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jeudi 30 janvier 2020
Saint Nicodème l'Athonite, Préface aux œuvres de saint Grégoire Palamas, Thabor n°1 (1984)
PRÉFACE AUX ŒUVRES DE SAINT GRÉGOIRE PALAMAS
Par saint Nicodème l’Athonite br> L’édition des œuvres de saint Grégoire Palamas, préparée par saint Nicodème de l’Athos, ne vit jamais le jour, parce que les Autrichiens, on ne sait pourquoi [en fait, ces écrits vraiment orthodoxes gênaient le papisme et le protestantisme], saccagèrent, en ce temps-là, les ateliers de l’imprimeur grec de Vienne. Les manuscrits furent détruits ou perdus, et seule la merveilleuse introduction, que nous publions pour la première fois en français, ci-après, a été sauvée. En la lisant, on comprend que seul un hésychaste [épris de la Prière sacrée perpétuelle] pouvait présenter l’œuvre d’un autre hésychaste…
Voici le texte de cette Introduction :
« Je déplore le temps où les œuvres merveilleuses et pleines de sagesse de Grégoire le Grand, l’illuminateur de Thessalonique, n’étaient pas encore éditées. Maudite soit la jalousie ! Ou plutôt maudit soit le père de la jalousie (le Diable), qui a laissé ces œuvres dans l’obscurité, à l’écart, et de justesse sauvées de la destruction ; œuvres dignes, œuvres plus que dignes, pour ne pas dire dignes du Ciel, de voir la lumière dans ce Monde. Aux malheurs qui ont frappé notre peuple, est venu s’ajouter, pour nos frères, cet autre malheur, imposé par l’ennemi du Bien. L’ÉTHIQUE qui purifie les passions, se lamente d’avoir été privée, par l’absence de ces œuvres, du discernement rigoureux et du cordeau des passions et des vertus. Se lamente aussi, la THÉOLOGIE de la nature qui éclaire l’âme et l’Écriture divine et inspirée, en quête de leurs raisons claires et vraies. Se lamente surtout la science THÉOLOGIQUE, qui mène à la perfection, et qui jusqu’ici quelque peu imprécise, cherchait son achèvement. Je dirai en un mot, que toute l’Église du Christ, tout le plérôme orthodoxe, tout le clergé sacré qui entre dans le Sanctuaire et approche Dieu, tout le peuple qui se tient hors du Sanctuaire, ont été privés d’une grande gloire, d’une grande force, d’une immense richesse, par l’absence de ces trésors spirituels. Et je serai audacieux en disant que sans les œuvres du divin Palamas, l’Église glorieuse aurait manqué de gloire, l’Église forte aurait manqué de force, l’Église qui dispense la richesse aurait été appauvrie. Mais que soit béni pour tous les siècles, l’Intellect, le Verbe, le Fils du Père, l’Auteur et le Dispensateur de tout bien, en particulier pour ces œuvres, où Lui-Même est le sujet. Lui qui par Sa volonté seule, change toute chose, a fait de notre siècle, un siècle bienheureux. Il a dissipé la haine, changé la tristesse en joie et donné à Son Église l’éclat, par l’édition de ces écrits. Il a tout disposé, selon Son économie, et fait en sorte, comme on va le voir, que les œuvres les plus pédagogiques d’autres théologiens, précédent afin de préparer les esprits à recevoir les œuvres sublimes de ce Père divin qui en sont la synopse, l’aboutissement et la confirmation. Ceci est une loi, un ordre sacré, même pour le monde angélique, que ce qui est imparfait, élémentaire, précède ce qui est parfait, à cause de la faiblesse des réceptionnaires. La Loi de Moyse et l’Évangile confirment cette règle. La première qui était imparfaite, fut donnée à des hommes imparfaits ; le second qui était la perfection, fut révélé après la Loi à ceux qui étaient parfaits. Les trompettes dont le son devenait de plus en plus fort sur le Sinaï, ont préfiguré tout cela (Exode 19, 19). En outre, Dieu qui est Juste, ne pouvait tolérer que des œuvres où Lui-Même était le sujet, écrites sur les tables du cœur, non avec de l’encre mais par l’Esprit, fussent abandonnées à l’oubli, inconnues, sans gloire ; que les chrétiens d’aujourd’hui et ceux de demain, fussent privés de ce grand bienfait, et que fût outragé Grégoire Son ami, qui avait tant peiné pour les écrire. Pour présenter quelque peu l’homme, comme d’après les griffes le lion, je dirai ceci : que nul autre comme Grégoire, n’a atteint la cime la plus élevée dans l’action et la contemplation. Retiré dans un lieu inaccessible de l’Athos sacré, loin du tumulte du Monde, cet homme trois fois heureux, s’éleva au-dessus de tout le sensible et, pour parler comme saint Maxime [le Confesseur], non seulement au-dessus des passions, mais encore au-dessus de leurs causes ; non seulement au-dessus de la nature, mais encore au-dessus des raisons de la nature et, en général, au-dessus des choses intellectives qu’on ne saurait imaginer, et au-dessus de leurs raisons. Et c’est alors qu’il reçut, dans son cœur, la Lumière Hypostatique de la Grâce Divine, qu’il découvrit en lui un autre ciel, un autre soleil et le silence spirituel, que l’Apôtre Justus appelle « silence sacré », où agit, ce qu’on appelle selon Grégoire le Sinaïte, l’éros merveilleux du cœur. Marchant ainsi dans la voie de la Lumière Divine, comme Paul, il est ravi, non seulement avec son esprit, mais aussi avec toutes les puissances de l’âme, avec aussi sa sensation (le souffle excepté), d’un rapt total et surnaturel, au cours duquel naît l’éros extatique, selon l’expression du même Grégoire du Sinaï. Puis, il gravit les montagnes éternelles, porté non par l’imagination de la pensée, mais par la force indicible de l’Esprit, ne sachant pas si c’est avec ou sans son corps. Et, ô merveille ! il devient épopte de choses qui sont au-delà du Monde, il entend des paroles ineffables, qu’on ne peut ni démontrer, ni exprimer, ni atteindre. Parvenu dans la ténèbre plus que lumineuse de la Source Divine, selon Denys, l’initiateur aux secrets divins, là où sont voilés les Mystères simples, absolus et inaltérables de la Théologie, il est fait digne de voir dans l’invisibilité, et de connaître dans l’incognoscibilité, Celui qui est au-delà de toute vision, de toute connaissance. Voilà ce qu’est en vérité, « voir et connaître ». Et pour parler d’une manière synoptique, il reste tout entier homme : âme et corps, selon la nature, et devient tout entier dieu : âme et corps, par la Grâce infinie de la déification, selon Maxime le Théophore, « uni à Dieu selon la Grâce, il connaît Celui qui le connaît, et il est connu par Celui qu’il connaît. » On peut citer ici, son homonyme et théologien : « II voit le dos de Dieu, mais ne peut nullement en contempler la Face ; comme Moyse, il devient son ami, et se tient spirituellement face à face. » (Exode 33, 11). Mais, puisque selon le proverbe, tout est commun entre amis, Dieu révèle ses Mystères à son ami, il lui révèle les raisons secrètes de la nature et ôte pour lui le voile qui recouvre certaines significations de la Sainte Écriture. Il ne lui donne pas seulement le charisme de la diorasis (don de voir les réalités spirituelles ou ce qui se passe à distance), de lire dans les êtres présents, ni le charisme du discernement des esprits et des choses, mais aussi le plus grand, celui de la pro-orasis, de voir à l’avance ce qui doit arriver beaucoup plus tard. Plus qu’à n’importe quel autre saint, Dieu lui donne, avec abondance, le don des miracles, qu’il fera pendant sa vie et après sa mort, au point que l’Église lui donnera le surnom de Thaumaturge. Et sa dépouille intacte et embaumante, est un miracle que l’on peut voir, aujourd’hui encore à Thessalonique. Dieu lui révèle les symboles du « DOS » divin, c’est à dire Sa puissance divine, ses énergies, sa sagesse, sa bonté, sa gloire, son immensité, en un mot, tout ce qui est autour de sa nature divine et qui peut être contemplé, et que tout esprit théologien se doit de rechercher, car seules ces choses sont accessibles. Quant à ce qu’on appelle symboliquement « FACE de DIEU », c’est à dire Son Essence, il est interdit à l’homme de chercher à l’examiner, parce qu’elle est absolument inabordable, inaccessible à tout esprit créé ; elle est inexprimable, totalement anonyme et inconnaissable, « au-delà même de toute suressentialité. » En plus de tous ces charismes, Dieu lui donne de théologuer avec sûreté et impeccabilité, don plus que désirable et au-dessus de tous les dons qui élève jusqu’à l’amour divin. La Mère de Dieu et Jean, le premier des théologiens, ont intercédé pour que ces charismes lui fussent donnés. C’est Jean, lors d’une apparition mystique qui a révélé cela à Grégoire en état de veille. Le même Jean, lors d’une autre apparition l’exhorta de rédiger, dans l’intérêt des chrétiens, « tout ce que l’Esprit avait murmuré aux oreilles de son cœur. » Ce qui fait la supériorité exceptionnelle des œuvres de mon théologien, et le place au-dessus des autres théologiens, c’est qu’il a commencé à écrire, non par désir personnel, sans la volonté divine, mais sur un ordre, sur une révélation de Dieu. Grégoire n’a pas seulement appris les choses divines, mais il les a aussi vécues, et, pour m’exprimer comme l’Aréopagite [Denys], uni à elles et à leur science, il s’est parfait. Il appartient désormais, non à la classe de ceux qui se purifient, mais à celle de ceux qui sont déjà purifiés de la purification plus que parfaite du cœur et de l’esprit, et jouit de révélations qui sont au-delà de la théologie transmise par la parole. Il avait appris de son homonyme théologien (saint Grégoire le Théologien), que la chose n’était pas aisée, et qu’il n’appartenait pas à n’importe qui de théologuer en toute vérité, mais aux purifiés d’âme et de corps, ou au pis aller, à ceux qui étaient en cours de purification. Appuyé sur ces données, il écrit les dogmes indicibles de la piété, et du haut de la chaire des presbytres et des évêques, il loue le Seigneur dans l’Église des Thessaloniciens, dans l’Église entière, devant le Sénat, honoré par la présence des Empereurs. En de nombreux conciles importants par le nombre des participants, ne le cédant en rien aux Œcuméniques, il expose les Mystères de Dieu, s’oppose avec courage aux innovations des « antithéïstes », des hérétiques, et par des preuves logiques et scripturaires, il les défait par la force de sa « main théophore » [porteuse de Dieu] et dresse le trophée. Il monte en première ligne et combat pour la Foi, il lutte pour l’orthodoxie des Pères théologiens et va, pour elle, jusqu’à être jeté en prison et s’apprête à mourir. Tous ceux qui l’entendaient et le voyaient, l’admiraient sans le connaître, sentant en lui un vrai théologien, nullement inférieur aux grands et illustres comme Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome, Athanase et Cyrille et les autres. Devenu Lumière, il voit dans la Lumière et demeure dans la Lumière (c’est dans la Lumière en effet, que sont manifestées toutes choses), et c’est dans la Lumière qu’il comprend, parle et écrit toutes ses œuvres que j’appelle « lumières théurgiques », œuvres qui conduisent les sages dans la Lumière où ils se transfigurent et se déifient, selon Maxime le Divin. Dans ses écrits, il traite de l’Éthique, de la Théologie de la nature, de l’Exégèse Scripturaire, de la Théologie Mystique, de la Purification… Dieu qui ne pouvait supporter – je l’ai déjà dit – de voir ces œuvres demeurer dans l’obscurité, les jugea dignes d’être portées au grand jour et, par l’édition, d’être connues de tous. Devenues ainsi plus que lumineuses, elles n’auront désormais besoin d’aucune autre lumière pour être manifestées. Et voici comment Dieu a agi. Par sa Grâce illuminative, qui attire et met tout en mouvement, il a éclairé l’esprit et a touché le cœur du saint et savant évêque d’Héliopole et Thyatire, le seigneur Léonce, originaire de Thessalonique. Cet homme de Dieu, ce fidèle économe de ses Mystères, a assumé les frais de l’édition, pour le grand bien des frères dont il était l’ami. Il était normal que le hiérarque honorât le hiérarque, et le théologien le théologien, en faisant connaître ses œuvres théologiques. Comme autrefois Esdras le Pontife qui restitua la Loi au peuple des Juifs (II Esdras 9, 40), lui aussi offrait maintenant ces écrits à toute l’Église, à toutes les âmes du temps présent et futur, comme des Lois divines écrites par Dieu, colonne portant l’Orthodoxie, trésors appartenant à tous. Venez donc, vous tous qui participez à la vocation céleste (Hébreux 3,1), à ce banquet spirituel, abondant et varié. Le restaurateur et préparateur c’est Grégoire le Grand, le Thaumaturge, ou plutôt le Paraclet qui a parlé par Grégoire. Celui qui invite, c’est l’évêque d’Héliopole, qui appelle tout le Monde, par les paroles du Cantique : « Mangez mon pain avec mon miel, buvez mon vin avec mon lait ; mes proches, mangez, mes frères, enivrez-vous ». (Cantique des Cantiques 5, 2). Vous donc, novices et commençants, buvez le lait pur et sans mélange de la doctrine éthique, et purifiez vos âmes et vos corps. Et vous qui progressez, régalez-vous, régalez-vous du miel du travail nêptique qui purifie l’intellect, travail qui apporte le deuil béni et la volupté spirituelle qui jaillit, ineffablement du cœur où le Seigneur Jésus fait connaître aux sens spirituels, combien Il est doux et Bon, selon le prophète. (Psaume 38, 8) Et vous, qui êtes au milieu, qui courez vers la perfection, initiés aux paroles profondes des Écritures Divines, mangez la nourriture solide, je veux dire le pain de la contemplation de la nature. Et vous aussi, les parfaits, buvez le vin qui vous plonge dans l’extase de la Théologie surnaturelle ou Vision de Dieu ; je pourrai dire avec plus de justesse, enivrez-vous de l’ivresse de la déification, devenez dans la Grâce, de parfaits extatiques, et vous monterez, non seulement au-dessus de toute signification, mais aussi vous serez hors de vous-mêmes, pour vous unir entiers à Dieu, dans l’union surnaturelle, appelée aussi « anacrase ». Toujours est-il, que tous, vous vous régalerez dans ce fastueux banquet de délices, jamais limité, jamais consommé ; banquet immortel et profitable à l’âme immortelle. Je cite ici l’Évangile: « Beaucoup de sages, de docteurs, de théologiens, ont désiré voir ce que nous voyons et jouir de ce que nous jouissons, et ils n’ont pas été exaucés ». (Matthieu 13, 17). En buvant le bon vin offert par ces écrits, n’accusez pas de négligence celui qui vous a conviés à ce symposium et ne lui faites pas les reproches de l’ordonnateur du repas : « tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent » (Jean 2, 10). Si telle est la règle des hommes, la règle de Dieu lui est contraire : Dieu offre d’abord le vin qui est moins bon et ensuite Il sert le « meilleur », « qui a été gardé jusqu’à présent », pour être offert aux fidèles, par l’évêque d’Héliopole, comme un présent exceptionnel, donné à lui par Dieu. Si à ce festin spirituel, je devais moi aussi offrir quelque chose d’agréable, je dirais aux bons convives, en peu de mots, le plaisir et la grâce qu’on trouve dans ces écrits, afin de les inciter à les lire. Quand je lis l’Éthique de Grégoire le Grand, je renonce à la chair et au Monde, je hais les passions et j’embrasse la vie des moines qui est cachée en Christ. Par la pratique des commandements, je me purifie, je veux vivre avec les vertus et m’élever vers ce qu’il y a de parfait, devenir Temple de Dieu, Demeure du Saint-Esprit. Quand je lis les Nêptiques ou purifications, je suis initié aux secrets mêmes de la purification sacrée et de la vertu désirable : j’apprends comment l’intellect retourne complètement dans l’homme intérieur, que son mouvement est circulaire et immobile, et qu’il est tout tendu vers le divin. J’entre dans l’enceinte de la véritable hésychie (silence) où je me découvre, ou plutôt je découvre Dieu en moi, et L’approche, par la prière brève du cœur et la contrition ardente qu’engendre la prière. J’apprends ce qu’est la pureté durable de l’intellect et du cœur; j’apprends aussi les lois du retour de