pieux, il apprit à lire dans l'Ecriture Sainte et montrait une grande piété.
A l'âge de seize ans, il s'enfuit de la maison paternelle et se joignit à des Moines qui se
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dirigeaient vers la Palestine. Il reçut l'Habit Angélique à Rome et après quelque temps passé
dans la vie ascétique, il continua son pèlerinage vers la Terre Sainte. Après Jérusalem, il visita
les sanctuaires d'Asie Mineure, de Nicée, de Thrace, de Macédoine et de Thessalie et parvint
finalement dans la région d'Eubée. Il trouva un endroit favorable à la vie érémitique dans l'Île
d'Oréos et y demeura quelques années dans le silence et la prière. Cependant ses vertus
attirèrent bientôt de nombreux visiteurs qui venaient s'abreuver à ses paroles comme à une
source d'eau vive. Il leur enseignait à résister aux pensées mauvaises suggérées par le diable,
par l'humilité, l'attention du coeur, la contradiction à leurs suggestions au moyen d'une Sainte
Colère et surtout par la prière qui jaillit du fond du coeur mais troublé par ces visites, l'Homme
de Dieu alla se réfugier dans l'îlot désert de Stronguillie où les fidèles ne tardèrent pas à le
rejoindre en si grand nombre que la mer semblait peuplée comme une ville. Saint Grégoire
menait une vie angélique, ne s'accordant aucun répit dans les prières, les veilles et le jeûne,
excepté quand un visiteur de marque se présentait afin d'éviter les louanges. Il parvint ainsi à
un grand âge et prévoyant son Départ, il convoqua les Moines des environs puis après avoir
échangé le baiser de paix, il remit son âme à Dieu entouré de Gloire.*
* Sa Vie ne mentionne pas de relation particulière avec Saint Nicétas.
Saint Daniel était originaire de Patras. Il dédia sa vie à l'abstinence et à la prière et reçut de
Dieu le don d'une telle charité qu'il offrait une hospitalité digne du Patriarche Abraham, tant à
l'égard de ses concitoyens que des étrangers. Rendant un jour visite à Saint Nicétas qui le
reçut avec déférence, ils s'entretinrent pendant de longues heures sur les combats de l'Ascèse
et sur la Grâce de Dieu. Quand Daniel prit congé, Saint Nicétas lui dit : "Père et Frère, soyons
sobres et vigilants, préparons-nous à la recherche des commandements. Dirigeons nos sens
dans la direction du Bien, affinons notre intelligence pour comprendre quelle est la Volonté de
Dieu et préparons nos âmes à recevoir la Puissance du Saint-Esprit afin qu'ayant écouté et
observé les révélations glorieuses, nous obtenions les Biens Sublimes." De retour dans sa
cellule, Saint Daniel poursuivit sa Vie Céleste et il remit son âme à Dieu.
SAINTE AUDREY (OU ETHELDRED, ATHELTHRYTH ETHELREDA, EDILTHRIDE,
EDILTRUDIS, EDELTRUDE), REINE DE NORTHUMBRIE, ABBESSE DU DOUBLE
MONASTERE D'ELY (+679)
Née à Exning dans le Suffolk en Angleterre, elle s'endormit à Ely en 679.
"A présent Etheldred brille sur nos jours, Répandant la Lumière de la Grâce sur toutes nos
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routes. Née d'une noble et royale lignée, Elle apporte du Christ son Roi une meilleure vie."
(Le Vénérable Bède)
Pour ses amis et sa famille, cette Sainte Femme anglo-saxonne était Etheldred. Pour le pauvre
peuple, elle était Audrey.
Etheldred avait eu à souffrir d'un cancer du cou qu'elle attribua à une Punition Divine pour
avoir eu un jour la vanité de porter un riche collier. Elle eut une énorme tumeur à son cou
quand elle naquit au Ciel mais selon Saint Bède quand sa soeur Sainte Sexburge fit ouvrir sa
tombe, on trouva son corps incorrompu et la tumeur avait guéri.
Etheldred était la fille du Roi Anna d'Est Anglie et la soeur des Saints Sexburge, Ethelburge,
Erconwald et Withburge. Elle naquit à une époque où les Moines étaient incompris dans leur
désir d'une conversion complète de leurs vies pour Dieu. Pour Etheldred, la prière, la Sainte
Communion et les oeuvres de Miséricorde étaient des parties essentielles de sa Foi en Jésus-
Christ Depuis sa jeunesse, elle s'était dévouée à la piété, la pureté et l'humilité. Bien qu'elle
sembla destinée à la vie monacale, à deux reprises, Sainte Etheldred sera mariée et libérée de
ces liens non souhaités.
A l'âge de quatorze ans Etheldred fut mariée à Tonbert. Parfois certains Saints avaient à fuir
un mariage quand ils se sentaient voués à la vie monastique mais Etheldred fit confiance à
Dieu. Elle accepta calmement le mariage et trouva que Tonbert était aussi dévot qu'elle et fut
heureuse qu'ils puissent vivre dans la continence. Après trois ou cinq années de vie commune,
Tonbert s'endormit dans le Seigneur.
Durant un certain temps, elle profita d'une vie solitaire sur l'Île d'Ely qui avait été une partie
de sa dot mais par raison d'Etat, elle fut à nouveau mariée. Son second mari, Egfrid le fils du
Roi Oswy de Northumbrie, était encore enfant à l'époque. Bien qu'étant elle-même encore
jeune, Etheldred le traita comme son fils ou frère plutôt que comme un époux. Elle lui
enseigna le catéchisme et dirigea sa croissance spirituelle, essayant clairement de le préparer à
accepter un mariage de continence.
Mais après douze ans, Egfrid devenu adulte, tenta d'en faire sa femme dans les faits autant que
dans le nom. Ceci alarma Etheldred qui chercha alors le conseil de l'Archevêque Saint Wilfrid
d'York. Il la libéra de son mariage et lui conseilla de se retirer dans l'Abbaye de Coldingham
qui suivait la Règle de Saint Benoît de Nursie. Enfin, elle pouvait accomplir les désirs de son
coeur. Elle prit le voile à Coldingham sous Sainte Ebba.
Au début, Egfrid tenta de persuader Wilfrid d'ordonner à sa femme de revenir auprès de lui
mais sans succès. En 672, elle fonda le double monastère où se trouve à présent la cathédrale
d'Ely et elle le gouverna comme Abbesse. Egfrid envoya des hommes d'armes à Ely pour
tenter de la forcer de revenir mais l'expédition fut sans succès.
Après avoir fondé Ely, Etheldred cessa de porter des fins vêtements de lin et ne porta plus que
des vêtements de laine. Sauf à Pâque, à la Pentecôte et à la Théophanie, elle ne se lavait que
dans l'eau froide. A moins d'être malade ou aux Grandes Fêtes Liturgiques, elle se contentait
d'un repas par jour. Elle priait pour ceux ne pouvant plus prier et veillait souvent à l'église de
minuit jusqu'à l'aube. Sept ans après la fondation de l'Abbaye d'Ely, la peste lui fit remettre
son âme au Seigneur.
9
Saint Bède écrivit une longue Hymne à la louange d'Etheldred qui, à voir le nombre d'églises
et de calendriers comportant son nom, dû avoir été la plus vénérée de toutes les Saintes
Femmes anglo-saxonnes. Ceci est en partie dû aux innombrables Miracles qui résultèrent de
son intercession qui fit d'Ely un important lieu de pèlerinage
ou
Audrey naquit en 630 dans le domaine des Rois d'Est-Anglie à Exning dans l'Ouest du
Suffolk et était la fille d'Anna, le futur Roi d'Est-Anglie. Son nom en vieil anglais était
'Aethelthryth', signifiant 'noble force' qui prendra la forme par la suite d'Etheldred puis
d'Audrey. Baptisée par Saint Félix, l'Apôtre de l'Est-Anglie, c'est aussi lui qui l'instruira dans
la Foi.
Jeune femme, Audrey était fortement attirée par la vie monastique, par les influences de Saint
Félix et aussi de l'ami de Saint Félix, Saint Aidan et de la disciple de ce dernier, la future
Abbesse Hilda. Cependant vers 652, elle fut obligée de se marier à un aristocrate de Fens. Elle
reçut comme dot la ville d'Ely et l'île où elle se trouvait. Avant que le mariage n'ait pût être
consommé, son époux s'endormit en 655. Bien qu'elle ait espéré commencer la vie
monastique à Ely en 660, elle fut une fois de plus obligée de se marier pour raisons d'Etat,
cette fois avec le Roi de Northumbrie, un jeune de quinze ans, devenant ainsi Reine de
Northumbrie. Elle refusa aussi de consommer ce mariage-ci et visita souvent sa vieille amie
Sainte Hilda à Whitby. Finalement, c'est en 672 que son mari et elle se séparèrent de commun
accord et alors commença pour elle la vie à laquelle elle était destinée. Enfin, elle devint
Moniale au Monastère Saint-Ebbe dans le Nord de l'Angleterre.
En 673 Audrey revint à Ely. Là elle fonda un monastère double pour Moines et Moniales et
en devint l'Abbesse. Elle lui donna de grandes terres dans l'Est du Suffolk autour de la ville de
Woodbridge. Elle y vécut de manière exemplaire, menant 'une vie Céleste en paroles et actes'.
Abandonnant le luxe royal, elle portait de simples vêtements et ne mangeait qu'une fois par
jour. Elle passait de nombreuses heures quotidiennement dans l'église, en prière et obtint le
don de connaître l'avenir. Elle prophétisa ainsi son propre Départ en 679.
En 696, on découvrit que son corps était incorrompu, 'comme si elle était morte et avait été
enterrée ce même jour'. Plusieurs Miracles y eurent lieu et il apparut alors qu'Audrey était
Sainte. Durant plusieurs siècles, Sainte Audrey fut vénérée comme Sainte et devint la plus
grande Sainte d'Est-Anglie. Son tombeau à Ely attirait les pèlerins de fort loin et nombre de
filles portent encore son nom de nos jours. De nos jours, sa main droite est encore intacte et
est vénérée à l'église, devenue papiste, d'Ely.
SAINTE AYE
Cycle mobile (Pascalion): Mardi de la Septième Semaine
Lecture de l’Epître
1Cor VI : 20-VII : 12
6.20 Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans
votre esprit, qui appartiennent à Dieu.
7.1 Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit, je pense qu'il est bon pour l'homme
de ne point toucher de femme. 7.2 Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa
femme, et que chaque femme ait son mari. 7.3 Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit,
et que la femme agisse de même envers son mari. 7.4 La femme n'a pas autorité sur son propre
corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais
c'est la femme. 7.5 Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un
temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par
votre incontinence. 7.6 Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre. 7.7 Je voudrais
que tous les hommes fussent comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un
d'une manière, l'autre d'une autre. 7.8 A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu'il
leur est bon de rester comme moi. 7.9 Mais s'ils manquent de continence, qu'ils se marient; car
il vaut mieux se marier que de brûler.
7.10 A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se
sépare point de son mari 7.11 (si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se
réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. 7.12 Aux autres, ce n'est
pas le Seigneur, c'est moi qui dis: Si un frère a une femme non-croyante, et qu'elle consente à
habiter avec lui, qu'il ne la répudie point;
Lecture de l’Evangile
Matthieu XIV : 1-13
14.1 En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs:
C'est Jean Baptiste! 14.2 Il est ressuscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des
miracles. 14.3 Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l'avait lié et mis en prison, à cause
d'Hérodias, femme de Philippe, son frère, 14.4 parce que Jean lui disait: Il ne t'est pas permis de
l'avoir pour femme. 14.5 Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu'elle
regardait Jean comme un prophète. 14.6 Or, lorsqu'on célébra l'anniversaire de la naissance
d'Hérode, la fille d'Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, 14.7 de sorte qu'il
promit avec serment de lui donner ce qu'elle demanderait. 14.8 A l'instigation de sa mère, elle
dit: Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. 14.9 Le roi fut attristé; mais, à cause de
ses serments et des convives, il commanda qu'on la lui donne, 14.10 et il envoya décapiter Jean
dans la prison. 14.11 Sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa
mère. 14.12 Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l'ensevelirent. Et ils allèrent
l'annoncer à Jésus.
14.13 A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l'écart dans un
lieu désert; et la foule, l'ayant su, sortit des villes et le suivit à pied.
Cycle fixe : Commémorations
SAINT HIEROMARTYR FELIX (+274)
Prêtre et Martyr à Sutri en Toscane sous Aurélien, le bourreau frappa sur sa bouche avec une
pierre jusqu'à ce qu'il rendit son âme à Dieu.
2
SAINT MARTIN DES ORMEAUX (+7°.S.)
Evêque de Saint-Paul-Trois Châteaux et devenu lépreux après quelques années d'un ministère
pastoral fort édifiant, il dut se retirer dans une solitude où il eut beaucoup à souffrir en raison
de sa maladie. Ses fidèles édifièrent une chapelle à Taulignan en son honneur. Ses Reliques
furent ensuite translatées à Valréas dans la chapelle des Cordeliers.
SAINTE MARTYRE AGRIPPINA DEROME ET SES COMPAGNES SAINTES
MARTYRES PAULA, BASSA ET AGATHONICA (+253-260)
Agrippina naquit et fut élevée à Rome. Dès son enfance, elle s'entraîna à mener une vie
évangélique, éloignant d'elle les mauvaises passions loin de son coeur et le remplissant de
pureté, de la virginité et de la chasteté. Comme Epouse du Christ, elle souffrit durant le règne
de l'empereur Valérien. En l'an 275 elle endura les coups de bâton jusqu'à ce que ses os soient
brisés. Sainte Agrippina rendit son âme à Dieu. Ses compagnes, Bassa, Paula et Agathonice
transférèrent ses Reliques en Cilicie et l'y enterrèrent honorablement.
Une église y fut par la suite bâtie en l'honneur de Sainte Agrippina. D'innombrables Miracles
eurent lieu sur ses Reliques. Par la puissance de ses Reliques, même les musulmans
(Hagarènes) se détournèrent de la ville où reposaient ses Reliques. Sainte Agrippina se reposa
en l'an 275 et fut couronnée de Gloire. Au dixième siècle, les Reliques de la Sainte Martyre
Aggrippina furent translatées à Constantinople.
3
SAINT ARTEMIUS DE VERKOLA (+ 1545) 20 octobre - 23 juin
Il naquit au village de Dvina Verkola vers 1532. Fils de Pieux Parents, Artémius était un
enfant courageux, doux et diligent pour tout bien à accomplir. En 1545, Artémius âgé de
douze ans étant aux champs avec son père, fut pris par surprise par une tempête. Un coup de
foudre éclata au-dessus de leurs têtes et l'enfant Artemius tomba mort. Des gens pensèrent que
c'était un signe du Jugement de Dieu, dès lors ils abandonnèrent le corps dans une forêt de
pins sans funérailles et sans sépulture. Quelques années plus tard, le Lecteur du village aperçu
une Lumière au-dessus du lieu où on retrouvera le corps incorrompu de Saint Artemius.
Emmenées à l'église Saint-Nicolas en 1577, les Saintes Reliques devinrent source de nombre
de guérisons. On bâtit par la suite un monastère dans ce village appelé le Verkola. En 1918,
les soviets impies hachèrent menu les Saintes Reliques et les jetèrent dans un puits.
SAINT JOSEPH DE ZAONIKIEV, VOLOGDA (+1612) 21 sept. – 23 juin
Paysan de la région de Vologda en Russie, il menait une vie modeste quand il commença à
perdre la vue. Il demande l'Intercession de la Mère de Dieu et devant Son Icône, il retrouva la
pleine vision de ses yeux. Devant ce Miracle, les villageois édifièrent une chapelle et quelques
cellules pour un monastère dont notre Saint refusa de devenir le premier Higoumène en
feignant la simplicité d'esprit. Il vécut ainsi trente ans dans la prière, les privations ascétiques
et la joie.
ou
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Hilarion, paysan du village d'Oboukhovo dans la région de Vologda, menait une vie modeste
et laborieuse jusqu'au jour où le Seigneur le visita pour l'éprouver et il commença à perdre la
vue. La misère le menaçait mais Hilarion ne désespérait pas. Il se rendit dans les différentes
églises de la contrée et demanda qu'on célèbre pour lui des Offices d'intercessions. Un jour,
lors de la Divine Liturgie, un homme merveilleux tout de blanc vêtu et qui disait se nommer
Cosme, lui apparut et le bénit en lui promettant une guérison prochaine.
Lorsque le lendemain Hilarion se présenta de nouveau à l'église, les Saints Anargyres Cosme
et Damien lui apparurent et lui dirent qu'ils avaient été envoyés par la Très Sainte Mère de
Dieu Qui voulait le guérir. Une Icône de la Mère de Dieu apparut alors, brillante comme les
rayons du soleil et une voix en sortit, ordonnant de nettoyer cet emplacement et d'y ériger une
Croix.
A peine Hilarion eut-il vénéré l'Icône qu'il fut guéri. Plein de joie spirituelle, il retourna au
village annoncer ce qui s'était passé. Les villageois se rassemblèrent, nettoyèrent l'endroit,
dressèrent une Croix et édifièrent une chapelle pour recevoir l'Icône qui dès lors accomplit de
nombreux Miracles. Ayant été informé, l'Evêque [lequel???] décida de fonder un monastère
en ce lieu et le premier Moine en fut Hilarion qui reçut le nom de Joseph. Il refusa pourtant la
charge d'Higoumène, simulant la simplicité d'esprit et il vécut là dans l'humilité et les labeurs
ascétiques agréables à Dieu pendant trente années. Il passait les longues nuits d'hiver sans
dormir, debout en prière devant l'Icône miraculeuse. Saint Joseph s'endormit dans le Seigneur
le 21 septembre 1612 dans une grande joie, rendant Grâces à Dieu en se remémorant tous les
Miracles dont il avait été le témoin. Il fut inhumé dans la chapelle de la Mère de Dieu où de
nombreux Miracles continuèrent de s'accomplir par la suite.
Lorsque le lendemain Hilarion se présenta de nouveau à l'église, les Saints Anargyres Cosme
et Damien lui apparurent et lui dirent qu'ils avaient été envoyés par la Très Sainte Mère de
SAINTS ANTOINE ET JONANNICUS, HIGOUMENES DU MEME MONASTERE DE
ZAONIKIEV (+17°.S.)
Ils menèrent une vie d'Ascète au Monastère de Saint Joseph de Zaonikiev.
Saint Gaïos
SAINT HIEROMARTYR EUSTOCHIOS ET DE SES COMPAGNONS : GAÏOS, LOLLIA
(OU LOULO), PROBE ET URBAIN D'ANCYRE (+300-305)
Saint Eustochios était prêtre des idoles de la ville d'Ousade dirigée par le gouverneur Agrippa
au temps de Maximien (285-305). Devant le spectacle des foules de Martyrs chrétiens qui
s'offraient généreusement à la mort pour le Sauveur et qui accomplissaient quantité de
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Miracles, il rejeta l'illusion des idoles et se présentant à Eudoxe l'Archevêque d'Antioche, il
fut baptisé puis ordonné Prêtre. Ayant retrouvé ses trois enfants Lollia, Probe et Urbain ainsi
que son neveu Gaïos dans un village de Lycaonie, Lystra, Eustochios les instruisit de la Foi en
Jésus-Christ et les baptisa ainsi que tout le reste de sa parenté. Continuant sa route, il fut arrêté
par les païens et conduit devant le gouverneur. Comme il confessait sans crainte le Sauveur,
celui-ci ordonna de lui lacérer les flancs. Il fut ensuite livré au gouverneur d'Ancyre, Agrippin
avec ses disciples mais aucun d'entre eux ne consentit à renier le Christ pour épargner sa vie
charnelle. Les bourreaux s'emparèrent alors de Sainte Lollia et de son frère Urbain et les ayant
attachés l'un en face de l’autre, ils leur lacérèrent le visage. Gaïos se précipita pour recueillir
leur sang dans ses mains afin de s'en oindre comme d'un Saint Baume. Il fut saisi brutalement
et flagellé au dos et au ventre. Pendant que les néophytes subissaient ainsi la torture, Saint
Eustochios était décapité. Quelques jours plus tard, Gaïos et les trois enfants d'Eustochios
furent attachés à une grande roue de bronze que l'on fit tourner au-dessus d'un brasier. La
Grâce Divine ayant éteint les flammes, on leur enfonça des clous dans le crâne après les avoir
tondus puis les bourreaux coupèrent les seins de Lollia et de Probe et frappèrent Urbain à
coup d'épées de bois servant à l'exercice des soldats. Comme les valeureux enfants
continuaient de proclamer leur Foi plus forte que la mort et que les tourments, ils furent
décapités et entrèrent victorieux dans la Cour Céleste.
SAINT NICETAS DE THEBES (+1079) ET SES TROIS DISCIPLES THEODORE,
GREGOIRE ET DANIEL*
Notre Saint Père Nicétas naquit de Parents Pieux et fortunés à Thèbes en Béotie, au début du
onzième siècle. Le jour de son Baptême, le Saint-Esprit apparut sous forme de colombe audessus
de l'enfant pour manifester la faveur qu'il avait acquise auprès de Dieu. A l'âge de cinq
ans, on le confia à des maîtres auprès desquels il montra une application extrême, tant dans les
études que dans la pratique des vertus évangéliques. La pureté de son âme et son humilité
étaient telles qu'elles attiraient à lui tous ses condisciples, tout comme l'aimant attire le fer de
manière irrésistible.
* Ignorés des synaxaires, leur vie a été récemment éditée (BHG 2304).
Ses parents s'opposant à son projet de devenir Moine, une fois parvenu à l'âge de seize ans, il
s'enfuit en secret en compagnie de son frère et fut reçu au Monastère de Théoklitos. Bientôt
tonsuré, il montra une vie ascétique exemplaire et ne donna dès lors plus de repos à ses
paupières tant qu'il n'aurait pas disposé en son coeur un lieu de repos pour le Seigneur. Cet
Ardent Amour de Dieu lui faisait désirer intensément un mode de vie tout entier consacré à la
prière dans la solitude, aussi demandait-il nuit et jour au Seigneur de lui accorder cette
hésychia. Une nuit, un Ange apparut à son Higoumène, lui recommandant de ne pas entraver
l'élan du jeune Moine et au matin, l'Higoumène accorda à Nicétas sa bénédiction pour vivre
en Ermite. Prenant avec lui son frère, le Saint partit à la recherche d'un lieu propice à la vie
érémitique.
Parvenu dans la région d'Osteia* il découvrit une grotte en forme de conque où il s'installa et
mena pendant dix années de valeureux combats ascétiques avec Dieu pour seul témoin. Mais
la réputation de ses vertus finit par se répandre dans la contrée environnante et parmi ceux qui
venaient lui rendre visite pour recevoir une parole de Salut, plusieurs lui demandèrent à mener
la vie angélique sous sa direction. Saint Nicétas les guidait avec science sur la voie de la vertu
et pour répondre aux besoins liturgiques de la communauté, il fut ordonné Prêtre. Il passait
toute la nuit en prière, marchant dans la montagne pour lutter contre le sommeil et à l'aurore,
il se trouvait avec les frères dans l'Eglise qu'il avait construite dans la grotte. Il restait de
longues heures prosterné en prière dans le narthex de cette Eglise de jour comme de nuit, ne
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sortant que très rarement du Monastère seulement quand la nécessité l'exigeait. Sa pauvreté
était légendaire et conformément au précepte évangélique, il ne possédait pas de seconde
tunique. Abandonnant tout souci de nourriture et de vêtement à la Divine Providence, sa seule
préoccupation était d'attendre instamment la Venue du Seigneur en trouvant le moyen de Lui
plaire. Quand un visiteur apportait quelque nourriture, le Saint en goûtait un peu pour chasser
la vaine gloire mais dès qu'il se trouvait seul, il reprenait son régime habituel : du pain sec et
un peu d'eau. Pendant le Carême, il ne s'accordait cette maigre réfection que le samedi et le
dimanche et passait les autres jours dans le jeûne complet mais si on lui rendait visite en ces
jours, il mangeait de tout ce qu'on lui présentait. Il avait reçu de Dieu le charisme de la
maîtrise sur les bêtes sauvages auxquelles il distribuait de la nourriture dans sa main. Son
visage était toujours avenant, joyeux et plein de Grâce et par ses paroles plus douces que le
miel tirées de l'Ecriture ou de la sagesse des Pères du Désert, il suscitait des larmes de
componction chez tous ses auditeurs. Instruisant ses disciples, il leur apprenait à se défier des
pièges de l'Ennemi et à garder leur coeur de ses traits empoisonnés : les mauvaises pensées
qu'il convient de rejeter dès leur premier assaut. Evêques, Prêtres, Moines et laïcs accouraient
de partout vers Saint Nicétas comme vers leur père. Avec bienveillance, il leur procurait une
parole de consolation ou une exhortation au repentir et à la pratique des vertus et appliquait
les remèdes spirituels à ceux qui souffraient des passions. Il étendait également cet office de
médecin aux maladies du corps et par ses jeûnes, ses prières et les onctions d'huile, il obtenait
la guérison des maladies et chassait les démons.
* L'ancienne Korsiai, sur le rivage Sud-Ouest de la Béotie, au pied de l'Elikon.
Un jour, le Saint se rendit dans un monastère de la région où l'Higoumène se laissant absorber
par les soucis matériels, négligeait non seulement ses devoirs spirituels mais entraînait aussi
ses disciples dans cette activité irraisonnée qui est perdition pour les Moines. L'Homme de
Dieu l'exhorta à mettre son espérance dans le Seigneur et à cultiver les vertus de l'âme et en
terminant, il lui promit solennellement devant Dieu et Ses Anges que s'il s'adonnait avec
assiduité aux prières et aux Offices Monastiques, le Seigneur lui accorderait non seulement
les Biens Célestes mais assurerait aussi tous les besoins matériels de sa communauté. Pressé
de rester pour la nuit, il se rendit à l'Eglise et pria un long moment pour le salut du Monastère.
Un Ange apparut alors et lui présentant un Pain Céleste, il lui recommanda d'aller dire aux
Moines qui étaient repartis à leurs travaux : "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et cela
vous sera accordé en surcroît (cf Mat. 6:33)." Quand les Moines rentrèrent des champs, ils
trouvèrent le Saint qui les attendait dans le réfectoire dont les tables étaient abondamment
garnies de mets d'une saveur inconnue en ce monde. Après ce festin, les restes furent
pieusement recueillis et pendant des années, on les distribua en remède aux malades.
Théodore, le Prêtre d'un village voisin, venait souvent rendre visite au Saint pour s'entretenir
de questions spirituelles. La nuit ayant surpris l'une de ces conversations, Nicétas lui proposa
de rester jusqu'au matin. Quand Théodore se leva pour accomplir ses prières nocturnes, il vit
dans la cellule du Saint une Lumière surnaturelle semblable à un éclair permanent qui
rayonnait en toutes directions. Approchant de la cellule, il vit que le Saint reposait sur un lit
resplendissant d'étoffes précieuses et de pierreries et entouré de deux Anges lumineux qui le
protégeaient de leurs ailes. Un peu plus tard, il vit Nicétas se lever et aussitôt qu'il étendit les
mains vers le Ciel, il se trouva soulevé de terre, son visage resplendissant de Lumière. Après
avoir accompli bien d'autres merveilles, Saint Nicétas, colonne vivante qui unissait par sa
prière la terre et le Ciel, s'endormit en paix le 23 juin 1079.
Saint Grégoire naquit dans la région de Sparte, de parents aristocrates. Confié pour son
éducation à un Prêtre Pieux, il apprit à lire dans l'Ecriture Sainte et montrait une grande piété.
A l'âge de seize ans, il s'enfuit de la maison paternelle et se joignit à des Moines qui se
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dirigeaient vers la Palestine. Il reçut l'Habit Angélique à Rome et après quelque temps passé
dans la vie ascétique, il continua son pèlerinage vers la Terre Sainte. Après Jérusalem, il visita
les sanctuaires d'Asie Mineure, de Nicée, de Thrace, de Macédoine et de Thessalie et parvint
finalement dans la région d'Eubée. Il trouva un endroit favorable à la vie érémitique dans l'Île
d'Oréos et y demeura quelques années dans le silence et la prière. Cependant ses vertus
attirèrent bientôt de nombreux visiteurs qui venaient s'abreuver à ses paroles comme à une
source d'eau vive. Il leur enseignait à résister aux pensées mauvaises suggérées par le diable,
par l'humilité, l'attention du coeur, la contradiction à leurs suggestions au moyen d'une Sainte
Colère et surtout par la prière qui jaillit du fond du coeur mais troublé par ces visites, l'Homme
de Dieu alla se réfugier dans l'îlot désert de Stronguillie où les fidèles ne tardèrent pas à le
rejoindre en si grand nombre que la mer semblait peuplée comme une ville. Saint Grégoire
menait une vie angélique, ne s'accordant aucun répit dans les prières, les veilles et le jeûne,
excepté quand un visiteur de marque se présentait afin d'éviter les louanges. Il parvint ainsi à
un grand âge et prévoyant son Départ, il convoqua les Moines des environs puis après avoir
échangé le baiser de paix, il remit son âme à Dieu entouré de Gloire.*
* Sa Vie ne mentionne pas de relation particulière avec Saint Nicétas.
Saint Daniel était originaire de Patras. Il dédia sa vie à l'abstinence et à la prière et reçut de
Dieu le don d'une telle charité qu'il offrait une hospitalité digne du Patriarche Abraham, tant à
l'égard de ses concitoyens que des étrangers. Rendant un jour visite à Saint Nicétas qui le
reçut avec déférence, ils s'entretinrent pendant de longues heures sur les combats de l'Ascèse
et sur la Grâce de Dieu. Quand Daniel prit congé, Saint Nicétas lui dit : "Père et Frère, soyons
sobres et vigilants, préparons-nous à la recherche des commandements. Dirigeons nos sens
dans la direction du Bien, affinons notre intelligence pour comprendre quelle est la Volonté de
Dieu et préparons nos âmes à recevoir la Puissance du Saint-Esprit afin qu'ayant écouté et
observé les révélations glorieuses, nous obtenions les Biens Sublimes." De retour dans sa
cellule, Saint Daniel poursuivit sa Vie Céleste et il remit son âme à Dieu.
SAINTE AUDREY (OU ETHELDRED, ATHELTHRYTH ETHELREDA, EDILTHRIDE,
EDILTRUDIS, EDELTRUDE), REINE DE NORTHUMBRIE, ABBESSE DU DOUBLE
MONASTERE D'ELY (+679)
Née à Exning dans le Suffolk en Angleterre, elle s'endormit à Ely en 679.
"A présent Etheldred brille sur nos jours, Répandant la Lumière de la Grâce sur toutes nos
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routes. Née d'une noble et royale lignée, Elle apporte du Christ son Roi une meilleure vie."
(Le Vénérable Bède)
Pour ses amis et sa famille, cette Sainte Femme anglo-saxonne était Etheldred. Pour le pauvre
peuple, elle était Audrey.
Etheldred avait eu à souffrir d'un cancer du cou qu'elle attribua à une Punition Divine pour
avoir eu un jour la vanité de porter un riche collier. Elle eut une énorme tumeur à son cou
quand elle naquit au Ciel mais selon Saint Bède quand sa soeur Sainte Sexburge fit ouvrir sa
tombe, on trouva son corps incorrompu et la tumeur avait guéri.
Etheldred était la fille du Roi Anna d'Est Anglie et la soeur des Saints Sexburge, Ethelburge,
Erconwald et Withburge. Elle naquit à une époque où les Moines étaient incompris dans leur
désir d'une conversion complète de leurs vies pour Dieu. Pour Etheldred, la prière, la Sainte
Communion et les oeuvres de Miséricorde étaient des parties essentielles de sa Foi en Jésus-
Christ Depuis sa jeunesse, elle s'était dévouée à la piété, la pureté et l'humilité. Bien qu'elle
sembla destinée à la vie monacale, à deux reprises, Sainte Etheldred sera mariée et libérée de
ces liens non souhaités.
A l'âge de quatorze ans Etheldred fut mariée à Tonbert. Parfois certains Saints avaient à fuir
un mariage quand ils se sentaient voués à la vie monastique mais Etheldred fit confiance à
Dieu. Elle accepta calmement le mariage et trouva que Tonbert était aussi dévot qu'elle et fut
heureuse qu'ils puissent vivre dans la continence. Après trois ou cinq années de vie commune,
Tonbert s'endormit dans le Seigneur.
Durant un certain temps, elle profita d'une vie solitaire sur l'Île d'Ely qui avait été une partie
de sa dot mais par raison d'Etat, elle fut à nouveau mariée. Son second mari, Egfrid le fils du
Roi Oswy de Northumbrie, était encore enfant à l'époque. Bien qu'étant elle-même encore
jeune, Etheldred le traita comme son fils ou frère plutôt que comme un époux. Elle lui
enseigna le catéchisme et dirigea sa croissance spirituelle, essayant clairement de le préparer à
accepter un mariage de continence.
Mais après douze ans, Egfrid devenu adulte, tenta d'en faire sa femme dans les faits autant que
dans le nom. Ceci alarma Etheldred qui chercha alors le conseil de l'Archevêque Saint Wilfrid
d'York. Il la libéra de son mariage et lui conseilla de se retirer dans l'Abbaye de Coldingham
qui suivait la Règle de Saint Benoît de Nursie. Enfin, elle pouvait accomplir les désirs de son
coeur. Elle prit le voile à Coldingham sous Sainte Ebba.
Au début, Egfrid tenta de persuader Wilfrid d'ordonner à sa femme de revenir auprès de lui
mais sans succès. En 672, elle fonda le double monastère où se trouve à présent la cathédrale
d'Ely et elle le gouverna comme Abbesse. Egfrid envoya des hommes d'armes à Ely pour
tenter de la forcer de revenir mais l'expédition fut sans succès.
Après avoir fondé Ely, Etheldred cessa de porter des fins vêtements de lin et ne porta plus que
des vêtements de laine. Sauf à Pâque, à la Pentecôte et à la Théophanie, elle ne se lavait que
dans l'eau froide. A moins d'être malade ou aux Grandes Fêtes Liturgiques, elle se contentait
d'un repas par jour. Elle priait pour ceux ne pouvant plus prier et veillait souvent à l'église de
minuit jusqu'à l'aube. Sept ans après la fondation de l'Abbaye d'Ely, la peste lui fit remettre
son âme au Seigneur.