l’intellect dans le cœur et les démonstrations théoriques tirées de l’Écriture, de la nature, de l’expérience, pour la justesse de cette occupation. Convaincu par ces éléments probants, je me moque des contradicteurs sans sagesse et non initiés, qu’ils soient anciens ou contemporains. Quand je me penche sur les écrits qui traitent de la Théologie de la nature, de l’Exégèse Biblique, je trouve certains d’entre eux, comparés à tout ce qui a été dit par les saints anciens, fort originaux, par leur élaboration herméneutique où la lettre acquiert une profondeur inattendue. Ce Père saint a brisé l’écorce des expressions extérieures et a révélé la beauté secrète des raisons de la nature corporelle et incorporelle, c’est à dire des desseins du Saint-Esprit. Et moi, en découvrant cette beauté, comme une perle précieuse cachée dans une huître, je suis envahi de joie, je deviens plus que contemplatif, je descends de profondeur en profondeur, je vais d’un abîme à un autre abîme. Dans ses Physika et dans ses Commentaires, je trouve des arguments sûrs et irréfutables, la moelle, la profondeur même de tout ce qui est examiné avec justesse et rigueur. Mais quand il s’agit des admirables œuvres Théologiques et Antithétiques de Grégoire le Grand, ma raison aime à les approcher, mais quant à les étudier, elle a le vertige, vu leur hauteur, leur profondeur, leur longueur et leur largeur, en vérité inexprimables. Devenu vraiment esprit théologien, à cause de la pureté de son cœur, non seulement en puissance, mais aussi en acte, il a rassemblé en une unité parfaite, tout ce que les autres Pères Théologiens avaient écrit sporadiquement, et a glané ce qu’il avait trouvé de plus théologique, et tout ce qui pouvait paraître, aux yeux de ses ennemis cacodoxes, d’une orthodoxie floue et répréhensible, « il l’expliquait avec une sagesse toute divine, dans l’esprit de la plus haute piété », et c’est ainsi qu’il a sauvé l’autorité des Pères. En outre, le divin Grégoire devait y ajouter tout ce que Dieu lui avait révélé surnaturellement, « lors de la passion bienheureuse, au cours de son rapt indicible, dans la ténèbre plus que lumineuse » après l’avoir élaboré et incorporé en une unité d’une réelle beauté théologique, formant un édifice parfait, qui provoque vraiment l’admiration de toute ouïe, de toute pensée. En me penchant sur ces œuvres, je deviens aussitôt un vrai théologien. Oh ! à combien de Mystères, en un clin d’oeil, je suis initié, à quels concepts spirituels je parviens ! Je saute par-dessus les choses humaines, je fends l’air qui entoure la Terre, je dépasse l’éther, je traverse le Ciel de feu et j’arrive presque au troisième Ciel. L’enthousiasme m’envahit, je monte au-dessus des puissances angéliques, je pénètre le Mystère de la Monade de l’Indivisible Trinité, le Mystère du Dieu Unique, Un et Trois. Un selon la Divinité c’est à dire l’Essence, Trois selon les Personnes. J’apprends, qu’arithmétiquement, UNE est l’Essence des Trois hypostases, qu’elle est simple, inconcevable, sans nom, absolument imparticipable par la créature. Des Trois Hypostases, j’apprends que seul le Père est Principe, cause [source ou principe], racine de la Divinité contemplée dans le Fils et le Saint-Esprit ; que le Fils n’est que Causé=Effet, engendré par le Père et nullement cause de l’Esprit ; que l’Esprit est également Causé=Effet, Seul procédant du Père Seul et non du Fils. Je rejette l’innovation qui supprime la Monarchie dans la Divinité et introduit, nécessairement, la dyarchie, le double principe, dans la Trinité. Je n’y apprends pas que des choses qui sont communes à tous les Pères Théologiens, car je suis aussi initié à la connaissance de la Théologie de Palamas le Grand, pour laquelle il s’est battu jusqu’à la fin de sa vie, par ses discussions et ses écrits. J’apprends également, et d’une manière concrète, que ce qui se trouve entre l’Essence imparticipable de Dieu et les hommes créés et à quoi ils participent, communiant ainsi à Dieu Lui-Même : ce sont les Énergies naturelles, les forces de Dieu, différentes entre elles et différentes de l’Essence. J’apprends aussi, que les Énergies sont incréées, que Dieu n’est pas composé, que sa Nature est UNE et ses Énergies multiples. Dieu, en son Essence, et comme Cause des Énergies incréées, est au-delà de toutes les Énergies et Forces éternellement contemplées. Il m’est enseigné que ce qui est vu et participé par les Saints, ne peut être participé ni vu par ceux qui ne sont pas saints. Là, j’apprends que ce qui est participable est incréé, mais qu’il n’est pas, bien qu’incréé, l’Essence même de l’Esprit ; et que pour n’être pas l’Essence de l’Esprit, il n’est pas, pour cela, séparé de Lui et lui reste inséparable. Et maintenant, conduit dans la Lumière, j’apprends que le Don gratuit, l’Énergie déifiante, participée par les Saints, est appelée Divinité, que ce Don déifiant enrichit le Nom surnaturel de l’Essence de Dieu, de laquelle il jaillit naturellement. Me voici maintenant illuminé par ce Don gratuit, qui n’est pas créé et qui n’a aucun rapport avec les phénomènes de la nature. Il est hors des limites de la nature et, cette Énergie, cette Grâce de l’Esprit est vue comme Lumière, par ceux qui en sont dignes. Cette Grâce est une Énergie commune de la Sainte Trinité, une selon le nombre : elle jaillit du Père, seule Cause, elle vient par le Fils, et elle est manifestée dans le Saint-Esprit. Quand le Divin est séparé selon les Personnes, il reste cependant indivisible en ses Énergies. Et quand selon ses Forces et ses Énergies le Divin se sépare, il reste indivisible en ses Hypostases [Personnes]. Et aussi, selon l’esprit vraiment sublime et théophore des Saints Pères, on appelle orthodoxement Oussie=Essence, chaque Énergie de Dieu. Grégoire le Divin, pas moins que ceux-ci christophore, pneumatophore et théophore, dit que l’on peut appeler essences, les Énergies de Dieu, non en les comparant à l’Essence Une et suressentielle, en laquelle elles prennent leur source, mais par rapport aux effets et aux créatures qu’elles substantifient ou essencifient. Car si les créatures sont aussi des essences, combien plus le sont les Énergies Incréées. De plus, j’apprends de ce seul Théologien précis, que les Personnes Théarchiques de la Très Royale Trinité, sont appelées, en Théologie, quant à leur mode d’existence, autohypostases, chose que nul autre Père Théologien n’avait dite jusqu’ici. En plus de tout ce qui précède, j’apprends encore que la Lumière qui a resplendi sur le Mont Thabor, n’est ni un simulacre ni une créature, ni quelque chose d’inférieur à l’intelligence humaine, ni non plus l’Essence de Dieu, deux maux diamétralement opposés et égaux dans l’impiété, mais que cette Lumière est incréée, qu’elle est une énergie naturelle de Dieu, qu’elle est Divinité, Royauté, Splendeur, et tous les autres noms qui lui sont donnés par les Pères Théophores. Je laisse de côté les autres visions théologiques, et les révélations sublimes et magnifiques, que seule une expérience profonde dans l’Esprit pouvait formuler, afin qu’elles ne fussent pas prises pour des produits de la nature humaine mais de la nature surnaturelle et céleste. Face à ces révélations, les hérétiques qui vont à leur perte, n’ont pu se tenir debout, pour voir et entendre, eux qui dans leur impiété, ont osé pénétrer dans les lieux sacrés. Ils ont été foudroyés, ils sont restés sans voix et sont retournés dans leurs antres obscurs d’où ils étaient sortis. Ils ont prouvé qu’ils n’étaient, selon le proverbe, que des singes devant un lion, des moustiques devant un éléphant. Ils n’ont pu résister à la science théologique, à la rigueur des démonstrations, et aux discours sacrés de Grégoire le Grand. Et ce n’est pas pour aujourd’hui seulement, et je le sais fort bien, mais pour toujours, qu’ils resteront cachés dans leurs cavernes, dans leurs antres, dans leurs tanières, pour se coucher, ces animaux de la forêt ; je parle des adeptes, des disciples, des fils spirituels de ces hérétiques, qui après le lever du Soleil spirituel de la Théologie, après l’édition de ses œuvres, ne pourront ni attaquer, ni persifler, ni crier, devant celui qui possède en abondance la Lumière. Le divin David a dit d’eux, d’une manière figurée : « Le Soleil se lève, ils se retirent et se couchent dans leurs tanières » (Psaumes 103, 23). Ces œuvres, je les comparerai très volontiers, à la Tente de Moyse, qui était une figure de la Terre, du Ciel et des choses supra-célestes. Son Éthique, ressemble au parvis de la Tente qui figurait la Terre. Ses œuvres Nêptiques, Physiques et Herméneutiques, ressemblent au Sanctuaire qui figurait le Ciel, et les Théologiques, ressemblent, selon David le Mystagogue, au Saint des Saints, figure des choses impénétrables qui sont au-dessus des Cieux. Si quelqu’un veut étudier la forme de son style, qu’il sache – à moins que je ne sois mauvais juge en la matière – que le verbe de cet homme ne manque pas de beauté. Instruit de toute la philosophie profane, exercé aux figures de la rhétorique, il ne manque ni du miel, ni de la grâce attiques. Ni la finesse du discours ni l’élégance du langage ne lui ont fait défaut. Partout son discours est symétrique dans ses périodes, mais davantage dans ses Commentaires, ses Panégyriques et ses Réfutations. Il fut par-dessus tout, créateur de clarté, d’un vocabulaire précis, de termes expressifs ; observateur scrupuleux de la syntaxe, il évite les figures excessives et elliptiques, les métaphores et les périodes interminables. Ainsi, son discours n’est jamais prosaïque et il obtient toujours un heureux mélange de clarté et d’élévation, de gravité, sans ellipses, sans excès, se mouvant dans un juste milieu. Et c’est ainsi qu’il arrive à rendre accessible, ce qui dans sa Théologie Trinitaire et dans son Économie Mystique du Verbe-Dieu, est élevé et difficile à examiner. « Mon rhéteur plus que doux qui m’exhorte à la mort » se distingue par sa grande facilité à retenir en sa mémoire les textes, ce qui contribue à la richesse et à la rigueur de ses discours. Dogmaticien, raisonneur, syllogiste, sentencieux, il se plaît en tout ce qui concerne la Purification et la Théologie. Le cube et le carré sont la base de ses écrits. Aussi est-il plus qu’efficace, et peut servir aux écrivains de modèle à imiter. Seul notre auteur, avec quelques autres, est merveilleusement doué pour exprimer sa pensée avec beauté. Il aurait pu changer son discours en massif de rosiers ou en lyre harmonieuse, ou en flûte douce, s’il n’avait renoncé depuis longtemps à tout cela pour l’ascèse et la prière, comme lui-même le dit. Tout ce que je viens de dire est confirmé par le saint et savant Patriarche Philothée, qui parlant des œuvres de Grégoire le divin, surtout des Nêptiques et des Théologiques, dit : « Ô tête sainte et divine, que peut-on dire de tes écrits sacrés. Ils doivent, en vérité, être appelés sacrés. Sacré est en effet, tout ce qui a trait aux choses saintes. Tes œuvres ne sont pas sacrées comme le sont les autres, mais par leur contenu et leur étendue, elles sont sacrées parmi les sacrées, à la manière du Saint des Saints du Temple et du Cantique des cantiques ». Soyons reconnaissants, écrit Théoclète le moine, envers ce Théologien de l’Orthodoxie, « Beauté des moines », « Docteur et affermissement de l’Église », « fleur embaumée de l’Athos sacré, le Paradis de Marie la Mère de Dieu ». Mais avant tout, soyons reconnaissants, envers le Seigneur, qui a donné à son Église, la Théologie Mystique, « écrite par Lui-Même, sur les tables du cœur de Grégoire le divin. » En effet, grâce à l’esprit de Palamas, que Dieu a éclairé, nous avons connu les trésors du Saint-Esprit, les dons divins déposés dans notre Église Orthodoxe, comme Grâce Incréée, comme Lumière Divine, comme Énergies substantifiées de Dieu, comme Communion directe avec le Soleil Suressentiel de Justice, par la participation à ses rayons. Nous devons comprendre, en profondeur, jusqu’à ses extrêmes conséquences, le froid, l’anti-palamite, l’anti-orthodoxe et inhumain Actus Purus, pour apprécier à sa juste valeur, le Message renouvelé à l’Église, à savoir, les Énergies Incréées, la Grâce déifiante, prophétiquement apportées, de la part de Dieu, par le grand parmi les Pères : Grégoire Palamas. Si l’Orthodoxie se sent baignée dans la Lumière Incréée, ce lien vrai et permanent avec Dieu, elle le doit aux Énergies Incréées qui sont participables, et que Grégoire le Théophore a révélées, avec tant de clarté, par la distinction fondamentale qu’il a faite, entre l’Essence de Dieu et ses Énergies Essentielles. De ceci on peut déduire l’abîme qui sépare l’Orthodoxie du catholicisme romain [papisme], lequel nie cette distinction en Dieu et digne de Dieu, et rejette de ce fait, toute relation réelle entre le Créateur et sa créature raisonnable. Combien cet Actus Purus a appauvri la vie, combien il a éloigné Dieu de l’homme [ou plutôt combien l’homme s’est éloigné de Dieu], combien il a plongé dans le désespoir les êtres raisonnables, qui ne sentent pas sur eux, l’Amour agissant du Père ; on peut le mesurer par l’incommunicabilité de Dieu avec sa créature, à laquelle elle est condamnée. « Le Dieu des latins et des Philosophes est si inaccessible, si imparticipable, que tout contact réel avec ses créatures est absolument impensable. Dieu est exclu, sans pouvoir agir dans le Monde, par ses Énergies naturelles ; se voit obligé d’utiliser « de très loin », des grâces non pas divines mais créées. Alors qu’il suffit à l’orthodoxe, de vouloir scintiller dans les rayons déifiants, que Dieu émet en permanence pour les âmes pures, pour se trouver dans la Lumière éblouissante et incréée, tout entier déifié âme et corps. Par contre, celui qui nie la Grâce déifiante demeure froid, sous la « Loi », non aimé et triste, sentant son Dieu absent de sa vie, condamné à vivre dans des limites naturelles, extraordinairement étriquées, en attendant que la Grâce lui soit octroyée. On pourrait tenter la comparaison suivante : le Dieu des fidèles orthodoxes ressemblerait au soleil éclatant, dont la lumière et les rayons reposeraient avec béatitude sur les fidèles, selon leur capacité réceptrice. Tandis que le Dieu des Latins et des Philosophes, ressemblerait au disque solaire, voilé de nuages, qui n’étant, selon eux, qu’Essence, se trouve hors de la création, création qui en conséquence… … se trouve sans lumière. Et ceci est une véritable tragédie qui faisait peur au divin Palamas. « Si tu ôtes, écrit-il, ce qui se trouve entre l’Essence imparticipable de Dieu et les fidèles, c’est à dire les Énergies incréées, Ô quel malheur ! tu nous a séparés de Dieu. Tu as chassé les Énergies incréées qui unissent Dieu et les fidèles, tu as créé un abîme grand et infranchissable entre Dieu, sa créature et sa Providence pour les hommes. » Voila la conséquence de l’absence de Dieu dans la vie des fidèles. Dans ce climat de deuil et d’orphelinat, dans ce climat glacial dû à l’absence de l’Amour Divin, dans la sensation que Dieu se trouve hors de la vie. L’Occident a eu besoin d’un certain « consolateur », pour combler le vide. La consécration du pape – de qui découle toute grâce – ne serait-elle pas la réponse aux questions ci-dessus ? L’Orthodoxie n’a jamais eu besoin d’un être humain comme intermédiaire, puisqu’elle est en relation permanente et ininterrompue avec Dieu, par ses rayons incréés, et nous, en tant « qu’enfants lumineux de l’Église », nous nous trouvons comblés de la « Grâce qui jaillit de Dieu », « brillants, scintillants, transfigurés. » Nous devenons des dieux par la Grâce et par la participation, selon le psalmiste sacré : « J’ai dit vous êtes des dieux, vous êtes fils du Très-Haut... » (Psaume 81, 6). Théoclète le Moine Saint Grégoire Palamas, Thessalonique, 1976.
Par saint Nicodème l’Athonite br> L’édition des œuvres de saint Grégoire Palamas, préparée par saint Nicodème de l’Athos, ne vit jamais le jour, parce que les Autrichiens, on ne sait pourquoi [en fait, ces écrits vraiment orthodoxes gênaient le papisme et le protestantisme], saccagèrent, en ce temps-là, les ateliers de l’imprimeur grec de Vienne. Les manuscrits furent détruits ou perdus, et seule la merveilleuse introduction, que nous publions pour la première fois en français, ci-après, a été sauvée. En la lisant, on comprend que seul un hésychaste [épris de la Prière sacrée perpétuelle] pouvait présenter l’œuvre d’un autre hésychaste…
Voici le texte de cette Introduction :
« Je déplore le temps où les œuvres merveilleuses et pleines de sagesse de Grégoire le Grand, l’illuminateur de Thessalonique, n’étaient pas encore éditées. Maudite soit la jalousie ! Ou plutôt maudit soit le père de la jalousie (le Diable), qui a laissé ces œuvres dans l’obscurité, à l’écart, et de justesse sauvées de la destruction ; œuvres dignes, œuvres plus que dignes, pour ne pas dire dignes du Ciel, de voir la lumière dans ce Monde. Aux malheurs qui ont frappé notre peuple, est venu s’ajouter, pour nos frères, cet autre malheur, imposé par l’ennemi du Bien. L’ÉTHIQUE qui purifie les passions, se lamente d’avoir été privée, par l’absence de ces œuvres, du discernement rigoureux et du cordeau des passions et des vertus. Se lamente aussi, la THÉOLOGIE de la nature qui éclaire l’âme et l’Écriture divine et inspirée, en quête de leurs raisons claires et vraies. Se lamente surtout la science THÉOLOGIQUE, qui mène à la perfection, et qui jusqu’ici quelque peu imprécise, cherchait son achèvement. Je dirai en un mot, que toute l’Église du Christ, tout le plérôme orthodoxe, tout le clergé sacré qui entre dans le Sanctuaire et approche Dieu, tout le peuple qui se tient hors du Sanctuaire, ont été privés d’une grande gloire, d’une grande force, d’une immense richesse, par l’absence de ces trésors spirituels. Et je serai audacieux en disant que sans les œuvres du divin Palamas, l’Église glorieuse aurait manqué de gloire, l’Église forte aurait manqué de force, l’Église qui dispense la richesse aurait été appauvrie. Mais que soit béni pour tous les siècles, l’Intellect, le Verbe, le Fils du Père, l’Auteur et le Dispensateur de tout bien, en particulier pour ces œuvres, où Lui-Même est le sujet. Lui qui par Sa volonté seule, change toute chose, a fait de notre siècle, un siècle bienheureux. Il a dissipé la haine, changé la tristesse en joie et donné à Son Église l’éclat, par l’édition de ces écrits. Il a tout disposé, selon Son économie, et fait en sorte, comme on va le voir, que les œuvres les plus pédagogiques d’autres théologiens, précédent afin de préparer les esprits à recevoir les œuvres sublimes de ce Père divin qui en sont la synopse, l’aboutissement et la confirmation. Ceci est une loi, un ordre sacré, même pour le monde angélique, que ce qui est imparfait, élémentaire, précède ce qui est parfait, à cause de la faiblesse des réceptionnaires. La Loi de Moyse et l’Évangile confirment cette règle. La première qui était imparfaite, fut donnée à des hommes imparfaits ; le second qui était la perfection, fut révélé après la Loi à ceux qui étaient parfaits. Les trompettes dont le son devenait de plus en plus fort sur le Sinaï, ont préfiguré tout cela (Exode 19, 19). En outre, Dieu qui est Juste, ne pouvait tolérer que des œuvres où Lui-Même était le sujet, écrites sur les tables du cœur, non avec de l’encre mais par l’Esprit, fussent abandonnées à l’oubli, inconnues, sans gloire ; que les chrétiens d’aujourd’hui et ceux de demain, fussent privés de ce grand bienfait, et que fût outragé Grégoire Son ami, qui avait tant peiné pour les écrire. Pour présenter quelque peu l’homme, comme d’après les griffes le lion, je dirai ceci : que nul autre comme Grégoire, n’a atteint la cime la plus élevée dans l’action et la contemplation. Retiré dans un lieu inaccessible de l’Athos sacré, loin du tumulte du Monde, cet homme trois fois heureux, s’éleva au-dessus de tout le sensible et, pour parler comme saint Maxime [le Confesseur], non seulement au-dessus des passions, mais encore au-dessus de leurs causes ; non seulement au-dessus de la nature, mais encore au-dessus des raisons de la nature et, en général, au-dessus des choses intellectives qu’on ne saurait imaginer, et au-dessus de leurs raisons. Et c’est alors qu’il reçut, dans son cœur, la Lumière Hypostatique de la Grâce Divine, qu’il découvrit en lui un autre ciel, un autre soleil et le silence spirituel, que l’Apôtre Justus appelle « silence sacré », où agit, ce qu’on appelle selon Grégoire le Sinaïte, l’éros merveilleux du cœur. Marchant ainsi dans la voie de la Lumière Divine, comme Paul, il est ravi, non seulement avec son esprit, mais aussi avec toutes les puissances de l’âme, avec aussi sa sensation (le souffle excepté), d’un rapt total et surnaturel, au cours duquel naît l’éros extatique, selon l’expression du même Grégoire du Sinaï. Puis, il gravit les montagnes éternelles, porté non par l’imagination de la pensée, mais par la force indicible de l’Esprit, ne sachant pas si c’est avec ou sans son corps. Et, ô merveille ! il devient épopte de choses qui sont au-delà du Monde, il entend des paroles ineffables, qu’on ne peut ni démontrer, ni exprimer, ni atteindre. Parvenu dans la ténèbre plus que lumineuse de la Source Divine, selon Denys, l’initiateur aux secrets divins, là où sont voilés les Mystères simples, absolus et inaltérables de la Théologie, il est fait digne de voir dans l’invisibilité, et de connaître dans l’incognoscibilité, Celui qui est au-delà de toute vision, de toute connaissance. Voilà ce qu’est en vérité, « voir et connaître ». Et pour parler d’une manière synoptique, il reste tout entier homme : âme et corps, selon la nature, et devient tout entier dieu : âme et corps, par la Grâce infinie de la déification, selon Maxime le Théophore, « uni à Dieu selon la Grâce, il connaît Celui qui le connaît, et il est connu par Celui qu’il connaît. » On peut citer ici, son homonyme et théologien : « II voit le dos de Dieu, mais ne peut nullement en contempler la Face ; comme Moyse, il devient son ami, et se tient spirituellement face à face. » (Exode 33, 11). Mais, puisque selon le proverbe, tout est commun entre amis, Dieu révèle ses Mystères à son ami, il lui révèle les raisons secrètes de la nature et ôte pour lui le voile qui recouvre certaines significations de la Sainte Écriture. Il ne lui donne pas seulement le charisme de la diorasis (don de voir les réalités spirituelles ou ce qui se passe à distance), de lire dans les êtres présents, ni le charisme du discernement des esprits et des choses, mais aussi le plus grand, celui de la pro-orasis, de voir à l’avance ce qui doit arriver beaucoup plus tard. Plus qu’à n’importe quel autre saint, Dieu lui donne, avec abondance, le don des miracles, qu’il fera pendant sa vie et après sa mort, au point que l’Église lui donnera le surnom de Thaumaturge. Et sa dépouille intacte et embaumante, est un miracle que l’on peut voir, aujourd’hui encore à Thessalonique. Dieu lui révèle les symboles du « DOS » divin, c’est à dire Sa puissance divine, ses énergies, sa sagesse, sa bonté, sa gloire, son immensité, en un mot, tout ce qui est autour de sa nature divine et qui peut être contemplé, et que tout esprit théologien se doit de rechercher, car seules ces choses sont accessibles. Quant à ce qu’on appelle symboliquement « FACE de DIEU », c’est à dire Son Essence, il est interdit à l’homme de chercher à l’examiner, parce qu’elle est absolument inabordable, inaccessible à tout esprit créé ; elle est inexprimable, totalement anonyme et inconnaissable, « au-delà même de toute suressentialité. » En plus de tous ces charismes, Dieu lui donne de théologuer avec sûreté et impeccabilité, don plus que désirable et au-dessus de tous les dons qui élève jusqu’à l’amour divin. La Mère de Dieu et Jean, le premier des théologiens, ont intercédé pour que ces charismes lui fussent donnés. C’est Jean, lors d’une apparition mystique qui a révélé cela à Grégoire en état de veille. Le même Jean, lors d’une autre apparition l’exhorta de rédiger, dans l’intérêt des chrétiens, « tout ce que l’Esprit avait murmuré aux oreilles de son cœur. » Ce qui fait la supériorité exceptionnelle des œuvres de mon théologien, et le place au-dessus des autres théologiens, c’est qu’il a commencé à écrire, non par désir personnel, sans la volonté divine, mais sur un ordre, sur une révélation de Dieu. Grégoire n’a pas seulement appris les choses divines, mais il les a aussi vécues, et, pour m’exprimer comme l’Aréopagite [Denys], uni à elles et à leur science, il s’est parfait. Il appartient désormais, non à la classe de ceux qui se purifient, mais à celle de ceux qui sont déjà purifiés de la purification plus que parfaite du cœur et de l’esprit, et jouit de révélations qui sont au-delà de la théologie transmise par la parole. Il avait appris de son homonyme théologien (saint Grégoire le Théologien), que la chose n’était pas aisée, et qu’il n’appartenait pas à n’importe qui de théologuer en toute vérité, mais aux purifiés d’âme et de corps, ou au pis aller, à ceux qui étaient en cours de purification. Appuyé sur ces données, il écrit les dogmes indicibles de la piété, et du haut de la chaire des presbytres et des évêques, il loue le Seigneur dans l’Église des Thessaloniciens, dans l’Église entière, devant le Sénat, honoré par la présence des Empereurs. En de nombreux conciles importants par le nombre des participants, ne le cédant en rien aux Œcuméniques, il expose les Mystères de Dieu, s’oppose avec courage aux innovations des « antithéïstes », des hérétiques, et par des preuves logiques et scripturaires, il les défait par la force de sa « main théophore » [porteuse de Dieu] et dresse le trophée. Il monte en première ligne et combat pour la Foi, il lutte pour l’orthodoxie des Pères théologiens et va, pour elle, jusqu’à être jeté en prison et s’apprête à mourir. Tous ceux qui l’entendaient et le voyaient, l’admiraient sans le connaître, sentant en lui un vrai théologien, nullement inférieur aux grands et illustres comme Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome, Athanase et Cyrille et les autres. Devenu Lumière, il voit dans la Lumière et demeure dans la Lumière (c’est dans la Lumière en effet, que sont manifestées toutes choses), et c’est dans la Lumière qu’il comprend, parle et écrit toutes ses œuvres que j’appelle « lumières théurgiques », œuvres qui conduisent les sages dans la Lumière où ils se transfigurent et se déifient, selon Maxime le Divin. Dans ses écrits, il traite de l’Éthique, de la Théologie de la nature, de l’Exégèse Scripturaire, de la Théologie Mystique, de la Purification… Dieu qui ne pouvait supporter – je l’ai déjà dit – de voir ces œuvres demeurer dans l’obscurité, les jugea dignes d’être portées au grand jour et, par l’édition, d’être connues de tous. Devenues ainsi plus que lumineuses, elles n’auront désormais besoin d’aucune autre lumière pour être manifestées. Et voici comment Dieu a agi. Par sa Grâce illuminative, qui attire et met tout en mouvement, il a éclairé l’esprit et a touché le cœur du saint et savant évêque d’Héliopole et Thyatire, le seigneur Léonce, originaire de Thessalonique. Cet homme de Dieu, ce fidèle économe de ses Mystères, a assumé les frais de l’édition, pour le grand bien des frères dont il était l’ami. Il était normal que le hiérarque honorât le hiérarque, et le théologien le théologien, en faisant connaître ses œuvres théologiques. Comme autrefois Esdras le Pontife qui restitua la Loi au peuple des Juifs (II Esdras 9, 40), lui aussi offrait maintenant ces écrits à toute l’Église, à toutes les âmes du temps présent et futur, comme des Lois divines écrites par Dieu, colonne portant l’Orthodoxie, trésors appartenant à tous. Venez donc, vous tous qui participez à la vocation céleste (Hébreux 3,1), à ce banquet spirituel, abondant et varié. Le restaurateur et préparateur c’est Grégoire le Grand, le Thaumaturge, ou plutôt le Paraclet qui a parlé par Grégoire. Celui qui invite, c’est l’évêque d’Héliopole, qui appelle tout le Monde, par les paroles du Cantique : « Mangez mon pain avec mon miel, buvez mon vin avec mon lait ; mes proches, mangez, mes frères, enivrez-vous ». (Cantique des Cantiques 5, 2). Vous donc, novices et commençants, buvez le lait pur et sans mélange de la doctrine éthique, et purifiez vos âmes et vos corps. Et vous qui progressez, régalez-vous, régalez-vous du miel du travail nêptique qui purifie l’intellect, travail qui apporte le deuil béni et la volupté spirituelle qui jaillit, ineffablement du cœur où le Seigneur Jésus fait connaître aux sens spirituels, combien Il est doux et Bon, selon le prophète. (Psaume 38, 8) Et vous, qui êtes au milieu, qui courez vers la perfection, initiés aux paroles profondes des Écritures Divines, mangez la nourriture solide, je veux dire le pain de la contemplation de la nature. Et vous aussi, les parfaits, buvez le vin qui vous plonge dans l’extase de la Théologie surnaturelle ou Vision de Dieu ; je pourrai dire avec plus de justesse, enivrez-vous de l’ivresse de la déification, devenez dans la Grâce, de parfaits extatiques, et vous monterez, non seulement au-dessus de toute signification, mais aussi vous serez hors de vous-mêmes, pour vous unir entiers à Dieu, dans l’union surnaturelle, appelée aussi « anacrase ». Toujours est-il, que tous, vous vous régalerez dans ce fastueux banquet de délices, jamais limité, jamais consommé ; banquet immortel et profitable à l’âme immortelle. Je cite ici l’Évangile: « Beaucoup de sages, de docteurs, de théologiens, ont désiré voir ce que nous voyons et jouir de ce que nous jouissons, et ils n’ont pas été exaucés ». (Matthieu 13, 17). En buvant le bon vin offert par ces écrits, n’accusez pas de négligence celui qui vous a conviés à ce symposium et ne lui faites pas les reproches de l’ordonnateur du repas : « tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent » (Jean 2, 10). Si telle est la règle des hommes, la règle de Dieu lui est contraire : Dieu offre d’abord le vin qui est moins bon et ensuite Il sert le « meilleur », « qui a été gardé jusqu’à présent », pour être offert aux fidèles, par l’évêque d’Héliopole, comme un présent exceptionnel, donné à lui par Dieu. Si à ce festin spirituel, je devais moi aussi offrir quelque chose d’agréable, je dirais aux bons convives, en peu de mots, le plaisir et la grâce qu’on trouve dans ces écrits, afin de les inciter à les lire. Quand je lis l’Éthique de Grégoire le Grand, je renonce à la chair et au Monde, je hais les passions et j’embrasse la vie des moines qui est cachée en Christ. Par la pratique des commandements, je me purifie, je veux vivre avec les vertus et m’élever vers ce qu’il y a de parfait, devenir Temple de Dieu, Demeure du Saint-Esprit. Quand je lis les Nêptiques ou purifications, je suis initié aux secrets mêmes de la purification sacrée et de la vertu désirable : j’apprends comment l’intellect retourne complètement dans l’homme intérieur, que son mouvement est circulaire et immobile, et qu’il est tout tendu vers le divin. J’entre dans l’enceinte de la véritable hésychie (silence) où je me découvre, ou plutôt je découvre Dieu en moi, et L’approche, par la prière brève du cœur et la contrition ardente qu’engendre la prière. J’apprends ce qu’est la pureté durable de l’intellect et du cœur; j’apprends aussi les lois du retour de l’intellect dans le cœur et les démonstrations théoriques tirées de l’Écriture, de la nature, de