9
Saint Bède écrivit une longue Hymne à la louange d'Etheldred qui, à voir le nombre d'églises
et de calendriers comportant son nom, dû avoir été la plus vénérée de toutes les Saintes
Femmes anglo-saxonnes. Ceci est en partie dû aux innombrables Miracles qui résultèrent de
son intercession qui fit d'Ely un important lieu de pèlerinage
ou
Audrey naquit en 630 dans le domaine des Rois d'Est-Anglie à Exning dans l'Ouest du
Suffolk et était la fille d'Anna, le futur Roi d'Est-Anglie. Son nom en vieil anglais était
'Aethelthryth', signifiant 'noble force' qui prendra la forme par la suite d'Etheldred puis
d'Audrey. Baptisée par Saint Félix, l'Apôtre de l'Est-Anglie, c'est aussi lui qui l'instruira dans
la Foi.
Jeune femme, Audrey était fortement attirée par la vie monastique, par les influences de Saint
Félix et aussi de l'ami de Saint Félix, Saint Aidan et de la disciple de ce dernier, la future
Abbesse Hilda. Cependant vers 652, elle fut obligée de se marier à un aristocrate de Fens. Elle
reçut comme dot la ville d'Ely et l'île où elle se trouvait. Avant que le mariage n'ait pût être
consommé, son époux s'endormit en 655. Bien qu'elle ait espéré commencer la vie
monastique à Ely en 660, elle fut une fois de plus obligée de se marier pour raisons d'Etat,
cette fois avec le Roi de Northumbrie, un jeune de quinze ans, devenant ainsi Reine de
Northumbrie. Elle refusa aussi de consommer ce mariage-ci et visita souvent sa vieille amie
Sainte Hilda à Whitby. Finalement, c'est en 672 que son mari et elle se séparèrent de commun
accord et alors commença pour elle la vie à laquelle elle était destinée. Enfin, elle devint
Moniale au Monastère Saint-Ebbe dans le Nord de l'Angleterre.
En 673 Audrey revint à Ely. Là elle fonda un monastère double pour Moines et Moniales et
en devint l'Abbesse. Elle lui donna de grandes terres dans l'Est du Suffolk autour de la ville de
Woodbridge. Elle y vécut de manière exemplaire, menant 'une vie Céleste en paroles et actes'.
Abandonnant le luxe royal, elle portait de simples vêtements et ne mangeait qu'une fois par
jour. Elle passait de nombreuses heures quotidiennement dans l'église, en prière et obtint le
don de connaître l'avenir. Elle prophétisa ainsi son propre Départ en 679.
En 696, on découvrit que son corps était incorrompu, 'comme si elle était morte et avait été
enterrée ce même jour'. Plusieurs Miracles y eurent lieu et il apparut alors qu'Audrey était
Sainte. Durant plusieurs siècles, Sainte Audrey fut vénérée comme Sainte et devint la plus
grande Sainte d'Est-Anglie. Son tombeau à Ely attirait les pèlerins de fort loin et nombre de
filles portent encore son nom de nos jours. De nos jours, sa main droite est encore intacte et
est vénérée à l'église, devenue papiste, d'Ely.
SAINTE AYE
Vies de Saints : Extraits du Grand Synaxaire de la Sainte Eglise Orthodoxe.
22 juin – 5 juillet 2010
Cycle mobile (Pascalion): Lundi de la Septième Semaine
Lecture de l’Epître
1Cor V : 9-VI : 11
5.9 Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques, - 5.10 non
pas d'une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les
ravisseurs, ou avec les idolâtres; autrement, il vous faudrait sortir du monde. 5.11 Maintenant,
ce que je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui, se nommant
frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas
même manger avec un tel homme. 5.12 Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas
ceux du dedans que vous avez à juger? 5.13 Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le
méchant du milieu de vous.
6.1 Quelqu'un de vous, lorsqu'il a un différend avec un autre, ose-t-il plaider devant les injustes,
et non devant les saints? 6.2 Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde? Et si c'est par
vous que le monde est jugé, êtes-vous indignes de rendre les moindres jugements? 6.3 Ne
savez-vous pas que nous jugerons les anges? Et nous ne jugerions pas, à plus forte raison, les
choses de cette vie? 6.4 Quand donc vous avez des différends pour les choses de cette vie, ce
sont des gens dont l'Église ne fait aucun cas que vous prenez pour juges! 6.5 Je le dis à votre
honte. Ainsi il n'y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse prononcer entre ses frères.
6.6 Mais un frère plaide contre un frère, et cela devant des infidèles! 6.7 C'est déjà certes un
défaut chez vous que d'avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souffrez-vous pas
plutôt quelque injustice? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller? 6.8 Mais c'est
vous qui commettez l'injustice et qui dépouillez, et c'est envers des frères que vous agissez de
la sorte!
6.9 Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu? Ne vous y
trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, 6.10 ni les efféminés, ni les
infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs,
n'hériteront le royaume de Dieu. 6.11 Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais
vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du
Seigneur Jésus Christ, et par l'Esprit de notre Dieu.
Lecture de l’Evangile
Matthieu XIII : 54-58
13.54 S'étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui
l'entendirent étaient étonnés et disaient: D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? 13.55
N'est-ce pas le fils du charpentier? n'est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon
et Jude, ne sont-ils pas ses frères? 13.56 et ses soeurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D'où
lui viennent donc toutes ces choses? 13.57 Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus
leur dit: Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. 13.58 Et il ne fit pas
beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.
Cycle fixe : Commémorations
SAINTE CONSORCE (OU CONSORTIA), VIERGE VÉNÉRÉE À CLUNY (+570)
Fille de Saint Eucher de Lyon, soeur de Sainte Tulle et de Saint Veran, elle vécut en Ermite.
SAINT MARTYR FLAVIUS CLEMENS À ROME (+96)
2
Son cousin était l'empereur Domitien. Celui-ci le fit condamner à mort sous l'accusation
d'athéisme parce qu'il adorait le Christ à l'exclusion de tous les dieux païens officiels.
SAINT MARTYR JULIEN (+250 OU 251)
Martyr à Rimini en Italie et Protecteur de cette ville, son corps fut recueilli mort enfermé dans
un sac par les habitants de Fliopoli qui reconnurent que ce ne pouvait être que le corps d'un
Saint Martyr. Plus tard et sous l'effet d'une tempête, le tombeau se détacha dans la mer et vint
s'échouer à Rimini où depuis il est en grand honneur.
SAINTE PRÈCE ABBESSE À METZ (+7°.S.)
Fille de l'Evêque de Metz, Saint Goéric, elle reçut de son père la fondation d'un monastère sur
les bords de la Moselle dont elle devint la première Abbesse et où elle conduisit sa
communauté dans la prière et la pénitence.
Saint Zénon, Saint Eusèbe et Saint Zonas
SAINT HIEROMARTYR EUSEBE EVEQUE DE SAMOSATE (+379)
Il fut un des opposants majeurs à l'arianisme. Quand le trône patriarcal d'Antioche devint
vacant, Mélétios fut élu Patriarche. Ce Mélétius était la lumière brillante dans l'Eglise et il
mérita la grande éloge que Saint Jean Chrysostome fit de lui à son départ. Mais les ariens
chassèrent vite Mélétius hors d'Antioche. Quand Contance le mauvais fils de Constantin
mourut, Julien l'Apostat lui succéda à la direction de l'empire, un homme encore pire que lui.
Durant la persécution des Chrétiens par Julien, Saint Eusèbe retira sa soutane, enfila une tenue
de soldat et voyagea à travers les églises persécutées de Syrie, Phénicie et Palestine,
renforçant la Foi orthodoxe partout et ordonnant Prêtres, Diacres et clergé selon les besoins et
en élevant certains à l'épiscopat. A l'annonce de la mort de Julien, Saint Eusèbe conseilla à
Mélétius de convoquer un Concile de l'Eglise à Antioche. Il eut lieu en 363 et vingt-sept
Hiérarques présents y dénoncèrent à nouveau l'arianisme et proclamèrent la Foi orthodoxe
telle qu'elle avait été proclamée au Premier Concile Oecuménique. Aux côtés de Mélétius et
Eusèbe, Saint Pélage de Laodicée, un grand et chaste Ascète, fit grande impression sur ce
Concile qui eut lieu durant le règne du pieux empereur Jovien. Mais ce dernier rendit son âme
peu après et l'infâme Valens prit le trône et la persécution contre l'Orthodoxie reprit à
nouveau. Saint Mélétios fut banni en Arménie, Eusèbe en Thrace et Pélage en Arabie. Après
Valens, l'empereur Gratien monta sur le trône et restaura la liberté de l'Eglise, ramenant les
Evêques exilés sur leurs sièges légitimes : Mélétius à Antioche, Eusèbe à Samosate et Pélage
à Laodicée.
3
Nombre de diocèses étaient vacants à cette époque-là et Eusèbe trouva vite des pasteurs
canoniques pour le peuple. Mais quand il arriva dans la ville de Doliche avec Marinus
l'Evêque nouvellement élu pour l'installer comme Evêque et dénoncer l'hérésie arienne (qui
était forte dans cette cité), une fanatique hérétique lança une tuile du haut d'un toit et le blessa
mortellement. Ce grand zélateur de l'Orthodoxie, ce Saint et Martyr remit son âme pour
rejoindre la Jérusalem Céleste en 379.
ou
The Priestmartyr Eusebios, Bishop of Samosata, stood firmly for the Orthodox confession of
faith confirmed at the Ist OEcumenical Council at Nicea in the year 325. For this he
underwent persecution by the Arians, being repeatedly deprived of his cathedra and banished
into exile. The emperor Constantius (337-361), patron of the Arians, having learned that Saint
Eusebios kept a conciliar decree about the election to the Antioch cathedra of the Orthodox
Archbishop Meletios, sent him a command to give up the decree. The Saint boldly refused to
do as ordered. The enraged emperor sent a message, that if he did not give up the decree, then
his right hand would be cut off. Saint Eusebios stretched out both hands to the emissary with
the words: "Cut them off, but the Decree of the Council, which doth denounce the wickedness
and iniquity of the Arians, I will not give up." The emperor Constantius marveled at the
audacity of the bishop, but did him no harm.
After Constantius, there reigned Justin the Apostate (361-363). Even more difficult times
ensued – there began an open persecution against Christians. Sainted Eusebios, having
concealed his dignity, went about in the garb of a soldier across the whole of Syria, Phoenicia
and Palestine, urging Christians to the Orthodox faith. He established priests and deacons in
desolated churches, he put hands upon bishops renouncing the Arian heresy. After Julian the
Apostate perished, there ruled the pious emperor Jovian (363-364), during which time the
persecutions stopped. Having returned from exile, Archbishop Meletios upon the advice of
Saint Eusebios convened a Local Council at Antioch in the year 379. In it participated 27
bishops, and it re-affirmed the Orthodox teaching of faith accepted at the Ist OEcumenical
Council. The Arians, fearing the steadfast defenders of Orthodoxy – Sainted-hierarchs
Meletios, Eusebios and Pelagios, who had great influence with the emperor, put their
signatures under the conciliar definition. After the death of the emperor Jovian began the rule
of the Arian Vanlentus (364-378). The Orthodox were again subjected to persecution. Saint
Meletios was banished to Armenia, Saint Pelagios – to Arabia, and Saint Eusebios was
condemned to exile in Thrace. Having received the imperial decree, Saint Eusebios left
Samosata by night so as to prevent tumult among the people that esteemed him. Having
learned about the departure of the bishop, believers followed after him and with tears
entreated him to return. The Saint refused to fulfill the entreaty of those who had come,
saying that it was necessary to obey the existing authorities. The Saint urged his flock to hold
firm to Orthodoxy, blessed them and set off to the place of exile. The Arian Eunomios was
put upon the Samosata cathedra, but the people did not accept the heretic. The Orthodox
would not go to the church and avoided meeting with him. The heretic Arian perceived, that it
was impossible to entice the independent flock to him.
The emperor Gracian (375-383) came upon the throne, and there were brought back from
exile all the Orthodox hierarchs banished under the Arians. Saint Eusebios also returned to
Samosata and continued with the task of building up the church. Together with Saint Meletios
he supplied Orthodox hierarchs and clergy to Arian places. In about the year 380, he arrived
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in the Arian city of Dolikhina to establish there the Orthodox bishop Marinos. An Arian
woman flung a roof tile which struck the head of the sainted-bishop. In dying, he on the
example of the Saviour asked her for wine and requested those around not to do her any harm.
The body of Sainted Eusebios was taken to Samosata and with lamantation he was buried by
his flock. In place of the Saint was raised up his nephew, Blessed Antiokhos, and the
Samosata Church continued to steadfastly confess the Orthodox faith, firmly spread through
the efforts of the holy Priestmartyr Eusebios.
SAINT BASILE, HIGOUMÈNE DE PATALARIA (+8°.S.-9°.S.)
Saint Basile était l'Higoumène du Monastère de l'Île de Pantellaria à cent kilomètres au Sud-
Ouest de la Sicile.
SAINTE ANASTASIA DE SERBIE, MÈRE DE SAINT SAVA (+1200)
Sainte Anastasia était la mère de Saint Sava de Serbie (12 janvier). Elle était la fille de
l'Empereur byzantin Romanus IV et reçut la prénom d'Anna au Baptême. Plus tard, elle se
maria avec le Grand Prince et Roi de Serbie le Pieux Stéphane Nemanja (24 septembre). Elle
acheva sa vie ici-bas comme Moniale sous le nom d'Anastasia.
SAINT MARTYR HERACLIUS LE SOLDAT (+287 OU 303)
Martyrisé à Verulamium dans le Hertfordshire, ensemble avec Saint Alban et le Saint Prêtre-
Martyr qui avait enseigné Saint Alban, Amphibalus qui est commémoré le 25 Juin.
SAINT AARON (OU HARAN, TARANN) DE BRETAGNE, ABBE D'ALETH (+552)
Une île de Bretagne portait son nom. Elle est devenue la ville de Saint-Malo quand elle fut
rattachée à la terre. La cathédrale y conserve des Précieuses Reliques. Une localité près de
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Lamballe s'est placée sous le Protection de ce Saint Moine dont Dieu seul connaît la Sainteté
et la vie : Saint Aaron, 22400.
ou
Le Breton Saint Aaron traversa la mer jusqu'en Armorique (Bretagne) et vécut en Ermite sur
l'Île de Césambre appelée Saint-Aaron jusqu'en 1150 et à présent Saint-Malo. L'île était
séparée d'Aleth par un bras de mer que deux fois par jour la marée basse laissait à sec. Aaron
fut rejoint par un groupe de disciples et devint leur Abbé. Parmi les disciples, on trouve Saint
Malo qui était arrivé du Pays de Galles au milieu du sixième siècle et fut chaudement
accueilli.
SAINTS MARTYRS ZENON ET SON SERVITEUR ZENAS DE PHILADELPHIE EN
ARABIE (AMMAN) (+304)
Ces Saints Martyrs étaient originaires de Philadelphie en Arabie.* Zénon servait dans l'armée
romaine au temps de la persécution de Maximien. Désirant témoigner de sa Foi au Sauveur
par le sacrifice de sa vie, il distribua ses biens aux pauvres et libéra ses esclaves puis il alla se
présenter devant le gouverneur Maxime célèbre pour son zèle dans le culte des idoles, suivi de
son serviteur Zénas qui lui était resté attaché. D'une voix assurée Zénon reprocha au magistrat
de dépenser en vain ses efforts pour ces illusions que sont les dieux païens. Maxime ordonna
aussitôt aux gardes de le flageller à coups de nerfs de boeuf mais bien qu'il fût retenu par les
soldats, Zénon put étendre la jambe et renverser l'autel des idoles. Maxime, hors de lui, le fit
alors étendre sur le chevalet pour lui déchirer les flancs puis on frotta ses plaies avec du sel et
du vinaigre avant de le jeter en prison, les pieds enserrés dans un étau jusqu'au quatrième trou.
Zénas étant parvenu à s'introduire dans la prison, il supplia son maître de ne pas être séparé de
lui et sur l'ordre de Maxime, il fut enfermé dans le même cachot. Les deux Valeureux Athlètes
de la Foi soumis à l'interrogatoire refusèrent de renier le Christ, aussi furent-ils fustigés sans
pitié et on appliqua des tringles incandescentes sur la poitrine de Saint Zénon. Les bourreaux
les suspendirent ensuite par les aisselles et leur attachèrent de lourdes pierres aux pieds puis
ils les précipitèrent dans une fosse embrasée et répandirent de l'huile sur leur corps. Comme
ils avaient été miraculeusement préservés par la Grâce, ils remportèrent la couronne de la
victoire en étant décapités.
* L'ancienne Rabba des Ammonites, sur la rivière Jabboq (cf II Rois 12:26), aujourd'hui Amman en Jordanie.
Elle fut hellénisée et reçut ce nom sous Ptolémée II Philadelphie (285-246 av. J.C.)
SAINT DOMITIEN A LOBBES, CONFESSEUR (+7°.S.)
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Compagnon de Saint Landelin, il quitta à sa suite Lobbes pour aller fonder le Monastère de
Crespin. Il devint peut-être Abbé de l'un ou l'autre de ces monastères.
SAINT ALBAN PROTO-MARTYR DE GRANDE-BRETAGNE (+287 OU 303)
22 juin – 2 août (invention)
Il y avait déjà des Chrétiens dans les Îles britanniques au premier siècle. En fait, dès la fin du
deuxième siècle, un grand nombre d'habitants du Sud de l'Angleterre étaient Chrétiens.
Cependant, Alban est le premier Martyr chrétien qui soit reconnu sur l'île. La date
traditionnelle est 304 durant les persécutions de l'empereur Dioclétien mais nombre d'érudits
ont reculé la date en 209 sous la persécution de l'empereur Septime Sévère.
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Alban était un païen et un soldat romain qui durant la persécution de Dioclétien, eut pitié d'un
Prêtre chrétien en fuite et le cacha dans sa propre maison. Quand il vit que le Prêtre passait
jour et nuit en prière, il fut touché par la Grâce de Dieu. Ils passèrent plusieurs jours à discuter
ensemble et Alban fut si impressionné par la Sainteté du Prêtre et sa dévotion qu'il devint
Chrétien et voulut imiter la piété et la Foi de son hôte. Encouragé et instruit par le Prêtre,
Alban renonça à son culte des idoles et embrassa le Christ de tout son coeur.
Il était un des citoyens principaux de la vieille cité romaine de Verulamium (Verulam) dans le
Hertfordshire en Angleterre, appelée de nos jours Saint-Alban. A ses débuts, la ville était un
groupe de maisonnettes en torchis enduits qui s'étiraient le long de la rue Watling et plus tard
détruites par l'armée de Bodicée, la reine guerrière.
Le gouverneur romain de la ville, ayant entendu une rumeur selon laquelle Alban cacherait un
Prêtre dans sa maison, envoya un groupe de soldat pour le chercher. Le voyant approcher,
Alban prit la coiffe à houppelande du Prêtre et la posa sur sa tête et ses épaules et l'aida à
s'échapper. Ainsi déguisé, Alban ouvrit la porte aux soldats et fut arrêté à la place du Prêtre,
par erreur. Il fut enchaîné et emmené devant le gouverneur qui était occupé à sacrifier aux
"dieux" païens. Quand on enleva la houppe de sa tête et que son identité réelle fut découverte,
le gouverneur devint furieux. Quand de plus Alban se déclara Chrétien alors le gouverneur
ordonna de l'amener devant l'autel. Il le fit menacer de toutes les tortures qu'il avait préparées
pour le Prêtre s'il ne rétractait pas.
Alban fit face à cette colère avec calme et ignorant ces menaces, déclara qu'il ne pourrait pas
sacrifier à ces divinités. Face au refus d'Alban de renier sa Foi, le gouverneur lui demanda de
quelle famille et quelle race il était. "En quoi cela peut-il te concerner de quelle origine je
suis?" répondit Alban. "Si tu veux connaître ma religion, je te l'expliquerai. Je suis un
Chrétien et je suis tenu aux obligations d'un Chrétien." Quand il fut interrogé sur son nom, il
répondit : "Je suis appelé Alban par mes parents et je loue et j'adore le Dieu Vrai et Vivant
Qui créa toutes choses." Quand il fut ordonné de sacrifier aux "divinités" romaines, il refusa et
fut cruellement fouetté. Alban supporta la punition avec résignation et même avec joie. Quand
on vit qu'il ne se rétracterait jaMais il fut condamné à mort.
En route pour son exécution sur la colline Holmhurst Hill, la foule qui s'attroupa pour honorer
son héroïsme fut si grande que son passage fut retardé parce qu'ils n'arrivaient pas à atteindre
le pont sur la rivière. Alban qui semblait redouter qu'un délai puisse le priver de la couronne
de martyre, décida de traverser en un autre endroit et se dirigeant en bas vers l'eau en priant
Dieu, il s'avança dans l'eau qu'il passa à gué sans difficulté. Tant Gildas que Bède ont accepté
la tradition de ce Miracle, rapportant cet assèchement de l'eau instantanément à la prière du
Saint.
Ils ajoutent qu'un millier d'autres personnes traversèrent avec lui pendant que les eaux
restaient élevées de chaque côté et ce Miracle convertit l'exécuteur prévu. Toujours
accompagné d'une grande foule de gens, Alban grimpa la colline du lieu de l'exécution. Mais
à son arrivée en haut, l'exécuteur jeta son épée en bas et refusa d'accomplir son office. Il dit
que si on lui refusait de prendre la place d'Alban, il voudrait partager son martyre. Confessant
qu'il était Chrétien, le soldat fut remplacé par un autre. Puis il se plaça aux côtés d'Alban et ils
firent face ensemble à la mort. Alban fut décapité en premier puis le soldat, Saint Heraclius,
fut baptisé dans son propre sang pour partager la Gloire du martyre. Le troisième Martyr fut le
Prêtre qui ayant appris l'arrestation d'Alban à sa place, se dépêcha vers la court dans l'espoir
de sauver Alban en se livrant lui-même. D'après Bède, le gouverneur fut si impressionné par
8
les Miracles qui suivirent le martyre d'Alban qu'il mit aussitôt un terme aux persécutions et
Bède rapporte que les Miracles avaient encore lieu à son époque, par l'intercession du
Protomartyr [= premier Martyr dans son pays] d'Angleterre.
Sur la colline où eurent lieu ces martyres, on bâtit par la suite une église et quatre cents ans
plus tard et le Roi Offa de Mercie y fonda l'Abbaye (suivant la Règle de Saint Benoît) de
Saint-Alban. Selon Constance de Lyon, Saint Germain d'Auxerre alors à la fin de sa mission
en Angleterre pour y combattre l'hérésie pélagienne, choisit l'église de Saint-Alban comme
lieu pour son Actions de Grâces à Dieu pour le succès de sa mission. Il rapporta d'Angleterre
une poignée de terre de l'endroit où Alban, le soldat et le Prêtre avaient été martyrisés.
L'histoire de Saint Alban telle que rapportée par l'Histoire Ecclésiastique du Peuple Anglais,
par Saint Bède le Vénérable (672 – 735) : http://www.stalbansva.org/alb.htm
The Homily for the Feast of St. Alban from Aelfic's Lives of the Saints Source: "The Passion
of Saint Alban"
Saint Alban Protomartyr de Grande-Bretagne
Il y avait alors un empereur païen nommé Dioclétien,
qui avait été choisi pour être empereur de toute la terre,
bien qu'il soit le destructeur de la race humaine,
deux cent quatre-vingt-six ans après l'Incarnation du Christ;
et il régna vingt ans, ce cruel assassin,
et ainsi il tua et fit tuer,
tous les Chrétiens qu'il peut trouver,
et brûla les églises et vola l'innocent,
et son impie persécution sans cesse s'étendit
dix ans durant sur toute la terre,
jusqu'à ce qu'elle parvienne aussi en Angleterre,
et là tue nombre de ceux qui croyaient en Christ.
Un d'entre eux fut Alban, le Noble Martyr,
qui fut en effet tué dans cette persécution
pour la Foi en Christ, de la manière que nous allons vous raconter.
En ces jours parvint en Angleterre
la meurtrière persécution de l'infâme empereur,
et les meurtriers capturaient partout les Chrétiens
avec une fureur sans limites; il advint qu'un Prêtre leur échappa
qui s'enfuit secrètement vers la maison d'Alban,
et là resta caché de ses acharnés persécuteurs,
et Alban le reçut, bien qu'il ne fut pas baptisé.
Alors le Prêtre, autant qu'il aimait Dieu,
commença à chanter ses Offices et à jeûner sévèrement,
et jour et nuit à louer Son Seigneur,
et par la même à enseigner la Vraie Foi
à l'honorable Alban, jusqu'à ce qu'il advint
qu'il se mette à croire dans le Vrai Dieu et à renoncer au paganisme,
et devenir un Vrai Chrétien, débordant de Foi.
Alors le Prêtre demeura avec l'honorable homme
jusqu'à ce que le magistrat qui persécutait les Chrétiens
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l'y découvre et avec grande colère
ordonna qu'on le fasse comparaître devant lui au plus tôt.
Alors arrivèrent les messagers à la maison d'Alban,
mais Alban sortit à la rencontre des persécuteurs
avec le vêtement à capuche du Prêtre comme si c'était lui,
et il ne voulut pas le trahir auprès des méchants persécuteurs.
Il fut dès lors enchaîné et emmené sur-le-champ
vers l'impie juge qui était occupé à offrir à ses divinités
des sacrifices diaboliques, avec tous ses complices.
Alors le juge devint diaboliquement enragé,
aussitôt qu'il eut détenu ce Martyr résolu,
parce qu'il avait accueilli le Prêtre fugitif,
et s'était livré pour être tué à sa place.
Alors il ordonna de l'amener au sacrifice païen et dit
qu'il lui ferait subir le terrible châtiment
qu'il avait préparé pour le Prêtre s'il avait pu le détenir,
à moins qu'il ne se soumette vite à ses honteuses divinités;
mais Alban ne fut pas effrayé par ses terribles menaces,
parce qu'il était ceint des Armes de Dieu
pour le combat spirituel et répondit qu'il ne
se soumettrait pas à son ordre, ni ne plierait devant son idolâtrie.
Aussitôt le juge lui demanda :
"De quelle famille es-tu et quel est ton rang parmi les hommes?"
Alors Alban répondit à l'infâme :
"En quoi cela te concerne, de quelle famille je proviens?
mais si tu désires entendre la vérité, je te dirai prestement
que je suis Chrétien et qu'à jamais je louerai le Christ."
Alors lui répondit le juge : "Dis-moi ton nom,
sans attendre puisque je te le demande."
Le champion de Dieu répondit alors au meurtrier,
"On m'appelle Alban et je crois dans le Sauveur,
qui est le Vrai Dieu qui fit toutes créatures;
vers Lui montent mes prières et c'est Lui que toujours je louerai."
Le meurtrier répondit au glorieux homme :
"Si tu désires la félicité d'une Vie Eternelle,
alors tu ne dois pas retarder ton sacrifice
aux grands dieux, avec complète soumission."
Alban lui répondit : "Tes sacrifices aux divinités,
que tu offres aux démons, ne peuvent t'aider,
ni servir ta cause mais tu recevras comme récompense
les châtiments éternels dans l'immense enfer."
Voilà! Alors le juge s'irrita fortement,
et ordonna de fouetter le Saint Martyr,
espérant qu'ainsi il ferait plier la résistance de son esprit
vers sa propre forme de culte, par le moyen du fouet;
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mais le Bienheureux fut renforcé par Dieu,
et supporta le fouet avec un excès de patience,
et d'un esprit joyeux il en remercia Dieu.
Alors le juge comprit qu'il ne pourrait pas vaincre
le Saint Homme par de sévères tortures,
pas plus que le détourner du Christ et donc ordonna de le faire périr
par décapitation pour le Nom du Sauveur.
Alors les païens firent ce que le juge leur commandait,
et dirigèrent le Saint vers sa décapitation;
mais ils furent retardés un long moment à un pont,
et y furent arrêtés jusqu'au soir à cause de l'énorme foule
d'hommes et de femmes qui s'y amassait,
et venaient vers le Martyr et l'accompagnaient.
De sorte qu'il advint que l'incroyant juge
resta sans manger en ville jusqu'au soir,
et sans l'avoir prévu, jeûnant contre sa volonté.
Voilà! Alors Alban voulut se hâter vers la mort,
et il descendit vers les flots puisqu'il ne pouvait franchir le pont,
et levant les yeux au Ciel, priant le Sauveur,
et les flots s'asséchèrent devant lui,
et laissèrent un large passage devant ses pieds comme il l'avait demandé à Dieu.
Alors l'exécuteur qui devait le tuer,
fut touché par ce Miracle et jeta au loin son épée,
et courut vite, aussitôt qu'ils avaient franchit l'eau,
et il tomba rempli de Foi à ses pieds,
désirant mourir avec lui plutôt que de le tuer.
Il fut dès lors uni, d'une Foi résolue,
au Saint Homme qui allait être décapité;
et l'épée gisait luisante devant eux,
et nul d'entre eux ne fût prêt à le tuer.
Il y avait à portée de main du Saint Homme
une belle colline, ornée de plantes,
bien en tout et avec une pente raide.
Alors Alban s'y dirigea vite,
et aussitôt pria Dieu qu'Il lui fasse jaillir de l'eau
en haut de la colline et ainsi fît Dieu.
Alors l'eau de source jaillit aux pieds d'Alban,
afin que l'on puisse comprendre sa puissance auprès de DIeu,
et le flot s'écoula de la colline escarpée.
Il fut alors décapité pour le Nom du Sauveur,
en haut de la colline et partit vers Son Seigneur
par un glorieux martyre, rempli de la Vraie Foi;
mais son meurtrier ne put vivre en bonne santé,
parce que ses deux yeux s'orbitèrent,
et tombèrent sur terre avec la tête d'Alban,
ce qui lui fît comprendre qui venait-il de tuer.
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Ils décapitèrent ensuite le fidèle soldat,
qui ne voulut pas décapiter le Saint Homme,
et il gît aux côtés d'Alban, croyant en Dieu,
baptisé dans son sang et partit pour le Ciel.
Ensuite quand les exécuteurs retournèrent vers leur maître,
et lui rapportèrent les signes merveilleux qu'Alban avait accomplis,
et comment son exécuteur était devenu aveugle,
et alors il leur ordonna de cesser la persécution et parla avec révérence
des Saints Martyrs qu'il ne parvint pas
à détourner de la Foi en Dieu par les terribles tourments.
Durant cette même persécution furent aussi massacrés
Aaron et Julius et nombre d'autres,
tant hommes que femmes, à travers toute l'Angleterre,
morts sous les tortures pour la Foi en Christ,
et ils partirent victorieux vers la Vraie Vie.
Alors la persécution s'arrêta et les Chrétiens sortirent
hors des bois et hors des Déserts où ils avaient été cachés,
et vinrent parmi eux et restaurèrent le Christianisme,
et réparèrent les églises qui avaient été détruites,
et demeurèrent là en paix dans la Vraie Foi.
Alors ils bâtirent une magnifique église
au Saint Alban, là où il fut enterré,
et bien souvent des Miracles y eurent lieu
à la louange du Sauveur qui vit à jamais dans l'éternité.
ou
La Lumière de l'Evangile fut portée en Angleterre dès le temps des Apôtres. Le nombre des
Chrétiens s'y accrut beaucoup par la conversion du Roi Lucius qu'on place en 180. La fureur
des premières persécutions ne pénétra pas dans ces îles lointaines, ce qui permit à l'Eglise de
cultiver en paix et de développer les germes de la Foi. D'ailleurs, l'Angleterre étant comme un
monde séparé du monde romain, on peut présumer que beaucoup de fidèles persécutés
ailleurs, s'y retirèrent pour y trouver un peu de repos. Mais Dioclétien, plus clairvoyant ou
plutôt plus impitoyable que les autres persécuteurs, ensanglanta ces contrées paisibles. Nous
apprenons de Gildas et de Bède que plusieurs Chrétiens y remportèrent la Couronne du
martyre.
Le premier et un des plus célèbres de ces héros chrétiens fut Saint Alban dont la Naissance
Céleste a été illustrée par plusieurs Miracles et dont le sang après avoir rendu témoignage à
Jésus-Christ, a été une semence de chrétiens et une source de bénédictions pour l'Angleterre.
"La gloire de son triomphe," dit Fortunat, "a été si éclatante qu'elle s'est répandue par toute
l'Eglise." Alban, jeune encore, se rendit à Rome pour se perfectionner dans les belles-lettres.
De retour en Angleterre, il s'établit à Vérulam,* où il jouissait d'une grande considération
parmi le peuple non moins à cause de son rang qu'à cause de ses richesses et des dignités dont
il était revêtu. Il ne connaissait point Jésus-Christ mais son âme enrichie des plus heureuses
dispositions, semblait n'attendre que l'instant de la Grâce pour s'ouvrir aux Lumières de la Foi
et pour ne plus rechercher que le trésor des Biens Eternels. Bon envers tout le monde,
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charitable envers les indigents, Alban ouvrait sa maison à tous les malheureux.
* Il ne reste plus aucun vestige de l'ancienne ville de Vérulam, si l'on excepte quelques fondations de murailles
et quelques morceaux de pavé marqueté. On y a souvent trouvé, en creusant, des pièces de monnaie romaine. La
Werlame coule à l'orient de la ville; à l'occident est le grand chemin construit par les Romains et appelé
Wallingstreet.
Il reçut chez lui un Saint Prêtre nommé Amphibale qui fuyait pour se soustraire aux
inquisitions des persécuteurs. Il le traita avec toute sorte d'égards et même de respects.
L'Homme de Dieu passa ainsi quelque temps caché à l'oeil des bourreaux. Alban qui
l'observait était singulièrement édifié de sa conduite; surtout il admirait avec quelle ferveur il
passait les jours et une partie des nuits en prière. Il eut envie de connaître une religion qui
inspirait une piété si merveilleuse. Un jour, il renvoya ses serviteurs et demeurant seul avec
son hôte, il lui dit :
"Comment se fait-il que toi qui es Chrétien tu aies pu parcourir tout un pays où ta religion est
en horreur et arriver sain et sauf jusque dans cette ville?" Amphibale lui répondit : "Mon
Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, a protégé mes pas et m'a gardé constamment de
tout danger. C'est Lui Qui pour le Salut de plusieurs, m'a dirigé vers cette province afin
qu'annonçant aux nations la Foi qu'Il a prêchée Lui-même, je Lui prépare un peuple choisi" , -
"Mais," dit Alban, "quel est donc ce Fils de Dieu? Prétends-tu dire que Dieu est né? Ces
choses me paraissent bien nouvelles et j'en entends parler aujourd'hui pour la première fois. Je
serais curieux de savoir comment vous expliquez tout cela, vous autres Chrétiens."
Alors le Bienheureux Amphibale commençant à lui exposer les Mystères de l'Evangile, parla
en ces termes : " Notre Foi nous enseigne à reconnaître Dieu le Père et Dieu le Fils Qui pour
Notre Salut, a daigné se revêtir d'une chair semblable à la nôtre et naître miraculeusement
d'une Vierge. Quand les temps furent accomplis, un Ange du Ciel descendit vers cette Vierge,
nommée Marie pour Lui annoncer le Mystère qui allait s'accomplir en Elle et Marie répondit :
Je suis la Servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon ta parole. Ainsi cette Vierge fut jugée
digne de donner naissance à Son Dieu, à Son Seigneur, à Celui de Qui Elle avait reçu Ellemême
l'existence. Elle devint mère sans perdre sa Virginité. C'est ce qu'avaient depuis
longtemps prédit les Prophètes auxquels Dieu avait révélé ce Mystère dans les siècles passés.
Si donc tu crois toutes ces choses, les promesses de Salut faites aux Chrétiens s'accompliront
aussi en toi : quand tu seras Chrétien, tu pourras en invoquant le Nom du Christ guérir les
infirmes et les malades; aucune adversité ne sera capable de t'abattre; enfin tu finiras ta vie par
le martyre et par une bienheureuse mort, tu quitteras cette terre pour aller vivre avec le Christ.
C'est pour t'annoncer tout cela que je suis venu dans cette ville; le Seigneur veut récompenser
ainsi l'hospitalité généreuse que tu m'as donnée."
Alban dit alors : "Si je viens à croire au Christ quel honneur devrai-je lui rendre?" Le Prêtre
lui répondit : "Crois que le Seigneur Jésus est un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit et tu
seras par là même très agréable à Ses Yeux." Alban répliqua : "Que dis-tu? Tu parles comme
un insensé car mon esprit ne peut trouver un sens à cette parole et ma raison se refuse à
l'admettre. Si les habitants de cette ville entendaient ce que tu viens de me dire de Ton Christ,
ils ne tarderaient pas à punir tes discours blasphématoires selon la rigueur des lois portées
contre votre secte. Pour moi, je suis bien disposé à ton égard mais je crains fort qu'il ne
t'arrive malheur." Il se retira donc tout ému sans vouloir écouter davantage les paroles du
Prêtre ni prêter l'oreille à ses enseignements.
Amphibale resté seul, passa toute la nuit en prière, tandis qu'Alban se retira dans sa chambre
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pour prendre son repos. Mais pendant qu'il dormait, il eut une vision que Dieu lui envoya pour
l'instruire et dont il fut tellement touché qu'il se leva sur l'heure, vint trouver son hôte et lui
dit : " Si ce que tu prêches au sujet du Christ est véritable, daigne me donner l'explication d'un
songe mystérieux que je viens d'avoir. J'ai vu descendre du Ciel un homme qu'une foule
immense d'autres hommes a saisi pour Lui faire souffrir des tourments de toute espèce. Ils Lui
ont lié les mains, ont frappé sur Son Corps à coups de verges et mis ainsi toute Sa Chair
comme en lambeaux. Puis ils ont suspendu à une Croix ce corps ainsi déchiré après l'avoir
dépouillé de tous Ses Vêtements; ils ont étendu violemment Ses Bras sur cette Croix; ils ont
percé de clous Ses Pieds et Ses Mains : ils Lui ont ouvert le côté d'un coup de lance et de cette
blessure j'ai cru voir sortir du sang et de l'eau. Ils L'avaient injurié longtemps en disant : Salut,
Roi des Juifs; si Tu es le Fils de Dieu, descends de la Croix à cette heure et nous croirons en
Toi. Mais Lui, sans leur répondre, a jeté ce cri : "Mon Père, Je remets Mon Âme entre Tes
Mains." Et aussitôt après Il expira. Ensuite j'ai vu descendre de la Croix Son Corps Inanimé
dont le sang s'épanchait par de larges blessures : on L'a mis dans un sépulcre de pierre qu'on a
scellé et autour duquel on a placé des gardes. Mais Ô Miracle! ce Corps revient à la vie; Il sort
du tombeau sans briser les portes scellées; j'ai vu de mes yeux comment Il est ressuscité
d'entre les morts. Des hommes vêtus d'habits blancs comme la neige sont descendus du Ciel :
ils ont pris avec eux cet Homme Ressuscité et sont retournés au Ciel ensemble. Une multitude
innombrable d'hommes revêtus pareillement de robes blanches suit le Vainqueur de la mort,
ne cessant jamais de chanter Ses Louanges et de bénir le Père en disant : Béni soit Dieu le
Père et son Fils Unique. Tous sont dans une paix inaltérable à laquelle aucun bonheur ne
saurait être comparé. Telle est la vision que j'ai eue cette nuit : explique-la-moi, je t'en supplie
et ne crains pas de me dire entièrement tout ce que signifient ces choses."
A ce récit, le Bienheureux Amphibale comprit que Dieu avait daigné visiter le coeur d'Alban
et il en conçut une joie inexprimable. Aussitôt te tirant l'Image de la Croix du Seigneur qu'il
portait toujours sur lui, il lui dit : "Voilà le signe qui te fera connaître ce que signifie et ce que
présage ta vision. L'homme que tu as vu descendre du Ciel est Mon Seigneur Jésus-Christ Qui
n'a pas refusé de subir le supplice de la Croix pour nous laver par son sang du péché auquel la
prévarication d'Adam, notre premier père, nous avait rendus sujets. Ceux qui L'ont saisi et
affligé par de si cruels tourments sont les Juifs, le peuple choisi de Dieu, à qui Il avait promis
d'envoyer du Ciel son Fils : or quand Il est venu, ils ont refusé de Le recevoir. Après une si
longue et si pénible attente, ils n'ont pas voulu reconnaître l'Auteur de leur Salut mais ils L'ont
contredit sans cesse, lui ont rendu le mal pour le Bien et n'ont répondu que par la haine à
l'Amour qu'Il leur avait témoigné. Enfin, remplis d'envie contre Lui, ils ont bien osé Le saisir,
cet Homme-Dieu que les Gentils eux-mêmes jugeaient innocent : ils L'ont saisi et L'ont fait
mourir sur une Croix. C'est ainsi que le Seigneur Très Miséricordieux nous a rachetés au prix
de son sang qu'Il a vaincu la mort en mourant Lui-même et qu'étant élevé sur la Croix, Il a
tout attiré à Lui. Il est aussi descendu dans les cachots ténébreux de l'enfer; Il a brisé les liens
des Justes qui y étaient captifs et enchaînant le diable, Il l'a rejeté au plus profond de l'abîme."
Alban fut saisi d'admiration en entendant ces paroles et il s'écria : "Oui, les choses que tu
viens de dire touchant le Christ sont vraies et l'on ne saurait les accuser de fausseté. C'est le
Christ que j'ai vu cette nuit combattre et vaincre le démon. Je veux donc désormais prêter une
oreille docile à tes enseignements. Dis-moi puisque ta science est si grande quels sont mes
devoirs envers le Père et le Saint-Esprit, maintenant que je reconnais le Fils pour Mon
Seigneur et Mon maître." Le Prêtre rempli d'une grande joie, s'écria : "Je rends Grâces à Mon
Seigneur Jésus-Christ de ce que tu as appris à invoquer de toi-même ces trois Noms sacrés.
Crois donc que ces trois Personnes que tu viens de nommer sont un seul et même Dieu et
confesse généreusement cette Foi."- "Oui," répondit Alban, "telle est ma ferme croyance. Il
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n'y a point d'autre Dieu que mon Seigneur Jésus-Christ Qui pour le Salut des hommes a
daigné se revêtir de leur nature et souffrir la mort de la Croix : il est un seul Dieu avec le Père
et le Saint-Esprit, en dehors de Qui il n'y a point d'autre Dieu."
Plusieurs fois il répéta avec ferveur cette profession de Foi; il se prosternait devant l'Image de
la Croix du Sauveur et comme s'il y avait vu Jésus-Christ présent Lui-même, il implorait avec
larmes le pardon de ses pêchés, il baisait la place des pieds et des mains comme s'il avait
touché véritablement les plaies sacrées du Christ et que sa vision de la nuit précédente se fût
transformée en une réalité. Des larmes coulaient en abondance sur son visage et baignaient le
signe du Salut qu'il tenait embrassé. "Je renonce au démon," disait-il, "je déteste tous les
ennemis du Christ; je me donne et je me confie au Divin Seigneur Qui le troisième jour, est
ressuscité d'entre les morts." Amphibale voyant ses bonnes dispositions et jugeant qu'il était
déjà parfait Chrétien dans son coeur, le baptisa au nom de la Très Sainte Trinité. Puis il lui
dit : "Sois sans crainte : le Seigneur est avec toi et Sa Grâce ne te manquera jamais. C'est de
Lui-même que tu as appris par Révélation les Mystères de notre Foi que les autres hommes
reçoivent ordinairement par la prédication d'un homme faible comme eux; c'est pourquoi je
suis maintenant tranquille sur ton compte. Je vais donc reprendre ma route pour aller
continuer ailleurs les travaux de mon ministère." - "Non," dit Alban; " je te prie de ne pas me
quitter si tôt mais de passer encore une semaine avec moi afin que tu m'apprennes en détail
tout ce qui concerne les autres dogmes et les pratiques du culte chrétien." Amphibale voyant
que la résolution qu'il avait prise de quitter ce lieu remplissait Alban d'une si grande tristesse,
consentit à sa demande. Chaque soir, le maître et le disciple fuyant le tumulte des hommes, se
retiraient dans une maison à l'écart et y passaient ensemble toute la nuit à louer Dieu. Ils se
cachaient ainsi pour n'être pas découverts par les infidèles qui cherchaient à connaître la Vraie
Religion, moins pour l'embrasser que pour la persécuter.
Néanmoins et peu après, un Gentil audacieux parvint à découvrir leur secret et fit connaître au
magistrat tout ce qui s'était passé entre eux. Il n'omit rien de ce qui était propre à perdre les
innocents, en allumant contre eux la fureur du juge. En effet celui-ci fut aussitôt enflammé de
colère : il ordonna qu'on lui amenât Alban et celui qui l'avait instruit dans la Foi chrétienne
afin de les obliger à offrir un sacrifice aux dieux du pays. S'ils ne voulaient pas y consentir, ils
devaient être saisis, enchaînés et égorgés eux-mêmes en guise de sacrifice sur l'autel des
dieux. Toutefois, ces ordres ne purent être donnés d'une manière si secrète qu'ils ne
parvinssent à la connaissance d'Alban qui désirant sauver du péril le Prêtre qui l'avait instruit,
l'exhorta à sortir de la ville. Pour faciliter son évasion, il la revêtit de sa propre chlamyde qui
était brodée d'or. Cet habit était alors celui des principaux du pays et par là même si honoré
qu'il commandait à tous le respect envers quiconque en était revêtu. Ayant donc jugé
qu'Amphibale serait sous cet habit plus garanti contre les insultes et les violences, il prit luimême
le manteau de son cher maître, sachant bien que c'était un moyen de s'attirer la fureur
des barbares. Alors Amphibale cédant aux prières d'Alban, partit avant l'aurore et se dirigea
du côté de l'aquilon, conduit quelque temps par son généreux disciple. Enfin ils se dirent
adieu et se séparèrent. Le Prêtre se rendit dans le Pays de Galles pour y continuer ses travaux
apostoliques. Revêtu de la robe de son maître, Alban revint seul à sa demeure, attendant
paisiblement l'exécution des ordres qui avaient été donnés contre lui.
Quand le jour fut venu, une troupe nombreuse de soldats furieux se précipite tout à coup sur la
maison d'Alban : ils pénètrent partout, visitent avec soin toutes les chambres, fouillent jusque
dans les coins les plus obscurs et remplissent tout de désordre et de tumulte. Enfin ils arrivent
dans cet endroit solitaire où Alban avait coutume de venir prier avec Amphibale; ils entrent;
ils le voient revêtu d'un habit étranger, prosterné devant la Croix du Sauveur et se livrant à la
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prière. Alors ils se précipitent en foule et lui demandent à grands cris de leur livrer le Prêtre
qu'il a reçu chez lui.
Alban leur dit pour toute réponse "Pourquoi le cherchez-vous? Il est sous la garde de Dieu et
maintenant avec ce tout puissant secours, il ne craint pas vos menaces." Les satellites irrités
de voir cette proie leur échapper, sentirent redoubler leur fureur et tournant contre Alban luimême
tout leur ressentiment, ils mirent aussitôt la main sur lui. On l'attache, on l'entraîne, on
le charge de chaînes pesantes, on le tire par les vêtements et par les cheveux; on le conduit
enfin après mille injures après mille traitements inhumains jusqu'au temple des idoles où le
juge se trouvait avec le peuple de la ville accouru de tous côtés en ce lieu. Alban voulant
montrer à tous qu'il était Disciple et Serviteur de la Croix, portait sans cesse dans ses mains le
signe du Salut. Quand les Gentils virent ce signe sacré qui leur avait été inconnu jusqu'alors,
ils furent étonnés et troublés; le juge cependant regarda avec un visage irrité l'Homme de Dieu
et la Croix qu'il tenait entre ses mains. Loin d'être effrayé de sa colère, Alban le méprisa
tellement qu'il ne daigna pas lui répondre sur son rang et sa famille mais à l'interrogation qui
lui fut faite sur ce sujet il ne répondit qu'en faisant connaître son nom et en déclarant à haute
voix qu'il était Chrétien.
Le juge lui dit : "Alban, fais-moi savoir où est ce Prêtre envoyé de je ne sais où pour mettre le
trouble dans cette ville qui y est entré secrètement et que tu as reçu dans ta maison. Si sa
conscience n'était pas agitée de remords, s'il ne doutait pas lui-même de la bonté de sa cause,
il se serait présenté devant nous pour rendre compte de sa doctrine au lieu de laisser ce soin à
son disciple. Mais au contraire, il a fait voir par son exemple combien ses enseignements sont
vains et trompeurs puisque au lieu de défendre celui qu'il a gagné par ses belles paroles, il
l'abandonne lâchement dès qu'il voit le péril. Je pense que cela suffira pour te faire voir que tu
as accordé trop de confiance à un homme infatué de chimères qui t'a poussé jusqu'à cet excès
de folie de compter pour rien tous les biens de ce monde et de mépriser ouvertement nos
grands dieux. Or nous ne pouvons pas laisser impunie l'injure qui leur est faite : le
contempteur des dieux doit être puni de mort. Mais comme il n'est personne qui ne puisse
tomber dans l'erreur, il est aussi toujours possible d'en sortir. Tu peux donc te réconcilier
encore avec les dieux que tu as offensés; tu rentreras dans leurs bonnes grâces en te séparant
de la secte perfide dans laquelle tu t'es laissé entraîner. Ecoute les conseils que je te donne
dans ton intérêt : fais aux dieux de grands sacrifices alors non seulement ils te pardonneront
tes crimes et tes offenses mais encore ils augmenteront ta fortune et tes honneurs et
combleront tous tes désirs, ainsi qu'ils ont coutume de faire pour leurs serviteurs fidèles."
Sans être effrayé par ces menaces ni séduit par cette feinte douceur, Alban répondit : "Tu as
parlé longuement, ô juge mais la longueur de tes discours ne peut m'empêcher d'en
apercevoir la fausseté. Le Prêtre dont tu parles serait certainement venu à ton audience si cela
nous avait paru bon à l'un et à l'autre. Mais pour moi, je n'ai pu consentir à ce qu'il
m'accompagnât ici parce que je connais trop ce peuple méchant et prompt à mal faire; quant à
lui, bien qu'il ne redoute pas la Véritable Justice, il ne peut souffrir les juges qui ne savent pas
discerner le Vrai du faux dans leurs jugements. J'avoue que j'ai embrassé sa doctrine mais je
ne saurais m'en repentir; la suite te fera voir que je n'ai pas cru sur la Foi d'un ignorant ou d'un
imposteur. Les malades et les infirmes recouvrant leur santé première rendront témoignage à
la Vérité de Notre Foi. Cette Foi m'est plus chère que toutes les richesses dont tu me parles,
plus précieuse que tous les honneurs par la vue desquels tu veux me tenter. Car supposons un
homme comblé d'honneurs et de richesses au gré de ses désirs, ne faudrait-il pas qu'enfin il
meure? Tout son or pourra-t-il le tirer du sépulcre et le ramener parmi les vivants? Mais à
quoi bon prolonger ce discours? Je ne sacrifie pas à tes faux dieux car tous mes ancêtres les
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ont servis sans en recevoir d'autre salaire que leur damnation éternelle. Aidé du Secours de
Mon Dieu, je ne crains pas les supplices dont tu me menaces." Quand il eut ainsi parlé, un
sourd murmure s'éleva parmi la foule : les uns étaient attendris; d'autres poussaient des cris
d'insulte mais le Bienheureux Alban paraissait insensible aux menaces du juge et aux
clameurs du peuple irrité.
On lui intima de nouveau l'ordre de sacrifier aux "dieux" : une troupe furieuse de Gentils se
précipita vers lui pour l'y contraindre mais sa fermeté demeura inébranlable et rien ne put
l'amener à commettre un tel forfait. Alors sur l'ordre du juge, on l'étendit pour le battre de
verges. Mais tandis qu'on le frappait rudement, il se tourna vers le Seigneur et dit avec un
visage serein : "Seigneur Jésus-Christ, daignes garder mon âme pour qu'elle ne soit pas
ébranlée et qu'elle ne tombe pas du rang élevé où Ta Bonté l'a placée. C'est à Toi, Seigneur
que j'offre le sacrifice de ma vie et je désire répandre mon sang pour Ton Amour." Ces
paroles ne purent être étouffées par le bruit épouvantable des coups de fouet. Les bras des
bourreaux se fatiguèrent sans que la constance du Martyr fût ébranlée. Le juge sachant alors
que le courage cède quelquefois plus facilement à la durée des tourments qu'à leur violence, le
fit conduire dans une étroite et affreuse prison où il le retint pendant près de six mois entiers.
Mais le Ciel ne tarda pas à venger l'injure faite au Serviteur de Dieu. Depuis le jour où il fut
arrêté jusqu'à celui où il consomma par sa Naissance Céleste son glorieux sacrifice, la pluie et
la rosée ne vinrent plus rafraîchir la terre : les vents retinrent leur souffle bienfaisant; chaque
jour les ardeurs du soleil desséchaient de plus en plus les campagnes et même pendant les
nuits la chaleur était excessive; les sillons et les arbres refusèrent de rendre aux laboureurs le
fruit de leurs travaux; en un mot, toute la nature combattit contre les méchants pour venger le
Juste opprimé. Les habitants de Vérulam furent bientôt réduits à l'extrémité par ce fléau mais
ce châtiment si rude qu'il fût, ne put les ramener à des sentiments meilleurs. Ils se réunirent
donc et dirent : "C'est par un art magique que notre terre est ainsi désolée : tout a péri dans nos
campagnes; c'est le Christ, le Dieu d'Alban Qui a brûlé nos moissons et ruiné les espérances
de nos récoltes." Ils se firent donc amener Alban qui parut devant eux les pieds nus, le visage
exténué et tout le corps couvert de la poussière du cachot. Quand ils le virent ainsi
méconnaissable à cause des rigueurs qu'on lui avait fait souffrir, ils furent touchés de
compassion et après avoir longtemps discuté entre eux, ils résolurent de le traiter plus
humainement. Quant à ses parents, ils firent valoir en sa faveur son rang et sa naissance,
ajoutant que puisqu'on ne pouvait le convaincre d'avoir excité aucun tumulte ni sédition, il
était indigne de voir un illustre aristocrate chargé de fers comme s'il avait été un voleur. Le
peuple les écouta volontiers; de grands cris s'élevèrent pour demander sa délivrance et aussitôt
par le jugement de la multitude, il fut délivré de ses chaînes et proclamé libre.
Une faveur de ce genre ne pouvait être agréable à Alban : il s'était préparé au martyre et il
craignait de voir encore cette fois son triompha différé. Il se leva donc au milieu de la foule et
montrant à tous la Croix du Seigneur, il se prosterna devant elle et fit cette prière : "Seigneur
Jésus-Christ, ne permets pas que la malice du diable profite de la concorde de tout ce peuple
pour me ravir ma couronne. Daigne réprimer son audace et rendre inutiles toutes ses ruses
perfides." Puis se tournant vers la foule, il dit : "Qui peut vous conduire à changer ainsi de
sentiments? Si vous êtes indécis, consultez les lois de votre cité : elles vous indiqueront ce que
vous avez à faire. Pourquoi tardez-vous? Ne savez-vous pas que je suis l'irréconciliable
ennemi de vos "dieux?" En effet comment pouvez-vous croire dignes d'adoration ceux qui
loin d'avoir quelque chose de Divin sont l'ouvrage de la main des hommes? Vous êtes témoins
vous-mêmes qu'ils ne peuvent rien voir, rien entendre; est-il quelqu'un d'entre vous qui ait
jamais souhaité d'être semblable aux "dieux" auxquels il rend ses hommages? Comment donc
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Cycle mobile (Pascalion): Lundi de la Septième Semaine
Lecture de l’Epître
1Cor V : 9-VI : 11
5.9 Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques, - 5.10 non
pas d'une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les
ravisseurs, ou avec les idolâtres; autrement, il vous faudrait sortir du monde. 5.11 Maintenant,
ce que je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui, se nommant
frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas
même manger avec un tel homme. 5.12 Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas
ceux du dedans que vous avez à juger? 5.13 Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le
méchant du milieu de vous.
6.1 Quelqu'un de vous, lorsqu'il a un différend avec un autre, ose-t-il plaider devant les injustes,
et non devant les saints? 6.2 Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde? Et si c'est par
vous que le monde est jugé, êtes-vous indignes de rendre les moindres jugements? 6.3 Ne
savez-vous pas que nous jugerons les anges? Et nous ne jugerions pas, à plus forte raison, les
choses de cette vie? 6.4 Quand donc vous avez des différends pour les choses de cette vie, ce
sont des gens dont l'Église ne fait aucun cas que vous prenez pour juges! 6.5 Je le dis à votre
honte. Ainsi il n'y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse prononcer entre ses frères.
6.6 Mais un frère plaide contre un frère, et cela devant des infidèles! 6.7 C'est déjà certes un
défaut chez vous que d'avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souffrez-vous pas
plutôt quelque injustice? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller? 6.8 Mais c'est
vous qui commettez l'injustice et qui dépouillez, et c'est envers des frères que vous agissez de
la sorte!
6.9 Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu? Ne vous y
trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, 6.10 ni les efféminés, ni les
infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs,
n'hériteront le royaume de Dieu. 6.11 Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais
vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du
Seigneur Jésus Christ, et par l'Esprit de notre Dieu.
Lecture de l’Evangile
Matthieu XIII : 54-58
13.54 S'étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui
l'entendirent étaient étonnés et disaient: D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? 13.55
N'est-ce pas le fils du charpentier? n'est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon
et Jude, ne sont-ils pas ses frères? 13.56 et ses soeurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D'où
lui viennent donc toutes ces choses? 13.57 Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus
leur dit: Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. 13.58 Et il ne fit pas
beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.
Cycle fixe : Commémorations
SAINTE CONSORCE (OU CONSORTIA), VIERGE VÉNÉRÉE À CLUNY (+570)
Fille de Saint Eucher de Lyon, soeur de Sainte Tulle et de Saint Veran, elle vécut en Ermite.
SAINT MARTYR FLAVIUS CLEMENS À ROME (+96)
2
Son cousin était l'empereur Domitien. Celui-ci le fit condamner à mort sous l'accusation
d'athéisme parce qu'il adorait le Christ à l'exclusion de tous les dieux païens officiels.
SAINT MARTYR JULIEN (+250 OU 251)
Martyr à Rimini en Italie et Protecteur de cette ville, son corps fut recueilli mort enfermé dans
un sac par les habitants de Fliopoli qui reconnurent que ce ne pouvait être que le corps d'un
Saint Martyr. Plus tard et sous l'effet d'une tempête, le tombeau se détacha dans la mer et vint
s'échouer à Rimini où depuis il est en grand honneur.
SAINTE PRÈCE ABBESSE À METZ (+7°.S.)
Fille de l'Evêque de Metz, Saint Goéric, elle reçut de son père la fondation d'un monastère sur
les bords de la Moselle dont elle devint la première Abbesse et où elle conduisit sa
communauté dans la prière et la pénitence.
Saint Zénon, Saint Eusèbe et Saint Zonas
SAINT HIEROMARTYR EUSEBE EVEQUE DE SAMOSATE (+379)
Il fut un des opposants majeurs à l'arianisme. Quand le trône patriarcal d'Antioche devint
vacant, Mélétios fut élu Patriarche. Ce Mélétius était la lumière brillante dans l'Eglise et il
mérita la grande éloge que Saint Jean Chrysostome fit de lui à son départ. Mais les ariens
chassèrent vite Mélétius hors d'Antioche. Quand Contance le mauvais fils de Constantin
mourut, Julien l'Apostat lui succéda à la direction de l'empire, un homme encore pire que lui.
Durant la persécution des Chrétiens par Julien, Saint Eusèbe retira sa soutane, enfila une tenue
de soldat et voyagea à travers les églises persécutées de Syrie, Phénicie et Palestine,
renforçant la Foi orthodoxe partout et ordonnant Prêtres, Diacres et clergé selon les besoins et
en élevant certains à l'épiscopat. A l'annonce de la mort de Julien, Saint Eusèbe conseilla à
Mélétius de convoquer un Concile de l'Eglise à Antioche. Il eut lieu en 363 et vingt-sept
Hiérarques présents y dénoncèrent à nouveau l'arianisme et proclamèrent la Foi orthodoxe
telle qu'elle avait été proclamée au Premier Concile Oecuménique. Aux côtés de Mélétius et
Eusèbe, Saint Pélage de Laodicée, un grand et chaste Ascète, fit grande impression sur ce
Concile qui eut lieu durant le règne du pieux empereur Jovien. Mais ce dernier rendit son âme
peu après et l'infâme Valens prit le trône et la persécution contre l'Orthodoxie reprit à
nouveau. Saint Mélétios fut banni en Arménie, Eusèbe en Thrace et Pélage en Arabie. Après
Valens, l'empereur Gratien monta sur le trône et restaura la liberté de l'Eglise, ramenant les
Evêques exilés sur leurs sièges légitimes : Mélétius à Antioche, Eusèbe à Samosate et Pélage
à Laodicée.
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Nombre de diocèses étaient vacants à cette époque-là et Eusèbe trouva vite des pasteurs
canoniques pour le peuple. Mais quand il arriva dans la ville de Doliche avec Marinus
l'Evêque nouvellement élu pour l'installer comme Evêque et dénoncer l'hérésie arienne (qui
était forte dans cette cité), une fanatique hérétique lança une tuile du haut d'un toit et le blessa
mortellement. Ce grand zélateur de l'Orthodoxie, ce Saint et Martyr remit son âme pour
rejoindre la Jérusalem Céleste en 379.
ou
The Priestmartyr Eusebios, Bishop of Samosata, stood firmly for the Orthodox confession of
faith confirmed at the Ist OEcumenical Council at Nicea in the year 325. For this he
underwent persecution by the Arians, being repeatedly deprived of his cathedra and banished
into exile. The emperor Constantius (337-361), patron of the Arians, having learned that Saint
Eusebios kept a conciliar decree about the election to the Antioch cathedra of the Orthodox
Archbishop Meletios, sent him a command to give up the decree. The Saint boldly refused to
do as ordered. The enraged emperor sent a message, that if he did not give up the decree, then
his right hand would be cut off. Saint Eusebios stretched out both hands to the emissary with
the words: "Cut them off, but the Decree of the Council, which doth denounce the wickedness
and iniquity of the Arians, I will not give up." The emperor Constantius marveled at the
audacity of the bishop, but did him no harm.
After Constantius, there reigned Justin the Apostate (361-363). Even more difficult times
ensued – there began an open persecution against Christians. Sainted Eusebios, having
concealed his dignity, went about in the garb of a soldier across the whole of Syria, Phoenicia
and Palestine, urging Christians to the Orthodox faith. He established priests and deacons in
desolated churches, he put hands upon bishops renouncing the Arian heresy. After Julian the
Apostate perished, there ruled the pious emperor Jovian (363-364), during which time the
persecutions stopped. Having returned from exile, Archbishop Meletios upon the advice of
Saint Eusebios convened a Local Council at Antioch in the year 379. In it participated 27
bishops, and it re-affirmed the Orthodox teaching of faith accepted at the Ist OEcumenical
Council. The Arians, fearing the steadfast defenders of Orthodoxy – Sainted-hierarchs
Meletios, Eusebios and Pelagios, who had great influence with the emperor, put their
signatures under the conciliar definition. After the death of the emperor Jovian began the rule
of the Arian Vanlentus (364-378). The Orthodox were again subjected to persecution. Saint
Meletios was banished to Armenia, Saint Pelagios – to Arabia, and Saint Eusebios was
condemned to exile in Thrace. Having received the imperial decree, Saint Eusebios left
Samosata by night so as to prevent tumult among the people that esteemed him. Having
learned about the departure of the bishop, believers followed after him and with tears
entreated him to return. The Saint refused to fulfill the entreaty of those who had come,
saying that it was necessary to obey the existing authorities. The Saint urged his flock to hold
firm to Orthodoxy, blessed them and set off to the place of exile. The Arian Eunomios was
put upon the Samosata cathedra, but the people did not accept the heretic. The Orthodox
would not go to the church and avoided meeting with him. The heretic Arian perceived, that it
was impossible to entice the independent flock to him.
The emperor Gracian (375-383) came upon the throne, and there were brought back from
exile all the Orthodox hierarchs banished under the Arians. Saint Eusebios also returned to
Samosata and continued with the task of building up the church. Together with Saint Meletios
he supplied Orthodox hierarchs and clergy to Arian places. In about the year 380, he arrived
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in the Arian city of Dolikhina to establish there the Orthodox bishop Marinos. An Arian
woman flung a roof tile which struck the head of the sainted-bishop. In dying, he on the
example of the Saviour asked her for wine and requested those around not to do her any harm.
The body of Sainted Eusebios was taken to Samosata and with lamantation he was buried by
his flock. In place of the Saint was raised up his nephew, Blessed Antiokhos, and the
Samosata Church continued to steadfastly confess the Orthodox faith, firmly spread through
the efforts of the holy Priestmartyr Eusebios.
SAINT BASILE, HIGOUMÈNE DE PATALARIA (+8°.S.-9°.S.)
Saint Basile était l'Higoumène du Monastère de l'Île de Pantellaria à cent kilomètres au Sud-
Ouest de la Sicile.
SAINTE ANASTASIA DE SERBIE, MÈRE DE SAINT SAVA (+1200)
Sainte Anastasia était la mère de Saint Sava de Serbie (12 janvier). Elle était la fille de
l'Empereur byzantin Romanus IV et reçut la prénom d'Anna au Baptême. Plus tard, elle se
maria avec le Grand Prince et Roi de Serbie le Pieux Stéphane Nemanja (24 septembre). Elle
acheva sa vie ici-bas comme Moniale sous le nom d'Anastasia.
SAINT MARTYR HERACLIUS LE SOLDAT (+287 OU 303)
Martyrisé à Verulamium dans le Hertfordshire, ensemble avec Saint Alban et le Saint Prêtre-
Martyr qui avait enseigné Saint Alban, Amphibalus qui est commémoré le 25 Juin.
SAINT AARON (OU HARAN, TARANN) DE BRETAGNE, ABBE D'ALETH (+552)
Une île de Bretagne portait son nom. Elle est devenue la ville de Saint-Malo quand elle fut
rattachée à la terre. La cathédrale y conserve des Précieuses Reliques. Une localité près de
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Lamballe s'est placée sous le Protection de ce Saint Moine dont Dieu seul connaît la Sainteté
et la vie : Saint Aaron, 22400.
ou
Le Breton Saint Aaron traversa la mer jusqu'en Armorique (Bretagne) et vécut en Ermite sur
l'Île de Césambre appelée Saint-Aaron jusqu'en 1150 et à présent Saint-Malo. L'île était
séparée d'Aleth par un bras de mer que deux fois par jour la marée basse laissait à sec. Aaron
fut rejoint par un groupe de disciples et devint leur Abbé. Parmi les disciples, on trouve Saint
Malo qui était arrivé du Pays de Galles au milieu du sixième siècle et fut chaudement
accueilli.
SAINTS MARTYRS ZENON ET SON SERVITEUR ZENAS DE PHILADELPHIE EN
ARABIE (AMMAN) (+304)
Ces Saints Martyrs étaient originaires de Philadelphie en Arabie.* Zénon servait dans l'armée
romaine au temps de la persécution de Maximien. Désirant témoigner de sa Foi au Sauveur
par le sacrifice de sa vie, il distribua ses biens aux pauvres et libéra ses esclaves puis il alla se
présenter devant le gouverneur Maxime célèbre pour son zèle dans le culte des idoles, suivi de
son serviteur Zénas qui lui était resté attaché. D'une voix assurée Zénon reprocha au magistrat
de dépenser en vain ses efforts pour ces illusions que sont les dieux païens. Maxime ordonna
aussitôt aux gardes de le flageller à coups de nerfs de boeuf mais bien qu'il fût retenu par les
soldats, Zénon put étendre la jambe et renverser l'autel des idoles. Maxime, hors de lui, le fit
alors étendre sur le chevalet pour lui déchirer les flancs puis on frotta ses plaies avec du sel et
du vinaigre avant de le jeter en prison, les pieds enserrés dans un étau jusqu'au quatrième trou.