l’expérience, pour la justesse de cette occupation. Convaincu par ces éléments probants, je me moque des contradicteurs sans sagesse et non initiés, qu’ils soient anciens ou contemporains. Quand je me penche sur les écrits qui traitent de la Théologie de la nature, de l’Exégèse Biblique, je trouve certains d’entre eux, comparés à tout ce qui a été dit par les saints anciens, fort originaux, par leur élaboration herméneutique où la lettre acquiert une profondeur inattendue. Ce Père saint a brisé l’écorce des expressions extérieures et a révélé la beauté secrète des raisons de la nature corporelle et incorporelle, c’est à dire des desseins du Saint-Esprit. Et moi, en découvrant cette beauté, comme une perle précieuse cachée dans une huître, je suis envahi de joie, je deviens plus que contemplatif, je descends de profondeur en profondeur, je vais d’un abîme à un autre abîme. Dans ses Physika et dans ses Commentaires, je trouve des arguments sûrs et irréfutables, la moelle, la profondeur même de tout ce qui est examiné avec justesse et rigueur. Mais quand il s’agit des admirables œuvres Théologiques et Antithétiques de Grégoire le Grand, ma raison aime à les approcher, mais quant à les étudier, elle a le vertige, vu leur hauteur, leur profondeur, leur longueur et leur largeur, en vérité inexprimables. Devenu vraiment esprit théologien, à cause de la pureté de son cœur, non seulement en puissance, mais aussi en acte, il a rassemblé en une unité parfaite, tout ce que les autres Pères Théologiens avaient écrit sporadiquement, et a glané ce qu’il avait trouvé de plus théologique, et tout ce qui pouvait paraître, aux yeux de ses ennemis cacodoxes, d’une orthodoxie floue et répréhensible, « il l’expliquait avec une sagesse toute divine, dans l’esprit de la plus haute piété », et c’est ainsi qu’il a sauvé l’autorité des Pères. En outre, le divin Grégoire devait y ajouter tout ce que Dieu lui avait révélé surnaturellement, « lors de la passion bienheureuse, au cours de son rapt indicible, dans la ténèbre plus que lumineuse » après l’avoir élaboré et incorporé en une unité d’une réelle beauté théologique, formant un édifice parfait, qui provoque vraiment l’admiration de toute ouïe, de toute pensée. En me penchant sur ces œuvres, je deviens aussitôt un vrai théologien. Oh ! à combien de Mystères, en un clin d’oeil, je suis initié, à quels concepts spirituels je parviens ! Je saute par-dessus les choses humaines, je fends l’air qui entoure la Terre, je dépasse l’éther, je traverse le Ciel de feu et j’arrive presque au troisième Ciel. L’enthousiasme m’envahit, je monte au-dessus des puissances angéliques, je pénètre le Mystère de la Monade de l’Indivisible Trinité, le Mystère du Dieu Unique, Un et Trois. Un selon la Divinité c’est à dire l’Essence, Trois selon les Personnes. J’apprends, qu’arithmétiquement, UNE est l’Essence des Trois hypostases, qu’elle est simple, inconcevable, sans nom, absolument imparticipable par la créature. Des Trois Hypostases, j’apprends que seul le Père est Principe, cause [source ou principe], racine de la Divinité contemplée dans le Fils et le Saint-Esprit ; que le Fils n’est que Causé=Effet, engendré par le Père et nullement cause de l’Esprit ; que l’Esprit est également Causé=Effet, Seul procédant du Père Seul et non du Fils. Je rejette l’innovation qui supprime la Monarchie dans la Divinité et introduit, nécessairement, la dyarchie, le double principe, dans la Trinité. Je n’y apprends pas que des choses qui sont communes à tous les Pères Théologiens, car je suis aussi initié à la connaissance de la Théologie de Palamas le Grand, pour laquelle il s’est battu jusqu’à la fin de sa vie, par ses discussions et ses écrits. J’apprends également, et d’une manière concrète, que ce qui se trouve entre l’Essence imparticipable de Dieu et les hommes créés et à quoi ils participent, communiant ainsi à Dieu Lui-Même : ce sont les Énergies naturelles, les forces de Dieu, différentes entre elles et différentes de l’Essence. J’apprends aussi, que les Énergies sont incréées, que Dieu n’est pas composé, que sa Nature est UNE et ses Énergies multiples. Dieu, en son Essence, et comme Cause des Énergies incréées, est au-delà de toutes les Énergies et Forces éternellement contemplées. Il m’est enseigné que ce qui est vu et participé par les Saints, ne peut être participé ni vu par ceux qui ne sont pas saints. Là, j’apprends que ce qui est participable est incréé, mais qu’il n’est pas, bien qu’incréé, l’Essence même de l’Esprit ; et que pour n’être pas l’Essence de l’Esprit, il n’est pas, pour cela, séparé de Lui et lui reste inséparable. Et maintenant, conduit dans la Lumière, j’apprends que le Don gratuit, l’Énergie déifiante, participée par les Saints, est appelée Divinité, que ce Don déifiant enrichit le Nom surnaturel de l’Essence de Dieu, de laquelle il jaillit naturellement. Me voici maintenant illuminé par ce Don gratuit, qui n’est pas créé et qui n’a aucun rapport avec les phénomènes de la nature. Il est hors des limites de la nature et, cette Énergie, cette Grâce de l’Esprit est vue comme Lumière, par ceux qui en sont dignes. Cette Grâce est une Énergie commune de la Sainte Trinité, une selon le nombre : elle jaillit du Père, seule Cause, elle vient par le Fils, et elle est manifestée dans le Saint-Esprit. Quand le Divin est séparé selon les Personnes, il reste cependant indivisible en ses Énergies. Et quand selon ses Forces et ses Énergies le Divin se sépare, il reste indivisible en ses Hypostases [Personnes]. Et aussi, selon l’esprit vraiment sublime et théophore des Saints Pères, on appelle orthodoxement Oussie=Essence, chaque Énergie de Dieu. Grégoire le Divin, pas moins que ceux-ci christophore, pneumatophore et théophore, dit que l’on peut appeler essences, les Énergies de Dieu, non en les comparant à l’Essence Une et suressentielle, en laquelle elles prennent leur source, mais par rapport aux effets et aux créatures qu’elles substantifient ou essencifient. Car si les créatures sont aussi des essences, combien plus le sont les Énergies Incréées. De plus, j’apprends de ce seul Théologien précis, que les Personnes Théarchiques de la Très Royale Trinité, sont appelées, en Théologie, quant à leur mode d’existence, autohypostases, chose que nul autre Père Théologien n’avait dite jusqu’ici. En plus de tout ce qui précède, j’apprends encore que la Lumière qui a resplendi sur le Mont Thabor, n’est ni un simulacre ni une créature, ni quelque chose d’inférieur à l’intelligence humaine, ni non plus l’Essence de Dieu, deux maux diamétralement opposés et égaux dans l’impiété, mais que cette Lumière est incréée, qu’elle est une énergie naturelle de Dieu, qu’elle est Divinité, Royauté, Splendeur, et tous les autres noms qui lui sont donnés par les Pères Théophores. Je laisse de côté les autres visions théologiques, et les révélations sublimes et magnifiques, que seule une expérience profonde dans l’Esprit pouvait formuler, afin qu’elles ne fussent pas prises pour des produits de la nature humaine mais de la nature surnaturelle et céleste. Face à ces révélations, les hérétiques qui vont à leur perte, n’ont pu se tenir debout, pour voir et entendre, eux qui dans leur impiété, ont osé pénétrer dans les lieux sacrés. Ils ont été foudroyés, ils sont restés sans voix et sont retournés dans leurs antres obscurs d’où ils étaient sortis. Ils ont prouvé qu’ils n’étaient, selon le proverbe, que des singes devant un lion, des moustiques devant un éléphant. Ils n’ont pu résister à la science théologique, à la rigueur des démonstrations, et aux discours sacrés de Grégoire le Grand. Et ce n’est pas pour aujourd’hui seulement, et je le sais fort bien, mais pour toujours, qu’ils resteront cachés dans leurs cavernes, dans leurs antres, dans leurs tanières, pour se coucher, ces animaux de la forêt ; je parle des adeptes, des disciples, des fils spirituels de ces hérétiques, qui après le lever du Soleil spirituel de la Théologie, après l’édition de ses œuvres, ne pourront ni attaquer, ni persifler, ni crier, devant celui qui possède en abondance la Lumière. Le divin David a dit d’eux, d’une manière figurée : « Le Soleil se lève, ils se retirent et se couchent dans leurs tanières » (Psaumes 103, 23). Ces œuvres, je les comparerai très volontiers, à la Tente de Moyse, qui était une figure de la Terre, du Ciel et des choses supra-célestes. Son Éthique, ressemble au parvis de la Tente qui figurait la Terre. Ses œuvres Nêptiques, Physiques et Herméneutiques, ressemblent au Sanctuaire qui figurait le Ciel, et les Théologiques, ressemblent, selon David le Mystagogue, au Saint des Saints, figure des choses impénétrables qui sont au-dessus des Cieux. Si quelqu’un veut étudier la forme de son style, qu’il sache – à moins que je ne sois mauvais juge en la matière – que le verbe de cet homme ne manque pas de beauté. Instruit de toute la philosophie profane, exercé aux figures de la rhétorique, il ne manque ni du miel, ni de la grâce attiques. Ni la finesse du discours ni l’élégance du langage ne lui ont fait défaut. Partout son discours est symétrique dans ses périodes, mais davantage dans ses Commentaires, ses Panégyriques et ses Réfutations. Il fut par-dessus tout, créateur de clarté, d’un vocabulaire précis, de termes expressifs ; observateur scrupuleux de la syntaxe, il évite les figures excessives et elliptiques, les métaphores et les périodes interminables. Ainsi, son discours n’est jamais prosaïque et il obtient toujours un heureux mélange de clarté et d’élévation, de gravité, sans ellipses, sans excès, se mouvant dans un juste milieu. Et c’est ainsi qu’il arrive à rendre accessible, ce qui dans sa Théologie Trinitaire et dans son Économie Mystique du Verbe-Dieu, est élevé et difficile à examiner. « Mon rhéteur plus que doux qui m’exhorte à la mort » se distingue par sa grande facilité à retenir en sa mémoire les textes, ce qui contribue à la richesse et à la rigueur de ses discours. Dogmaticien, raisonneur, syllogiste, sentencieux, il se plaît en tout ce qui concerne la Purification et la Théologie. Le cube et le carré sont la base de ses écrits. Aussi est-il plus qu’efficace, et peut servir aux écrivains de modèle à imiter. Seul notre auteur, avec quelques autres, est merveilleusement doué pour exprimer sa pensée avec beauté. Il aurait pu changer son discours en massif de rosiers ou en lyre harmonieuse, ou en flûte douce, s’il n’avait renoncé depuis longtemps à tout cela pour l’ascèse et la prière, comme lui-même le dit. Tout ce que je viens de dire est confirmé par le saint et savant Patriarche Philothée, qui parlant des œuvres de Grégoire le divin, surtout des Nêptiques et des Théologiques, dit : « Ô tête sainte et divine, que peut-on dire de tes écrits sacrés. Ils doivent, en vérité, être appelés sacrés. Sacré est en effet, tout ce qui a trait aux choses saintes. Tes œuvres ne sont pas sacrées comme le sont les autres, mais par leur contenu et leur étendue, elles sont sacrées parmi les sacrées, à la manière du Saint des Saints du Temple et du Cantique des cantiques ». Soyons reconnaissants, écrit Théoclète le moine, envers ce Théologien de l’Orthodoxie, « Beauté des moines », « Docteur et affermissement de l’Église », « fleur embaumée de l’Athos sacré, le Paradis de Marie la Mère de Dieu ». Mais avant tout, soyons reconnaissants, envers le Seigneur, qui a donné à son Église, la Théologie Mystique, « écrite par Lui-Même, sur les tables du cœur de Grégoire le divin. » En effet, grâce à l’esprit de Palamas, que Dieu a éclairé, nous avons connu les trésors du Saint-Esprit, les dons divins déposés dans notre Église Orthodoxe, comme Grâce Incréée, comme Lumière Divine, comme Énergies substantifiées de Dieu, comme Communion directe avec le Soleil Suressentiel de Justice, par la participation à ses rayons. Nous devons comprendre, en profondeur, jusqu’à ses extrêmes conséquences, le froid, l’anti-palamite, l’anti-orthodoxe et inhumain Actus Purus, pour apprécier à sa juste valeur, le Message renouvelé à l’Église, à savoir, les Énergies Incréées, la Grâce déifiante, prophétiquement apportées, de la part de Dieu, par le grand parmi les Pères : Grégoire Palamas. Si l’Orthodoxie se sent baignée dans la Lumière Incréée, ce lien vrai et permanent avec Dieu, elle le doit aux Énergies Incréées qui sont participables, et que Grégoire le Théophore a révélées, avec tant de clarté, par la distinction fondamentale qu’il a faite, entre l’Essence de Dieu et ses Énergies Essentielles. De ceci on peut déduire l’abîme qui sépare l’Orthodoxie du catholicisme romain [papisme], lequel nie cette distinction en Dieu et digne de Dieu, et rejette de ce fait, toute relation réelle entre le Créateur et sa créature raisonnable. Combien cet Actus Purus a appauvri la vie, combien il a éloigné Dieu de l’homme [ou plutôt combien l’homme s’est éloigné de Dieu], combien il a plongé dans le désespoir les êtres raisonnables, qui ne sentent pas sur eux, l’Amour agissant du Père ; on peut le mesurer par l’incommunicabilité de Dieu avec sa créature, à laquelle elle est condamnée. « Le Dieu des latins et des Philosophes est si inaccessible, si imparticipable, que tout contact réel avec ses créatures est absolument impensable. Dieu est exclu, sans pouvoir agir dans le Monde, par ses Énergies naturelles ; se voit obligé d’utiliser « de très loin », des grâces non pas divines mais créées. Alors qu’il suffit à l’orthodoxe, de vouloir scintiller dans les rayons déifiants, que Dieu émet en permanence pour les âmes pures, pour se trouver dans la Lumière éblouissante et incréée, tout entier déifié âme et corps. Par contre, celui qui nie la Grâce déifiante demeure froid, sous la « Loi », non aimé et triste, sentant son Dieu absent de sa vie, condamné à vivre dans des limites naturelles, extraordinairement étriquées, en attendant que la Grâce lui soit octroyée. On pourrait tenter la comparaison suivante : le Dieu des fidèles orthodoxes ressemblerait au soleil éclatant, dont la lumière et les rayons reposeraient avec béatitude sur les fidèles, selon leur capacité réceptrice. Tandis que le Dieu des Latins et des Philosophes, ressemblerait au disque solaire, voilé de nuages, qui n’étant, selon eux, qu’Essence, se trouve hors de la création, création qui en conséquence… … se trouve sans lumière. Et ceci est une véritable tragédie qui faisait peur au divin Palamas. « Si tu ôtes, écrit-il, ce qui se trouve entre l’Essence imparticipable de Dieu et les fidèles, c’est à dire les Énergies incréées, Ô quel malheur ! tu nous a séparés de Dieu. Tu as chassé les Énergies incréées qui unissent Dieu et les fidèles, tu as créé un abîme grand et infranchissable entre Dieu, sa créature et sa Providence pour les hommes. » Voila la conséquence de l’absence de Dieu dans la vie des fidèles. Dans ce climat de deuil et d’orphelinat, dans ce climat glacial dû à l’absence de l’Amour Divin, dans la sensation que Dieu se trouve hors de la vie. L’Occident a eu besoin d’un certain « consolateur », pour combler le vide. La consécration du pape – de qui découle toute grâce – ne serait-elle pas la réponse aux questions ci-dessus ? L’Orthodoxie n’a jamais eu besoin d’un être humain comme intermédiaire, puisqu’elle est en relation permanente et ininterrompue avec Dieu, par ses rayons incréés, et nous, en tant « qu’enfants lumineux de l’Église », nous nous trouvons comblés de la « Grâce qui jaillit de Dieu », « brillants, scintillants, transfigurés. » Nous devenons des dieux par la Grâce et par la participation, selon le psalmiste sacré : « J’ai dit vous êtes des dieux, vous êtes fils du Très-Haut... » (Psaume 81, 6). Théoclète le Moine Saint Grégoire Palamas, Thessalonique, 1976.
dimanche 28 mars 2010
Synodicon de l'Orthodoxie
SYNODICON DE L'ORTHODOXIE
Action de grâces anniversaire
offerte à Dieu pour Son grand bienfait,
en ce jour où l'Eglise nous fut rendue,
avec l’exposé des dogmes pieux et véridiques de notre foi,
et la condamnation des inventions maudites de l'impiété.
PREFACE
Marchant dans la suite des paroles des Prophètes, dans la voie des exhortations apostoliques et dans les pas du récit évangélique, voici que nous célébrons la fête du Renouveau1. En effet, la voix d'Isaïe, demandant que «les îles fêtent leur renouveau devant Dieu», s'adresse en symbole aux Eglises des nations ; et par «églises», il faut entendre non seulement les édifices et les splendeurs qui y scintillent, mais encore la multitude des fidèles qui les remplissent, ainsi que tous les hymnes et louanges du culte divin.
L'Apôtre, à son tour, lance la même exhortation : il commande de «marcher dans la nouveauté de la vie» et, s'adressant à tous ceux qui sont, «en Christ, devenus une nouvelle création», il les presse d'inaugurer leur renouveau.
Les paroles du Seigneur, enfin, d’une manière non moins prophétique, déclarent ceci : «Il y eut la fête du Renouveau du Temple à Jérusalem ; et c'était l'hiver» : entendons soit l'hiver sensible, celui qui afflige nos sens quand le temps se met à la glace, soit l'hiver spirituel, la saison des tourmentes et des ouragans de fureur sanguinaire que le peuple juif s'apprêtait à déchaîner contre le Sauveur de tous les hommes.
L'hiver ! Nous avons nous aussi connu l'hiver, -et quel hiver ! celui qui verse l'horreur des plus grands maux ; mais le beau printemps de la grâce a fleuri pour nous, ce printemps divin qui nous rassemble aujourd'hui pour offrir à Dieu l'action de grâces et de reconnaissance pour la moisson promise ; si bien que nous crions, en empruntant la voix du psalmiste : «Eté et printemps, Tu les as formés ; qu'il Te souvienne de Ta créature !»
Oui, les ennemis du Seigneur, les insolents qui L'outrageaient, qui flétrissaient la sainte adoration que nous Lui rendons par les icônes, les blasphémateurs pleins d'orgueil, exaltés dans leurs sacrilèges, le Dieu des merveilles les a fracassés ; Il a précipité au sol la morgue de l'apostasie, Il n'a pas méprisé la voix de ceux qui crient vers Lui : «Souviens-Toi, Seigneur, de l'opprobre de Tes serviteurs, que je porte en mon sein, de l'offense de tous ces peuples, de l'outrage, Seigneur, de l'outrage que tes ennemis ont infligé à la contrepart2 de ton Christ». Nous voyons dans cette contrepart du Christ, ceux qui ont été rachetés par sa mort et qui ont cru en Lui, grâce à la prédication de la Parole et aux représentations des icônes. Car c'est par la parole et les icônes que la grande oeuvre de l'Economie du Salut se fait connaître et se manifeste à ceux que le Seigneur a délivrés par Sa Croix, Sa Passion et Ses miracles d'avant et d'après la Croix ; c'est de la parole et des icônes encore, comme d'une source, que vient l'imitation des souffrances du Seigneur : elle se transmet d'abord aux Apôtres, passe de ceux-ci aux Martyrs, et descend par ces derniers jusqu'aux Confesseurs et aux Ascètes.
Notre Dieu, donc, s'est souvenu de cet outrage que les ennemis du Seigneur avaient infligé à la part de son Christ, et Il a frémi dans Ses entrailles ; Il s'est laissé fléchir par les prières de Sa Mère et les supplications des Apôtres et de tous les saints, qui ont subi avec Lui la même offense et ont été vilipendés en même temps que les icônes ; et cela s'est produit, semble-t-il, afin que, ayant souffert avec Lui dans leur chair, ils partagent aussi avec Lui les insultes des iconoclastes. Notre Dieu a donc entendu leur supplique et Il a exécuté l'arrêt qu'Il avait déjà pris : l’exploit de jadis, voici qu'Il l'accomplit de nos jours pour la seconde fois3. Une première fois, en effet, après de longues années de déshonneur et d'infamie pour les saintes icônes, Notre Seigneur avait permis le retour et le rétablissement de la piété véritable ; aujourd'hui, pour la seconde fois, après bientôt trente ans de persécutions, Il nous a accordé, indignes que nous sommes, de fuir nos oppresseurs, d'échapper à nos tourmenteurs, de prêcher la foi véritable, d'adorer sans crainte les icônes, enfin de célébrer la fête qui nous comble de tous les fruits du Salut.
En effet, les icônes nous font voir les souffrances que le Maître accepta pour nous, Sa Croix, Sa Sépulture, Hadès mis à mort et l'Enfer dépouillé ; nous y voyons les luttes et les couronnes des martyrs, le Salut même, enfin, opéré au milieu de la terre par Celui qui, le premier, nous appela au combat, qui, le premier, en fixa le prix et la récompense, et qui enfin, victorieux, reçut le premier la couronne du triomphe.
Telle est la solennité universelle que nous célébrons aujourd'hui ; en elle nous nous réjouissons et sommes ravis d'allégresse, nous exultons en prières et nous répandons en processions, nous chantons des hymnes et des psaumes :
Quel Dieu est grand comme notre Dieu ?
Tu es Notre Dieu, Toi seul fais des prodiges !
Tu t’es moqué de ceux qui outrageaient Ta gloire ;
les contempteurs de Ton icône tremblent et fuient devant Toi !
(Trois fois)
SYNODICON DES ICONES
Exposition du dogme des icônes
Telle est l'action de grâce que nous offrons à Dieu, tel est le trophée que le Maître a élevé sur ses adversaires ; pour les luttes et les combats contre les iconomaques, nous les exposerons et les raconterons plus en détail ailleurs. A présent, comme en un lieu de repos après la traversée du désert, nous voici entrés en possession de la Jérusalem spirituelle : imitant donc Moïse, ou plutôt, suivant le commandement divin, nous estimons juste et conforme à notre devoir de graver dans les coeurs de nos frères, comme une stèle de pierres majestueuses prêtes à recevoir l'écriture, les bénédictions dues à ceux qui observent la Loi et les malédictions qu'attirent sur eux-mêmes ceux qui la transgressent. C'est pourquoi nous lançons solennellement ces acclamations :
A ceux qui reconnaissent la venue de Dieu le Verbe dans la chair et qui la confessent en parole, de bouche, de coeur et d'esprit, par les icônes et le dessin -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui savent que pour l’unique et la même hypostase du Christ, il existe une diversité dans les essences ; qui attribuent donc à Son hypostase à la fois le créé et l'incréé, le visible et l'invisible, le passible et l'impassible, le descriptible et l'indescriptible ; qui rapportent l'incréé et les attributs de même sorte à l'essence divine et affirment les autres de la nature humaine, notamment le fait d'être descriptible ; qui confessent, enfin, tout cela par la parole et par l'iconographie -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui croient et qui prêchent, c'est-à-dire annoncent l'Evangile, en écrivant les mots et en peignant les choses ; et qui confessent que ces deux moyens, la prédication par le langage et la confirmation de la Vérité par les images, concourent à une seule et même utilité -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui sanctifient leurs lèvres par la parole évangélique, puis les auditeurs en qui elle pénètre, et qui savent et enseignent que les yeux sont sanctifiés de la même manière grâce aux icônes sacrées qui élèvent notre esprit à la connaissance de Dieu, tout comme le font les églises de Dieu, les vases saints et les autres trésors sacrés -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui savent que la Verge et les Tables, l'Arche, le Chandelier, l'Autel et l'Encensoir, dépeignaient à l'avance en figure la Toute Sainte, Marie Mère de Dieu ; qui confessent que ces choses la préfigurèrent en effet, mais qu'elle ne fut pas ces choses, mais bien une jeune vierge (Kore), et qui demeure vierge (Parthénos) après avoir mis Dieu au monde ; ceux donc qui connaissent cela et qui, pour cette raison, décident de représenter la Mère de Dieu telle qu'elle fut, dans une icône, et s'abstiennent de la figurer par les ombres de la Loi4 -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui acceptent et reconnaissent les visions des Prophètes, telles que le Divin même les a formées et figurées ; qui croient tout ce que le choeur des Prophètes a vu et annoncé ; qui maintiennent la tradition, écrite et non écrite, transmise par les Apôtres et reçue par les Pères, et qui, pour cette raison, représentent et vénèrent sur des icônes les choses et les êtres saints -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui comprennent le vrai sens des paroles de Moïse : «Prenez garde à vous, parce que le jour où le Seigneur Dieu a parlé dans l'Horeb, sur la montagne, vous avez entendu la voix des paroles, mais vous n'avez point vu d'image» ; à ceux qui savent répondre en orthodoxe et dire : «Si nous avons vu quelque chose, nous l'avons vu en vérité», comme le Fils du Tonnerre nous l'enseigne : «Ce qui était au commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie», voilà ce dont nous rendons témoignage. Et comme les autres disciples du Verbe l'ont aussi proclamé : «Nous avons mangé et bu avec Lui», non seulement avant la Passion, mais aussi après la Passion et la Résurrection. Ceux donc qui, par la force reçue de Dieu, sont capables de distinguer entre le précepte de la Loi et l'enseignement de la grâce ; qui savent que l'invisible de la première se rend, sous la seconde, visible et palpable ; à ceux qui, par conséquent, représentent et adorent dans des icônes Celui qui a été vu et touché -mémoire éternelle ! (Ter)
Ainsi que les Prophètes ont vu, que les Apôtres ont prêché, que l'Eglise a reçu, que les Docteurs ont dogmatisé et que l'univers a cru ; ainsi que la grâce a resplendi, que la vérité a été démontrée et l'erreur dissipée ; ainsi que la Sagesse a déclaré, et que le Christ a triomphé : ainsi nous pensons, ainsi nous parlons, ainsi nous proclamons, vénérant sans cesse le Christ Notre Dieu Véridique avec tous Ses saints, en paroles, en écrits, en pensées, par des sacrifices, des temples et des icônes ; nous adorons et vénérons le Christ comme Notre Seigneur et Notre Dieu ; nous révérons Ses saints à cause de Lui, le Maître de tous, et comme Ses serviteurs authentiques ; et nous les honorons d'une adoration relative :
telle est la foi des Apôtres, telle, la foi des Pères,
telle la foi des Orthodoxes,
telle enfin la foi qui a affermi l'univers.
Acclamations des orthodoxes
Remplis d'affection fraternelle et de piété filiale pour les hérauts de la foi, nous les honorons de ces acclamations, à la gloire et à la louange de la piété pour laquelle ils ont combattu :
A Germain, Taraise, Nicéphore et Méthode, évêques authentiques et hiérarques de Dieu, champions et docteurs de l'orthodoxie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Ignace, Photios, Stéphane, Antoine et Nicolas, les patriarches très saints et orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous les écrits ou paroles publiés contre les saints Patriarches Germain, Taraise, Nicéphore et Méthode ; Ignace, Photios, Stéphane, Antoine et Nicolas -anathème ! (Ter)
A tous les actes et innovations qui ont été ou seront à l'avenir perpétrés contre la tradition de l'Eglise et contre l'exemple ou l'enseignement de nos Pères saints et vénérables -anathème ! (Ter)
A Stéphane le Jeune, Saint Martyr et Confesseur -mémoire éternelle ! (Ter)
A Euthyme, Théophile et Emilien, glorieux Archevêques et Confesseurs -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théophylacte, Pierre, Michel et Joseph, les bienheureux Métropolites -mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean, Nicolas et Georges, les trois fois heureux Archevêques et Confesseurs et à tous les évêques du même sentiment qu’eux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théodore le très saint higoumène du Stoudion -mémoire éternelle ! (Ter)
A Isaac le Thaumaturge, Michel le Syncelle, Théophane et Théodore les Marqués, les bienheureux Confesseurs, ainsi qu’à Joannice le grand Prophète -mémoire éternelle ! (Ter)
A Mélétios et Hilarion, les très saints archimandrites et higoumènes du monastère de Dalmatos -mémoire éternelle ! (Ter)
A Syméon le très saint Stylite, colonne de l’Orthodoxie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Euthyme5, le très saint higoumène du monastère de Didyme -mémoire éternelle ! (Ter)
A Etienne le Jeune, notre père très saint -mémoire éternelle ! (Ter)
A Germain, le tout saint Patriarche Oecuménique -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théophylacte, le bienheureux métropolite -mémoire éternelle ! (Ter)
A Nikon le Métanoïté et à Joannice, les très saints thaumaturges -mémoire éternelle ! (Ter)
A saint Jean Damascène, prêtre et poète, qui par ses paroles et ses écrits, dans des luttes sans nombre, s'est montré l'adversaire inébranlable des hérésies et des ennemis des sacro-saintes icônes -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théophane, le très saint higoumène du monastère du Grand Champ-mémoire éternelle ! (Ter)
Condamnation des iconoclastes
Comme ces bénédictions adressées aux Pères descendent aussi sur nous, leurs enfants, qui brûlons d'imiter leur piété, de même les malédictions retombent sur les parricides et sur les contempteurs des commandements du Seigneur. C'est pourquoi, d'une voix unanime, nous, le corps plénier des fidèles, leur jetons ici la malédiction qu'ils ont eux-mêmes appelée sur leur tête.