Zénas étant parvenu à s'introduire dans la prison, il supplia son maître de ne pas être séparé de
lui et sur l'ordre de Maxime, il fut enfermé dans le même cachot. Les deux Valeureux Athlètes
de la Foi soumis à l'interrogatoire refusèrent de renier le Christ, aussi furent-ils fustigés sans
pitié et on appliqua des tringles incandescentes sur la poitrine de Saint Zénon. Les bourreaux
les suspendirent ensuite par les aisselles et leur attachèrent de lourdes pierres aux pieds puis
ils les précipitèrent dans une fosse embrasée et répandirent de l'huile sur leur corps. Comme
ils avaient été miraculeusement préservés par la Grâce, ils remportèrent la couronne de la
victoire en étant décapités.
* L'ancienne Rabba des Ammonites, sur la rivière Jabboq (cf II Rois 12:26), aujourd'hui Amman en Jordanie.
Elle fut hellénisée et reçut ce nom sous Ptolémée II Philadelphie (285-246 av. J.C.)
SAINT DOMITIEN A LOBBES, CONFESSEUR (+7°.S.)
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Compagnon de Saint Landelin, il quitta à sa suite Lobbes pour aller fonder le Monastère de
Crespin. Il devint peut-être Abbé de l'un ou l'autre de ces monastères.
SAINT ALBAN PROTO-MARTYR DE GRANDE-BRETAGNE (+287 OU 303)
22 juin – 2 août (invention)
Il y avait déjà des Chrétiens dans les Îles britanniques au premier siècle. En fait, dès la fin du
deuxième siècle, un grand nombre d'habitants du Sud de l'Angleterre étaient Chrétiens.
Cependant, Alban est le premier Martyr chrétien qui soit reconnu sur l'île. La date
traditionnelle est 304 durant les persécutions de l'empereur Dioclétien mais nombre d'érudits
ont reculé la date en 209 sous la persécution de l'empereur Septime Sévère.
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Alban était un païen et un soldat romain qui durant la persécution de Dioclétien, eut pitié d'un
Prêtre chrétien en fuite et le cacha dans sa propre maison. Quand il vit que le Prêtre passait
jour et nuit en prière, il fut touché par la Grâce de Dieu. Ils passèrent plusieurs jours à discuter
ensemble et Alban fut si impressionné par la Sainteté du Prêtre et sa dévotion qu'il devint
Chrétien et voulut imiter la piété et la Foi de son hôte. Encouragé et instruit par le Prêtre,
Alban renonça à son culte des idoles et embrassa le Christ de tout son coeur.
Il était un des citoyens principaux de la vieille cité romaine de Verulamium (Verulam) dans le
Hertfordshire en Angleterre, appelée de nos jours Saint-Alban. A ses débuts, la ville était un
groupe de maisonnettes en torchis enduits qui s'étiraient le long de la rue Watling et plus tard
détruites par l'armée de Bodicée, la reine guerrière.
Le gouverneur romain de la ville, ayant entendu une rumeur selon laquelle Alban cacherait un
Prêtre dans sa maison, envoya un groupe de soldat pour le chercher. Le voyant approcher,
Alban prit la coiffe à houppelande du Prêtre et la posa sur sa tête et ses épaules et l'aida à
s'échapper. Ainsi déguisé, Alban ouvrit la porte aux soldats et fut arrêté à la place du Prêtre,
par erreur. Il fut enchaîné et emmené devant le gouverneur qui était occupé à sacrifier aux
"dieux" païens. Quand on enleva la houppe de sa tête et que son identité réelle fut découverte,
le gouverneur devint furieux. Quand de plus Alban se déclara Chrétien alors le gouverneur
ordonna de l'amener devant l'autel. Il le fit menacer de toutes les tortures qu'il avait préparées
pour le Prêtre s'il ne rétractait pas.
Alban fit face à cette colère avec calme et ignorant ces menaces, déclara qu'il ne pourrait pas
sacrifier à ces divinités. Face au refus d'Alban de renier sa Foi, le gouverneur lui demanda de
quelle famille et quelle race il était. "En quoi cela peut-il te concerner de quelle origine je
suis?" répondit Alban. "Si tu veux connaître ma religion, je te l'expliquerai. Je suis un
Chrétien et je suis tenu aux obligations d'un Chrétien." Quand il fut interrogé sur son nom, il
répondit : "Je suis appelé Alban par mes parents et je loue et j'adore le Dieu Vrai et Vivant
Qui créa toutes choses." Quand il fut ordonné de sacrifier aux "divinités" romaines, il refusa et
fut cruellement fouetté. Alban supporta la punition avec résignation et même avec joie. Quand
on vit qu'il ne se rétracterait jaMais il fut condamné à mort.
En route pour son exécution sur la colline Holmhurst Hill, la foule qui s'attroupa pour honorer
son héroïsme fut si grande que son passage fut retardé parce qu'ils n'arrivaient pas à atteindre
le pont sur la rivière. Alban qui semblait redouter qu'un délai puisse le priver de la couronne
de martyre, décida de traverser en un autre endroit et se dirigeant en bas vers l'eau en priant
Dieu, il s'avança dans l'eau qu'il passa à gué sans difficulté. Tant Gildas que Bède ont accepté
la tradition de ce Miracle, rapportant cet assèchement de l'eau instantanément à la prière du
Saint.
Ils ajoutent qu'un millier d'autres personnes traversèrent avec lui pendant que les eaux
restaient élevées de chaque côté et ce Miracle convertit l'exécuteur prévu. Toujours
accompagné d'une grande foule de gens, Alban grimpa la colline du lieu de l'exécution. Mais
à son arrivée en haut, l'exécuteur jeta son épée en bas et refusa d'accomplir son office. Il dit
que si on lui refusait de prendre la place d'Alban, il voudrait partager son martyre. Confessant
qu'il était Chrétien, le soldat fut remplacé par un autre. Puis il se plaça aux côtés d'Alban et ils
firent face ensemble à la mort. Alban fut décapité en premier puis le soldat, Saint Heraclius,
fut baptisé dans son propre sang pour partager la Gloire du martyre. Le troisième Martyr fut le
Prêtre qui ayant appris l'arrestation d'Alban à sa place, se dépêcha vers la court dans l'espoir
de sauver Alban en se livrant lui-même. D'après Bède, le gouverneur fut si impressionné par
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les Miracles qui suivirent le martyre d'Alban qu'il mit aussitôt un terme aux persécutions et
Bède rapporte que les Miracles avaient encore lieu à son époque, par l'intercession du
Protomartyr [= premier Martyr dans son pays] d'Angleterre.
Sur la colline où eurent lieu ces martyres, on bâtit par la suite une église et quatre cents ans
plus tard et le Roi Offa de Mercie y fonda l'Abbaye (suivant la Règle de Saint Benoît) de
Saint-Alban. Selon Constance de Lyon, Saint Germain d'Auxerre alors à la fin de sa mission
en Angleterre pour y combattre l'hérésie pélagienne, choisit l'église de Saint-Alban comme
lieu pour son Actions de Grâces à Dieu pour le succès de sa mission. Il rapporta d'Angleterre
une poignée de terre de l'endroit où Alban, le soldat et le Prêtre avaient été martyrisés.
L'histoire de Saint Alban telle que rapportée par l'Histoire Ecclésiastique du Peuple Anglais,
par Saint Bède le Vénérable (672 – 735) : http://www.stalbansva.org/alb.htm
The Homily for the Feast of St. Alban from Aelfic's Lives of the Saints Source: "The Passion
of Saint Alban"
Saint Alban Protomartyr de Grande-Bretagne
Il y avait alors un empereur païen nommé Dioclétien,
qui avait été choisi pour être empereur de toute la terre,
bien qu'il soit le destructeur de la race humaine,
deux cent quatre-vingt-six ans après l'Incarnation du Christ;
et il régna vingt ans, ce cruel assassin,
et ainsi il tua et fit tuer,
tous les Chrétiens qu'il peut trouver,
et brûla les églises et vola l'innocent,
et son impie persécution sans cesse s'étendit
dix ans durant sur toute la terre,
jusqu'à ce qu'elle parvienne aussi en Angleterre,
et là tue nombre de ceux qui croyaient en Christ.
Un d'entre eux fut Alban, le Noble Martyr,
qui fut en effet tué dans cette persécution
pour la Foi en Christ, de la manière que nous allons vous raconter.
En ces jours parvint en Angleterre
la meurtrière persécution de l'infâme empereur,
et les meurtriers capturaient partout les Chrétiens
avec une fureur sans limites; il advint qu'un Prêtre leur échappa
qui s'enfuit secrètement vers la maison d'Alban,
et là resta caché de ses acharnés persécuteurs,
et Alban le reçut, bien qu'il ne fut pas baptisé.
Alors le Prêtre, autant qu'il aimait Dieu,
commença à chanter ses Offices et à jeûner sévèrement,
et jour et nuit à louer Son Seigneur,
et par la même à enseigner la Vraie Foi
à l'honorable Alban, jusqu'à ce qu'il advint
qu'il se mette à croire dans le Vrai Dieu et à renoncer au paganisme,
et devenir un Vrai Chrétien, débordant de Foi.
Alors le Prêtre demeura avec l'honorable homme
jusqu'à ce que le magistrat qui persécutait les Chrétiens
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l'y découvre et avec grande colère
ordonna qu'on le fasse comparaître devant lui au plus tôt.
Alors arrivèrent les messagers à la maison d'Alban,
mais Alban sortit à la rencontre des persécuteurs
avec le vêtement à capuche du Prêtre comme si c'était lui,
et il ne voulut pas le trahir auprès des méchants persécuteurs.
Il fut dès lors enchaîné et emmené sur-le-champ
vers l'impie juge qui était occupé à offrir à ses divinités
des sacrifices diaboliques, avec tous ses complices.
Alors le juge devint diaboliquement enragé,
aussitôt qu'il eut détenu ce Martyr résolu,
parce qu'il avait accueilli le Prêtre fugitif,
et s'était livré pour être tué à sa place.
Alors il ordonna de l'amener au sacrifice païen et dit
qu'il lui ferait subir le terrible châtiment
qu'il avait préparé pour le Prêtre s'il avait pu le détenir,
à moins qu'il ne se soumette vite à ses honteuses divinités;
mais Alban ne fut pas effrayé par ses terribles menaces,
parce qu'il était ceint des Armes de Dieu
pour le combat spirituel et répondit qu'il ne
se soumettrait pas à son ordre, ni ne plierait devant son idolâtrie.
Aussitôt le juge lui demanda :
"De quelle famille es-tu et quel est ton rang parmi les hommes?"
Alors Alban répondit à l'infâme :
"En quoi cela te concerne, de quelle famille je proviens?
mais si tu désires entendre la vérité, je te dirai prestement
que je suis Chrétien et qu'à jamais je louerai le Christ."
Alors lui répondit le juge : "Dis-moi ton nom,
sans attendre puisque je te le demande."
Le champion de Dieu répondit alors au meurtrier,
"On m'appelle Alban et je crois dans le Sauveur,
qui est le Vrai Dieu qui fit toutes créatures;
vers Lui montent mes prières et c'est Lui que toujours je louerai."
Le meurtrier répondit au glorieux homme :
"Si tu désires la félicité d'une Vie Eternelle,
alors tu ne dois pas retarder ton sacrifice
aux grands dieux, avec complète soumission."
Alban lui répondit : "Tes sacrifices aux divinités,
que tu offres aux démons, ne peuvent t'aider,
ni servir ta cause mais tu recevras comme récompense
les châtiments éternels dans l'immense enfer."
Voilà! Alors le juge s'irrita fortement,
et ordonna de fouetter le Saint Martyr,
espérant qu'ainsi il ferait plier la résistance de son esprit
vers sa propre forme de culte, par le moyen du fouet;
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mais le Bienheureux fut renforcé par Dieu,
et supporta le fouet avec un excès de patience,
et d'un esprit joyeux il en remercia Dieu.
Alors le juge comprit qu'il ne pourrait pas vaincre
le Saint Homme par de sévères tortures,
pas plus que le détourner du Christ et donc ordonna de le faire périr
par décapitation pour le Nom du Sauveur.
Alors les païens firent ce que le juge leur commandait,
et dirigèrent le Saint vers sa décapitation;
mais ils furent retardés un long moment à un pont,
et y furent arrêtés jusqu'au soir à cause de l'énorme foule
d'hommes et de femmes qui s'y amassait,
et venaient vers le Martyr et l'accompagnaient.
De sorte qu'il advint que l'incroyant juge
resta sans manger en ville jusqu'au soir,
et sans l'avoir prévu, jeûnant contre sa volonté.
Voilà! Alors Alban voulut se hâter vers la mort,
et il descendit vers les flots puisqu'il ne pouvait franchir le pont,
et levant les yeux au Ciel, priant le Sauveur,
et les flots s'asséchèrent devant lui,
et laissèrent un large passage devant ses pieds comme il l'avait demandé à Dieu.
Alors l'exécuteur qui devait le tuer,
fut touché par ce Miracle et jeta au loin son épée,
et courut vite, aussitôt qu'ils avaient franchit l'eau,
et il tomba rempli de Foi à ses pieds,
désirant mourir avec lui plutôt que de le tuer.
Il fut dès lors uni, d'une Foi résolue,
au Saint Homme qui allait être décapité;
et l'épée gisait luisante devant eux,
et nul d'entre eux ne fût prêt à le tuer.
Il y avait à portée de main du Saint Homme
une belle colline, ornée de plantes,
bien en tout et avec une pente raide.
Alors Alban s'y dirigea vite,
et aussitôt pria Dieu qu'Il lui fasse jaillir de l'eau
en haut de la colline et ainsi fît Dieu.
Alors l'eau de source jaillit aux pieds d'Alban,
afin que l'on puisse comprendre sa puissance auprès de DIeu,
et le flot s'écoula de la colline escarpée.
Il fut alors décapité pour le Nom du Sauveur,
en haut de la colline et partit vers Son Seigneur
par un glorieux martyre, rempli de la Vraie Foi;
mais son meurtrier ne put vivre en bonne santé,
parce que ses deux yeux s'orbitèrent,
et tombèrent sur terre avec la tête d'Alban,
ce qui lui fît comprendre qui venait-il de tuer.
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Ils décapitèrent ensuite le fidèle soldat,
qui ne voulut pas décapiter le Saint Homme,
et il gît aux côtés d'Alban, croyant en Dieu,
baptisé dans son sang et partit pour le Ciel.
Ensuite quand les exécuteurs retournèrent vers leur maître,
et lui rapportèrent les signes merveilleux qu'Alban avait accomplis,
et comment son exécuteur était devenu aveugle,
et alors il leur ordonna de cesser la persécution et parla avec révérence
des Saints Martyrs qu'il ne parvint pas
à détourner de la Foi en Dieu par les terribles tourments.
Durant cette même persécution furent aussi massacrés
Aaron et Julius et nombre d'autres,
tant hommes que femmes, à travers toute l'Angleterre,
morts sous les tortures pour la Foi en Christ,
et ils partirent victorieux vers la Vraie Vie.
Alors la persécution s'arrêta et les Chrétiens sortirent
hors des bois et hors des Déserts où ils avaient été cachés,
et vinrent parmi eux et restaurèrent le Christianisme,
et réparèrent les églises qui avaient été détruites,
et demeurèrent là en paix dans la Vraie Foi.
Alors ils bâtirent une magnifique église
au Saint Alban, là où il fut enterré,
et bien souvent des Miracles y eurent lieu
à la louange du Sauveur qui vit à jamais dans l'éternité.
ou
La Lumière de l'Evangile fut portée en Angleterre dès le temps des Apôtres. Le nombre des
Chrétiens s'y accrut beaucoup par la conversion du Roi Lucius qu'on place en 180. La fureur
des premières persécutions ne pénétra pas dans ces îles lointaines, ce qui permit à l'Eglise de
cultiver en paix et de développer les germes de la Foi. D'ailleurs, l'Angleterre étant comme un
monde séparé du monde romain, on peut présumer que beaucoup de fidèles persécutés
ailleurs, s'y retirèrent pour y trouver un peu de repos. Mais Dioclétien, plus clairvoyant ou
plutôt plus impitoyable que les autres persécuteurs, ensanglanta ces contrées paisibles. Nous
apprenons de Gildas et de Bède que plusieurs Chrétiens y remportèrent la Couronne du
martyre.
Le premier et un des plus célèbres de ces héros chrétiens fut Saint Alban dont la Naissance
Céleste a été illustrée par plusieurs Miracles et dont le sang après avoir rendu témoignage à
Jésus-Christ, a été une semence de chrétiens et une source de bénédictions pour l'Angleterre.
"La gloire de son triomphe," dit Fortunat, "a été si éclatante qu'elle s'est répandue par toute
l'Eglise." Alban, jeune encore, se rendit à Rome pour se perfectionner dans les belles-lettres.
De retour en Angleterre, il s'établit à Vérulam,* où il jouissait d'une grande considération
parmi le peuple non moins à cause de son rang qu'à cause de ses richesses et des dignités dont
il était revêtu. Il ne connaissait point Jésus-Christ mais son âme enrichie des plus heureuses
dispositions, semblait n'attendre que l'instant de la Grâce pour s'ouvrir aux Lumières de la Foi
et pour ne plus rechercher que le trésor des Biens Eternels. Bon envers tout le monde,
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charitable envers les indigents, Alban ouvrait sa maison à tous les malheureux.
* Il ne reste plus aucun vestige de l'ancienne ville de Vérulam, si l'on excepte quelques fondations de murailles
et quelques morceaux de pavé marqueté. On y a souvent trouvé, en creusant, des pièces de monnaie romaine. La
Werlame coule à l'orient de la ville; à l'occident est le grand chemin construit par les Romains et appelé
Wallingstreet.
Il reçut chez lui un Saint Prêtre nommé Amphibale qui fuyait pour se soustraire aux
inquisitions des persécuteurs. Il le traita avec toute sorte d'égards et même de respects.
L'Homme de Dieu passa ainsi quelque temps caché à l'oeil des bourreaux. Alban qui
l'observait était singulièrement édifié de sa conduite; surtout il admirait avec quelle ferveur il
passait les jours et une partie des nuits en prière. Il eut envie de connaître une religion qui
inspirait une piété si merveilleuse. Un jour, il renvoya ses serviteurs et demeurant seul avec
son hôte, il lui dit :
"Comment se fait-il que toi qui es Chrétien tu aies pu parcourir tout un pays où ta religion est
en horreur et arriver sain et sauf jusque dans cette ville?" Amphibale lui répondit : "Mon
Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, a protégé mes pas et m'a gardé constamment de
tout danger. C'est Lui Qui pour le Salut de plusieurs, m'a dirigé vers cette province afin
qu'annonçant aux nations la Foi qu'Il a prêchée Lui-même, je Lui prépare un peuple choisi" , -
"Mais," dit Alban, "quel est donc ce Fils de Dieu? Prétends-tu dire que Dieu est né? Ces
choses me paraissent bien nouvelles et j'en entends parler aujourd'hui pour la première fois. Je
serais curieux de savoir comment vous expliquez tout cela, vous autres Chrétiens."
Alors le Bienheureux Amphibale commençant à lui exposer les Mystères de l'Evangile, parla
en ces termes : " Notre Foi nous enseigne à reconnaître Dieu le Père et Dieu le Fils Qui pour
Notre Salut, a daigné se revêtir d'une chair semblable à la nôtre et naître miraculeusement
d'une Vierge. Quand les temps furent accomplis, un Ange du Ciel descendit vers cette Vierge,
nommée Marie pour Lui annoncer le Mystère qui allait s'accomplir en Elle et Marie répondit :
Je suis la Servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon ta parole. Ainsi cette Vierge fut jugée
digne de donner naissance à Son Dieu, à Son Seigneur, à Celui de Qui Elle avait reçu Ellemême
l'existence. Elle devint mère sans perdre sa Virginité. C'est ce qu'avaient depuis
longtemps prédit les Prophètes auxquels Dieu avait révélé ce Mystère dans les siècles passés.
Si donc tu crois toutes ces choses, les promesses de Salut faites aux Chrétiens s'accompliront
aussi en toi : quand tu seras Chrétien, tu pourras en invoquant le Nom du Christ guérir les
infirmes et les malades; aucune adversité ne sera capable de t'abattre; enfin tu finiras ta vie par
le martyre et par une bienheureuse mort, tu quitteras cette terre pour aller vivre avec le Christ.
C'est pour t'annoncer tout cela que je suis venu dans cette ville; le Seigneur veut récompenser
ainsi l'hospitalité généreuse que tu m'as donnée."
Alban dit alors : "Si je viens à croire au Christ quel honneur devrai-je lui rendre?" Le Prêtre
lui répondit : "Crois que le Seigneur Jésus est un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit et tu
seras par là même très agréable à Ses Yeux." Alban répliqua : "Que dis-tu? Tu parles comme
un insensé car mon esprit ne peut trouver un sens à cette parole et ma raison se refuse à
l'admettre. Si les habitants de cette ville entendaient ce que tu viens de me dire de Ton Christ,
ils ne tarderaient pas à punir tes discours blasphématoires selon la rigueur des lois portées
contre votre secte. Pour moi, je suis bien disposé à ton égard mais je crains fort qu'il ne
t'arrive malheur." Il se retira donc tout ému sans vouloir écouter davantage les paroles du
Prêtre ni prêter l'oreille à ses enseignements.
Amphibale resté seul, passa toute la nuit en prière, tandis qu'Alban se retira dans sa chambre
13
pour prendre son repos. Mais pendant qu'il dormait, il eut une vision que Dieu lui envoya pour
l'instruire et dont il fut tellement touché qu'il se leva sur l'heure, vint trouver son hôte et lui
dit : " Si ce que tu prêches au sujet du Christ est véritable, daigne me donner l'explication d'un
songe mystérieux que je viens d'avoir. J'ai vu descendre du Ciel un homme qu'une foule
immense d'autres hommes a saisi pour Lui faire souffrir des tourments de toute espèce. Ils Lui
ont lié les mains, ont frappé sur Son Corps à coups de verges et mis ainsi toute Sa Chair
comme en lambeaux. Puis ils ont suspendu à une Croix ce corps ainsi déchiré après l'avoir
dépouillé de tous Ses Vêtements; ils ont étendu violemment Ses Bras sur cette Croix; ils ont
percé de clous Ses Pieds et Ses Mains : ils Lui ont ouvert le côté d'un coup de lance et de cette
blessure j'ai cru voir sortir du sang et de l'eau. Ils L'avaient injurié longtemps en disant : Salut,
Roi des Juifs; si Tu es le Fils de Dieu, descends de la Croix à cette heure et nous croirons en
Toi. Mais Lui, sans leur répondre, a jeté ce cri : "Mon Père, Je remets Mon Âme entre Tes
Mains." Et aussitôt après Il expira. Ensuite j'ai vu descendre de la Croix Son Corps Inanimé
dont le sang s'épanchait par de larges blessures : on L'a mis dans un sépulcre de pierre qu'on a
scellé et autour duquel on a placé des gardes. Mais Ô Miracle! ce Corps revient à la vie; Il sort
du tombeau sans briser les portes scellées; j'ai vu de mes yeux comment Il est ressuscité
d'entre les morts. Des hommes vêtus d'habits blancs comme la neige sont descendus du Ciel :
ils ont pris avec eux cet Homme Ressuscité et sont retournés au Ciel ensemble. Une multitude
innombrable d'hommes revêtus pareillement de robes blanches suit le Vainqueur de la mort,
ne cessant jamais de chanter Ses Louanges et de bénir le Père en disant : Béni soit Dieu le
Père et son Fils Unique. Tous sont dans une paix inaltérable à laquelle aucun bonheur ne
saurait être comparé. Telle est la vision que j'ai eue cette nuit : explique-la-moi, je t'en supplie
et ne crains pas de me dire entièrement tout ce que signifient ces choses."
A ce récit, le Bienheureux Amphibale comprit que Dieu avait daigné visiter le coeur d'Alban
et il en conçut une joie inexprimable. Aussitôt te tirant l'Image de la Croix du Seigneur qu'il
portait toujours sur lui, il lui dit : "Voilà le signe qui te fera connaître ce que signifie et ce que
présage ta vision. L'homme que tu as vu descendre du Ciel est Mon Seigneur Jésus-Christ Qui
n'a pas refusé de subir le supplice de la Croix pour nous laver par son sang du péché auquel la
prévarication d'Adam, notre premier père, nous avait rendus sujets. Ceux qui L'ont saisi et
affligé par de si cruels tourments sont les Juifs, le peuple choisi de Dieu, à qui Il avait promis
d'envoyer du Ciel son Fils : or quand Il est venu, ils ont refusé de Le recevoir. Après une si
longue et si pénible attente, ils n'ont pas voulu reconnaître l'Auteur de leur Salut mais ils L'ont
contredit sans cesse, lui ont rendu le mal pour le Bien et n'ont répondu que par la haine à
l'Amour qu'Il leur avait témoigné. Enfin, remplis d'envie contre Lui, ils ont bien osé Le saisir,
cet Homme-Dieu que les Gentils eux-mêmes jugeaient innocent : ils L'ont saisi et L'ont fait
mourir sur une Croix. C'est ainsi que le Seigneur Très Miséricordieux nous a rachetés au prix
de son sang qu'Il a vaincu la mort en mourant Lui-même et qu'étant élevé sur la Croix, Il a
tout attiré à Lui. Il est aussi descendu dans les cachots ténébreux de l'enfer; Il a brisé les liens
des Justes qui y étaient captifs et enchaînant le diable, Il l'a rejeté au plus profond de l'abîme."
Alban fut saisi d'admiration en entendant ces paroles et il s'écria : "Oui, les choses que tu
viens de dire touchant le Christ sont vraies et l'on ne saurait les accuser de fausseté. C'est le
Christ que j'ai vu cette nuit combattre et vaincre le démon. Je veux donc désormais prêter une
oreille docile à tes enseignements. Dis-moi puisque ta science est si grande quels sont mes
devoirs envers le Père et le Saint-Esprit, maintenant que je reconnais le Fils pour Mon
Seigneur et Mon maître." Le Prêtre rempli d'une grande joie, s'écria : "Je rends Grâces à Mon
Seigneur Jésus-Christ de ce que tu as appris à invoquer de toi-même ces trois Noms sacrés.
Crois donc que ces trois Personnes que tu viens de nommer sont un seul et même Dieu et
confesse généreusement cette Foi."- "Oui," répondit Alban, "telle est ma ferme croyance. Il
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n'y a point d'autre Dieu que mon Seigneur Jésus-Christ Qui pour le Salut des hommes a
daigné se revêtir de leur nature et souffrir la mort de la Croix : il est un seul Dieu avec le Père
et le Saint-Esprit, en dehors de Qui il n'y a point d'autre Dieu."
Plusieurs fois il répéta avec ferveur cette profession de Foi; il se prosternait devant l'Image de
la Croix du Sauveur et comme s'il y avait vu Jésus-Christ présent Lui-même, il implorait avec
larmes le pardon de ses pêchés, il baisait la place des pieds et des mains comme s'il avait
touché véritablement les plaies sacrées du Christ et que sa vision de la nuit précédente se fût
transformée en une réalité. Des larmes coulaient en abondance sur son visage et baignaient le
signe du Salut qu'il tenait embrassé. "Je renonce au démon," disait-il, "je déteste tous les
ennemis du Christ; je me donne et je me confie au Divin Seigneur Qui le troisième jour, est
ressuscité d'entre les morts." Amphibale voyant ses bonnes dispositions et jugeant qu'il était
déjà parfait Chrétien dans son coeur, le baptisa au nom de la Très Sainte Trinité. Puis il lui
dit : "Sois sans crainte : le Seigneur est avec toi et Sa Grâce ne te manquera jamais. C'est de
Lui-même que tu as appris par Révélation les Mystères de notre Foi que les autres hommes
reçoivent ordinairement par la prédication d'un homme faible comme eux; c'est pourquoi je
suis maintenant tranquille sur ton compte. Je vais donc reprendre ma route pour aller
continuer ailleurs les travaux de mon ministère." - "Non," dit Alban; " je te prie de ne pas me
quitter si tôt mais de passer encore une semaine avec moi afin que tu m'apprennes en détail
tout ce qui concerne les autres dogmes et les pratiques du culte chrétien." Amphibale voyant
que la résolution qu'il avait prise de quitter ce lieu remplissait Alban d'une si grande tristesse,
consentit à sa demande. Chaque soir, le maître et le disciple fuyant le tumulte des hommes, se
retiraient dans une maison à l'écart et y passaient ensemble toute la nuit à louer Dieu. Ils se
cachaient ainsi pour n'être pas découverts par les infidèles qui cherchaient à connaître la Vraie
Religion, moins pour l'embrasser que pour la persécuter.
Néanmoins et peu après, un Gentil audacieux parvint à découvrir leur secret et fit connaître au
magistrat tout ce qui s'était passé entre eux. Il n'omit rien de ce qui était propre à perdre les
innocents, en allumant contre eux la fureur du juge. En effet celui-ci fut aussitôt enflammé de
colère : il ordonna qu'on lui amenât Alban et celui qui l'avait instruit dans la Foi chrétienne
afin de les obliger à offrir un sacrifice aux dieux du pays. S'ils ne voulaient pas y consentir, ils
devaient être saisis, enchaînés et égorgés eux-mêmes en guise de sacrifice sur l'autel des
dieux. Toutefois, ces ordres ne purent être donnés d'une manière si secrète qu'ils ne
parvinssent à la connaissance d'Alban qui désirant sauver du péril le Prêtre qui l'avait instruit,
l'exhorta à sortir de la ville. Pour faciliter son évasion, il la revêtit de sa propre chlamyde qui
était brodée d'or. Cet habit était alors celui des principaux du pays et par là même si honoré
qu'il commandait à tous le respect envers quiconque en était revêtu. Ayant donc jugé
qu'Amphibale serait sous cet habit plus garanti contre les insultes et les violences, il prit luimême
le manteau de son cher maître, sachant bien que c'était un moyen de s'attirer la fureur
des barbares. Alors Amphibale cédant aux prières d'Alban, partit avant l'aurore et se dirigea
du côté de l'aquilon, conduit quelque temps par son généreux disciple. Enfin ils se dirent
adieu et se séparèrent. Le Prêtre se rendit dans le Pays de Galles pour y continuer ses travaux
apostoliques. Revêtu de la robe de son maître, Alban revint seul à sa demeure, attendant
paisiblement l'exécution des ordres qui avaient été donnés contre lui.
Quand le jour fut venu, une troupe nombreuse de soldats furieux se précipite tout à coup sur la
maison d'Alban : ils pénètrent partout, visitent avec soin toutes les chambres, fouillent jusque
dans les coins les plus obscurs et remplissent tout de désordre et de tumulte. Enfin ils arrivent
dans cet endroit solitaire où Alban avait coutume de venir prier avec Amphibale; ils entrent;
ils le voient revêtu d'un habit étranger, prosterné devant la Croix du Sauveur et se livrant à la
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prière. Alors ils se précipitent en foule et lui demandent à grands cris de leur livrer le Prêtre
qu'il a reçu chez lui.
Alban leur dit pour toute réponse "Pourquoi le cherchez-vous? Il est sous la garde de Dieu et
maintenant avec ce tout puissant secours, il ne craint pas vos menaces." Les satellites irrités
de voir cette proie leur échapper, sentirent redoubler leur fureur et tournant contre Alban luimême
tout leur ressentiment, ils mirent aussitôt la main sur lui. On l'attache, on l'entraîne, on
le charge de chaînes pesantes, on le tire par les vêtements et par les cheveux; on le conduit
enfin après mille injures après mille traitements inhumains jusqu'au temple des idoles où le
juge se trouvait avec le peuple de la ville accouru de tous côtés en ce lieu. Alban voulant
montrer à tous qu'il était Disciple et Serviteur de la Croix, portait sans cesse dans ses mains le
signe du Salut. Quand les Gentils virent ce signe sacré qui leur avait été inconnu jusqu'alors,
ils furent étonnés et troublés; le juge cependant regarda avec un visage irrité l'Homme de Dieu
et la Croix qu'il tenait entre ses mains. Loin d'être effrayé de sa colère, Alban le méprisa
tellement qu'il ne daigna pas lui répondre sur son rang et sa famille mais à l'interrogation qui
lui fut faite sur ce sujet il ne répondit qu'en faisant connaître son nom et en déclarant à haute
voix qu'il était Chrétien.
Le juge lui dit : "Alban, fais-moi savoir où est ce Prêtre envoyé de je ne sais où pour mettre le
trouble dans cette ville qui y est entré secrètement et que tu as reçu dans ta maison. Si sa
conscience n'était pas agitée de remords, s'il ne doutait pas lui-même de la bonté de sa cause,
il se serait présenté devant nous pour rendre compte de sa doctrine au lieu de laisser ce soin à
son disciple. Mais au contraire, il a fait voir par son exemple combien ses enseignements sont
vains et trompeurs puisque au lieu de défendre celui qu'il a gagné par ses belles paroles, il
l'abandonne lâchement dès qu'il voit le péril. Je pense que cela suffira pour te faire voir que tu
as accordé trop de confiance à un homme infatué de chimères qui t'a poussé jusqu'à cet excès
de folie de compter pour rien tous les biens de ce monde et de mépriser ouvertement nos
grands dieux. Or nous ne pouvons pas laisser impunie l'injure qui leur est faite : le
contempteur des dieux doit être puni de mort. Mais comme il n'est personne qui ne puisse
tomber dans l'erreur, il est aussi toujours possible d'en sortir. Tu peux donc te réconcilier
encore avec les dieux que tu as offensés; tu rentreras dans leurs bonnes grâces en te séparant
de la secte perfide dans laquelle tu t'es laissé entraîner. Ecoute les conseils que je te donne
dans ton intérêt : fais aux dieux de grands sacrifices alors non seulement ils te pardonneront
tes crimes et tes offenses mais encore ils augmenteront ta fortune et tes honneurs et
combleront tous tes désirs, ainsi qu'ils ont coutume de faire pour leurs serviteurs fidèles."