A ceux qui acceptent en théorie l'Economie et l'Incarnation de Dieu le Verbe, mais ne supportent pas de la voir représenter sur les icônes ; qui tout en paraissant confesser notre salut, le renient donc en réalité ; à ces dénégateurs -anathème ! (Une fois)
A ceux qui s'attachent de façon erronée au terme d'indescriptible et refusent pour cette raison de représenter le Christ Notre Dieu Véridique, qui a en commun avec nous, de façon presque identique, la chair et le sang ; à ceux donc qui montrent par ce refus qu'ils sont des Phantasiastes -anathème ! (Une fois)
A ceux qui admettent, à contre-coeur, les visions des Prophètes, mais rejettent -ô l’étrange chose !- la représentation des images que les Prophètes ont contemplées avant même l'Incarnation du Verbe ; qui tantôt prétendent sottement que c'est l'essence même de Dieu que les Voyants ont vue, elle qui est invisible et insaisissable ; et tantôt consentent à dire que les Prophètes ont eu la révélation d'une image de la Vérité, de ses types et de ses figures, mais refusent catégoriquement de représenter le Verbe devenu homme et les Souffrances qu'il a acceptées pour nous ; à ces contempteurs -anathème ! (Une fois)
A ceux qui entendent le Seigneur dire : «Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez en moi» et ce qui suit, et qui connaissent cette parole de l'Ecriture : «Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre nos frères un Prophète comme moi» dite par Moïse à ceux qui ont des oreilles pour entendre ; et qui, ensuite de cela, affirment bien avoir reçu ce Prophète, mais ne proposent pas dans des images la grâce de ce Prophète et le Salut du monde ; qui ne représentent pas ce Prophète tel qu'Il a été vu, qu'Il s'est mêlé aux hommes, qu’Il a guéri des souffrances et des maladies incurables, a été crucifié, a été enseveli et est ressuscité, tel enfin qu'Il a tout accompli et supporté à cause de nous ; à ceux donc qui ne souffrent pas de voir sur les icônes ces hauts faits du salut de l'univers, qui ne les vénèrent ni ne se prosternent devant elles -anathème ! (Ter)
A ceux qui persistent dans l'hérésie iconomaque, ou pour mieux dire dans le reniement de la foi et dans l'hostilité au Christ ; qui ne veulent ni se laisser ramener par la Loi de Moïse sur la voie du salut, ni regagner, sous la houlette des enseignements apostoliques, le chemin de la piété, ni prêter l'oreille aux exhortations et aux explications des Pères pour revenir de leur erreur, qui, enfin, n'ont pas souci du consentement unanime des Eglises de Dieu partout répandues ; mais qui se rangent une fois pour toutes sous la bannière des juifs et des païens -car les blasphèmes que ces derniers profèrent contre le Prototype, les iconomaques ne rougissent pas de les lancer, à travers l'icône, contre Celui que l'icône représente. A ceux donc qui s'avèrent irrémédiablement possédés de cette erreur et qui ferment l'oreille à toute parole divine comme à tout enseignement inspiré ; à ces membres déjà pourris qui se détachent d'eux-mêmes du corps de l’Eglise -anathème6 ! (Ter)
HERESIES SUR L’ECONOMIE DE L’INCARNATION
Condamnation des idées d’Eustrate
Aux propositions contraires aux dogmes orthodoxes de l’Eglise et contenues dans les deux traités contre les Arméniens composés par Eustrate, l’ex‑métropolite de Nicée, et qui ont déjà été vouées à l’exécration ‑anathème !
A ceux qui introduisent des nouveautés de leur cru à propos de l’ineffable économie de l’Incarnation de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, et qui disent ou pensent que l’humanité du Christ adore en esclave Sa Divinité inaccessible et que cette condition servile lui appartient pour l’éternité, comme une propriété essentielle et inamissible7 ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui partagent l’hérésie des Jacobites et qui font fi des excommunications et autres châtiments divins et canoniques, selon l’humeur des Jacobites ‑anathème8 !
A ceux qui n’usent pas en toute piété de la distinction de raison9, pour montrer seulement l’hétérogénéité des deux natures qui se rencontrent ineffablement dans le Christ, unies en Lui sans confusion ni séparation ; mais qui abusent de cette distinction et vont jusqu’à affirmer que la chair que le Seigneur a prise10 diffère de la Divinité non pas seulement en nature, mais encore en dignité ; que cette chair adore donc Dieu, s’acquitte envers Lui du culte dû par un esclave à son Créateur, bref, Lui rend l’hommage qu’elle Lui doit à titre de créature, exactement comme le font les ministres de la liturgie céleste, les esprits angéliques qui servent et adorent Dieu en esclaves ; à ces théoriciens qui enseignent de surcroît que la qualité de Grand Prêtre Souverain appartient en propre à cette Livrée Assumée et non à Dieu le Verbe devenu homme ; à tous ceux qui osent par toutes ces propositions, diviser selon l’hypostase le Christ qui est un, notre Dieu et Seigneur ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui disent que la livrée assumée est esclave et à toutes les thèses en général que le champion de ces idées nouvelles a répandues ‑anathème11 !
A ceux qui disent ou pensent que l’humanité du Christ adore en esclave Sa Divinité inaccessible ou qu’elle est à jamais serve, cette qualité lui étant essentielle et inamissible ; ou qu’elle diffère de la Divinité en dignité ou Lui rend un culte et se fait la servante de Ses opérations ; ou qu’elle progresse et se parfait en vertu ; ou qu’étant imparfaite, elle aspire à la perfection conférée par Dieu ; ou encore qu’elle se purifie par des mérites qui l’améliorent, qu’elle fait conversion vers la Divinité et dépend d’Elle ; à ces hérétiques ‑anathème !
A ceux qui prétendent que le Grand Prêtre n’est pas purement et simplement le Christ ; mais spécifiquement la nature qu’Il a assumée ‑anathème !
Si quelqu’un n’emploie pas la distinction de raison avec une grande circonspection, pour montrer seulement la différence des natures qui concourent dans le Christ ; si on abuse de cette distinction et qu’on affirme que dans la même hypostase du Christ, il y a une chose qui est toujours maître et une autre toujours esclave ; que cette servilité est incluse dans l’essence de l’humanité du Christ et par conséquent inamissible ; et que la livrée assumée offre à Dieu l’adoration qui Lui revient, acquittant la dette de la créature envers Son Créateur, exactement comme les esprits de la liturgie céleste servent Dieu et Lui rendent un culte à titre d’esclaves ; aux tenants de ces idées ‑anathème !
Le Sacrifice du Christ
Aux inventions forgées et répandues par Michel, ancien docteur, ancien Prôtekdikos et Maïstor des rhéteurs et par Nicéphore Basilaque, docteur chargé d’expliquer les Epîtres, tous deux diacres de la sainte et grande Eglise de Dieu qui est à Constantinople ; à ces idées qui eurent aussi les suffrages d’Eustathe, le métropolite de Dyrrachium et que Sotérique, diacre de la même Eglise, défendit par écrit ‑cet homme fut un moment candidat au patriarcat de la ville de Dieu, la grande Antioche, et reçut le surnom de Panteugène ; ensemble, les autres thèses inventées et publiées par ce Sotérique ; à toutes ces propositions, donc, que leurs auteurs ont, du reste, rejetées et anathématisées par la suite et que le saint concile réuni sur ordre du grand roi orthodoxe, né dans la pourpre, l’Empereur de Rome, Manuel Comnène, a solennellement condamnées et exécrées ‑anathème !12
A ceux qui parlent mal du sacrifice que Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ a offert pour notre salut en souffrant Sa Passion rédemptrice de l’univers lorsqu’Il devint à cause de nous souverain sacrificateur selon Son humanité et immola Son corps et Son sang très précieux ; à ceux donc qui déclarent que ce sacrifice où Il fut à la fois Dieu, Sacrificateur et Victime, comme le dit saint Grégoire, le sublime Théologien, le Christ l’a bien offert à Dieu le Père, mais ne l’a point reçu avec Lui, en tant que Dieu, Lui, le Fils unique et le Saint Esprit13 ; étant donné que ces gens bannissent par cette théorie et Dieu le Verbe Lui‑même et l’Esprit Consolateur qui est consubstantiel et conglorifié avec Lui, de la vénération une et de l’honneur qui appartient à Dieu ; à ces impies -anathème ! (Ter)
A ceux qui disent que le sacrifice liturgique n’est pas offert à la Sainte Trinité toutes les fois que les prêtres, qui ont reçu du Christ le pouvoir de consacrer les divins mystères, célèbrent ce saint sacrifice ; par ce refus de reconnaître la vérité, ces gens contredisent les très sacrés et divins Pères, Basile et Chrysostome, avec qui s’accordent tous les autres pères théophores dans leurs paroles et leurs écrits ; à ces sacrilèges ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui interprètent la formule : «Faites ceci en mémoire de moi», que le Sauveur nous a prescrite pour consacrer les divins mystères, en prenant le terme de «mémoire» dans un sens non‑orthodoxe : car ils osent dire que le sacrifice offert dans chaque liturgie selon les commandements de notre Sauveur le Roi de l’Univers par les prêtres qui font la consécration des divins mystères, que ce sacrifice, donc, renouvelle à la manière d’une image et d’un pur simulacre le sacrifice que Notre Sauveur offrit sur Sa précieuse croix, sacrifice de Son propre corps et sang, pour la délivrance et la réconciliation universelle de la nature humaine. Selon leur théorie, donc, le sacrifice offert dans les liturgies n’est pas absolument identique au premier, accompli par le Sauveur, mais le reproduit à la manière d’une image ou d’un simulacre. Ces disputeurs exténuent ainsi le mystère de la divine et redoutable liturgie, où nous recevons les arrhes de la vie à venir. Ils sont d’autant plus coupables que notre divin Père Jean Chrysostome, ce trésor de sagesse à la bouche d’or, a expliqué clairement et distinctement l’unicité absolue du sacrifice et a rappelé à mainte reprise qu’il s’agit, ici et là, du même sacrifice, dans plusieurs de ses commentaires aux Epîtres du grand Paul. A ces obstinés -anathème ! (Ter)
Aux penseurs qui imaginent des étapes temporelles dans la rencontre qui a uni la nature humaine avec la nature divine et bienheureuse de la Toute Pure Trinité Principe de Vie ; ces gens décrètent que nous avons été réconciliés dans un premier temps avec le Verbe et Fils unique par la seule Incarnation ; et, dans un second temps seulement, avec Dieu le Père, lors de la Passion salvatrice du Christ Notre Maître. A ces diviseurs de l’indivisible, qui contredisent les Pères divins et bienheureux qui enseignent que par le mystère de l’Economie toute entière le Fils Unique nous a réconciliés à Lui et, par Lui et en Lui, à Dieu le Père, en même temps et de la même façon qu’au Tout Saint et Vivifiant Esprit ; à ces inventeurs de questions nouvelles et insolites ‑anathème ! (Ter)
Anathème aux hétérodoxes
A Constantin, Anastase et Nikitas, qui furent, sous les Isauriens, les instigateurs des hérésies ; à ces prêtres indignes et guides de perdition -anathème ! (Ter)
A ceux qui semblent être des nôtres par la foi, mais sont en réalité eux aussi des hétérodoxes à cause de la corruption de leur foi et de la scission qu’ils introduisent dans la Divinité, si bien que le Théologien les appelle des semi-ariens -anathème14 !
A Constantin Copronyme l’Isaurien -anathème !
A Théodote, Antoine et Jean, qui se sont contaminés l’un l’autre et se sont succédés dans l’impiété -anathème ! (Ter)
A Constantin de Nakolie, Constantin de Nicomédie et Constantin d’Ephèse, métropolites dissidents et hérésiarques, ‑ anathème ! La Trinité les a détrônés15.
A Paul, redevenu Saul par sa chute, à Théodore surnommé Gastès, à Stéphane Molite, à Théodore Crithinos, à Laloudios Léon et à quiconque partage leur hérésie, de quelque état, dignité ou cléricature qu’il soit, s’il persévère dans le sacrilège -anathème ! (Ter)
A Géronte, dont le point de départ fut Lampé et qui vomit en Crète le venin de son hérésie infecte et se proclama lui-même Oint et Messie, ruinant pour son malheur l’Economie salvatrice du Christ ; à cet homme, à ses dogmes et à ses écrits tordus, ainsi qu’à ses sectateurs -anathème ! (Ter)
Les Onze Chapitres de Jean Italos
A ceux qui tentent d'introduire, de quelque manière que ce soit, un nouvel examen et un enseignement nouveau sur l'indicible économie de l'Incarnation de Notre Dieu et Sauveur ; aux penseurs qui cherchent à savoir selon quel mode Dieu le Verbe Lui-Même s'est uni à la pâte humaine et dans quelle proportion Il a déifié la chair qu'Il avait assumée, bref, qui essayent, à grand renfort de raisonnements dialectiques, de disputer sur les mots de «nature» et d'«adoption» à propos de la nouveauté16 surnaturelle que sont les deux natures du Dieu-Homme ; à ces scrutateurs -anathème ! (Ter)
A ceux qui se prétendent orthodoxes, mais reprennent les dogmes sacrilèges des païens sur les âmes humaines, le ciel, la terre et les autres créatures, pour les introduire sans vergogne, ou plutôt en parfaits hérétiques qu'ils sont, dans l'Eglise orthodoxe et catholique -anathème ! (Ter)
A ceux qui donnent leur préférence à la prétendue sagesse des philosophes de ce monde, alors que cette sagesse est folie ; qui se mettent à l'école de ces professeurs et admettent la métempsychose des âmes humaines ou croient qu'elles périssent exactement comme celles des bêtes et retournent au néant ; ce qui conduit à rejeter la Résurrection, le Jugement et la Rétribution finale des actes de cette vie -anathème ! (Ter)
A ceux qui croient que la matière ou les Idées sont sans commencement17 ou co-éternelles au Dieu et Créateur de toutes choses ; qui dogmatisent que le ciel, la terre et le reste des créatures sont éternels et sans commencement et demeurent à jamais immuables ; qui posent ainsi une loi contraire à Celui qui a dit : «Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point» ; à ceux donc qui s'en tiennent à ces propos vides de sens et à ces idées terrestres et qui attirent sur leur tête la malédiction divine -anathème ! (Ter)
A ceux qui prétendent que les sages du paganisme, qui sont les premiers hérésiarques et qui ont été condamnés par les sept Conciles saints et universels, ainsi que par la voix unanime des Pères qui brillent dans l'éclat de l'Orthodoxie ; à ceux donc qui disent que ces penseurs païens, qui ont été frappés d'anathème comme étrangers à l'Eglise catholique, jouissent ici-bas, en vertu de la richesse impure et artificieuse de leur discours, d'un rang bien supérieur aux hommes pieux et orthodoxes qui ont commis quelque faute par ignorance ou par faiblesse humaine, et l'emporteront sur ces derniers lors du Jugement à venir -anathème ! (Ter)
A ceux qui ne reçoivent pas d'une foi simple et pure et de tout leur coeur les miracles extraordinaires de Notre Dieu et Sauveur, de Celle qui L'a enfanté sans tache, Notre Souveraine, la Mère de Dieu, et de tous les saints, mais qui s'ingénient à les calomnier par des raisonnements et des arguties sophistiques, pour démontrer leur impossibilité ; ou qui en donnent une fausse interprétation fondée sur leur quant-à-moi et leurs vues personnelles -anathème !
A ceux qui approfondissent les sciences païennes et ne se contentent pas de les étudier à titre de culture générale, mais suivent pour de bon les vaines doctrines des penseurs païens et les tiennent pour véridiques ; qui se mettent à faire fond sur elles, comme si elles avaient de la solidité, au point d'y convertir autrui, ouvertement ou en secret, et de les enseigner effrontément -anathème ! (Ter)
A ceux qui, non contents des chimères mythologiques forgées par leur fantaisie, veulent aussi reforger notre propre création ; qui tiennent pour réelles les Idées platoniciennes et disent que la matière possède une existence indépendante et qu'elle est mise en forme et structurée par le moyen de ces Idées ; à ceux qui calomnient ainsi ouvertement la liberté souveraine du Démiurge qui a amené toutes choses du non-être à l'être et leur assigne à toutes un commencement et une fin, avec l'autorité libre et absolue du Créateur -anathème ! A ceux qui prétendent que lors de la Résurrection universelle à la fin des temps, les hommes ressusciteront et seront jugés avec un autre corps que celui de la vie présente, ce dernier devant se décomposer et disparaître ; à ces jacasseurs qui sont aussi futiles que vains, puisque le Christ Notre Dieu Lui-Même, ainsi que Ses disciples, nos maîtres, ont enseigné que les hommes seront jugés avec le corps dans lequel ils auront vécu ; et le grand Paul, l'Apôtre des Gentils, a magistralement exprimé cette vérité en termes propres quand il a prêché la Résurrection ; il l'a expliquée par des exemples et a dénoncé la folie de ceux qui pensent autrement ; à ceux donc qui légifèrent contre de tels dogmes et enseignements -anathème ! (Une fois)
A ceux qui acceptent et qui enseignent les vaines théories des Païens ; qui reconnaissent la préexistence des âmes, refusent de croire que tout ait été fait et créé à partir de rien, assignent un terme au châtiment ou soutiennent la Restauration universelle de la création et des choses humaines ; qui introduisent par ce genre de doctrines un Royaume des Cieux passager et dissoluble, alors que le Christ Notre Dieu nous a appris et révélé que son Royaume est éternel et indéfectible ; nous savons également, par tout l'Ancien et le Nouveau Testament que le châtiment est sans fin et le Royaume éternel ; à ceux donc qui disent le contraire, qui provoquent ainsi leur propre perte et deviennent pour autrui les fourriers de la damnation éternelle -anathème ! (Ter)
Anathème au moine Nil18
A toutes les propositions impies du non-moine Nil et à ceux qui les confessent -anathème ! (Ter)
Premier concile sur l'expression «Mon Père est plus grand que moi»
Considérant les instructions que rédigèrent et nous transmirent autrefois les saints Pères théophores, hérauts de la Vérité et docteurs de la sainte Eglise de Dieu ; considérant aussi les clarifications et les définitions dont ces enseignements ont maintenant fait l'objet, depuis que, mû par une impulsion divine et par son zèle théologique, le prince couronné de Christ, le très puissant, sage en Dieu, orthodoxe et maître des trophées, notre saint et grand roi, né dans la pourpre, l'Empereur Manuel Commène, a fait assembler sur son ordre exprès le saint et divin concile qui a définitivement arrêté ces vérités ; nous décidons de procéder en ce jour vénérable et sacré à leur proclamation solennelle.19
A ceux qui n'acceptent pas en orthodoxes les divins énoncés des saints docteurs de l'Eglise de Dieu et tentent de déformer et d'interpréter à faux les propositions claires et manifestes qu'ils ont formulées avec la grâce du Saint-Esprit -anathème ! (Ter)
A ceux qui reconnaissent pour justes, à propos de ce mot : «Mon Père est plus grand que moi» les diverses interprétations que les saints Pères en ont données ; et qui pensent, en particulier, que cette parole de notre vrai Dieu et Sauveur Jésus-Christ s'applique à l'humanité qui était en Lui et selon laquelle Il a souffert ; chose qu'enseignent expressément et à plusieurs reprises les saints Pères dans leurs homélies inspirées ; aux même encore, qui disent que le Christ a souffert selon Sa Chair -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui pensent et enseignent que la déification de la livrée humaine assumée consiste dans une transformation de la nature humaine en Divinité ; qui ne croient pas que le Corps du Seigneur, du seul fait de l'union, participe effectivement à la dignité et à la majesté divines, reçoit une seule adoration avec Dieu le Verbe qui l'a assumé, possède avec Lui le même honneur, la même gloire, la même puissance de vivifier, ainsi que l'égalité de louange avec Dieu le Père et le Tout Saint-Esprit ; qu'Il siège sur le même trône, sans néanmoins devenir consubstantiel à Dieu au point de sortir de ses propriétés naturelles, comme le fait d’être créé, la délimitation dans un corps et les autres attributs qu'on observe dans la nature humaine du Christ, ni au point de se changer en l'essence de la Divinité. A ceux donc qui refusent cette distinction orthodoxe et admettent ou bien que l'Incarnation et les souffrances du Seigneur sont des mirages et non des réalités, ou bien que la Divinité même du Fils Unique a connu la souffrance -anathème ! (Ter)
A ceux qui disent que la chair du Seigneur a été, du seul fait de l'union, exaltée par-dessus tout et élevée au-dessus de toute gloire ; qu'elle est devenue, dès le premier instant de cette union, co-divine, sans changement ni altération, sans confusion ni mutation, en vertu de l'union hypostatique ; qu'elle demeure inséparable et indissociable de Dieu le Verbe qui l'a assumée, et qu'elle est vénérée dans l'égalité d'honneur avec Lui et adorée d'une seule et même adoration ; qu'elle siège à la droite du Père sur le trône royal et divin, devenue riche des gloires de la Divinité, par la communication des idiomes20, les propriétés des natures subsistant telles quelles ; à ceux qui parlent ainsi -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui refusent les choses que les saints Pères ont dites pour l'affermissement des dogmes orthodoxes de l'Eglise de Dieu ; qui rejettent l'autorité d'Athanase, de Cyrille, d’Ambroise, d'Amphiloque ; celle de Léon, le héraut de Dieu, le très saint Pape de l'Ancienne Rome, ainsi que des autres Pères ; qui n'acceptent pas non plus les Actes des Conciles Oecuméniques, notamment ceux des Quatrième et Sixième Conciles -anathème ! (Ter)
Second concile sur le même objet
Quelques années après que les saints Pères eurent arrêté ces décisions et fixé le dogme relatif au mot du Seigneur : «Mon Père est plus grand que moi», les sots et les impies qui s'acharnaient contre l'interprétation orthodoxe et tentaient de la réfuter, furent l'objet de nouveaux anathèmes, que voici. Il faut noter que l'ex-métropolite de Corfou, nommé Constantin, neveu de l'archevêque de Bulgarie, était à cette époque favorable à ces idées. Toutefois, il fut de nouveau reçu dans l'Eglise, quelques années après, parce qu'il avait renoncé à ce parti pour se joindre aux orthodoxes, en jetant l'anathème sur les impiétés et les abominations qu'il avait auparavant défendues et dogmatisées.
A ceux qui ne recoivent pas cette parole de Notre Vrai Dieu et Sauveur Jésus-Christ : «Mon Père est plus grand que moi» selon les diverses interprétations que les saints en ont données ; pour certains Pères, en effet, ce mot se réfère à la Divinité du Christ et s'explique par la relation éternelle de causalité qui lie le Fils au Père, puisqu'Il naît du Père de toute éternité ; les autres Pères l'appliquent aux propriétés naturelles de la chair douée d’âme et d’intellect que le Fils, Parfait issu du Parfait selon le mode de l’essence divine, a assumée et hypostasiée, c'est-à-dire personnalisée en l'unissant à Sa Divinité ; ces propriétés sont : le caractère créé, la limitation, la sujétion à la mort et à toutes les passions naturelles et irréprochables : à l'égard de tout cela, donc, le Seigneur a déclaré Son Père plus grand que Lui-même. Mais les hérétiques soutiennent qu'il faut entendre cette parole de la chair prise en elle-même, conçue par la seule raison, comme séparée de la Divinité, ni plus ni moins que si l'union n'avait jamais eu lieu. De plus, ils ne prennent pas cette notion de «distinction de pure raison» au sens où l'ont employée les saints Pères. En effet ces derniers se sont servi de cette distinction pour traiter de la condition d'esclave et de l'ignorance assumées, parce qu'ils ne pouvaient souffrir d'outrager par ces termes la Chair du Christ, qui est co-divine et co-honorée. De façon toute différente, nos adversaires appliquent également cette distinction de pure raison aux propriétés naturelles, existant réellement, de la Chair du Christ, laquelle est hypostasiée dans sa Divinité et en demeure inséparable ; si bien qu'ils posent les mêmes dogmes à propos de choses qui n'ont pas d'existence personnelle ni de réalité effective et à propos de choses réelles et liées à une hypostase ; à ces vains discoureurs -anathème ! (Ter)
Aux propositions impies et pernicieuses dues au métropolite de Corfou, Constantin, neveu de l'archevêque de Bulgarie, qui les a lui-même anathématisées par la suite -anathème21 !
A tous ceux qui partagent ces idées -anathème !
A l'ex-métropolite de Corfou, neveu de l'archevêque de Bulgarie ; à ceux qui ont dogmatisé des erreurs pernicieuses et impies, à propos de la parole : «Mon Père est plus grand que moi», de Notre Vrai Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; à ceux qui ne croient ni ne confessent ces deux vérités : premièrement que cette parole est susceptible de diverses interprétations pieuses et orthodoxes que les saints Pères théophores lui ont données ; deuxièmement, que ce mot s'applique notamment à la chair même que le Fils unique de Dieu a prise de la Sainte Vierge et Mère de Dieu et qu'Il a hypostasiée dans Sa Divinité, de telle façon qu'elle conserve sans confusion ses propriétés intrinsèques après l'union indivisible. Ainsi donc, c'est par rapport à ces propriétés que Notre Seigneur a proclamé le Père plus grand que Lui, qui est adoré et glorifié d’une seule adoration avec la livrée qu’il a personnellement assumée et qui est co-divine et co-honorée avec Lui, le Père et le Tout Saint-Esprit. Mais les hérétiques maintiennent qu'il ne faut pas interpréter cette parole en concevant le Seigneur comme une seule hypostase porteuse des deux natures qu'elle tient unies, mais en isolant par la pensée la chair du Christ à part de Sa Divinité, en sorte qu'on n'y reconnaisse rien de plus qu'une chair semblable à celle de tout homme. Et ils osent ce blasphème, quoique un prince de la théologie, Jean Damascène, ait enseigné avec précision que l'on réserve l'usage de la distinction de pure raison à un seul cas : lorsqu'on parle de la chair du Christ et que l'on veut exposer des traits qui n'appartiennent pas directement et nécessairement à la nature humaine, mais expriment la servitude ou l'ignorance22. En conséquence, nous disons à l'adresse de ces hommes qui refusent de suivre les Conciles Saints et Oecuméniques, surtout le Quatrième et le Sixième, qui ont défini dans un esprit de justesse et de piété le dogme des deux natures unies en Christ sans confusion et ont enseigné à l'Eglise du Christ la confession orthodoxe de la vérité ; à ces misérables qui trébuchent et tombent dans de multiples hérésies -anathème ! (Ter)
A tous ceux qui partagent les idées de ce Constantin, neveu de l'archevêque de Bulgarie ; qui se montrent désolés et attristés de sa déposition, non par pitié pour lui, mais parce qu'ils ont eux-mêmes embrassé son impiété -anathème ! (Ter)
Au pseudo-moine, maître-sot et pourfendeur de moulins à vent, nommé Jean le Pacifique ou Jean Irénicos ; à ses écrits dirigés contre la piété et qui contiennent les mêmes opinions ; il y affirme en effet et déclare dogmatiquement que ce n'est pas l’humanité telle qu'elle se trouve dans Notre Seigneur et Sauveur Dieu Jésus-Christ, hyspostasiée et unie indissolublement à Sa Divinité sans division ni confusion, qui est l'objet de cette phrase : «Mon Père est plus grand que moi» que Notre Sauveur a prononcée, comme homme parfait, dans Son Evangile. Non, selon lui, ces mots s'entendent de l'humanité prise pour ainsi dire nue et totalement dissociée, par une pure vue de l'esprit, d’avec Sa Divinité, ni plus ni moins que si elle ne Lui avait jamais été unie ; bref, cette parole s'applique à notre humanité, conçue de façon abstraite et générale ; à Jean Irénicos -anathème ! (Ter)
ANATHEME AUX ICONOMAQUES
ET AUX AUTRES HERETIQUES
Au conciliabule qui a écumé sa morve contre les saintes icônes ‑anathème23 ! (Ter)
A ceux qui pensent que les invectives de l’Ecriture Sainte contre les idoles s’appliquent aux saintes icônes du Christ Notre Dieu et de Ses saints ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui communient en esprit avec les dénigreurs et les destructeurs des saintes icônes ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui blasphèment et outragent l’ordre sacerdotal, ‑anathème !
A ceux qui disent que les Chrétiens ont recours aux icônes et se tournent vers elles comme vers des dieux ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui disent qu’un autre que le Christ Notre Dieu nous a délivrés de l’égarement des idoles ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui osent prétendre que l’Eglise Catholique ait un moment admis les idoles et qui ruinent ainsi tout le mystère de la piété en insultant la foi des Chrétiens ‑anathème ! (Ter)
A quiconque se fera l’avocat d’un de ces hérétiques accusateurs des Chrétiens24 ; ou défendra la mémoire d’un de leurs partisans mort dans l’hérésie ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui ne confessent pas que notre Souveraine Sainte Marie est authentiquement et véritablement génitrice de Dieu pour avoir enfanté dans la chair le Christ Notre Dieu ‑anathème !
A Serge, Onorios, Pyrrhos, Kyr et Marri, qui se sont transmis le mal les uns aux autres et se sont succédés dans l’impiété, ‑anathème !
A tous les Chrétiens orthodoxes ‑mémoire éternelle !
Aux sept Conciles Saints et Oecuméniques ‑mémoire éternelle !
Si quelqu’un n’adore (proskyneî) pas Notre Seigneur Jésus Christ délimité dans l’icône selon Son humanité ‑qu’il soit anathème ! (Ter)
Si quelqu’un ne confesse pas que le Christ Notre Dieu est délimité selon l’humanité ‑qu’il soit anathème !
A tous les Arméniens ‑anathème !
A tous les Jacobites ‑anathème !
A tous les Messaliens ‑anathème !
A tous les Nestoriens ‑anathème !
A Sévère, Dioscore, Eutychès et Pierre ‑anathème !