Sans être effrayé par ces menaces ni séduit par cette feinte douceur, Alban répondit : "Tu as
parlé longuement, ô juge mais la longueur de tes discours ne peut m'empêcher d'en
apercevoir la fausseté. Le Prêtre dont tu parles serait certainement venu à ton audience si cela
nous avait paru bon à l'un et à l'autre. Mais pour moi, je n'ai pu consentir à ce qu'il
m'accompagnât ici parce que je connais trop ce peuple méchant et prompt à mal faire; quant à
lui, bien qu'il ne redoute pas la Véritable Justice, il ne peut souffrir les juges qui ne savent pas
discerner le Vrai du faux dans leurs jugements. J'avoue que j'ai embrassé sa doctrine mais je
ne saurais m'en repentir; la suite te fera voir que je n'ai pas cru sur la Foi d'un ignorant ou d'un
imposteur. Les malades et les infirmes recouvrant leur santé première rendront témoignage à
la Vérité de Notre Foi. Cette Foi m'est plus chère que toutes les richesses dont tu me parles,
plus précieuse que tous les honneurs par la vue desquels tu veux me tenter. Car supposons un
homme comblé d'honneurs et de richesses au gré de ses désirs, ne faudrait-il pas qu'enfin il
meure? Tout son or pourra-t-il le tirer du sépulcre et le ramener parmi les vivants? Mais à
quoi bon prolonger ce discours? Je ne sacrifie pas à tes faux dieux car tous mes ancêtres les
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ont servis sans en recevoir d'autre salaire que leur damnation éternelle. Aidé du Secours de
Mon Dieu, je ne crains pas les supplices dont tu me menaces." Quand il eut ainsi parlé, un
sourd murmure s'éleva parmi la foule : les uns étaient attendris; d'autres poussaient des cris
d'insulte mais le Bienheureux Alban paraissait insensible aux menaces du juge et aux
clameurs du peuple irrité.
On lui intima de nouveau l'ordre de sacrifier aux "dieux" : une troupe furieuse de Gentils se
précipita vers lui pour l'y contraindre mais sa fermeté demeura inébranlable et rien ne put
l'amener à commettre un tel forfait. Alors sur l'ordre du juge, on l'étendit pour le battre de
verges. Mais tandis qu'on le frappait rudement, il se tourna vers le Seigneur et dit avec un
visage serein : "Seigneur Jésus-Christ, daignes garder mon âme pour qu'elle ne soit pas
ébranlée et qu'elle ne tombe pas du rang élevé où Ta Bonté l'a placée. C'est à Toi, Seigneur
que j'offre le sacrifice de ma vie et je désire répandre mon sang pour Ton Amour." Ces
paroles ne purent être étouffées par le bruit épouvantable des coups de fouet. Les bras des
bourreaux se fatiguèrent sans que la constance du Martyr fût ébranlée. Le juge sachant alors
que le courage cède quelquefois plus facilement à la durée des tourments qu'à leur violence, le
fit conduire dans une étroite et affreuse prison où il le retint pendant près de six mois entiers.
Mais le Ciel ne tarda pas à venger l'injure faite au Serviteur de Dieu. Depuis le jour où il fut
arrêté jusqu'à celui où il consomma par sa Naissance Céleste son glorieux sacrifice, la pluie et
la rosée ne vinrent plus rafraîchir la terre : les vents retinrent leur souffle bienfaisant; chaque
jour les ardeurs du soleil desséchaient de plus en plus les campagnes et même pendant les
nuits la chaleur était excessive; les sillons et les arbres refusèrent de rendre aux laboureurs le
fruit de leurs travaux; en un mot, toute la nature combattit contre les méchants pour venger le
Juste opprimé. Les habitants de Vérulam furent bientôt réduits à l'extrémité par ce fléau mais
ce châtiment si rude qu'il fût, ne put les ramener à des sentiments meilleurs. Ils se réunirent
donc et dirent : "C'est par un art magique que notre terre est ainsi désolée : tout a péri dans nos
campagnes; c'est le Christ, le Dieu d'Alban Qui a brûlé nos moissons et ruiné les espérances
de nos récoltes." Ils se firent donc amener Alban qui parut devant eux les pieds nus, le visage
exténué et tout le corps couvert de la poussière du cachot. Quand ils le virent ainsi
méconnaissable à cause des rigueurs qu'on lui avait fait souffrir, ils furent touchés de
compassion et après avoir longtemps discuté entre eux, ils résolurent de le traiter plus
humainement. Quant à ses parents, ils firent valoir en sa faveur son rang et sa naissance,
ajoutant que puisqu'on ne pouvait le convaincre d'avoir excité aucun tumulte ni sédition, il
était indigne de voir un illustre aristocrate chargé de fers comme s'il avait été un voleur. Le
peuple les écouta volontiers; de grands cris s'élevèrent pour demander sa délivrance et aussitôt
par le jugement de la multitude, il fut délivré de ses chaînes et proclamé libre.
Une faveur de ce genre ne pouvait être agréable à Alban : il s'était préparé au martyre et il
craignait de voir encore cette fois son triompha différé. Il se leva donc au milieu de la foule et
montrant à tous la Croix du Seigneur, il se prosterna devant elle et fit cette prière : "Seigneur
Jésus-Christ, ne permets pas que la malice du diable profite de la concorde de tout ce peuple
pour me ravir ma couronne. Daigne réprimer son audace et rendre inutiles toutes ses ruses
perfides." Puis se tournant vers la foule, il dit : "Qui peut vous conduire à changer ainsi de
sentiments? Si vous êtes indécis, consultez les lois de votre cité : elles vous indiqueront ce que
vous avez à faire. Pourquoi tardez-vous? Ne savez-vous pas que je suis l'irréconciliable
ennemi de vos "dieux?" En effet comment pouvez-vous croire dignes d'adoration ceux qui
loin d'avoir quelque chose de Divin sont l'ouvrage de la main des hommes? Vous êtes témoins
vous-mêmes qu'ils ne peuvent rien voir, rien entendre; est-il quelqu'un d'entre vous qui ait
jamais souhaité d'être semblable aux "dieux" auxquels il rend ses hommages? Comment donc
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Vies de Saints : Extraits du Grand Synaxaire de la Sainte Eglise Orthodoxe.
3 juillet – 16 juillet 2010
Cycle mobile (Pascalion): Vendredi de la Huitième Semaine
Lecture de l’Epître
1Cor XI : 8-23
11.8 En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme; 11.9
et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de
l'homme. 11.10 C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de
l'autorité dont elle dépend. 11.11 Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans
l'homme, ni l'homme sans la femme. 11.12 Car, de même que la femme a été tirée de l'homme,
de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. 11.13 Jugez-en vous-mêmes: est-il
convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée? 11.14 La nature elle-même ne vous
enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux, 11.15 mais
que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme
voile? 11.16 Si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les
Églises de Dieu.
11.17 En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c'est que vous vous assemblez,
non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. 11.18 Et d'abord, j'apprends que, lorsque
vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, -et je le crois en partie, 11.19
car il faut qu'il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient
reconnus comme tels au milieu de vous. -11.20 Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est pas
pour manger le repas du Seigneur; 11.21 car, quand on se met à table, chacun commence par
prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre. 11.22 N'avez-vous pas des
maisons pour y manger et boire? Ou méprisez-vous l'Église de Dieu, et faites-vous honte à
ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela je ne vous loue point.
11.23 Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c'est que le Seigneur Jésus, dans
la nuit où il fut livré, prit du pain,
Lecture de l’Evangile
Matthieu XVII : 10-18
17.10 Les disciples lui firent cette question: Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Élie doit
venir premièrement? 17.11 Il répondit: Il est vrai qu'Élie doit venir, et rétablir toutes choses.
17.12 Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu, et qu'ils l'ont traité
comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme souffrira de leur part. 17.13 Les disciples
comprirent alors qu'il leur parlait de Jean Baptiste.
17.14 Lorsqu'ils furent arrivés près de la foule, un homme vint se jeter à genoux devant
Jésus, et dit: 17.15 Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre cruellement;
il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l'eau. 17.16 Je l'ai amené à tes disciples, et ils
n'ont pas pu le guérir. 17.17 Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusques à quand serai-je
avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici. 17.18 Jésus parla
sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l'enfant fut guéri à l'heure même.
Cycle fixe : Commémorations
SAINT BLADUS (OU BLADE) EVEQUE DE L'ILE DE MAN
Epoque inconnue; selon la tradition, Saint Bladus fut un des premiers Evêques de l'Île de
Man.
8 juin (invention) – 3 juillet
SAINTS BASILE ET CONSTANTIN, PRINCES DE YAROSLAV (+13°.S.)
The Repose of Nobleborn Princes Vasilii and Konstantin Vsevolodovich of Yaroslavsk: In
their youth they lost their father, Vsevolod, who fell in battle with the Tatars (Mongols). Saint
Vasilii, the elder brother, succeeded to the throne. A multitude of concerns, tasks and sorrows
beset him as prince. The city and the villages were devastated from the invasion of the Tatars,
many households remained without shelter and food, and he had to concern himself about
everything and about everyone. Besides this, it was necessary to gain the good-will of the
Tatar khan, and the holy prince more than once made journey for this reason to the Horde. He
suffered also a family misfortune – the loss of his only son. All his tribulations the holy prince
suffered without complaint, and he ruled the princedom, like a true Christian: he did not enter
into disputes with other princes, he concerned himself over the misfortunate among his
subjects, and he built churches. But soon his life, filled with many sorrows, exhausted the
strength of the prince, and he took sick and died in the year 1249. After him holy Prince
Konstantin succeeded to the throne. He strove to imitate his brother, but to his great dismay,
everywhere he saw pillage and murdering done by the Tatars. In 1257 the Tatars fell upon
Yaroslavl' itself. The prince came out to fight the enemy, but here in this battle he gave up his
life for his country. In the year 1501 the relics of the holy princes were uncovered undecayed
and now rest in the Yaroslavsk cathedral.
SAINT HIEROMARTYR GERMAIN EVEQUE DE L'ILE DE MAN (+474)
1 octobre -3 (sur l'Île de Man) – 31 (en Pays de Galles) juillet
Né vers 410; endormi en Normandie vers 474; en ce jour c'est sa fête sur l'Ile de Man; au Pays
de Galles c'est le 31 juillet ou le 1er octobre (à cause de la confusion avec un autre Germain
qu'on fête ce jour-là).
La présence de nombre de dédicaces au Nord du Pays de Galles et Cornouailles, parfois
erronément attribuées à Saint Germain d'Auxerre, en plus des références à Germain dans les
"Vies des Saints celtes" qui sont chronologiquement impossible pour Germain (d'Auxerre), a
mené les érudits celtes à rechercher au moins un autre Germain pour les expliquer.
La Tradition nous rapporte que Saint Germain fut neveu de Patrick. Elle rapporte aussi que
lorsque Saint Germain d'Auxerre vint en Grande-Bretagne en 448 pour réfuter l'hérésie des
pélagiens, il rencontra un colon irlandais dont le fils devint son disciple et choisit le nom de
son maître pour lui-même. Germain de Man naquit en Bretagne et vint en Irlande pour
oeuvrer avec Saint Patrick.
Il fut Moine et Missionnaire en Irlande, au Pays de Galles sous les Saints Brioc et Illtyd et en
Bretagne. Germain quitta la Bretagne pour rencontrer Patrick en Grande-Bretagne vers 462.
Là il engagea une lutte contre le mage Gwrtheyrn. Ensuite il retourna en Irlande vers 466,
devenant finalement l'Evêque de l'Île de Man du vivant de Saint Patrick.
Après avoir évangélisé au Pays de Galles, on retrouve trace de son nom en Espagne et Gaule.
Son martyre est rapporté en Normandie. Sa mémoire est préservée dans des noms de lieux
comme Jarman et Gremain dans des lieux comme le Caernavonshire, Denbighshire,
Montgomeryshire et Radnorshire. On retrouve aussi son nom dans les Actes de Kieran et dans
ceux d'autres des premiers Saints irlandais. Leland mentionne un pèlerinage à Garmon
("Armon") à Llanarmon yn Ial où des offrandes votives étaient effectuées à une statue en
vêtements sacerdotaux
Tropaire de Saint Germain ton 2
Neveu de Patrick et Missionnaire en Irlande,/
tu répandis la Foi en nombre de contrées./
Du Pays de Galles jusqu'en Bretagne et de là vers l'Île de Man,/
tu glorifias le Christ partout où tes pas te portèrent./
Prie le Christ de sauver nos âmes.
SAINT BYBLIG (OU BIBLIG, PEBLIG, PIBLIG, PUBLICIUS) DU PAYS DE GALLES
(+5°.S.)
Bien que Saint Byblig fut de toute évidence un Saint homme lié à Carnarvon et honoré d'une
grande vénération dans le Pays de Galles, on ne sait rien de sa vie.
SAINT GEORGES LE THEOPHORE (+1068)
Saint George the God-bearer and Recluse labored in the Black Mountains near Antioch during
a time when the churches and monasteries there flourished. Orthodox Christians from many
parts of the world came to settle there, and as a result, tensions often arose between monks of
different nationalities. In order to remain detached from the conflicts, Fr. George found refuge
in an impregnable cleft of a very high mountain. For this reason he is also called St. George
the Recluse.
Nevertheless, the monks of the Black Mountains were well aware of the pious life led by
George the Recluse. Venerable George of the Holy Mountain journeyed to the Black
Mountains in search of a spiritual guide and, after praying in each and every monastery,
finally asked St. George the Recluse, “a man innocent as a dove,” to fill this role.
George the Recluse received the young ascetic and found a home for him in the monastery.
His disciple remained with him for three years, leading the strictest ascetic life, until finally
George the Recluse clothed him with the schema and “perfected him in the monastic life.”
Then, after sending him on a pilgrimage to Jerusalem, he blessed George to resettle at the
Iveron Monastery on Mt. Athos and to continue the holy work of St. Ekvtime of Mt. Athos.
George returned to the Holy Mountain but, instead of translating books as his spiritual father
had advised him, he performed other obediences for seven years. When St. George the
Recluse heard this, he sent his disciple Theodore to Mt. Athos to rebuke him and remind him
that he was sent there to translate theological texts from the Greek to the Georgian language.
This time George of the Holy Mountain humbly obeyed the will of his teacher.
When he was not with George of the Holy Mountain, St. George the Recluse confined himself
to strict solitude and, like his spiritual son, dedicated much of his time to literary pursuits. He
was closely acquainted with the writers of Iveron and other Georgian monasteries, and he
encouraged his spiritual son to continue his labor of translating Orthodox theological
literature.
St. George the Recluse copied Davit Mtbevari’s translations of the Life of Martha (the mother
of Simeon of the Wonderful Mountain) and the Life of St. Barlaam (of the Syro-Caucasus).
When George heard that no copies of these Lives existed on Mt. Athos, he transcribed the
texts and sent them to the Athonites.
St. George the God-bearer and Recluse reposed in 1068, after the death of his venerable
disciple St. George of the Holy Mountain.
SAINT TIRECHAN (+7°.S.)
Vers 670-700, Saint Tirechan rédigea un mémoire sur Saint Patrick connu sous le nom de
"Breviarium" qui est préservé dans le "Livre d'Armagh." Il fut Prêtre dans le Meath et disciple
d'Ultan de Ardbraccan qui donna ses notes sur Patrick à Tirechan. En faisant usage de ces
notes, Tirechan devint un des premiers biographes de Patrick près d'un siècle après le Départ
du Protecteur de l'Irlande.
Le plus ancien texte hagiographique existant où Saint Patrick est mis en relation avec Mag
Slecht est le Breviarium de Tirechan rédigé entre 668 and 701 et incorporé dans le Livre
d'Armagh en 807 par le scribe Ferdomnach.
Tirechan rapporte que Patrick aurait voyagé vers la Gaule (en particulier vers Auxerre et
Lérins), l'Italie et la mer Tyrrhénéenne. Son travail comporte aussi des détails de valeurs sur
l'Irlande durant sa propre vie
SAINT HELIODORE D'ALTINO (+ 390)
Evêque, ami et correspondant de Saint Jérôme et ayant abandonné la carrière militaire pour se
joindre à un groupe d'Ascètes, il retrouva à Antioche Saint Jérôme, son ami et compatriote de
Dalmatie. Nommé plus tard Evêque d'Altino non loin d'Aquilée, il laisse entrevoir dans sa
correspondance avec Saint Jérôme quel était le sérieux de la vie chrétienne dans son diocèse.
SAINT HIEROMARTYR IRENEE DE CHIUSI (+273)
Il fut Diacre et souffrit le martyre à Chiusi en Toscane. Le récit de ses souffrances partagées
avec Sainte Mustiole, Vierge, retrace la barbarie habituelle des persécuteurs romains. Ni les
fouets plombés ni les broches enfoncées dans leur corps ne les détachèrent de l'Amour du
Christ.
SAINT HIEROMARTYR PHILIPPE METROPOLITE DE MOSCOU (+1569)
9 janvier (martyre) – 5 avril (repos) -31 mai (translation) -3 juillet (translation)
Saint Philippe naquit en 1507. Il était déjà adulte lorsqu'il entra au Monastère de Solovski, au-
delà du cercle polaire sur la Mer Blanche. Comme il s'était distingué par ses vertus et sa
probité, il fut élu Higoumène et désigné en 1566contre son gré pour occuper le trône
métropolitain de Moscou. Ne craignant que Dieu et animé d'un amour ardent pour le peuple
chrétien opprimé, il n'hésita pas dès les premiers jours à blâmer les cruautés du Tsar Ivan le
Terrible, d'abord en secret. Puis voyant que ses paroles n'avaient pas eu d'effet il prit à parti le
souverain en public du haut de la chaire de la cathédrale de la Dormition : "Sire, nous offrons
ici le Sacrifice Non-Sanglant tandis que derrière ce Sanctuaire coule le sang des Chrétiens."
Le Tsar furieux le menaça et lui ordonna de se taire. Il répondit : "Je ne puis le faire car je ne
puis obéir à ton commandement plus qu'au Commandement de Dieu. Je combats pour la
Vérité et le Bien et je continuerai à le faire même si je devais perdre ma dignité et souffrir les
maux les plus cruels sinon notre Foi serait vaine, vaine aussi la dignité apostolique." Malgré
l'impression considérable produite par cette audacieuse déclaration, le Saint Métropolite ne
trouva pas l'appui nécessaire parmi les Chrétiens de Moscou paralysés par la crainte du tyran.
Le Tsar fit convoquer un Concile d'Evêques qui lui étaient soumis, lequel déposa Philippe et
l'envoya en exil comme simple Moine au Monastère d'Otrotch près de Tver. C'est là qu'il fut
étranglé en 1569 par le bourreau favori du Tsar.
TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT PHILIPPE, METROPOLITE DE MOSCOU ET
THAUMATURGE DE TOUTE LA RUSSIE
Le corps de Saint Philippe fut enterré au Monastère Otrocha à Tver. Les Moines du
Monastère de Solovki où il fut auparavant Higoumène, demandèrent en 1591 la permission de
faire transférer les Reliques dans leur monastère. Le corps ayant fortement souffert mais
cependant incorrompu fut placé dans un tombeau préparé par Saint Philippe lui-même de son
vivant en-dessous du portique du temple des Saints Zosime et Sabbatius de Solovki près de la
tombe de l'Ancien Jonas (Shamin), son bien-aimé guide dans les pratiques monastiques.
Le 29 Avril 1649, un grammota du Patriarche Joseph fut envoyé à Elias l'Higoumène du
Monastère de Solovki au sujet de l'Invention solennelle des Reliques de Saint Philippe. Le 31
mai, les Reliques furent transférées dans un nouveau reliquaire et placées dans la cathédrale
de la Transfiguration.
En 1652 Nikon alors Métropolite de Novgorod, proposa de transférer à Moscou les Reliques
des trois Hiérarques Martyrs : le Métropolite Philippe et les Patriarches Job et Hermogène.
Avec la bénédiction du Patriarche Joseph, le Métropolite Nikon partit en 1652 vers les
Solovki pour y prendre les Reliques de Saint Philippe et les convoya solennellement vers
Moscou. Dans les mains du Saint, se trouvait un document de repentance du Tsar Aleksei
Mikhailovich dans lequel il demandait pardon pour les péchés de son arrière-grand-père Ivan
le Terrible qui avait "transgressé" son propre pouvoir en affrontant celui de l'Eglise. Le 3/16
juillet les Saintes Reliques parvinrent à Moscou : "un pasteur, innocent et chassé revint sur
son trône." Dans la cathédrale de la Dormition, "il se tint à sa place durant dix jours." Tout le
jour durant et du matin jusqu'à la nuit, les cloches sonnaient comme si c'était Pâque. Ensuite,
les Saintes Reliques furent placées dans la cathédrale de la Dormition à la porte Sud de
l'Autel.
A l'endroit de la rencontre à Moscou entre les Reliques de Saint Philippe et le clergé et le
peuple, une Croix fut élevée qui donna son nom au carrefour de la Porte de Péage à Moscou
(gare de chemin de fer Rizhsk).
ou
Sainted Philip, Metropolitan of Moscow, in the world Feodor (Theodore), was descended
from the illustrious boyar-noble lineage of the Kolychevi, occupying a prominent place in the
Boyar duma at the court of the Moscow sovereigns. He was born in the year 1507. His father,
Stepan Ivanovich, "a man enlightened and filled with military spirit," attentively prepared his
son for government service. Pious Varvara (Barbara), the mother of Feodor, who ended her
days in monasticism with the name Varsonophia, implanted in the soul of her son a sincere
faith and deep piety. Young Feodor Kolychev applied himself diligently to the Holy Scripture
and to the books of the holy fathers, upon which the old Russian enlightenment rested, then
transpiring within the Church and in the spirit of the Church. The Moscow Greatprince,
Vasilii III Ioannovich, the father of Ivan the Terrible, brought young Feodor into the court,
but he was not however attracted to court life. Conscious of its vanity and sinfulness, Feodor
all the more deeply immersed himself in the reading of books and visiting the churches of
God. Life in Moscow repelled the young ascetic. The sincere devotion to him of the young
prince Ivan, presaging a great future for him in government service, could not hold in check
within the earthly city his searching out of the Heavenly City.
On Sunday, 5 June 1537, in church for Divine Liturgy, Feodor felt intensely in his soul the
words of the Saviour: "No one is able to serve two masters" (Mt. 6: 24), which determined his
ultimate destiny. Praying fervently to the Moscow wonderworkers, and without bidding
farewell to kinsfolk, he secretly in the attire of a common person left Moscow, and for a
certain while he hid himself away from the world in the village of Khizna, near Lake Onega,
earning his livelihood as a shepherd. His thirst for ascetic deeds led him to the reknown
Solovetsk monastery on the White Sea. There he fulfilled quite toilsome obediences: he
chopped firewood, dug the ground, and worked in the mill. After a year and an half of testing,
the hegumen Aleksei, at the wish of Feodor tonsured him, giving him the monastic name
Philip and entrusting him in obedience to the starets-elder Jona Shamina, who conversed with
the Monk Alexander Svirsk (+ 1533, Comm. 30 August). Under the guidance of the
experienced elders the Monk Philip grew spiritually, and strengthened in fasting and prayer.
Hegumen Aleksei sent him in obedience to work at the monastery black-smith forge, where
Saint Philip combined the activity of unceasing prayer amidst his working with an heavy
hammer. At the beginning of the service in church he always appeared first and was the last to
leave. He toiled also in the bakery, where the humble ascetic was comforted with an heavenly
Sign. In the monastery afterwards they displayed the "Bakery" image of the Mother of God,
through which the heavenly Mediatrix bestowed Her blessing upon the humble baker-monk
Philip. With the blessing of the hegumen, Saint Philip spent a certain while in wilderness
solitude, attending to himself and to God.
In 1546 at Novgorod the Great, archbishop Theodosii consecrated Philip as hegumen of the
Solovetsk monastery. The new-made hegumen strove with all his might to exalt the spiritual
significance of the monastery and its founders – the Monk Savvatii and Zosima of Solovetsk
(Comm. 27 September, 17 April). He searched out the Hodegetria image of the Mother of
God brought to the island by the original first head of Solovetsk, the Monk Savvatii; he
located the stone cross which once stood before the cell of the monk. Found also was the
Psalter, belonging to the Monk Zosima (+ 1478), the first hegumen of Solovetsk, and his robe,
in which from that time hegumens would vest during service on the days of memory of the
wonderworker. The monastery was revived spiritually. For regulating life at the monastery, a
new ustav (monastic rule) was adopted. Saint Philip built on Solovetsk majestic temples – a
refectory church of the Uspenie (Dormition) of the Mother of God, consecrated in the year
1557, and a church of the Transfiguration (Preobrazhenie) of the Lord. The hegumen himself
worked as a simple labourer, helping to lay the walls of the Transfiguration church. Beneathe
the north portico he dug himself a grave, alongside that of his guide, the starets Jona. Spiritual
life in these years blossomed at the monastery: asceticising amidst the brethren amongst the
students of Hegumen Philip were the Monks John and Longin of Yarengsk (Comm. 3 July)
and Vassian and Jona of Pertominsk (Comm. 12 July).
For his efforts of secret prayer Saint Philip often withdrew for quiet to a desolate wilderness
spot, two versts from the monastery, which received afterwards the name the Philippov
wilderness.
But the Lord was preparing the Saint for other service and other work. At Moscow Ivan the
Terrible remembered fondly about the Solovetsk hermit from the time of his childhood years.
The tsar hoped to find in Saint Philip a true companion, confessor and counsellor, who
through his exalted monastic life would have nothing in common with the sedition of the
boyar-nobles. The holiness of the metropolitan, in the opinion of Ivan the Terrible ought to be
of a certain spiritual meekness to quell the treachery and malice, nesting itself within the
Boyar soul. The choice of such an arch-hierarch for the Russian Church seemed to him the
best possible.
The Saint for a long time refused to take upon himself the great burden of primate of the
Russian Church. He did not sense any spiritual affinity with Ivan. He attempted to urge the
tsar to abolish the Oprichniki [the tsar internal terror shock troops]. Ivan the Terrible
attempted to argue its civil necessity. Finally, the dread tsar and the holy metropolitan came to
an agreement, that Saint Philip would not meddle in the affairs of the Oprichniki and the
running of the government, he would not resign as metropolitan in case, if the tsar be not able
to fulfill his wishes, and that he would be a support and counsellor of the tsar, just as former
metropolitans were supports for the Moscow sovereigns. On 25 July 1566 occurred the
consecration of Saint Philip to the cathedra-seat of the Moscow Sainted-hierarchs, whose
number he was soon to join.
Ivan the Terrible, one of the greatest and most contradictory figures in Russian history, lived
an intensely busy life, he was a talented writer and bibliophile [i.e. lover of books], he
involved himself in the compilation of the Chronicles (and himself suddenly sundered the
thread of the Moscow chronicle-writing), he delved into the intricacies of the monastic ustav
(rule), and more than once thought about monasticism and abdicating the throne. Every aspect
of governmental service, all the abrupt measures undertaken by him for a setting to root
restructuring of civil and social life, Ivan the Terrible tried to rationalise as a manifestation of
Divine Providence, as the acting of God within history. His beloved spiritual heroes were
Saint Michael of Chernigov (Comm. 20 September) and Saint Theodore (Feodor) the Black
(Comm. 19 September), military men active with a complex contradictory destiny, moving on
towards their sacred ends through whatever the hindrances rising up afront them, and
fulfilling their duties to the Rodina (Native-land) and Holy Church. The more the darkness
thickened around Ivan the Terrible, the more resolutely he demanded of his soul cleansing and
redemption. Journeying on pilgrimage to the Kirillo-Belozersk monastery, he declared his
wish to the hegumen and the gathered elders to be made a monk. The haughty autocrat fell on
his knees to the hegumen, and that one blessed his intent. All his life from that time, wrote
Ivan the Terrible, "it seems to me, an accursed sinner, that halfways I am already blackrobed."
The Oprichnina was itself conceived of by Ivan the Terrible in the form of a monastic
brotherhood: serving God with weapon and military deeds, the Oprichniki were required to
dress in monastic garb and go to church service, long and tiring, lasting from 4 to 10 o'clock
in the morning. Upon "brethren," not appearing at 4 o'clock in the morning, the tsar imposed a
penance. Ivan himself with his sons sought fervently to pray and sing in the church choir.
From church they went on to refectory (meal), and while the Oprichniki ate, the tsar stood
alongside them. The remaining food the Oprichniki gathered from the table and distributed to
the poor at the doorway of their refectory (dining hall). Ivan the Terrible, with tears of
repentance and wanting to be an esteemer of the holy ascetics – the teachers of repentance, he
wanted to wash and burn away his own sins and those of his companions, cherishing the
assurance, that even the terrible cruel actions would rebound for him to the welfare of Russia
and the triumph of Orthodoxy. The most clearly spiritual action and monastic sobriety of Ivan
the Terrible is revealed in his "Synodikon": shortly before his death by his orders there were
compiled full lists of the people murdered by him and his Oprichniki, which were then
distributed throughout all the Russian monasteries. All his sins against the nation Ivan took
upon himself and besought the holy monks to pray to God for the forgiveness of his
tormented soul.
The self-styled monasticism of Ivan the Terrible, a dark most grievous oppression over
Russia, tormented Saint Philip, who considered it impossible to mix together the earthly and
the heavenly, serving the cross and serving the sword. Even moreso was it, that Saint Philip
saw, how much unrepentant malice and envy was concealed beneathe the black hoods of the
Oprichniki. There were among them outright murderers, hardened in lawless bloodletting, and
profiteers in it for the rewards, rooted in sin and transgression. By the sufferance of God
history often is worked with the hands of the impious, and Ivan the Terrible as it were wanted
to whiten before God his black brotherhood, – the blood, spilled in the name of its thugs and
fanatics, cried out to heaven.
Saint Philip decided to oppose Ivan the Terrible. This was connected with a new wave of
executions in the years 1567-1568. In the Autumn of 1567, just as the tsar was setting out on a
campaign against Livonia, he learned about a boyar conspiracy. The plotters intended to seize
the tsar and deliver him over to the Polish king, who already was on the move with an army
towards Russian territory. Ivan the Terrible dealt severely with the conspirators and again he
shed much blood. It was bitter for Saint Philip, and the conscience of the Saint at length
compelled him boldly to enter into defense of the executed. The final rift occurred in the
Spring of 1568. On the Sunday of the Veneration of the Cross, 2 March 1568, when the tsar
with his Oprichniki entered the Uspenie (Dormition) cathedral, as was their custom in
monastic garb, Saint Philip refused to bless him, and began openly to denounce the lawless
acts committed by the Oprichniki: "Metropolitan Philip did instruct the sovereign of the
enmity in Moscow concerning the Oprichnina."The accusations of the Vladyka shattered the
harmony of the church service. Ivan the Terrible in a rage said: "Thou wouldst oppose us? We
shall see thine firmness! I have been too soft on you," – retorted the tsar, according to eyewitnesses.
The tsar began to show ever greater cruelty in persecuting all those that opposed him.
Executions followed one after the other. The fate of the saintly confessor was sealed. But Ivan
the Terrible wanted to observe a canonical semblance of propriety. The Boyar duma
obediently carried out the decision to have a trial over the Primate of the Russian Church. A
cathedral trial-court was set up over Metropolitan Philip in the presence of a thinned-out
Boyar duma. False witnesses were found: and to the deep sorrow of the Saint, these were
monks of the Solovetsk monastery beloved by him, his former students and novices. They
accused Saint Philip of a multitude of transgressions, even including sorcery. "I am come
upon the earth, just like all my ancestors, – humbly answered the Saint, – prepared to suffer
for truth." Having refuted all the accusations, the holy sufferer attempted to halt the trial by
declaring voluntarily to resign the metropolitan dignity. But his abdication was not accepted.
New abuse awaited the Martyr. Even after bringing forth a sentence of life imprisonment,
they compelled Saint Philip to serve Liturgy in the Uspensk cathedral. This was on 8
November 1568. In the midst of the service the Oprichniki burst into the temple, they publicly
read the council sentence of condemnation, and then abused the Saint, tearing from him the
hierarchical vestments, they dressed him in rags, dragged him out of the church and drove him
off on a simple peasant's sledge to the Theophany monastery. For a long while they oppressed
the Martyr in the cellars of the Moscow monasteries, the feet of the elder they shoved into
stocks, they held him in chains, and put an heavy chain upon his neck. Finally, they drove him
off to the Tver Otroch monastery. And there a year afterwards, on 23 December 1569, the
Saint accepted a Martyr's death at the hands of Maliuta Skuratov. Only three days before this
the holy elder foresaw the finish of his earthly efforts and communed the Holy Mysteries. His
relics were committed to earth initially there at the monastery, beyond the church altar. Later
on they were transferred to the Solovetsk monastery (11 August 1591) and from there – to
Moscow (3 July 1652).
The memory of Sainted Philip was celebrated by the Russian Church from the year 1591, on
the day of his Martyr's end – 23 December. From 1660 the celebration was transferred to 9
January.
Une homélie du Père Alexandre Men
[les remarques entre [] ne sont pas du Père Alexandre mais peuvent rendre la traduction plus
compréhensible]
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit!
Aujourd'hui, l'Eglise célèbre la mémoire du Métropolite Philippe, un des plus célèbres Saints
Archevêques de Moscou. Nombre d'entre vous ont visité le village de Peredelkino près de
Moscou et y ont vu la vieille église où se trouve à présent la résidence patriarcale. Le futur
Métropolite de Moscou et Martyr a grandi dans ce bâtiment ou à proximité.
Bien sûr, il aurait pu mener une vie calme et privilégiée comme tout autre enfant aristocrate,
passant son temps à étudier, chasser, s'amuser, accomplir tâches domestiques et se consacrer à
ses activités familiales. Le jeune Kolychev aurait put mener sa vie en faisant tout cela. Mais
Philippe voulait dévouer sa vie à servir Dieu et l'humanité. Son parcours le mena à un
monastère très éloigné au Nord sur les Îles Solovetskii qui deviendra une bibliothèque célèbre
puis un centre de détention et enfin un camp de concentration [soviétique]. De nos jours, ses
ruines majestueuses secouent notre conscience.
Etant devenu Higoumène [=Abbé], Philippe commença à servir dans un des monastères. Les
Moines et leur Higoumène travaillaient dur pour soumettre cette région sauvage. Ils menaient
une vie éprouvante ayant à débroussailler un Désert infranchissable avec leurs mains, loin des
côtes des froides mers. Chaque nouveau pas était accompli dans de grandes difficultés. Le
monastère se trouve dans une région de permafrost glacée en hiver et infestée de nuages de
moustiques en été. Cependant, c'était des endroits magnifiques qui pouvaient et avaient besoin
d'être rendus vivables et [avec l'Aide de Dieu,] les Moines accomplirent cette exploit.
Philippe aurait passé sa vie à travailler et prier avec les autres mais le destin intervint
soudainement. Ivan IV [le Terrible] le convoqua à Moscou et l'informa qu'il devait devenir le
prochain chef de l'Eglise orthodoxe en Russie. Le Tsar Ivan connaissait Philippe depuis
quelque temps. Il savait que le nouveau Métropolite était honnête, un homme incorruptible et
fiable et sur lequel il pouvait compter. Comme tous les tyrans, le Tsar appréciait ces qualités
car il redoutait les conspirations et les trahisons. Son âme était tourmentée par les crises de
peur et de cruauté.
Dans l'histoire de notre patrie, il y eut deux périodes durant lesquelles la tyrannie paralysa
notre peuple. Le règne du Tsar Ivan que nous appelons "le Terrible" et à nouveau à l'époque
de Staline qui admirait Ivan et tenta de suivre son sanglant exemple. Par-delà les siècles, il
ressentit dans ce bourreau une parenté d'esprit. Ainsi donc, Ivan le Terrible qui frappait de
terreur le coeur de l'Eglise et du peuple de Russie était condamné à vivre dans la crainte.
Comme tous les autres dirigeants criminels, il ne pouvait qu'être terrifié de ce qu'il avait
commis, des horreurs qu'il avait perpétrées. Nombre de fois, il s'enfuira au Monastère de la
Sainte Trinité où il remplira nombre de livres de souvenirs, y inscrivant les noms de centaines
de gens qu'il avait tués, hommes, femmes, enfants, célèbres ou inconnus, tous ceux qu'il avait
tués, ceux dont il avait taillé famille et maisonnée en morceaux et dont il avait versé le sang. Il
y venait gémir et prier pour ses victimes puis confesser ses péchés aux Moines. Ensuite,
fatigué de se repentir, il replongeait dans la violence et les orgies sauvages avant de se
retrouver à nouveau frappé par la peur par la suite.
Un jour, Ivan vint à s'enfuir pour Alexandrov, s'y cacha et annonça qu'il ne gouvernerait plus.
Tout le monde fut terriblement tracassé et prit peur, convaincu que sans chef le pays serait
vite vulnérable à toutes sortes d'agressions. Une délégation lui fut envoyée pour supplier Ivan
de revenir. Le Tsar accepta mais revint plus cruel que jamais et s'entoura d'une garde secrète,
l'Oprichnina. Les "oprichniki" s'habillaient tous de noir et servaient d'exécuteurs [pour les
basses oeuvres d'Ivan], entraient de force dans les maisons sans redouter punition, brûlaient,
pillaient et tuaient. Telle était la sorte de gens gardant le Tsar, la propre police secrète d'Ivan.
Lorsque Philippe vint à Moscou, le Tsar le reçut chaleureusement mais Philippe prit la
précaution de dire : "Si vous voulez que je vienne oeuvrer ici à Moscou pour l'Eglise, vous
devez me donner le droit de célébrer une "pechalovaniia" [à l'époque impériale, cela se
référait aux prières publiques pour les opprimés.] Le Tsar hésita puis accepta. C'est à cette
seule condition que Philippe accepta la mitre blanche de Métropolite de Moscou.
Au départ, Philippe parvint à influencer Ivan de manière favorable et même à apaiser sa
cruauté un temps durant. A plusieurs reprises, le Tsar et le Métropolite se croisèrent face à
face dans les couloirs du Kremlin et Philippe lui disait : "Sire, vous ne devriez pas verser le
sang humain, le sang chrétien. Pourquoi pensez-vous que tout le monde est contre vous? Si
vous ne vous comportez pas de manière répréhensible, vous n'aurez rien à redouter." Ainsi
réprimandé, le Tsar laissait de côté ses plans maléfiques. Mais Philippe vit de profonds
changements sur le visage et dans l'âme du Tsar. Il avait connut le Tsar comme un beau jeune
homme et ouvert. A présent et bien qu'Ivan n'avait que quarante ans, il ressemblait déjà à un
vieillard aigri et une expression effrayante et ainsi que la folie se lisaient dans ses yeux.
Un jour, le Tsar participa à un nouveau massacre. Ensuite lui et sa garde noire d'Oprichniki,
tous à cheval galopèrent jusqu'à la cathédrale du Kremlin où Philippe était occupé à célébrer.
Tout le groupe pénétra dans l'église. Ivan fixa le Métropolite et déchira le silence de l'église
en hurlant : "Pourquoi manques-tu de bénir ton Tsar et souverain?" Philippe se retourna et
répondit d'une voix paisible : "Je ne reconnais pas le Tsar chrétien dans ce comportement
outrageant." "Dis-donc, mon ami Moine," avertit Ivan, "Ne t'immisce pas dans mes affaires
ou tu le regretteras amèrement." Mais Ivan savait que le Métropolite Philippe était un homme
honnête et direct qui n'aurait jamais rampé ni agit contrairement à sa conscience. Lorsque
Philippe était un Moine vivant dans le Nord, il se taisait à propos du Tsar mais à présent qu'il
était à la tête de l'Eglise, il prenait sur lui la responsabilité de porter témoignage. Philippe
rassembla le clergé et discuta sur la manière de limiter l'extraordinaire cruauté d'Ivan.
Personne ne soutint Philippe. Tous restèrent silencieux, tant ils avaient peur.
Lorsque éclata le conflit suivant entre le Tsar et le Métropolite dans la cathédrale, Ivan décida
de se débarrasser de Philippe. Sa méthode fut lâche et typique de tous les amateurs de
violence. Il ne voulut pas commettre l'acte lui-même : il confia cela à ses hommes de main. Il
convoqua les responsables de l'Eglise et les força à retirer à Philippe le titre de Métropolite.
Durant un Office, les Oprichniki pénétrèrent brusquement dans l'église, arrêtèrent Philippe et
ordonnèrent aux autres ecclésiastiques de lui retirer ses vêtements de Métropolite. Les sbires
du Tsar attachèrent ensuite Philippe dans une charrette à Ciel ouvert (c'était l'hiver…) et
l'emmenèrent au Kremlin afin de le soumettre à une parodie de procès. Le jugement tomba
vite, cruel : Philippe fut condamné à l'exil dans un monastère au Nord de Moscou.*
* Note du traducteur du russe : le monastère en question est Otroch' dans la ville de Tver'. Après sa Naissance
Céleste, le Métropolite fut enterré entre ses murs.
A plusieurs reprises, l'ordre arriva de le faire mourir de faim mais Philippe était habitué aux
longs jeûnes et possédait une forte constitution; ainsi il survécut. Lorsque le Tsar tenta de
soumettre le peuple du Grand Novgorod, il décida de s'arrêter au monastère où il avait
emprisonné Philippe. Il envoya son assistant et chef bourreau Maliuta Skuratov avec ses
paroles : "Va chercher Philippe qu'il vienne et nous bénisse." Maliuta entra au monastère et
trouva Philippe en prière avec les autres Moines.
Dans la galerie des peintures de Troitse-Sergiev Posad, on trouve une peinture du dix-
neuvième siècle représentant Philippe à genoux devant une Icône. Il était décharné, l'air
épuisé mais serein dans sa Foi en Dieu. En même temps, Maliuta Skuratov ressemblant à la
"grande faucheuse" dans son manteau noir, pénètre sur cette scène et lui hurle : "Bénis-nous
pour nos actes infâmes!" Philippe ne bouge pas. Enragé, Maliuta se jette sur Philippe et
l'étrangle avec le coussin sur lequel Philippe était agenouillé. Abandonnant le corps dans
l'église, Maliuta sortit et informa les Moines : "Votre Philippe est mort d'empoisonnement.
Enterrez-le!"
C'est ainsi que s'acheva la vie du Métropolite Philippe. Ivan le Terrible mourut peu après,
jeune : il n'avait pas soixante ans. Il mourut après avoir tué un de ses fils en bas âge et perdu
la plupart de ses proches et amis. Il mourut seul dans un désespoir profond et amer. Son
héritage ne fut que sang et violence. Par contraste, Philippe fut glorifié par l'Eglise et bien des
siècles plus tard, il demeure un grand exemple ayant accompli ce qui était juste sans tenir
compte des conséquences. La vie est courte. Si nous ne savons pas faire ce qui est Juste en
cette vie, à quoi bon penser à la vie future?
Nous savons tous que l'homme est faible qu'il manque de la force pour accomplir son devoir
ici sur terre. Mais nous nous souvenons des Saints et nous leur demandons de prier et
d'intercéder pour nous auprès du Seigneur Jésus-Christ afin qu'Il nous relève de nos cendres et
fasse de nous des Serviteurs de Sa Vérité par la force de Son Amour. Amin.
SAINT JEAN DE MOSCOU, FOL-EN-CHRIST (+1589)
L'Eglise russe et avec elle les autres Eglises orthodoxes, fêtent ce mystique qui vécut à
Moscou. L'Occidental sera déconcerté par sa manière de vivre le mystère de leur vocation en
Christ : les Fols-en-Christ abandonnent les gestes de la sagesse humaine, non de manière
spectaculaire mais pédagogique. Ils vivent les Béatitudes et la Sagesse de Dieu et par delà
leurs apparentes excentricités mais réfléchies, ils sont un véritable témoignage. Le peuple
russe ne s'en est jamais étonné : bien plus, il les admire.
ou
Il naquit sur les frontières de la Vologda. Dans sa jeunesse, il travailla aux salières où il fut
porte-eau. Le Saint combinait un jeûne fort strict et la prière à son dur labeur. Plus tard, il
partit pour Rostov où commencèrent ses exploits de folie pour le Christ. Il portait des chaînes
avec de lourdes Croix en acier et sur sa tête un lourd chapeau en fer qui le fit appeler "Jean
Gros-chapeau." Il allait pieds nus dans Moscou et quasiment nu même par le plus terrible
froid. Il prédit les grandes catastrophes qui allaient frapper la Russie, l'Epoque des Troubles et
l'invasion des Polonais disant que "dans Moscou, il y aurait nombre de diables visibles et
invisibles."
Il dévoilait la Vérité sans crainte envers quiconque, sans égard pour le rang de l'interlocuteur.
Au Tsar Boris Goudounov, il dit souvent : "Esprit intelligent, vous demandez ce que fait Dieu.
Dieu patiente longtemps puis il sévit, douloureusement." Avant sa Naissance Céleste, Saint
Jean indiqua lui-même un tombeau à l'église Pokrov sur Rva qui sera par la suite appelée
cathédrale de Basile le Grand. S'étant préparé lui-même pour le tombeau, il retira ses chaînes,
se doucha trois fois à l'eau. Avant sa Naissance Céleste en 1589, le Bienheureux fut gratifié
du don de guérison. Il fut vénéré à Moscou comme un grand Thaumaturge et comme Voyant.
Le 12 juin 1672, ses Reliques furent élevées, reposant sous une crypte dans une des chapelles
de la cathédrale de Basile le Grand.
SAINT ANATOLIOS, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE (+458)
Sainted Anatolios, Patriarch of Constantinople, was born at Alexandria in the 2nd half of the
IV Century – during a time, when many representatives of illustrious Byzantine families
awakened ardently in the faith and in the armament of Greek philosophic wisdom they strove
to serve the Church of Christ. Having received a philosophic education, Saint Anatolios
accepted the priestly dignity as deacon under Sainted Cyril of Alexandria (account is under 18
January). Together with Saint Cyril, Anatolios was present at the Third OEcumenical Council
at Ephesus in the year 431 (Comm. 9 September), at which the holy fathers condemned the
false-teaching of Nestorius.
Saint Anatolios remained a deacon at Alexandria and after the death of Saint Cyril (+ 444),
when the cathedra-seat of the archbishop of Constantinople was occupied by Dioskoros, who
supported another heresy being spread by Eutykhios, affirming that the Divine nature in
Christ had fully swallowed up and absorbed His human nature, leaving nothing of it behind.
This false teaching undermined the very basis of the Church's teaching about the salvation and
redemption of humankind [trans. note: since "what is not assumed upon is not saved," if
Christ be by nature Divine only and not human by nature, then Christ-God will have died and
risen in vain for the salvation of humankind in its human nature, and even the Incarnation of
Christ would be rendered heretically docetic]. In the year 449 Dioskoros with his adherents
convened at Ephesus an heretical "Robbers Council," having received also the support of the
emperor. The advocate of Orthodoxy, Saint Flavian, the Patriarch of Constantinople, was
deposed and deprived of dignity.
Chosen then to the Constantinople cathedra-seat, Saint Anatolios zealously set about the
restoration of the purity of Orthodoxy. Saint Anatolios already in the year 450 at the Local
Council in Constantinople ventured a condemnation of the heresy of Eutykhios and
Dioskoros. Having died in exile, the Patriarch-confessor Flavian was enumerated into the
ranks of the Saints and his relics transferred to the capital.
In the following year, 451, with the active participation of Patriarch Anatolios, the Fourth
OEcumenical Council was convened at Chalcedon. The fathers of the Chalcedon Council
affirmed the dogma about the worship of the Lord Jesus Christ, "perfect in Divinity and
perfect in humanity, true God and true man, made known in two natures – without mingling,
without change, indivisibly, inseparably" (Greek: "asugkhutos, atreptos, adiairetos,
akhoristos"; Slavonic: "neslitno, neizmenno, nerazdel'no, nerazluchno").
But heresies still long vexed the ecclesial world. In incessant struggle with false-teachings and
ardent for truth, Patriarch Anatolios died in the year 458.
From the canon-rule actions taken, there was elaborated for the sainted-hierarch the 28th
Canon of the Fourth OEcumenical Council about the equal-honour of the Constantinople
patriarchal throne to that of the throne of Old Rome, and likewise a statement of this Canon to
Saint Leo, Pope of Rome (440-461). Within the jurisdiction of the Patriarch of
Constantinople, in accord with the 28th Canon, was put the Churches of Asia Minor, Greece
and the Black Sea region, and likewise all new Churches, that might arise among the nations
of these regions. And by this also the Russian Church was deliberately included into the
ecclesial enumeration of the Orthodox Churches.
Saint Anatolios likewise made a large contribution to the literary treasury of the Orthodox
Church. By his prayerful inspiration and theological profundity there are in Divine-services
stikhi-verses for Sundays, for certain feastdays of the Lord (the Nativity and the Theophany of
Christ), and Martyr-days (to Saint Panteleimon the Healer, to Saint George the Victory-
Bearer, to Saint Demetrios of Thessalonika). In the Divine-service books they are designated
simply as "Anatoliev" verses.
SAINT GUTHIERN (OU GURTHIERN, GOUZHIERN), ROI DE CAMBRIE PUIS
SOLITAIRE (+500)
Guthiern, un des rois bretons de Cambrie (Pays de Galles) quitta la couronne par un
mouvement de piété et foulant généreusement aux pieds les grandeurs de la terre, il donna
tout ce qu'il possédait en vue d'acquérir la Bonne Nouvelle et il se retira dans l'Île de Groix ou
Groais, située à une lieue de l'embouchure de la rivière de Blavet.
Ce fut dans cette affreuse solitude que Guthiern vint cacher sa Sainteté après s'être dérobé à
ses courtisans et à ses domestiques. Il y demeura plusieurs années, connu des seuls pêcheurs
de cette côte. Mais le Ciel le manifesta par tant de prodiges que les deux seigneurs
propriétaires du lieu, Chemen et Heboen, lui rendirent toutes sortes de respects et le firent
connaître au Comte Grallon de qui l'île dépendait. Celui-ci envoya prier Saint Guntlern de le
venir voir. Le Saint obéit et Grallon demeura si édifié de son entretien et de son humilité qu'il
voulut le retirer de son rocher et lui donna une portion de terre dans un lieu nommé Anaurot
situé au confluent des deux rivières Isol et Ellé, à l'extrémité orientale du pays de sa
domination qui est le lieu même où la ville de Kimperellé ou Quimperlé fut bâtie.
Le Comte du pays de Vannes, Guérech Ier, voyant ses vassaux menacés de la famine parce
que les vers qui mangeaient le blé en herbe ruinaient entièrement l'espérance de la moisson,
jugea qu'il n'y avait point de meilleur moyen d'arrêter cette calamité que d'avoir recours aux
prières de Guthiern. Persuadé de leur efficacité, il députa vers lui trois des principaux
habitants de Vannes : Guedgual, Catuoth et Cadur pour le supplier d'avoir pitié de tout le
pays. Sensible aux misères des peuples, Saint Guthiern envoya de l'eau bénite et ordonna
qu'on en jetât quelques gouttes sur la campagne, ce qui n'eut pas plus tôt été fait que tous les
vers qui la ravageaient moururent. Le comte, par reconnaissance, donna à Saint Guthiern une
terre située sur la rivière de Blavet nommée Vegnac et depuis Kervegnac ou Chervegnac qui a
ensuite passé en main séculière.
Saint Guthiern s'endormit au commencent du sixième siècle et fut enseveli à Kervegnac où il
s'était retiré. Durant les incursions des Normands, son corps fut translaté et caché dans l'Île de
Groix; il y fut découvert au neuvième siècle.
ou
Vita Gurthierni (Vie de Saint Gurthiern).http://www.lamp.ac.uk/celtic/Gurthiern.htm
[Section I]
1. Voici la généalogie de Saint Gurthiern, de naissance noble, renommé dans le devoir qu'un
certain fidèle laïc, du nom de Iuthael fils d'Aidan, a prononcée, non pour une récompense
terrestre mais Céleste :
2. Voici Gurthiern fils de Bon fils de Glou fils d'Abros fils de Dos fils de Iacob fils de
Genethauc fils de Iugdual fils de Beli fils d'Outham Senex fils de Maximien fils de Constance
fils de Constantin fils d'Hélène que l'on dit avoir possédé la Croix du Christ.
3. Voici la généalogie de Saint Guthiern du côté maternel : Gurthiern fils de Dinoi fille de
Lidinin le roi qui régna sur toute la Grande Bretagne.
4. Beli et Kenan étaient deux frères d'Otham Senex. Ce Kenan régnait lorsque les Brittons
allèrent à Rome (perrexerunt ad Romam). Là ils tinrent Letavia [c'est-à-dire$ et le restant..
Beli était le fils d'Anne que l'on dit avoir été la cousine de Marie la Mère du Christ.
[Section II]
5. Ici commencent les actes (conversatio) de Saint Gurthiern d'après la même tradition.
6. Gurthiern, lorsqu'il était jeune homme, partit un certain jour avec son père pour combattre
ses ennemis. Gurthiern et son père furent victorieux ce jour-là et Gurthiern tua le fils de sa
soeur. Il ne savait pas cependant que c'était son parent (amicus) et après qu'il eut réalisé que
c'était le fils de sa soeur, il regretta avoir commis un acte si coupable et se lamenta. Alors il
s'en alla au Désert et vécu dans une grande vallée entre deux montagnes dans la partie Nord
de la Britania. Là il fit pénitence un an durant et personne ne vécut avec lui. Et il se batit une
petite cellule à côté d'un courant d'eau claire et il y avait un grand rocher près du bord de la
crique. Dans cette crique, il immergeait son corps chaque jour et nuit.
7. Lorsqu'il sortait de la crique, il grimpait sur le rocher et priait. Il vécut ainsi un an en ce
lieu. Mais un jour, un certain chasseur vint en ce lieu et voyant le jeune assis et priant sans
relâche sur ce rocher, il le questionna et lui dit : 'Pourquoi vis-tu ici, [jeune homme]? Et le
jeune répondit : "C'est ma pénitence.." Et il lui jura qu'il ne dirait à personne qu'il était en ce
lieu.
8. Et ensuite le chasseur partit pour la maison de son père et rapporta tout ce qu'il avait vu,
disant que le jeune homme qui était assis et priait sur le rocher ressemblait au fils du Roi. A
lui le Roi dit : "Allons en ce lieu afin que nous puissions voir celui qui y oeuvre comme tu le
dis." Et alors ils partirent pour ce lieu où le jeune homme vivait et ils le virent oeuvrer sur la
rive et il s'enfuit en sa cellule et se lamenta.
9. Son père s'enquit de lui, disant : "Ô mon fils pourquoi as-tu fait cela? Tu dois venir avec
moi dans ma maison et prendre le royaume de ton père." Il refusa cela avec véhémence. Le
père dit : "Je te [bâtirai] un monastère et [installerai] nombre de Moines." Et [Gurthiern] y
resta un an durant et pria. Et un Ange de Dieu vint à lui et lui dit : "Va dans un autre endroit
que la Volonté de Dieu a prévu pour toi" et il prit la route avec deux serviteurs. Ils entendirent
les lamentations d'une femme et ils vinrent auprès d'elle et s'enquirent d'elle : "Que t'est-il
advenu, femme?" Elle répondit : "Ô Serviteurs de Dieu, j'avais un fils et il a été tué à la
bataille." Alors [le Saint] lui répondit : "Pourquoi transportes-tu sa tête?" Et elle répondit :
"C'est parce que je ne suis pas capable de transporter son corps à son tombeau." [Le Saint]
dit : "Va devant son corps" et ils partirent ensemble et virent comment les choses étaient. Et
Gurthiern dit : "Donne-moi sa tête afin que je puisse la replacer sur son corps."
10. Ayant dit une prière, l'Homme de Dieu bénit [l'homme mort] et aussitôt ce dernier se
releva. Et il les houspilla en disant : "Pourquoi m'avez-vous retiré hors de la bonne place où
j'étais?" Et [le Saint] répondit : "Il est mieux pour toi que tu reste ici avec nous et avec ta
mère." [Le jeune homme] dit : "Je ne le veux pas." Le Saint homme répondit : "Cependant,
reste avec nous et raconte-nous toutes les bonnes choses que tu as vues et je prierai avec [ou
pour] toi afin que tu retrouves cet endroit où tu était auparavant." Et [le jeune homme] accepta
une bénédiction de lui et resta avec sa mère. Ensuite ils partirent pour le bord de la rivière qui
est appelée Tamar et ils y restèrent longtemps.
11. Et l'Ange de Dieu vint à eux en disant : "Regardez la mer tous les jours et viendra à vous
un vaisseau à bord duquel vous monterez." Faisant voile, ils se dirigèrent vers une île et y
demeurèrent un certain temps." Ensuite l'Ange vint à eux et dit : "Allez en un autre lieu qui
vous a été promis et qui est appelé Anaurut."
12. Saint Gurthiern alors, venant en ce lieu à lui désigné, y demeura jusqu'à la fin de ses jours,
prophétisant et accomplissant des Miracles avant et après [son Départ].
13. L'Ange du Seigneur stipula que dans chaque région de Bretagne Mineure, chaque
propriété de Saint Gurthiern devrait répondre à Anaurut car ce lieu (civitas) était choisi par
Dieu. Et l'Ange promit la victoire à la guerre à tous les Rois qui garderaient l'entente avec
Saint Gurthiern. Cependant, tous les rois ou princes ou ducs qui ne garderaient pas l'entente
seraient maudits par Dieu. Cherchons donc tous le Salut auprès de tous les clercs et laïcs,
Evêques et Rois, Prêtres et tous les ordres qui gardent l'entente avec Saint Gurthiern afin
d'être dans l'unité avec la Sainte Trinité dans la Vie Eternelle. De même que vous recevez de
nous le Salut, ainsi vous puissiez recevoir ce qui vous a été accordé par l'Ange afin que nous
(et vous) puissions trouver la Miséricorde de Dieu. Qu'il en soit ainsi.
[Section III]
14. Au sujet de la découverte des Reliques de Saint Gurthiern et d'autres Saints, au temps de
l'Abbé Benoît et de Guigon fils de Huelin du castrum de Hennebont, [Reliques] dévoilées par
Oederius le moine sur l'Île de Groix.
15. Ce sont les Reliques de Gurthiern qui était Roi des Anglais (qui fuit rex Anglorum). Lui,
bien qu'il régna sur sa terre natale, préféra la vie contemplative à la vie active; c'est ainsi qu'il
abandonna son patrimoine et sur un frêle esquif, parvint à l'île appelée Groix. Là il demeura et
accomplit nombre de Miracles et là les nobles de Kemenet-Heboe l'honorèrent. De là sa
réputation se répandit aussi loin qu'auprès de Gradlon Magnus, consul de Cornouailles qui lui
envoya son légat pour demander [au Saint] de venir auprès de lui et le même conseil lui donna
Anaurot, confluent [des rivières] Ellé et Isole et mille arpents de terre dans la circonscription
de cette vile et même les peuples de Baye.
16. A cette époque, lorsque régnait le Comte Guerech, une peste et une famine éclatèrent à
Broerec, la vermine mangeant les récoltes. De ce fait, le-dit Comte envoya ses messagers, à
savoir Guedgual, Catuoth et Cadur, auprès de Saint Gurthiern [pour lui demander] de devenir
en aide au royaume. L'Homme de Dieu vint prestement et bénit de l'eau, l'envoya à travers ce
royaume et causa la fuite d'une grande multitude de vermine. En apprenant cela, le Comte
Guerech lui donna les peuplades Veneaca sur la rivière Blavet qui s'appellera par la suite
Kervignac en raison de sa générosité. Ce Saint homme y demeurera jusqu'à sa Naissance
Céleste.
[Section IV]
17. Cette petite charte décrite plus haut [cartula prescripta] de la généalogie de Saint
Gurthiern, trouvée avec les Reliques révélées et démontrant son ancienneté, est conservée
dans l'enceinte (peribolo) de notre monastère de renom.
18. Voici les noms : les Reliques de Saint Gurthiern, une partie de la tête de Saint Gwenolé,
des Reliques de Paulenan et Symphorien et Tennennan et Guedian et Guenhael et Idunet et
d'autres Reliques.
SAINT MOINE ALEXANDRE L'ACÉMÈTE (+430) 23 février – 3 juillet
The Monk Alexander, First-Head of the "Unceasing Vigilance" Monastery, was born in Asia
and received his education at Constantinople. He spent some time in military service but,
sensing a call to other service, he left the world and accepted monastic tonsure in one of the
Syrian wilderness monasteries near Antioch, under the guidance of hegumen Elias. He spent
four years in strict obedience and monastic effort, after which he received from the hegumen
blessing to dwell in the wilderness. Going into the wilderness, the monk took with him
nothing from the monastery, except the Gospel. The monk then asceticised in the wilderness
for seven years. Afterwards, the Lord summoned him to preach to pagans. The Saint
converted to Christ the local city-ruler named Rabul, who afterwards was granted the dignity
of bishop and for 30 years occupying the bishop's cathedra-chair at the city of Edessa.
Together with Rabul all the local inhabitants accepted Baptism, and before receiving the
sacrament they burned their idols in the city-square. Having confirmed the newly-converted in
the faith, the Monk Alexander again went into the wilderness, where by chance he came upon
a cave of robbers. Fearless of the death that might threaten him, he preached the Gospel to
them and urged them to repent. And actually, all the robbers sincerely did repent, the accepted
holy Baptism, and their cave they transformed into a monastery, where they dwelt in prayer
and penitence. The Monk Alexander appointed an hegumen for them, gave them a monastic
rule, and he himself resettled still farther in the wilderness. For several years he lived in
complete solitude. But even there lovers of solitude began to throng to the monk. A monastery
emerged, numbering 400 monks. Desiring at this monastery to establish uninterrupted praise
to the Lord, the monk prayed for three years, that the Creator would reveal to him His will,
and having then received the revelation, he initiated at the monastery the following order: all
the monks were divided into 24 watches of prayer. Changing shifts each hour, day and night
they sang in two choirs the Psalms of David, interrupting this only for the times of making
Divine-services. The monastery received the name "Unceasing Vigilance," since ascetics
throughout the cycle of both day and night sang praise to God.
The Monk Alexander guided the monastery on the Euphrates for twelve years. Afterwards,
having left as its hegumen one of his disciples, the experienced elder Trophymos, he set out
with some chosen brethren through the cities bordering on Persia, preaching the Gospel
among the pagans. After this missionary journeying, the Monk Alexander lived with his
monks for a certain while at Antioch. There he built for the city-dwellers a church, and an
home for the sick and homeless, from the means which charitable Antiochians abundantly put
at his disposal. However, through the intrigues of the jealous, the Monk Alexander was
compelled to move away to Constantinople. Here he founded a new monastery, in which
likewise he initiated a monastic rule of "unceasing vigilance." The Monk Alexander and his
monks suffered at Constantinople under the Nestorian heretics, enduring beatings and
imprisonment. After this, when the storm of heretic unrest abated, the Monk Alexander spent
the last days of his life at the Constantinople monastery founded by him. He died in extreme
old age in about the year 430, after 50 years of incessant monastic effort. His commemoration
is also 23 February, which see.
SAINT NICODEME DU LAC KOZHE (+1640)
The Monk Nikodim of Kozheezersk, in the world Nikita, was born in the village of Ivan'kovo
near Rostov into a peasant family. While still in his youth, working with his father in the
fields, he heard the words: "Nikodim! Nikodim!" announcing his future monasticism.
After the death of his parents he learned the blacksmith craft in Yaroslavl' and then arrived in
Moscow. One time, going past Kulishka, Nikita stopped at the hut of the holy fool Ilia, who
upon seeing him cried out: "the Khuz'yugsk ascetic hath arrived." These words made a strong
impression upon Nikita, and he perceived them as a summoning to the monastic life. Having
given away everything he owned, he went to the archimandrite of the Chudov monastery,
Paphnutii, asking to be accepted into the number of the brethren.
In this monastery he accepted tonsure with the name Nikodim. For eleven years the monk was
an example to the brethren in humility, obedience, non-covetousness and brotherly love. In
1602 the hegumen of the monastery, Paphnutii, was made metropolitan of Sarsk, and he took
Nikodim with him. But the Saint was seeking for a solitary and ascetic life. A year afterwards,
with the blessing of the Vladyka, he set out to the north and at first entered the common-life
Kozheezersk monastery, in which he spent a year and an half.
His desire for quietude led him to the Rivulet Khuz'yuga, 5 versts distant from the
Kozheezersk monastery. There in a forest thicket he set up for himself a small cell and dwelt
in it without emerging for 35 years, in imitation of Paul the Thebian. In total quiet far off from
the world, the Saint made his strict rule of prayer for the world. He shared with the brethren of
the monastery the fruits of his labour, so also the fish, which he loved to catch on fishingtackle.
Wild deer walked without worry and fed around his hermitage. The Monk Nikodim
passed the night at prayer and only occasionally permitted himself to doze off now and then
whilst sitting up. By his austere efforts he attained to high spiritual abilities, – he acquired the
gift of tears and of uninterrupted prayer. God rewarded him with a graced perspicacity and the
power of healing the sick.
One time two radiant men appeared to Saint Nikodim: Sainted Alexei, Metropolitan of
Moscow, and the Monk Dionysii, Archimandrite of the Holy Trinity Sergiev Lavra, – in
angelic garb. They announced to the monk about the time of his going to the Lord, which
occurred in 40 days, on 3 July 1640. The relics of the Monk Nikodim rest beneathe a crypt in
the Bogoyavlenie-Theophany church of the Kozheezersk monastery. The life of the Saint was
recorded by his student, the priestmonk Iakov.
SAINT BASILE, ARCHEVÊQUE DE NOVGOROD (+1352)
Sainted Vasilii, Archbishop of Novgorod, by surname Kalika (meaning "destitute wanderer or
psalmodist"), was a priest at Novgorod and for his virtuous life was chosen to the Novgorod
cathedra-seat. Saint Vasilii was ordained archbishop of Novgorod by the holy Metropolitan
Theognist (+ 1353, Comm. 14 March) in Vladimir Volynsk in 1331. He headed the Novgorod
cathedra during a terrible time of princely quarrels and inner factions within the city itself.
Repeatedly he met with the Moscow Great-prince Ivan Kalita, inclining him towards peace
with Novgorod. In 1344, when at Novgorod there gathered simultaneously two councilcommittees,
hostile to each other, for throwing out the posadnik-mayor, the Saint made peace
between both sides. After two ruinous conflagrations occurred at Novgorod, Saint Vasilii
displayed archpastoral concern for the devastated city: from cathedral funds he helped restore
burnt-out buildings, he constructed a new bridge across the Vol'khov, and put monks at the
churches. At the Borisoglebsk temple in Novgorod was preserved an icon of the holy
nobleborn Princes Boris and Gleb, written by him. The self-sacrificing activity of Saint Vasilii
was commented upon by a contemporary – the chronicler, thus: "Grant him, O Lord, to live
many years upon this world and afterwards put him at Thine right side, – so much hath he
toiled for Thy Church."
The love of the Saint for the flock is quite clearly shown, when at the request of the Pskov
people he fearlessly went to their city during an epidemic of pestilential plague. Saint Vasilii
made Divine-services in three churches, then went about the city in church procession,
encouraging and comforting the fallen spirits of the inhabitants, but on the return journey to
Novgorod he himself sickened and died on 3 July 1352, having like a good pastor given his
soul for the sheep (Jn. 10: 11).
From his preserved works there is known his "Missive about Earthly Paradise," written in
1347 and directed to the Tver bishop Theodore the Good. With the name of holy Archbishop
Vasilii is connected the account about the white klobuk (head-piece), presented to the
Vladyka as a gift from the Patriarch of Constantinople. By tradition, this klobuk was entrusted
by the holy Equal-to-the-Apostles Constantine (+ 337, Comm. 21 May) to Saint Sylvester,
Pope of Rome (+ 335, account about him is under 2 January). The white klobuk of Saint
Vasilii was for the Russian Church a symbol of pre-eminent transfer of the spiritual centre of
Orthodoxy from Old Rome, – through New Rome, Tsar'grad (Constantinople), – to the Third
Rome, Moscow.
SAINTS MARTYRS MOCIUS & MARC (+4°.S.)
Les Saints Martyrs Mocius et Marc furent arrêtés parce que Chrétiens et traînés en procès par
le gouverneur Maximien. Ils refusèrent de sacrifier aux idoles. Ils souffrirent alors le martyre
en étant décapités.
SAINT BASILE, ÉVÊQUE DE RYAZAN (+1295)
12 avril -21 mai -10 juin (invention) – 3 juillet (repos)
Il commença son ministère épiscopal à Mourom, l'une des plus anciennes cités russes.
Comme il menait une vie au-delà de tout soupçon et édifiait le peuple par l'exemple de ses
vertus, le diable voulut donner l'impression que l'Evêque vivait dans l'impureté; il prit alors
l'aspect d'une jeune fille qui apparaissait à la fenêtre de sa chambre épiscopale. Le peuple et
les aristocrates de la cité, scandalisés par ce spectacle, accusèrent le Saint de mener une vie de
débauche et décidèrent de le punir sans passer par l'entremise du tribunal ecclésiastique. Un
jour où la foule rassemblée avait vu la jeune fille s'enfuir de la résidence du Prélat, la rumeur
grandit, on vociférait des accusations et certains menaçaient même de tuer le malheureux
Evêque qui protestait de son innocence. Il finit par obtenir un délai jusqu'au lendemain à trois
heures et la foule se dispersa.
Saint Basile célébra une Vigile de toute la nuit dans sa chapelle puis il se rendit à la cathédrale
de l'Annonciation et pria ardemment devant l'Icône de la Mère de Dieu amenée de Kiev par le
Prince Constantin, Illuminateur de Mourom. Puis, mettant toute son espérance dans la Toute
Sainte et prenant l'Icône dans ses bras, il se dirigea ver le fleuve Oka où le peuple et les
aristocrates attendaient, prêts à le chasser. Le Saint prit alors son mantyas,* l'étala sur l'eau et
monta dessus comme sur un radeau en tenant l'Icône entre ses mains. Il remonta ainsi le
fleuve rapidement à contre-courant. Voyant ce Miracle, les habitants de Mourom s'écrièrent
en larmes : "Ô Saint Evêque de Dieu, Basile, pardonne à tes serviteurs pécheurs!" Le Saint
arriva par ce moyen à Riazan où il fut accueilli en grande solennité par le peuple qui lui
demanda de rester. Depuis cette époque le siège épiscopal de Mourom a été transféré à Riazan
et l'Icône amenée par le Saint y est vénérée dans la cathédrale. Au bout de quelques années
passées paisiblement à Riazan, Saint Basile dut s'enfuir à Pereyaslavl à cause de l'invasion
tatare. C'est là qu'il reposa en paix, en 1295.
* La grande cape à traîne que revêtent les Evêques et les Higoumènes pour les processions ou quand ils siègent
sur le trône.
Le 10 juin 1609, on découvrit ses Reliques incorrompues. Saint Basile accorde en particulier
son assistance à ceux qui l'invoque avant de partir en voyage, sur terre ou sur mer.*
SAINT MOINE MARTYR GERASIME DE CARPENISION (+1812)
Saint Gérasime naquit en 1787 dans un village proche de Carpénision (département
d'Euritanie). À l'âge de onze ans, il partit avec son frère aîné pour Constantinople où il fut
confié comme apprenti à l'un de leurs compatriotes épicier. Un jour comme l'enfant avait
laissé tomber le plateau garni de yoghourts qu'il transportait, craignant le châtiment de son
patron, il fondit en larmes. Une aristocrate turque le recueillit chez elle et à force de cajoleries,
elle parvint à lui faire accepter la circoncision. Il resta cinq ans serviteur de cette famille puis
fut mis au service d'un autre notable qui l'emmena avec lui dans ses voyages.
Cycle mobile (Pascalion): Vendredi de la Huitième Semaine
Lecture de l’Epître
1Cor XI : 8-23
11.8 En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme; 11.9
et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de
l'homme. 11.10 C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de
l'autorité dont elle dépend. 11.11 Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans
l'homme, ni l'homme sans la femme. 11.12 Car, de même que la femme a été tirée de l'homme,
de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. 11.13 Jugez-en vous-mêmes: est-il
convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée? 11.14 La nature elle-même ne vous
enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux, 11.15 mais
que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme
voile? 11.16 Si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les
Églises de Dieu.
11.17 En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c'est que vous vous assemblez,
non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. 11.18 Et d'abord, j'apprends que, lorsque
vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, -et je le crois en partie, 11.19
car il faut qu'il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient
reconnus comme tels au milieu de vous. -11.20 Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est pas
pour manger le repas du Seigneur; 11.21 car, quand on se met à table, chacun commence par
prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre. 11.22 N'avez-vous pas des
maisons pour y manger et boire? Ou méprisez-vous l'Église de Dieu, et faites-vous honte à
ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela je ne vous loue point.
11.23 Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c'est que le Seigneur Jésus, dans
la nuit où il fut livré, prit du pain,
Lecture de l’Evangile
Matthieu XVII : 10-18
17.10 Les disciples lui firent cette question: Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Élie doit
venir premièrement? 17.11 Il répondit: Il est vrai qu'Élie doit venir, et rétablir toutes choses.
17.12 Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu, et qu'ils l'ont traité
comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme souffrira de leur part. 17.13 Les disciples
comprirent alors qu'il leur parlait de Jean Baptiste.
17.14 Lorsqu'ils furent arrivés près de la foule, un homme vint se jeter à genoux devant
Jésus, et dit: 17.15 Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre cruellement;
il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l'eau. 17.16 Je l'ai amené à tes disciples, et ils
n'ont pas pu le guérir. 17.17 Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusques à quand serai-je
avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici. 17.18 Jésus parla
sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l'enfant fut guéri à l'heure même.
Cycle fixe : Commémorations
SAINT BLADUS (OU BLADE) EVEQUE DE L'ILE DE MAN
Epoque inconnue; selon la tradition, Saint Bladus fut un des premiers Evêques de l'Île de
Man.
8 juin (invention) – 3 juillet
SAINTS BASILE ET CONSTANTIN, PRINCES DE YAROSLAV (+13°.S.)
The Repose of Nobleborn Princes Vasilii and Konstantin Vsevolodovich of Yaroslavsk: In
their youth they lost their father, Vsevolod, who fell in battle with the Tatars (Mongols). Saint
Vasilii, the elder brother, succeeded to the throne. A multitude of concerns, tasks and sorrows
beset him as prince. The city and the villages were devastated from the invasion of the Tatars,
many households remained without shelter and food, and he had to concern himself about
everything and about everyone. Besides this, it was necessary to gain the good-will of the
Tatar khan, and the holy prince more than once made journey for this reason to the Horde. He
suffered also a family misfortune – the loss of his only son. All his tribulations the holy prince
suffered without complaint, and he ruled the princedom, like a true Christian: he did not enter
into disputes with other princes, he concerned himself over the misfortunate among his
subjects, and he built churches. But soon his life, filled with many sorrows, exhausted the
strength of the prince, and he took sick and died in the year 1249. After him holy Prince
Konstantin succeeded to the throne. He strove to imitate his brother, but to his great dismay,
everywhere he saw pillage and murdering done by the Tatars. In 1257 the Tatars fell upon
Yaroslavl' itself. The prince came out to fight the enemy, but here in this battle he gave up his
life for his country. In the year 1501 the relics of the holy princes were uncovered undecayed
and now rest in the Yaroslavsk cathedral.
SAINT HIEROMARTYR GERMAIN EVEQUE DE L'ILE DE MAN (+474)
1 octobre -3 (sur l'Île de Man) – 31 (en Pays de Galles) juillet
Né vers 410; endormi en Normandie vers 474; en ce jour c'est sa fête sur l'Ile de Man; au Pays
de Galles c'est le 31 juillet ou le 1er octobre (à cause de la confusion avec un autre Germain
qu'on fête ce jour-là).
La présence de nombre de dédicaces au Nord du Pays de Galles et Cornouailles, parfois
erronément attribuées à Saint Germain d'Auxerre, en plus des références à Germain dans les
"Vies des Saints celtes" qui sont chronologiquement impossible pour Germain (d'Auxerre), a
mené les érudits celtes à rechercher au moins un autre Germain pour les expliquer.
La Tradition nous rapporte que Saint Germain fut neveu de Patrick. Elle rapporte aussi que
lorsque Saint Germain d'Auxerre vint en Grande-Bretagne en 448 pour réfuter l'hérésie des
pélagiens, il rencontra un colon irlandais dont le fils devint son disciple et choisit le nom de
son maître pour lui-même. Germain de Man naquit en Bretagne et vint en Irlande pour
oeuvrer avec Saint Patrick.
Il fut Moine et Missionnaire en Irlande, au Pays de Galles sous les Saints Brioc et Illtyd et en
Bretagne. Germain quitta la Bretagne pour rencontrer Patrick en Grande-Bretagne vers 462.
Là il engagea une lutte contre le mage Gwrtheyrn. Ensuite il retourna en Irlande vers 466,
devenant finalement l'Evêque de l'Île de Man du vivant de Saint Patrick.
Après avoir évangélisé au Pays de Galles, on retrouve trace de son nom en Espagne et Gaule.
Son martyre est rapporté en Normandie. Sa mémoire est préservée dans des noms de lieux
comme Jarman et Gremain dans des lieux comme le Caernavonshire, Denbighshire,
Montgomeryshire et Radnorshire. On retrouve aussi son nom dans les Actes de Kieran et dans
ceux d'autres des premiers Saints irlandais. Leland mentionne un pèlerinage à Garmon
("Armon") à Llanarmon yn Ial où des offrandes votives étaient effectuées à une statue en
vêtements sacerdotaux
Tropaire de Saint Germain ton 2
Neveu de Patrick et Missionnaire en Irlande,/
tu répandis la Foi en nombre de contrées./
Du Pays de Galles jusqu'en Bretagne et de là vers l'Île de Man,/
tu glorifias le Christ partout où tes pas te portèrent./
Prie le Christ de sauver nos âmes.
SAINT BYBLIG (OU BIBLIG, PEBLIG, PIBLIG, PUBLICIUS) DU PAYS DE GALLES
(+5°.S.)
Bien que Saint Byblig fut de toute évidence un Saint homme lié à Carnarvon et honoré d'une
grande vénération dans le Pays de Galles, on ne sait rien de sa vie.
SAINT GEORGES LE THEOPHORE (+1068)
Saint George the God-bearer and Recluse labored in the Black Mountains near Antioch during
a time when the churches and monasteries there flourished. Orthodox Christians from many
parts of the world came to settle there, and as a result, tensions often arose between monks of
different nationalities. In order to remain detached from the conflicts, Fr. George found refuge
in an impregnable cleft of a very high mountain. For this reason he is also called St. George
the Recluse.
Nevertheless, the monks of the Black Mountains were well aware of the pious life led by
George the Recluse. Venerable George of the Holy Mountain journeyed to the Black
Mountains in search of a spiritual guide and, after praying in each and every monastery,
finally asked St. George the Recluse, “a man innocent as a dove,” to fill this role.
George the Recluse received the young ascetic and found a home for him in the monastery.
His disciple remained with him for three years, leading the strictest ascetic life, until finally
George the Recluse clothed him with the schema and “perfected him in the monastic life.”
Then, after sending him on a pilgrimage to Jerusalem, he blessed George to resettle at the
Iveron Monastery on Mt. Athos and to continue the holy work of St. Ekvtime of Mt. Athos.
George returned to the Holy Mountain but, instead of translating books as his spiritual father
had advised him, he performed other obediences for seven years. When St. George the
Recluse heard this, he sent his disciple Theodore to Mt. Athos to rebuke him and remind him
that he was sent there to translate theological texts from the Greek to the Georgian language.
This time George of the Holy Mountain humbly obeyed the will of his teacher.
When he was not with George of the Holy Mountain, St. George the Recluse confined himself
to strict solitude and, like his spiritual son, dedicated much of his time to literary pursuits. He
was closely acquainted with the writers of Iveron and other Georgian monasteries, and he
encouraged his spiritual son to continue his labor of translating Orthodox theological
literature.
St. George the Recluse copied Davit Mtbevari’s translations of the Life of Martha (the mother
of Simeon of the Wonderful Mountain) and the Life of St. Barlaam (of the Syro-Caucasus).
When George heard that no copies of these Lives existed on Mt. Athos, he transcribed the
texts and sent them to the Athonites.
St. George the God-bearer and Recluse reposed in 1068, after the death of his venerable
disciple St. George of the Holy Mountain.
SAINT TIRECHAN (+7°.S.)
Vers 670-700, Saint Tirechan rédigea un mémoire sur Saint Patrick connu sous le nom de
"Breviarium" qui est préservé dans le "Livre d'Armagh." Il fut Prêtre dans le Meath et disciple
d'Ultan de Ardbraccan qui donna ses notes sur Patrick à Tirechan. En faisant usage de ces
notes, Tirechan devint un des premiers biographes de Patrick près d'un siècle après le Départ
du Protecteur de l'Irlande.
Le plus ancien texte hagiographique existant où Saint Patrick est mis en relation avec Mag
Slecht est le Breviarium de Tirechan rédigé entre 668 and 701 et incorporé dans le Livre
d'Armagh en 807 par le scribe Ferdomnach.
Tirechan rapporte que Patrick aurait voyagé vers la Gaule (en particulier vers Auxerre et
Lérins), l'Italie et la mer Tyrrhénéenne. Son travail comporte aussi des détails de valeurs sur
l'Irlande durant sa propre vie
SAINT HELIODORE D'ALTINO (+ 390)
Evêque, ami et correspondant de Saint Jérôme et ayant abandonné la carrière militaire pour se
joindre à un groupe d'Ascètes, il retrouva à Antioche Saint Jérôme, son ami et compatriote de
Dalmatie. Nommé plus tard Evêque d'Altino non loin d'Aquilée, il laisse entrevoir dans sa
correspondance avec Saint Jérôme quel était le sérieux de la vie chrétienne dans son diocèse.
SAINT HIEROMARTYR IRENEE DE CHIUSI (+273)
Il fut Diacre et souffrit le martyre à Chiusi en Toscane. Le récit de ses souffrances partagées
avec Sainte Mustiole, Vierge, retrace la barbarie habituelle des persécuteurs romains. Ni les
fouets plombés ni les broches enfoncées dans leur corps ne les détachèrent de l'Amour du
Christ.
SAINT HIEROMARTYR PHILIPPE METROPOLITE DE MOSCOU (+1569)
9 janvier (martyre) – 5 avril (repos) -31 mai (translation) -3 juillet (translation)
Saint Philippe naquit en 1507. Il était déjà adulte lorsqu'il entra au Monastère de Solovski, au-
delà du cercle polaire sur la Mer Blanche. Comme il s'était distingué par ses vertus et sa
probité, il fut élu Higoumène et désigné en 1566contre son gré pour occuper le trône
métropolitain de Moscou. Ne craignant que Dieu et animé d'un amour ardent pour le peuple
chrétien opprimé, il n'hésita pas dès les premiers jours à blâmer les cruautés du Tsar Ivan le
Terrible, d'abord en secret. Puis voyant que ses paroles n'avaient pas eu d'effet il prit à parti le
souverain en public du haut de la chaire de la cathédrale de la Dormition : "Sire, nous offrons
ici le Sacrifice Non-Sanglant tandis que derrière ce Sanctuaire coule le sang des Chrétiens."
Le Tsar furieux le menaça et lui ordonna de se taire. Il répondit : "Je ne puis le faire car je ne
puis obéir à ton commandement plus qu'au Commandement de Dieu. Je combats pour la
Vérité et le Bien et je continuerai à le faire même si je devais perdre ma dignité et souffrir les
maux les plus cruels sinon notre Foi serait vaine, vaine aussi la dignité apostolique." Malgré
l'impression considérable produite par cette audacieuse déclaration, le Saint Métropolite ne
trouva pas l'appui nécessaire parmi les Chrétiens de Moscou paralysés par la crainte du tyran.
Le Tsar fit convoquer un Concile d'Evêques qui lui étaient soumis, lequel déposa Philippe et
l'envoya en exil comme simple Moine au Monastère d'Otrotch près de Tver. C'est là qu'il fut
étranglé en 1569 par le bourreau favori du Tsar.
TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT PHILIPPE, METROPOLITE DE MOSCOU ET
THAUMATURGE DE TOUTE LA RUSSIE
Le corps de Saint Philippe fut enterré au Monastère Otrocha à Tver. Les Moines du
Monastère de Solovki où il fut auparavant Higoumène, demandèrent en 1591 la permission de
faire transférer les Reliques dans leur monastère. Le corps ayant fortement souffert mais
cependant incorrompu fut placé dans un tombeau préparé par Saint Philippe lui-même de son
vivant en-dessous du portique du temple des Saints Zosime et Sabbatius de Solovki près de la
tombe de l'Ancien Jonas (Shamin), son bien-aimé guide dans les pratiques monastiques.
Le 29 Avril 1649, un grammota du Patriarche Joseph fut envoyé à Elias l'Higoumène du
Monastère de Solovki au sujet de l'Invention solennelle des Reliques de Saint Philippe. Le 31
mai, les Reliques furent transférées dans un nouveau reliquaire et placées dans la cathédrale
de la Transfiguration.
En 1652 Nikon alors Métropolite de Novgorod, proposa de transférer à Moscou les Reliques
des trois Hiérarques Martyrs : le Métropolite Philippe et les Patriarches Job et Hermogène.
Avec la bénédiction du Patriarche Joseph, le Métropolite Nikon partit en 1652 vers les
Solovki pour y prendre les Reliques de Saint Philippe et les convoya solennellement vers
Moscou. Dans les mains du Saint, se trouvait un document de repentance du Tsar Aleksei
Mikhailovich dans lequel il demandait pardon pour les péchés de son arrière-grand-père Ivan
le Terrible qui avait "transgressé" son propre pouvoir en affrontant celui de l'Eglise. Le 3/16
juillet les Saintes Reliques parvinrent à Moscou : "un pasteur, innocent et chassé revint sur
son trône." Dans la cathédrale de la Dormition, "il se tint à sa place durant dix jours." Tout le
jour durant et du matin jusqu'à la nuit, les cloches sonnaient comme si c'était Pâque. Ensuite,
les Saintes Reliques furent placées dans la cathédrale de la Dormition à la porte Sud de
l'Autel.
A l'endroit de la rencontre à Moscou entre les Reliques de Saint Philippe et le clergé et le
peuple, une Croix fut élevée qui donna son nom au carrefour de la Porte de Péage à Moscou
(gare de chemin de fer Rizhsk).
ou
Sainted Philip, Metropolitan of Moscow, in the world Feodor (Theodore), was descended
from the illustrious boyar-noble lineage of the Kolychevi, occupying a prominent place in the
Boyar duma at the court of the Moscow sovereigns. He was born in the year 1507. His father,
Stepan Ivanovich, "a man enlightened and filled with military spirit," attentively prepared his
son for government service. Pious Varvara (Barbara), the mother of Feodor, who ended her
days in monasticism with the name Varsonophia, implanted in the soul of her son a sincere
faith and deep piety. Young Feodor Kolychev applied himself diligently to the Holy Scripture
and to the books of the holy fathers, upon which the old Russian enlightenment rested, then
transpiring within the Church and in the spirit of the Church. The Moscow Greatprince,
Vasilii III Ioannovich, the father of Ivan the Terrible, brought young Feodor into the court,
but he was not however attracted to court life. Conscious of its vanity and sinfulness, Feodor
all the more deeply immersed himself in the reading of books and visiting the churches of
God. Life in Moscow repelled the young ascetic. The sincere devotion to him of the young
prince Ivan, presaging a great future for him in government service, could not hold in check
within the earthly city his searching out of the Heavenly City.
On Sunday, 5 June 1537, in church for Divine Liturgy, Feodor felt intensely in his soul the
words of the Saviour: "No one is able to serve two masters" (Mt. 6: 24), which determined his
ultimate destiny. Praying fervently to the Moscow wonderworkers, and without bidding
farewell to kinsfolk, he secretly in the attire of a common person left Moscow, and for a
certain while he hid himself away from the world in the village of Khizna, near Lake Onega,
earning his livelihood as a shepherd. His thirst for ascetic deeds led him to the reknown
Solovetsk monastery on the White Sea. There he fulfilled quite toilsome obediences: he
chopped firewood, dug the ground, and worked in the mill. After a year and an half of testing,
the hegumen Aleksei, at the wish of Feodor tonsured him, giving him the monastic name
Philip and entrusting him in obedience to the starets-elder Jona Shamina, who conversed with
the Monk Alexander Svirsk (+ 1533, Comm. 30 August). Under the guidance of the
experienced elders the Monk Philip grew spiritually, and strengthened in fasting and prayer.
Hegumen Aleksei sent him in obedience to work at the monastery black-smith forge, where
Saint Philip combined the activity of unceasing prayer amidst his working with an heavy
hammer. At the beginning of the service in church he always appeared first and was the last to
leave. He toiled also in the bakery, where the humble ascetic was comforted with an heavenly
Sign. In the monastery afterwards they displayed the "Bakery" image of the Mother of God,
through which the heavenly Mediatrix bestowed Her blessing upon the humble baker-monk
Philip. With the blessing of the hegumen, Saint Philip spent a certain while in wilderness
solitude, attending to himself and to God.
In 1546 at Novgorod the Great, archbishop Theodosii consecrated Philip as hegumen of the
Solovetsk monastery. The new-made hegumen strove with all his might to exalt the spiritual
significance of the monastery and its founders – the Monk Savvatii and Zosima of Solovetsk
(Comm. 27 September, 17 April). He searched out the Hodegetria image of the Mother of
God brought to the island by the original first head of Solovetsk, the Monk Savvatii; he
located the stone cross which once stood before the cell of the monk. Found also was the
Psalter, belonging to the Monk Zosima (+ 1478), the first hegumen of Solovetsk, and his robe,
in which from that time hegumens would vest during service on the days of memory of the
wonderworker. The monastery was revived spiritually. For regulating life at the monastery, a
new ustav (monastic rule) was adopted. Saint Philip built on Solovetsk majestic temples – a
refectory church of the Uspenie (Dormition) of the Mother of God, consecrated in the year
1557, and a church of the Transfiguration (Preobrazhenie) of the Lord. The hegumen himself
worked as a simple labourer, helping to lay the walls of the Transfiguration church. Beneathe
the north portico he dug himself a grave, alongside that of his guide, the starets Jona. Spiritual
life in these years blossomed at the monastery: asceticising amidst the brethren amongst the
students of Hegumen Philip were the Monks John and Longin of Yarengsk (Comm. 3 July)
and Vassian and Jona of Pertominsk (Comm. 12 July).
For his efforts of secret prayer Saint Philip often withdrew for quiet to a desolate wilderness
spot, two versts from the monastery, which received afterwards the name the Philippov
wilderness.
But the Lord was preparing the Saint for other service and other work. At Moscow Ivan the
Terrible remembered fondly about the Solovetsk hermit from the time of his childhood years.
The tsar hoped to find in Saint Philip a true companion, confessor and counsellor, who
through his exalted monastic life would have nothing in common with the sedition of the
boyar-nobles. The holiness of the metropolitan, in the opinion of Ivan the Terrible ought to be
of a certain spiritual meekness to quell the treachery and malice, nesting itself within the
Boyar soul. The choice of such an arch-hierarch for the Russian Church seemed to him the
best possible.
The Saint for a long time refused to take upon himself the great burden of primate of the
Russian Church. He did not sense any spiritual affinity with Ivan. He attempted to urge the
tsar to abolish the Oprichniki [the tsar internal terror shock troops]. Ivan the Terrible
attempted to argue its civil necessity. Finally, the dread tsar and the holy metropolitan came to
an agreement, that Saint Philip would not meddle in the affairs of the Oprichniki and the
running of the government, he would not resign as metropolitan in case, if the tsar be not able
to fulfill his wishes, and that he would be a support and counsellor of the tsar, just as former
metropolitans were supports for the Moscow sovereigns. On 25 July 1566 occurred the
consecration of Saint Philip to the cathedra-seat of the Moscow Sainted-hierarchs, whose
number he was soon to join.
Ivan the Terrible, one of the greatest and most contradictory figures in Russian history, lived
an intensely busy life, he was a talented writer and bibliophile [i.e. lover of books], he
involved himself in the compilation of the Chronicles (and himself suddenly sundered the
thread of the Moscow chronicle-writing), he delved into the intricacies of the monastic ustav
(rule), and more than once thought about monasticism and abdicating the throne. Every aspect
of governmental service, all the abrupt measures undertaken by him for a setting to root
restructuring of civil and social life, Ivan the Terrible tried to rationalise as a manifestation of
Divine Providence, as the acting of God within history. His beloved spiritual heroes were
Saint Michael of Chernigov (Comm. 20 September) and Saint Theodore (Feodor) the Black
(Comm. 19 September), military men active with a complex contradictory destiny, moving on
towards their sacred ends through whatever the hindrances rising up afront them, and
fulfilling their duties to the Rodina (Native-land) and Holy Church. The more the darkness
thickened around Ivan the Terrible, the more resolutely he demanded of his soul cleansing and
redemption. Journeying on pilgrimage to the Kirillo-Belozersk monastery, he declared his
wish to the hegumen and the gathered elders to be made a monk. The haughty autocrat fell on
his knees to the hegumen, and that one blessed his intent. All his life from that time, wrote
Ivan the Terrible, "it seems to me, an accursed sinner, that halfways I am already blackrobed."
The Oprichnina was itself conceived of by Ivan the Terrible in the form of a monastic
brotherhood: serving God with weapon and military deeds, the Oprichniki were required to
dress in monastic garb and go to church service, long and tiring, lasting from 4 to 10 o'clock
in the morning. Upon "brethren," not appearing at 4 o'clock in the morning, the tsar imposed a
penance. Ivan himself with his sons sought fervently to pray and sing in the church choir.
From church they went on to refectory (meal), and while the Oprichniki ate, the tsar stood
alongside them. The remaining food the Oprichniki gathered from the table and distributed to
the poor at the doorway of their refectory (dining hall). Ivan the Terrible, with tears of
repentance and wanting to be an esteemer of the holy ascetics – the teachers of repentance, he
wanted to wash and burn away his own sins and those of his companions, cherishing the
assurance, that even the terrible cruel actions would rebound for him to the welfare of Russia
and the triumph of Orthodoxy. The most clearly spiritual action and monastic sobriety of Ivan
the Terrible is revealed in his "Synodikon": shortly before his death by his orders there were
compiled full lists of the people murdered by him and his Oprichniki, which were then
distributed throughout all the Russian monasteries. All his sins against the nation Ivan took
upon himself and besought the holy monks to pray to God for the forgiveness of his
tormented soul.
The self-styled monasticism of Ivan the Terrible, a dark most grievous oppression over
Russia, tormented Saint Philip, who considered it impossible to mix together the earthly and
the heavenly, serving the cross and serving the sword. Even moreso was it, that Saint Philip
saw, how much unrepentant malice and envy was concealed beneathe the black hoods of the
Oprichniki. There were among them outright murderers, hardened in lawless bloodletting, and
profiteers in it for the rewards, rooted in sin and transgression. By the sufferance of God
history often is worked with the hands of the impious, and Ivan the Terrible as it were wanted
to whiten before God his black brotherhood, – the blood, spilled in the name of its thugs and
fanatics, cried out to heaven.
Saint Philip decided to oppose Ivan the Terrible. This was connected with a new wave of
executions in the years 1567-1568. In the Autumn of 1567, just as the tsar was setting out on a
campaign against Livonia, he learned about a boyar conspiracy. The plotters intended to seize
the tsar and deliver him over to the Polish king, who already was on the move with an army
towards Russian territory. Ivan the Terrible dealt severely with the conspirators and again he
shed much blood. It was bitter for Saint Philip, and the conscience of the Saint at length
compelled him boldly to enter into defense of the executed. The final rift occurred in the
Spring of 1568. On the Sunday of the Veneration of the Cross, 2 March 1568, when the tsar
with his Oprichniki entered the Uspenie (Dormition) cathedral, as was their custom in
monastic garb, Saint Philip refused to bless him, and began openly to denounce the lawless
acts committed by the Oprichniki: "Metropolitan Philip did instruct the sovereign of the
enmity in Moscow concerning the Oprichnina."The accusations of the Vladyka shattered the
harmony of the church service. Ivan the Terrible in a rage said: "Thou wouldst oppose us? We
shall see thine firmness! I have been too soft on you," – retorted the tsar, according to eyewitnesses.
The tsar began to show ever greater cruelty in persecuting all those that opposed him.
Executions followed one after the other. The fate of the saintly confessor was sealed. But Ivan
the Terrible wanted to observe a canonical semblance of propriety. The Boyar duma
obediently carried out the decision to have a trial over the Primate of the Russian Church. A
cathedral trial-court was set up over Metropolitan Philip in the presence of a thinned-out
Boyar duma. False witnesses were found: and to the deep sorrow of the Saint, these were
monks of the Solovetsk monastery beloved by him, his former students and novices. They
accused Saint Philip of a multitude of transgressions, even including sorcery. "I am come
upon the earth, just like all my ancestors, – humbly answered the Saint, – prepared to suffer
for truth." Having refuted all the accusations, the holy sufferer attempted to halt the trial by
declaring voluntarily to resign the metropolitan dignity. But his abdication was not accepted.
New abuse awaited the Martyr. Even after bringing forth a sentence of life imprisonment,
they compelled Saint Philip to serve Liturgy in the Uspensk cathedral. This was on 8
November 1568. In the midst of the service the Oprichniki burst into the temple, they publicly
read the council sentence of condemnation, and then abused the Saint, tearing from him the
hierarchical vestments, they dressed him in rags, dragged him out of the church and drove him
off on a simple peasant's sledge to the Theophany monastery. For a long while they oppressed
the Martyr in the cellars of the Moscow monasteries, the feet of the elder they shoved into
stocks, they held him in chains, and put an heavy chain upon his neck. Finally, they drove him
off to the Tver Otroch monastery. And there a year afterwards, on 23 December 1569, the
Saint accepted a Martyr's death at the hands of Maliuta Skuratov. Only three days before this
the holy elder foresaw the finish of his earthly efforts and communed the Holy Mysteries. His
relics were committed to earth initially there at the monastery, beyond the church altar. Later
on they were transferred to the Solovetsk monastery (11 August 1591) and from there – to
Moscow (3 July 1652).
The memory of Sainted Philip was celebrated by the Russian Church from the year 1591, on
the day of his Martyr's end – 23 December. From 1660 the celebration was transferred to 9
January.
Une homélie du Père Alexandre Men
[les remarques entre [] ne sont pas du Père Alexandre mais peuvent rendre la traduction plus
compréhensible]
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit!
Aujourd'hui, l'Eglise célèbre la mémoire du Métropolite Philippe, un des plus célèbres Saints
Archevêques de Moscou. Nombre d'entre vous ont visité le village de Peredelkino près de
Moscou et y ont vu la vieille église où se trouve à présent la résidence patriarcale. Le futur
Métropolite de Moscou et Martyr a grandi dans ce bâtiment ou à proximité.
Bien sûr, il aurait pu mener une vie calme et privilégiée comme tout autre enfant aristocrate,
passant son temps à étudier, chasser, s'amuser, accomplir tâches domestiques et se consacrer à
ses activités familiales. Le jeune Kolychev aurait put mener sa vie en faisant tout cela. Mais
Philippe voulait dévouer sa vie à servir Dieu et l'humanité. Son parcours le mena à un
monastère très éloigné au Nord sur les Îles Solovetskii qui deviendra une bibliothèque célèbre
puis un centre de détention et enfin un camp de concentration [soviétique]. De nos jours, ses
ruines majestueuses secouent notre conscience.
Etant devenu Higoumène [=Abbé], Philippe commença à servir dans un des monastères. Les
Moines et leur Higoumène travaillaient dur pour soumettre cette région sauvage. Ils menaient
une vie éprouvante ayant à débroussailler un Désert infranchissable avec leurs mains, loin des
côtes des froides mers. Chaque nouveau pas était accompli dans de grandes difficultés. Le
monastère se trouve dans une région de permafrost glacée en hiver et infestée de nuages de
moustiques en été. Cependant, c'était des endroits magnifiques qui pouvaient et avaient besoin
d'être rendus vivables et [avec l'Aide de Dieu,] les Moines accomplirent cette exploit.
Philippe aurait passé sa vie à travailler et prier avec les autres mais le destin intervint
soudainement. Ivan IV [le Terrible] le convoqua à Moscou et l'informa qu'il devait devenir le
prochain chef de l'Eglise orthodoxe en Russie. Le Tsar Ivan connaissait Philippe depuis
quelque temps. Il savait que le nouveau Métropolite était honnête, un homme incorruptible et
fiable et sur lequel il pouvait compter. Comme tous les tyrans, le Tsar appréciait ces qualités
car il redoutait les conspirations et les trahisons. Son âme était tourmentée par les crises de
peur et de cruauté.
Dans l'histoire de notre patrie, il y eut deux périodes durant lesquelles la tyrannie paralysa
notre peuple. Le règne du Tsar Ivan que nous appelons "le Terrible" et à nouveau à l'époque
de Staline qui admirait Ivan et tenta de suivre son sanglant exemple. Par-delà les siècles, il
ressentit dans ce bourreau une parenté d'esprit. Ainsi donc, Ivan le Terrible qui frappait de
terreur le coeur de l'Eglise et du peuple de Russie était condamné à vivre dans la crainte.
Comme tous les autres dirigeants criminels, il ne pouvait qu'être terrifié de ce qu'il avait
commis, des horreurs qu'il avait perpétrées. Nombre de fois, il s'enfuira au Monastère de la
Sainte Trinité où il remplira nombre de livres de souvenirs, y inscrivant les noms de centaines
de gens qu'il avait tués, hommes, femmes, enfants, célèbres ou inconnus, tous ceux qu'il avait
tués, ceux dont il avait taillé famille et maisonnée en morceaux et dont il avait versé le sang. Il
y venait gémir et prier pour ses victimes puis confesser ses péchés aux Moines. Ensuite,
fatigué de se repentir, il replongeait dans la violence et les orgies sauvages avant de se
retrouver à nouveau frappé par la peur par la suite.
Un jour, Ivan vint à s'enfuir pour Alexandrov, s'y cacha et annonça qu'il ne gouvernerait plus.
Tout le monde fut terriblement tracassé et prit peur, convaincu que sans chef le pays serait
vite vulnérable à toutes sortes d'agressions. Une délégation lui fut envoyée pour supplier Ivan
de revenir. Le Tsar accepta mais revint plus cruel que jamais et s'entoura d'une garde secrète,
l'Oprichnina. Les "oprichniki" s'habillaient tous de noir et servaient d'exécuteurs [pour les
basses oeuvres d'Ivan], entraient de force dans les maisons sans redouter punition, brûlaient,
pillaient et tuaient. Telle était la sorte de gens gardant le Tsar, la propre police secrète d'Ivan.
Lorsque Philippe vint à Moscou, le Tsar le reçut chaleureusement mais Philippe prit la
précaution de dire : "Si vous voulez que je vienne oeuvrer ici à Moscou pour l'Eglise, vous
devez me donner le droit de célébrer une "pechalovaniia" [à l'époque impériale, cela se
référait aux prières publiques pour les opprimés.] Le Tsar hésita puis accepta. C'est à cette
seule condition que Philippe accepta la mitre blanche de Métropolite de Moscou.
Au départ, Philippe parvint à influencer Ivan de manière favorable et même à apaiser sa
cruauté un temps durant. A plusieurs reprises, le Tsar et le Métropolite se croisèrent face à
face dans les couloirs du Kremlin et Philippe lui disait : "Sire, vous ne devriez pas verser le
sang humain, le sang chrétien. Pourquoi pensez-vous que tout le monde est contre vous? Si
vous ne vous comportez pas de manière répréhensible, vous n'aurez rien à redouter." Ainsi
réprimandé, le Tsar laissait de côté ses plans maléfiques. Mais Philippe vit de profonds
changements sur le visage et dans l'âme du Tsar. Il avait connut le Tsar comme un beau jeune
homme et ouvert. A présent et bien qu'Ivan n'avait que quarante ans, il ressemblait déjà à un
vieillard aigri et une expression effrayante et ainsi que la folie se lisaient dans ses yeux.
Un jour, le Tsar participa à un nouveau massacre. Ensuite lui et sa garde noire d'Oprichniki,
tous à cheval galopèrent jusqu'à la cathédrale du Kremlin où Philippe était occupé à célébrer.
Tout le groupe pénétra dans l'église. Ivan fixa le Métropolite et déchira le silence de l'église
en hurlant : "Pourquoi manques-tu de bénir ton Tsar et souverain?" Philippe se retourna et
répondit d'une voix paisible : "Je ne reconnais pas le Tsar chrétien dans ce comportement
outrageant." "Dis-donc, mon ami Moine," avertit Ivan, "Ne t'immisce pas dans mes affaires
ou tu le regretteras amèrement." Mais Ivan savait que le Métropolite Philippe était un homme
honnête et direct qui n'aurait jamais rampé ni agit contrairement à sa conscience. Lorsque
Philippe était un Moine vivant dans le Nord, il se taisait à propos du Tsar mais à présent qu'il
était à la tête de l'Eglise, il prenait sur lui la responsabilité de porter témoignage. Philippe
rassembla le clergé et discuta sur la manière de limiter l'extraordinaire cruauté d'Ivan.
Personne ne soutint Philippe. Tous restèrent silencieux, tant ils avaient peur.
Lorsque éclata le conflit suivant entre le Tsar et le Métropolite dans la cathédrale, Ivan décida
de se débarrasser de Philippe. Sa méthode fut lâche et typique de tous les amateurs de
violence. Il ne voulut pas commettre l'acte lui-même : il confia cela à ses hommes de main. Il
convoqua les responsables de l'Eglise et les força à retirer à Philippe le titre de Métropolite.
Durant un Office, les Oprichniki pénétrèrent brusquement dans l'église, arrêtèrent Philippe et
ordonnèrent aux autres ecclésiastiques de lui retirer ses vêtements de Métropolite. Les sbires
du Tsar attachèrent ensuite Philippe dans une charrette à Ciel ouvert (c'était l'hiver…) et
l'emmenèrent au Kremlin afin de le soumettre à une parodie de procès. Le jugement tomba
vite, cruel : Philippe fut condamné à l'exil dans un monastère au Nord de Moscou.*
* Note du traducteur du russe : le monastère en question est Otroch' dans la ville de Tver'. Après sa Naissance
Céleste, le Métropolite fut enterré entre ses murs.
A plusieurs reprises, l'ordre arriva de le faire mourir de faim mais Philippe était habitué aux
longs jeûnes et possédait une forte constitution; ainsi il survécut. Lorsque le Tsar tenta de
soumettre le peuple du Grand Novgorod, il décida de s'arrêter au monastère où il avait
emprisonné Philippe. Il envoya son assistant et chef bourreau Maliuta Skuratov avec ses
paroles : "Va chercher Philippe qu'il vienne et nous bénisse." Maliuta entra au monastère et
trouva Philippe en prière avec les autres Moines.
Dans la galerie des peintures de Troitse-Sergiev Posad, on trouve une peinture du dix-
neuvième siècle représentant Philippe à genoux devant une Icône. Il était décharné, l'air
épuisé mais serein dans sa Foi en Dieu. En même temps, Maliuta Skuratov ressemblant à la
"grande faucheuse" dans son manteau noir, pénètre sur cette scène et lui hurle : "Bénis-nous
pour nos actes infâmes!" Philippe ne bouge pas. Enragé, Maliuta se jette sur Philippe et
l'étrangle avec le coussin sur lequel Philippe était agenouillé. Abandonnant le corps dans
l'église, Maliuta sortit et informa les Moines : "Votre Philippe est mort d'empoisonnement.
Enterrez-le!"
C'est ainsi que s'acheva la vie du Métropolite Philippe. Ivan le Terrible mourut peu après,
jeune : il n'avait pas soixante ans. Il mourut après avoir tué un de ses fils en bas âge et perdu
la plupart de ses proches et amis. Il mourut seul dans un désespoir profond et amer. Son
héritage ne fut que sang et violence. Par contraste, Philippe fut glorifié par l'Eglise et bien des
siècles plus tard, il demeure un grand exemple ayant accompli ce qui était juste sans tenir
compte des conséquences. La vie est courte. Si nous ne savons pas faire ce qui est Juste en
cette vie, à quoi bon penser à la vie future?
Nous savons tous que l'homme est faible qu'il manque de la force pour accomplir son devoir
ici sur terre. Mais nous nous souvenons des Saints et nous leur demandons de prier et
d'intercéder pour nous auprès du Seigneur Jésus-Christ afin qu'Il nous relève de nos cendres et
fasse de nous des Serviteurs de Sa Vérité par la force de Son Amour. Amin.
SAINT JEAN DE MOSCOU, FOL-EN-CHRIST (+1589)
L'Eglise russe et avec elle les autres Eglises orthodoxes, fêtent ce mystique qui vécut à
Moscou. L'Occidental sera déconcerté par sa manière de vivre le mystère de leur vocation en
Christ : les Fols-en-Christ abandonnent les gestes de la sagesse humaine, non de manière
spectaculaire mais pédagogique. Ils vivent les Béatitudes et la Sagesse de Dieu et par delà
leurs apparentes excentricités mais réfléchies, ils sont un véritable témoignage. Le peuple
russe ne s'en est jamais étonné : bien plus, il les admire.
ou
Il naquit sur les frontières de la Vologda. Dans sa jeunesse, il travailla aux salières où il fut
porte-eau. Le Saint combinait un jeûne fort strict et la prière à son dur labeur. Plus tard, il
partit pour Rostov où commencèrent ses exploits de folie pour le Christ. Il portait des chaînes
avec de lourdes Croix en acier et sur sa tête un lourd chapeau en fer qui le fit appeler "Jean
Gros-chapeau." Il allait pieds nus dans Moscou et quasiment nu même par le plus terrible
froid. Il prédit les grandes catastrophes qui allaient frapper la Russie, l'Epoque des Troubles et
l'invasion des Polonais disant que "dans Moscou, il y aurait nombre de diables visibles et
invisibles."
Il dévoilait la Vérité sans crainte envers quiconque, sans égard pour le rang de l'interlocuteur.
Au Tsar Boris Goudounov, il dit souvent : "Esprit intelligent, vous demandez ce que fait Dieu.
Dieu patiente longtemps puis il sévit, douloureusement." Avant sa Naissance Céleste, Saint
Jean indiqua lui-même un tombeau à l'église Pokrov sur Rva qui sera par la suite appelée
cathédrale de Basile le Grand. S'étant préparé lui-même pour le tombeau, il retira ses chaînes,
se doucha trois fois à l'eau. Avant sa Naissance Céleste en 1589, le Bienheureux fut gratifié
du don de guérison. Il fut vénéré à Moscou comme un grand Thaumaturge et comme Voyant.
Le 12 juin 1672, ses Reliques furent élevées, reposant sous une crypte dans une des chapelles
de la cathédrale de Basile le Grand.
SAINT ANATOLIOS, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE (+458)
Sainted Anatolios, Patriarch of Constantinople, was born at Alexandria in the 2nd half of the
IV Century – during a time, when many representatives of illustrious Byzantine families
awakened ardently in the faith and in the armament of Greek philosophic wisdom they strove
to serve the Church of Christ. Having received a philosophic education, Saint Anatolios
accepted the priestly dignity as deacon under Sainted Cyril of Alexandria (account is under 18
January). Together with Saint Cyril, Anatolios was present at the Third OEcumenical Council
at Ephesus in the year 431 (Comm. 9 September), at which the holy fathers condemned the
false-teaching of Nestorius.
Saint Anatolios remained a deacon at Alexandria and after the death of Saint Cyril (+ 444),
when the cathedra-seat of the archbishop of Constantinople was occupied by Dioskoros, who
supported another heresy being spread by Eutykhios, affirming that the Divine nature in
Christ had fully swallowed up and absorbed His human nature, leaving nothing of it behind.
This false teaching undermined the very basis of the Church's teaching about the salvation and
redemption of humankind [trans. note: since "what is not assumed upon is not saved," if
Christ be by nature Divine only and not human by nature, then Christ-God will have died and
risen in vain for the salvation of humankind in its human nature, and even the Incarnation of
Christ would be rendered heretically docetic]. In the year 449 Dioskoros with his adherents
convened at Ephesus an heretical "Robbers Council," having received also the support of the
emperor. The advocate of Orthodoxy, Saint Flavian, the Patriarch of Constantinople, was
deposed and deprived of dignity.
Chosen then to the Constantinople cathedra-seat, Saint Anatolios zealously set about the
restoration of the purity of Orthodoxy. Saint Anatolios already in the year 450 at the Local
Council in Constantinople ventured a condemnation of the heresy of Eutykhios and
Dioskoros. Having died in exile, the Patriarch-confessor Flavian was enumerated into the
ranks of the Saints and his relics transferred to the capital.
In the following year, 451, with the active participation of Patriarch Anatolios, the Fourth
OEcumenical Council was convened at Chalcedon. The fathers of the Chalcedon Council
affirmed the dogma about the worship of the Lord Jesus Christ, "perfect in Divinity and
perfect in humanity, true God and true man, made known in two natures – without mingling,
without change, indivisibly, inseparably" (Greek: "asugkhutos, atreptos, adiairetos,
akhoristos"; Slavonic: "neslitno, neizmenno, nerazdel'no, nerazluchno").
But heresies still long vexed the ecclesial world. In incessant struggle with false-teachings and
ardent for truth, Patriarch Anatolios died in the year 458.
From the canon-rule actions taken, there was elaborated for the sainted-hierarch the 28th
Canon of the Fourth OEcumenical Council about the equal-honour of the Constantinople
patriarchal throne to that of the throne of Old Rome, and likewise a statement of this Canon to
Saint Leo, Pope of Rome (440-461). Within the jurisdiction of the Patriarch of
Constantinople, in accord with the 28th Canon, was put the Churches of Asia Minor, Greece
and the Black Sea region, and likewise all new Churches, that might arise among the nations
of these regions. And by this also the Russian Church was deliberately included into the
ecclesial enumeration of the Orthodox Churches.
Saint Anatolios likewise made a large contribution to the literary treasury of the Orthodox
Church. By his prayerful inspiration and theological profundity there are in Divine-services
stikhi-verses for Sundays, for certain feastdays of the Lord (the Nativity and the Theophany of
Christ), and Martyr-days (to Saint Panteleimon the Healer, to Saint George the Victory-
Bearer, to Saint Demetrios of Thessalonika). In the Divine-service books they are designated
simply as "Anatoliev" verses.
SAINT GUTHIERN (OU GURTHIERN, GOUZHIERN), ROI DE CAMBRIE PUIS
SOLITAIRE (+500)
Guthiern, un des rois bretons de Cambrie (Pays de Galles) quitta la couronne par un
mouvement de piété et foulant généreusement aux pieds les grandeurs de la terre, il donna
tout ce qu'il possédait en vue d'acquérir la Bonne Nouvelle et il se retira dans l'Île de Groix ou
Groais, située à une lieue de l'embouchure de la rivière de Blavet.
Ce fut dans cette affreuse solitude que Guthiern vint cacher sa Sainteté après s'être dérobé à
ses courtisans et à ses domestiques. Il y demeura plusieurs années, connu des seuls pêcheurs
de cette côte. Mais le Ciel le manifesta par tant de prodiges que les deux seigneurs
propriétaires du lieu, Chemen et Heboen, lui rendirent toutes sortes de respects et le firent
connaître au Comte Grallon de qui l'île dépendait. Celui-ci envoya prier Saint Guntlern de le
venir voir. Le Saint obéit et Grallon demeura si édifié de son entretien et de son humilité qu'il
voulut le retirer de son rocher et lui donna une portion de terre dans un lieu nommé Anaurot
situé au confluent des deux rivières Isol et Ellé, à l'extrémité orientale du pays de sa
domination qui est le lieu même où la ville de Kimperellé ou Quimperlé fut bâtie.
Le Comte du pays de Vannes, Guérech Ier, voyant ses vassaux menacés de la famine parce
que les vers qui mangeaient le blé en herbe ruinaient entièrement l'espérance de la moisson,
jugea qu'il n'y avait point de meilleur moyen d'arrêter cette calamité que d'avoir recours aux
prières de Guthiern. Persuadé de leur efficacité, il députa vers lui trois des principaux
habitants de Vannes : Guedgual, Catuoth et Cadur pour le supplier d'avoir pitié de tout le
pays. Sensible aux misères des peuples, Saint Guthiern envoya de l'eau bénite et ordonna
qu'on en jetât quelques gouttes sur la campagne, ce qui n'eut pas plus tôt été fait que tous les
vers qui la ravageaient moururent. Le comte, par reconnaissance, donna à Saint Guthiern une
terre située sur la rivière de Blavet nommée Vegnac et depuis Kervegnac ou Chervegnac qui a
ensuite passé en main séculière.
Saint Guthiern s'endormit au commencent du sixième siècle et fut enseveli à Kervegnac où il
s'était retiré. Durant les incursions des Normands, son corps fut translaté et caché dans l'Île de
Groix; il y fut découvert au neuvième siècle.
ou
Vita Gurthierni (Vie de Saint Gurthiern).http://www.lamp.ac.uk/celtic/Gurthiern.htm
[Section I]
1. Voici la généalogie de Saint Gurthiern, de naissance noble, renommé dans le devoir qu'un
certain fidèle laïc, du nom de Iuthael fils d'Aidan, a prononcée, non pour une récompense
terrestre mais Céleste :
2. Voici Gurthiern fils de Bon fils de Glou fils d'Abros fils de Dos fils de Iacob fils de
Genethauc fils de Iugdual fils de Beli fils d'Outham Senex fils de Maximien fils de Constance
fils de Constantin fils d'Hélène que l'on dit avoir possédé la Croix du Christ.
3. Voici la généalogie de Saint Guthiern du côté maternel : Gurthiern fils de Dinoi fille de
Lidinin le roi qui régna sur toute la Grande Bretagne.
4. Beli et Kenan étaient deux frères d'Otham Senex. Ce Kenan régnait lorsque les Brittons
allèrent à Rome (perrexerunt ad Romam). Là ils tinrent Letavia [c'est-à-dire$ et le restant..
Beli était le fils d'Anne que l'on dit avoir été la cousine de Marie la Mère du Christ.
[Section II]
5. Ici commencent les actes (conversatio) de Saint Gurthiern d'après la même tradition.
6. Gurthiern, lorsqu'il était jeune homme, partit un certain jour avec son père pour combattre
ses ennemis. Gurthiern et son père furent victorieux ce jour-là et Gurthiern tua le fils de sa
soeur. Il ne savait pas cependant que c'était son parent (amicus) et après qu'il eut réalisé que
c'était le fils de sa soeur, il regretta avoir commis un acte si coupable et se lamenta. Alors il
s'en alla au Désert et vécu dans une grande vallée entre deux montagnes dans la partie Nord
de la Britania. Là il fit pénitence un an durant et personne ne vécut avec lui. Et il se batit une
petite cellule à côté d'un courant d'eau claire et il y avait un grand rocher près du bord de la
crique. Dans cette crique, il immergeait son corps chaque jour et nuit.
7. Lorsqu'il sortait de la crique, il grimpait sur le rocher et priait. Il vécut ainsi un an en ce
lieu. Mais un jour, un certain chasseur vint en ce lieu et voyant le jeune assis et priant sans
relâche sur ce rocher, il le questionna et lui dit : 'Pourquoi vis-tu ici, [jeune homme]? Et le
jeune répondit : "C'est ma pénitence.." Et il lui jura qu'il ne dirait à personne qu'il était en ce
lieu.
8. Et ensuite le chasseur partit pour la maison de son père et rapporta tout ce qu'il avait vu,
disant que le jeune homme qui était assis et priait sur le rocher ressemblait au fils du Roi. A
lui le Roi dit : "Allons en ce lieu afin que nous puissions voir celui qui y oeuvre comme tu le
dis." Et alors ils partirent pour ce lieu où le jeune homme vivait et ils le virent oeuvrer sur la
rive et il s'enfuit en sa cellule et se lamenta.
9. Son père s'enquit de lui, disant : "Ô mon fils pourquoi as-tu fait cela? Tu dois venir avec
moi dans ma maison et prendre le royaume de ton père." Il refusa cela avec véhémence. Le
père dit : "Je te [bâtirai] un monastère et [installerai] nombre de Moines." Et [Gurthiern] y
resta un an durant et pria. Et un Ange de Dieu vint à lui et lui dit : "Va dans un autre endroit
que la Volonté de Dieu a prévu pour toi" et il prit la route avec deux serviteurs. Ils entendirent
les lamentations d'une femme et ils vinrent auprès d'elle et s'enquirent d'elle : "Que t'est-il
advenu, femme?" Elle répondit : "Ô Serviteurs de Dieu, j'avais un fils et il a été tué à la
bataille." Alors [le Saint] lui répondit : "Pourquoi transportes-tu sa tête?" Et elle répondit :
"C'est parce que je ne suis pas capable de transporter son corps à son tombeau." [Le Saint]
dit : "Va devant son corps" et ils partirent ensemble et virent comment les choses étaient. Et
Gurthiern dit : "Donne-moi sa tête afin que je puisse la replacer sur son corps."
10. Ayant dit une prière, l'Homme de Dieu bénit [l'homme mort] et aussitôt ce dernier se
releva. Et il les houspilla en disant : "Pourquoi m'avez-vous retiré hors de la bonne place où
j'étais?" Et [le Saint] répondit : "Il est mieux pour toi que tu reste ici avec nous et avec ta
mère." [Le jeune homme] dit : "Je ne le veux pas." Le Saint homme répondit : "Cependant,
reste avec nous et raconte-nous toutes les bonnes choses que tu as vues et je prierai avec [ou
pour] toi afin que tu retrouves cet endroit où tu était auparavant." Et [le jeune homme] accepta
une bénédiction de lui et resta avec sa mère. Ensuite ils partirent pour le bord de la rivière qui
est appelée Tamar et ils y restèrent longtemps.
11. Et l'Ange de Dieu vint à eux en disant : "Regardez la mer tous les jours et viendra à vous
un vaisseau à bord duquel vous monterez." Faisant voile, ils se dirigèrent vers une île et y
demeurèrent un certain temps." Ensuite l'Ange vint à eux et dit : "Allez en un autre lieu qui
vous a été promis et qui est appelé Anaurut."
12. Saint Gurthiern alors, venant en ce lieu à lui désigné, y demeura jusqu'à la fin de ses jours,
prophétisant et accomplissant des Miracles avant et après [son Départ].
13. L'Ange du Seigneur stipula que dans chaque région de Bretagne Mineure, chaque
propriété de Saint Gurthiern devrait répondre à Anaurut car ce lieu (civitas) était choisi par
Dieu. Et l'Ange promit la victoire à la guerre à tous les Rois qui garderaient l'entente avec
Saint Gurthiern. Cependant, tous les rois ou princes ou ducs qui ne garderaient pas l'entente
seraient maudits par Dieu. Cherchons donc tous le Salut auprès de tous les clercs et laïcs,
Evêques et Rois, Prêtres et tous les ordres qui gardent l'entente avec Saint Gurthiern afin
d'être dans l'unité avec la Sainte Trinité dans la Vie Eternelle. De même que vous recevez de
nous le Salut, ainsi vous puissiez recevoir ce qui vous a été accordé par l'Ange afin que nous
(et vous) puissions trouver la Miséricorde de Dieu. Qu'il en soit ainsi.
[Section III]
14. Au sujet de la découverte des Reliques de Saint Gurthiern et d'autres Saints, au temps de
l'Abbé Benoît et de Guigon fils de Huelin du castrum de Hennebont, [Reliques] dévoilées par
Oederius le moine sur l'Île de Groix.
15. Ce sont les Reliques de Gurthiern qui était Roi des Anglais (qui fuit rex Anglorum). Lui,
bien qu'il régna sur sa terre natale, préféra la vie contemplative à la vie active; c'est ainsi qu'il
abandonna son patrimoine et sur un frêle esquif, parvint à l'île appelée Groix. Là il demeura et
accomplit nombre de Miracles et là les nobles de Kemenet-Heboe l'honorèrent. De là sa
réputation se répandit aussi loin qu'auprès de Gradlon Magnus, consul de Cornouailles qui lui
envoya son légat pour demander [au Saint] de venir auprès de lui et le même conseil lui donna
Anaurot, confluent [des rivières] Ellé et Isole et mille arpents de terre dans la circonscription
de cette vile et même les peuples de Baye.
16. A cette époque, lorsque régnait le Comte Guerech, une peste et une famine éclatèrent à
Broerec, la vermine mangeant les récoltes. De ce fait, le-dit Comte envoya ses messagers, à
savoir Guedgual, Catuoth et Cadur, auprès de Saint Gurthiern [pour lui demander] de devenir
en aide au royaume. L'Homme de Dieu vint prestement et bénit de l'eau, l'envoya à travers ce
royaume et causa la fuite d'une grande multitude de vermine. En apprenant cela, le Comte
Guerech lui donna les peuplades Veneaca sur la rivière Blavet qui s'appellera par la suite
Kervignac en raison de sa générosité. Ce Saint homme y demeurera jusqu'à sa Naissance
Céleste.
[Section IV]
17. Cette petite charte décrite plus haut [cartula prescripta] de la généalogie de Saint
Gurthiern, trouvée avec les Reliques révélées et démontrant son ancienneté, est conservée
dans l'enceinte (peribolo) de notre monastère de renom.
18. Voici les noms : les Reliques de Saint Gurthiern, une partie de la tête de Saint Gwenolé,
des Reliques de Paulenan et Symphorien et Tennennan et Guedian et Guenhael et Idunet et
d'autres Reliques.
SAINT MOINE ALEXANDRE L'ACÉMÈTE (+430) 23 février – 3 juillet
The Monk Alexander, First-Head of the "Unceasing Vigilance" Monastery, was born in Asia
and received his education at Constantinople. He spent some time in military service but,
sensing a call to other service, he left the world and accepted monastic tonsure in one of the
Syrian wilderness monasteries near Antioch, under the guidance of hegumen Elias. He spent
four years in strict obedience and monastic effort, after which he received from the hegumen
blessing to dwell in the wilderness. Going into the wilderness, the monk took with him
nothing from the monastery, except the Gospel. The monk then asceticised in the wilderness
for seven years. Afterwards, the Lord summoned him to preach to pagans. The Saint
converted to Christ the local city-ruler named Rabul, who afterwards was granted the dignity
of bishop and for 30 years occupying the bishop's cathedra-chair at the city of Edessa.
Together with Rabul all the local inhabitants accepted Baptism, and before receiving the
sacrament they burned their idols in the city-square. Having confirmed the newly-converted in
the faith, the Monk Alexander again went into the wilderness, where by chance he came upon
a cave of robbers. Fearless of the death that might threaten him, he preached the Gospel to
them and urged them to repent. And actually, all the robbers sincerely did repent, the accepted
holy Baptism, and their cave they transformed into a monastery, where they dwelt in prayer
and penitence. The Monk Alexander appointed an hegumen for them, gave them a monastic
rule, and he himself resettled still farther in the wilderness. For several years he lived in
complete solitude. But even there lovers of solitude began to throng to the monk. A monastery
emerged, numbering 400 monks. Desiring at this monastery to establish uninterrupted praise
to the Lord, the monk prayed for three years, that the Creator would reveal to him His will,
and having then received the revelation, he initiated at the monastery the following order: all
the monks were divided into 24 watches of prayer. Changing shifts each hour, day and night
they sang in two choirs the Psalms of David, interrupting this only for the times of making
Divine-services. The monastery received the name "Unceasing Vigilance," since ascetics
throughout the cycle of both day and night sang praise to God.
The Monk Alexander guided the monastery on the Euphrates for twelve years. Afterwards,
having left as its hegumen one of his disciples, the experienced elder Trophymos, he set out
with some chosen brethren through the cities bordering on Persia, preaching the Gospel
among the pagans. After this missionary journeying, the Monk Alexander lived with his
monks for a certain while at Antioch. There he built for the city-dwellers a church, and an
home for the sick and homeless, from the means which charitable Antiochians abundantly put
at his disposal. However, through the intrigues of the jealous, the Monk Alexander was
compelled to move away to Constantinople. Here he founded a new monastery, in which
likewise he initiated a monastic rule of "unceasing vigilance." The Monk Alexander and his
monks suffered at Constantinople under the Nestorian heretics, enduring beatings and
imprisonment. After this, when the storm of heretic unrest abated, the Monk Alexander spent
the last days of his life at the Constantinople monastery founded by him. He died in extreme
old age in about the year 430, after 50 years of incessant monastic effort. His commemoration
is also 23 February, which see.
SAINT NICODEME DU LAC KOZHE (+1640)
The Monk Nikodim of Kozheezersk, in the world Nikita, was born in the village of Ivan'kovo
near Rostov into a peasant family. While still in his youth, working with his father in the
fields, he heard the words: "Nikodim! Nikodim!" announcing his future monasticism.
After the death of his parents he learned the blacksmith craft in Yaroslavl' and then arrived in
Moscow. One time, going past Kulishka, Nikita stopped at the hut of the holy fool Ilia, who
upon seeing him cried out: "the Khuz'yugsk ascetic hath arrived." These words made a strong
impression upon Nikita, and he perceived them as a summoning to the monastic life. Having
given away everything he owned, he went to the archimandrite of the Chudov monastery,
Paphnutii, asking to be accepted into the number of the brethren.
In this monastery he accepted tonsure with the name Nikodim. For eleven years the monk was
an example to the brethren in humility, obedience, non-covetousness and brotherly love. In
1602 the hegumen of the monastery, Paphnutii, was made metropolitan of Sarsk, and he took
Nikodim with him. But the Saint was seeking for a solitary and ascetic life. A year afterwards,
with the blessing of the Vladyka, he set out to the north and at first entered the common-life
Kozheezersk monastery, in which he spent a year and an half.
His desire for quietude led him to the Rivulet Khuz'yuga, 5 versts distant from the
Kozheezersk monastery. There in a forest thicket he set up for himself a small cell and dwelt
in it without emerging for 35 years, in imitation of Paul the Thebian. In total quiet far off from
the world, the Saint made his strict rule of prayer for the world. He shared with the brethren of
the monastery the fruits of his labour, so also the fish, which he loved to catch on fishingtackle.
Wild deer walked without worry and fed around his hermitage. The Monk Nikodim
passed the night at prayer and only occasionally permitted himself to doze off now and then
whilst sitting up. By his austere efforts he attained to high spiritual abilities, – he acquired the
gift of tears and of uninterrupted prayer. God rewarded him with a graced perspicacity and the
power of healing the sick.
One time two radiant men appeared to Saint Nikodim: Sainted Alexei, Metropolitan of
Moscow, and the Monk Dionysii, Archimandrite of the Holy Trinity Sergiev Lavra, – in
angelic garb. They announced to the monk about the time of his going to the Lord, which
occurred in 40 days, on 3 July 1640. The relics of the Monk Nikodim rest beneathe a crypt in
the Bogoyavlenie-Theophany church of the Kozheezersk monastery. The life of the Saint was
recorded by his student, the priestmonk Iakov.
SAINT BASILE, ARCHEVÊQUE DE NOVGOROD (+1352)
Sainted Vasilii, Archbishop of Novgorod, by surname Kalika (meaning "destitute wanderer or
psalmodist"), was a priest at Novgorod and for his virtuous life was chosen to the Novgorod
cathedra-seat. Saint Vasilii was ordained archbishop of Novgorod by the holy Metropolitan
Theognist (+ 1353, Comm. 14 March) in Vladimir Volynsk in 1331. He headed the Novgorod
cathedra during a terrible time of princely quarrels and inner factions within the city itself.
Repeatedly he met with the Moscow Great-prince Ivan Kalita, inclining him towards peace
with Novgorod. In 1344, when at Novgorod there gathered simultaneously two councilcommittees,
hostile to each other, for throwing out the posadnik-mayor, the Saint made peace
between both sides. After two ruinous conflagrations occurred at Novgorod, Saint Vasilii
displayed archpastoral concern for the devastated city: from cathedral funds he helped restore
burnt-out buildings, he constructed a new bridge across the Vol'khov, and put monks at the
churches. At the Borisoglebsk temple in Novgorod was preserved an icon of the holy
nobleborn Princes Boris and Gleb, written by him. The self-sacrificing activity of Saint Vasilii
was commented upon by a contemporary – the chronicler, thus: "Grant him, O Lord, to live
many years upon this world and afterwards put him at Thine right side, – so much hath he
toiled for Thy Church."
The love of the Saint for the flock is quite clearly shown, when at the request of the Pskov
people he fearlessly went to their city during an epidemic of pestilential plague. Saint Vasilii
made Divine-services in three churches, then went about the city in church procession,
encouraging and comforting the fallen spirits of the inhabitants, but on the return journey to
Novgorod he himself sickened and died on 3 July 1352, having like a good pastor given his
soul for the sheep (Jn. 10: 11).
From his preserved works there is known his "Missive about Earthly Paradise," written in
1347 and directed to the Tver bishop Theodore the Good. With the name of holy Archbishop
Vasilii is connected the account about the white klobuk (head-piece), presented to the
Vladyka as a gift from the Patriarch of Constantinople. By tradition, this klobuk was entrusted
by the holy Equal-to-the-Apostles Constantine (+ 337, Comm. 21 May) to Saint Sylvester,
Pope of Rome (+ 335, account about him is under 2 January). The white klobuk of Saint
Vasilii was for the Russian Church a symbol of pre-eminent transfer of the spiritual centre of
Orthodoxy from Old Rome, – through New Rome, Tsar'grad (Constantinople), – to the Third
Rome, Moscow.
SAINTS MARTYRS MOCIUS & MARC (+4°.S.)
Les Saints Martyrs Mocius et Marc furent arrêtés parce que Chrétiens et traînés en procès par
le gouverneur Maximien. Ils refusèrent de sacrifier aux idoles. Ils souffrirent alors le martyre
en étant décapités.
SAINT BASILE, ÉVÊQUE DE RYAZAN (+1295)
12 avril -21 mai -10 juin (invention) – 3 juillet (repos)
Il commença son ministère épiscopal à Mourom, l'une des plus anciennes cités russes.
Comme il menait une vie au-delà de tout soupçon et édifiait le peuple par l'exemple de ses
vertus, le diable voulut donner l'impression que l'Evêque vivait dans l'impureté; il prit alors
l'aspect d'une jeune fille qui apparaissait à la fenêtre de sa chambre épiscopale. Le peuple et
les aristocrates de la cité, scandalisés par ce spectacle, accusèrent le Saint de mener une vie de
débauche et décidèrent de le punir sans passer par l'entremise du tribunal ecclésiastique. Un
jour où la foule rassemblée avait vu la jeune fille s'enfuir de la résidence du Prélat, la rumeur
grandit, on vociférait des accusations et certains menaçaient même de tuer le malheureux
Evêque qui protestait de son innocence. Il finit par obtenir un délai jusqu'au lendemain à trois
heures et la foule se dispersa.
Saint Basile célébra une Vigile de toute la nuit dans sa chapelle puis il se rendit à la cathédrale
de l'Annonciation et pria ardemment devant l'Icône de la Mère de Dieu amenée de Kiev par le
Prince Constantin, Illuminateur de Mourom. Puis, mettant toute son espérance dans la Toute
Sainte et prenant l'Icône dans ses bras, il se dirigea ver le fleuve Oka où le peuple et les
aristocrates attendaient, prêts à le chasser. Le Saint prit alors son mantyas,* l'étala sur l'eau et
monta dessus comme sur un radeau en tenant l'Icône entre ses mains. Il remonta ainsi le
fleuve rapidement à contre-courant. Voyant ce Miracle, les habitants de Mourom s'écrièrent
en larmes : "Ô Saint Evêque de Dieu, Basile, pardonne à tes serviteurs pécheurs!" Le Saint
arriva par ce moyen à Riazan où il fut accueilli en grande solennité par le peuple qui lui
demanda de rester. Depuis cette époque le siège épiscopal de Mourom a été transféré à Riazan
et l'Icône amenée par le Saint y est vénérée dans la cathédrale. Au bout de quelques années
passées paisiblement à Riazan, Saint Basile dut s'enfuir à Pereyaslavl à cause de l'invasion
tatare. C'est là qu'il reposa en paix, en 1295.
* La grande cape à traîne que revêtent les Evêques et les Higoumènes pour les processions ou quand ils siègent
sur le trône.
Le 10 juin 1609, on découvrit ses Reliques incorrompues. Saint Basile accorde en particulier
son assistance à ceux qui l'invoque avant de partir en voyage, sur terre ou sur mer.*
SAINT MOINE MARTYR GERASIME DE CARPENISION (+1812)
Saint Gérasime naquit en 1787 dans un village proche de Carpénision (département
d'Euritanie). À l'âge de onze ans, il partit avec son frère aîné pour Constantinople où il fut
confié comme apprenti à l'un de leurs compatriotes épicier. Un jour comme l'enfant avait
laissé tomber le plateau garni de yoghourts qu'il transportait, craignant le châtiment de son
patron, il fondit en larmes. Une aristocrate turque le recueillit chez elle et à force de cajoleries,
elle parvint à lui faire accepter la circoncision. Il resta cinq ans serviteur de cette famille puis
fut mis au service d'un autre notable qui l'emmena avec lui dans ses voyages.
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