A tous les hérétiques ‑anathème ! (Ter)
CONDAMNATION DES HERESIES
DE BARLAAM ET D’ACINDYNE
A Barlaam, Acindyne, leurs disciples et leurs successeurs, ‑anathème25 ! (Ter)
Chapitres contre Barlaam et Acindyne
A ceux qui professent des opinions fausses et tiennent des propos dépourvus de sens sur la lumière qui rayonna du Seigneur lors de Sa divine Transfiguration ; disant tantôt que cette lumière est une image visuelle26, une chose créée et un simulacre un instant apparu et aussitôt évanoui ; tantôt, au contraire, qu’elle est l’essence même de Dieu. Ils tombent ainsi, avec leur cervelle dérangée, dans un gouffre de choses radicalement contradictoires et totalement impossibles. A ces malades atteints d’un double mal, qui souffrent d’une part de la folie d’Arius, lequel scindait en créé et incréé la Divinité Une et le Dieu Unique, et qui présentent en même temps les symptômes de l’hérésie des Messaliens, qui veulent que l’essence divine soit visible ; à ces égarés enfin qui ne confessent pas, selon la théologie des saints inspirés de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que cette lumière très-divine n’est ni une créature, ni l’essence de Dieu, mais la grâce, l’éclat et l’énergie naturelle et incréée qui jaillit perpétuellement de l’essence même de Dieu et en demeure inséparable ; à ces hérétiques ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes, qui croient et professent que Dieu n’a aucune énergie naturelle, mais qu’Il est seulement essence ; ces gens s’imaginent que l’essence de Dieu et l’énergie de Dieu sont la même chose et qu’il est absolument impossible de les différencier ; ils croient donc qu’on ne peut concevoir aucune distinction, sous quelque rapport que ce soit, entre l’essence et l’énergie divine ; mais que c’est la même chose qui est appelée tantôt essence, tantôt énergie. Ainsi, avec leur sottise, c’est l’essence même de Dieu qu’ils font totalement disparaître et réduisent au néant ! En effet, les Docteurs de l’Eglise déclarent expressément que seul le néant est sans énergie. De plus, ils sont gravement atteints de sabellianisme et ils osent remettre à l’honneur cette vieille hérésie prêchant la contraction, la confusion et la coalescence27 des Trois Personnes de la Divinité, en l’appliquant maintenant à l’essence et à l’énergie divines ; si bien qu’ils égalent Sabellius dans l’impiété par la confusion qu’ils introduisent. Enfin, ils refusent de confesser, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, à la fois l’essence de Dieu et Son énergie essentielle et naturelle ; cette confession a pourtant été clairement exposée par la plupart des saints et principalement par les Pères du Sixième concile Saint et Oecuménique, qui ont consacré toute leur sainte réunion à la question des deux énergies, divine et humaine, et des deux volontés du Christ. Ces impies rejettent ainsi cette vérité, que l’essence et l’énergie divines sont à la fois unies sans confusion et distinguées sans séparation ; car elles se différencient l’une de l’autre sous divers rapports, notamment comme la cause de l’effet et l’imparticipable du participé, les premières de ces qualités appartenant à l’essence, les autres à l’énergie. Aux partisans donc de ces dogmes hérétiques ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes encore, qui croient que toute force et énergie naturelle de la Divinité tri‑hypostatique est créée ; position qui les conduit fatalement à penser que l’essence divine aussi est chose créée, puisque, selon les saints, une énergie créée manifeste une nature également créée ; tandis que l’énergie incréée caractérise l’essence incréée. Ainsi, ces gens courent le risque, avec leur théorie, de verser dans la mythologie païenne et dans l’athéisme le plus total, en mêlant à la foi pure et immaculée des Chrétiens, l’adoration des créatures. Attendu qu’ils ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que toute force et énergie naturelle de la Divinité aux Trois Hypostases est incréée ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes, qui croient et professent que la distinction dont nous parlons implique nécessairement composition en Dieu. Ils se montrent ainsi rétifs à l’enseignement des saints, qui nous apprennent que l’existence des propriétés naturelles n’entraîne pas de composition dans la nature. Ce faisant, ces hommes accusent et calomnient non seulement nous, mais tous les saints qui à mainte reprise et en mainte occasion ont explicitement enseigné à la fois que Dieu est simple et sans composition et que l’essence diffère de l’énergie divine ; ils ont ainsi montré clairement que cette différence ne nuit en rien à la simplicité divine. Car ils n’eussent pas présenté si ouvertement une théologie si contradictoire. A ces tisseurs de vent qui ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que cette différence digne de Dieu garde absolument intacte la simplicité divine ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes, qui croient et confessent que la grâce divine et éternelle du Père, du Fils et du Saint Esprit et que la lumière du siècle à venir où les justes brilleront comme le soleil, ainsi que le Christ l’a montré en brillant sur la Montagne ; en bref, qui dogmatisent que toute force et énergie de la Divinité aux Trois Hypostases et, en général, que tout ce qui diffère de la nature divine est créé ; qui scindent de façon impie la Divinité une en créé et incréé ; et qui, enfin, pour couronner leur démence, flétrissent du nom de dithéistes les fidèles qui confessent pieusement comme incréée cette lumière divine, ainsi que toute force et toute énergie de Dieu, parce qu’aucun des attributs naturels de Dieu n’est de date récente. Ces hérétiques nous accusent de polythéisme, comme le font les juifs, les Sabelliens et les Ariens ; à ces impies calomniateurs et à tous ceux qui partagent leurs idées ‑anathème ! Aux mêmes, qui croient et professent que le nom de «Divinité» ne s’applique qu’à l’essence divine ; et qui ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que ce terme convient tout autant à l’énergie divine. Ainsi, qu’on l’emploie dans l’un ou l’autre sens, on confesse dans les deux cas une seule Divinité du Père, du Fils et de l’Esprit, qu’il s’agisse de leur essence ou de leur énergie. Tel est l’enseignement que nous ont donné nos divins mystagogues. A ceux qui rejettent ces divines vérités ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes enfin, qui croient et professent que l’essence divine est susceptible d’être participée par la créature ; qui ont ainsi le front de réintroduire dans notre Eglise, par des voies détournées, la vieille hérésie des Messaliens, jadis rongés de cette fausse croyance, et qui ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que l’essence est totalement inaccessible et imparticipable, tandis que la grâce et l’énergie divine sont au contraire participables ; à ces hérétiques ‑anathème ! (Ter)
A tous leurs écrits et paroles sacrilèges, ‑anathème ! (Ter)
A Isaac surnommé Argent28, qui a souffert durant toute sa vie du syndrome de Barlaam‑Acindyne ; cet homme, même à la fin de ses jours, lorsque l’Eglise lui demanda, comme elle l’avait déjà fait plusieurs fois, de faire pénitence et de revenir vers Elle, persista dans son impiété et rendit misérablement l’esprit dans la confession de son hérésie. A Isaac Argent ‑anathème ! (Ter)
Anathème contre Nicéphore Grégoras et les frères Cyndonès29
Au non-moine Nicéphore dit Grégoras, qui fut infecté en profondeur par l’hérésie de Barlaam et Acindyne. Cet homme a vomi des blasphèmes, comme un athée fini qu’il était, contre la grâce divine et la divine lumière du Thabor. Il a écrit d’une main et d’un coeur licencieux contre l’Eglise du Christ et contre Ses pasteurs, et notamment contre Grégoire, le saint évêque de cette ville. A cet insolent, qui a semé des troubles sans nombre dans l’Eglise du Christ, pour finir par rendre son âme misérable dans la confession de son hérésie ‑anathème30 !
Au pseudo‑moine Prochore Cyndonès31, successeur direct de Barlaam et d’Acindyne dans le mal, l’athéisme et l’impiété. Non content de dogmatiser avec eux que la grâce divine commune aux Trois Personnes, ainsi que la force et l’énergie naturelle de la Divinité Tri‑hypostatique sont des choses créées ; non content de croire comme eux que la lumière qui a rayonné de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ au jour de Sa très divine Transfiguration sur la montagne, est également une créature ; quoique tous les saints Théologiens et nos Pères théophores chantent, prêchent et théologuent à l’unisson que cette lumière est la Gloire divine, l’éclat et le Royaume de Dieu ; à la fois Divinité incréée, lumière inaccessible et illimitée, et effusion incompréhensible et ineffable de la splendeur divine. Non content, disons‑nous, de ces blasphèmes, il s’est encore attaqué, d’un coeur plein d’insolence et d’une plume infecte, aux autres dogmes apostoliques et patristiques de l’Eglise du Christ et il a écrit contre eux des horreurs telles que nul autre, parmi tous les hérétiques qui ont jamais été, n’avait osé en écrire. Il a même éructé cette abomination : que la livrée de Dieu le Verbe, c’est‑à‑dire la Chair royale de Notre Seigneur Jésus Christ, en laquelle a habité corporellement toute la plénitude de la Divinité, que cette Chair, donc, était revêtue, avant l’élévation sur la Croix, des Principautés et des Puissances, autrement dit, des démons ! Ce Prochore a été dévoilé et confondu dans un synode, au cours duquel on produisit ses ouvrages, en le mettant en demeure ou de les contredire par de nouveaux textes ou de leur jeter l’anathème. Il refusa et persista dans ses impiétés. A ce lamentable personnage, qui a rendu l’âme dans sa confession hérétique ‑anathème !
A Démétrios surnommé Cyndonès32, qui a été toute sa vie un athée, atteint du délire et de la lèpre de Barlaam et d’Acindyne. Il a craché sa morve et son venin contre l’énergie divine et la lumière incréée qui a resplendi sur le mont Thabor. Il a décrété, avec autant de prétention dans la pensée que dans l’expression, que l’essence divine ne peut être que ou privée d’énergie ou pourvue d’une énergie créée, édictant ainsi des dogmes en parfaite conformité avec la mythologie du paganisme. Malgré les exhortations paternelles que lui ont adressées à mainte reprise l’Eglise du Christ et les Pasteurs qui la gouvernaient alors, malgré les invitations qu’on lui a faites de renoncer à cette hérésie mortelle, il a fermé les yeux de son intelligence à l’éclat de la vérité. Il est entré dans la lice aux côtés du pseudo‑moine, ou pour mieux dire, du fléau de Dieu, Prochore Cyndonès, son frère, qui l’avait converti à cette hérésie. Il a blasphémé, avec des mots et des idées infectes, les Pères sacrés qui ont brillé en leur temps en fixant les dogmes inspirés par Dieu. Ces horreurs sont apparues après sa mort, avec l’édition de ses écrits ignobles, qu’il avait tenus cachés toute sa vie, dignes qu’ils étaient des ténèbres, ces fruits d’un labeur acharné contre les champions de la Vérité ! A ce déserteur, à cet apostat, qui s’est exilé de Dieu, de son Eglise, de sa patrie, des dogmes divins et des Saintes Ecritures, pour finir sa vie en terre étrangère, dans la honte et la privation de Dieu ‑anathème !
ANATHEME A TOUS LES HERETIQUES
Au premier théomaque Arius, le fondateur des hérésies -anathème ! (Ter)
A Pierre le Foulon, l’insensé qui a dit : Saint Immortel qui a été crucifié pour nous33 -anathème ! (Ter)
A Nestorius, frappé de Dieu, qui a déclaré passible la Sainte Trinité, et à Valentin l’insensé -anathème ! (Ter)
A Paul de Samosate et à Théodote son co-initié dans l’erreur, ainsi qu’à l’autre Nestorius, l’insensé -anathème ! (Ter)
A Pierre l’Infortuné, l’hérétique, surnommé Pierre Garou, à Eutychès et à Sabellius, les cacodoxes -anathème ! (Ter)
A Jacques Stanstalos l’Arménien, à Dioscore, Patriarche d’Alexandrie, à Sévère l’impie, ainsi qu’à Serge, Paul et Pyrrhus unis dans l’erreur de Serge, disciple de Pierre-Garou -anathème ! (Ter)
A tous les Eutychianistes, à tous les Monothélites, à tous les Jacobites, à tous les Arzibourites et, en un mot, à tous les hérétiques -anathème ! (Ter)
ANATHEME CONTRE L’OECUMENISME (1983)
A ceux qui attaquent l’Eglise du Christ en enseignant que l’Eglise du Christ est divisée en soi‑disant «branches» qui divergent entre elles quant à la doctrine et au mode de vie, ou que l’Eglise n’existe pas visiblement, mais sera formée, dans le futur, lorsque toutes les «branches», sectes ou confessions et religions même, seront unifiées en un seul corps ; et qui ne distinguent pas le Sacerdoce et les Mystères de l’Eglise de ceux des hérétiques et qui disent que le baptême et l’eucharistie des hérétiques sont efficaces pour le salut ; de même, à ceux qui, en toute connaissance de cause, sont en communion avec les hérétiques sus‑mentionnés ou qui plaident, répandent ou défendent leur nouvelle hérésie de l’Oecuménisme sous prétexte de l’amour fraternel ou de l’unification supposée des chrétiens séparés, ‑anathème !
Sur les raisons de l’ajout de cet ultime anathème, voir l’Editorial.
LOUANGE DES ORTHODOXES
Acclamations des Orthodoxes
A Michel, notre empereur orthodoxe et à Théodora la bienheureuse impératrice -mémoire éternelle ! (Ter)
A Andronic Paléologue, notre empereur vénérable et bienheureux, qui a réuni le premier concile contre Barlaam et a généreusement présidé aux destinées de l’Eglise du Christ et de ce saint concile34 ; par ses actes, ses propos tenus en privé et ses magnifiques discours publics, il a raffermi les dogmes évangéliques et apostoliques ; il a bousculé et bouté hors de l’Eglise le susdit Barlaam avec tout son bataclan d’hérésies, de livres et de bafouillages publiés contre notre foi orthodoxe ; à ce vaillant qui, au milieu de ses saints combats et de ses belles actions à la défense de la piété, a été heureusement ravi de ce monde et porté dans la vie meilleure et bienheureuse du Ciel ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Grégoire, le très saint métropolite de Thessalonique, qui, au cours d’un concile réuni dans la Grande Eglise, a vaincu de haute lutte Barlaam et Acindyne, chefs et inventeurs des nouvelles hérésies, ainsi que la tourbe de leurs partisans ; qui a confondu ces gens effrontés, qui avaient proclamé que la force et l’énergie naturelle de Dieu, qui est inséparable de Dieu, et que toutes les propriétés naturelles en général de la Sainte Trinité, étaient des créatures ; ils disaient en particulier que la lumière inaccessible de la Divinité qui a rayonné du Christ sur la Montagne est une divinité créée ; ils essayaient ainsi de réintroduire misérablement les fables païennes et les idées platoniciennes dans l’Eglise du Christ. A ce sage, monté en première ligne, qui a combattu vaillamment pour l’Eglise universelle du Christ et pour les dogmes vrais et infaillibles sur la Divinité ; qui n’a cessé de prêcher, dans ses homélies, ses traités et ses entretiens, une Divinité Unique et Un Seul Dieu en Trois Hypostases, énergique, volontaire, tout‑puissant et incréé, comme l’enseignent les Saintes Ecritures et les Théologiens qui les ont expliquées : Athanase, Basile, Grégoire, Jean Chrysostome, Grégoire, Cyrille leur prédécesseur, Maxime le sage et Jean, le chantre de Dieu à Damas, sans oublier tous les autres Pères et Docteurs de l’Eglise du Christ ; à Saint Grégoire Palamas, donc, qui s’est révélé, dans ses paroles et ses actions, le partisan, le compagnon, l’associé, l’émule et l’allié de tous les Pères ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Nil le très saint archevêque de Thessalonique, qui a combattu en paroles, en actes et par des écrits divins pour la défense de l’Eglise du Christ ; qui a réfuté et couvert de honte, par ses discours pleins de sagesse divine et ses démonstrations inattaquables, la fadaise de Barlaam et Acindyne ‑mémoire éternelle !
A tous ceux qui ont combattu pour l’orthodoxie aux côtés de l’Empereur Andronic de bienheureuse mémoire ; qui, avec lui, ont soutenu vaillamment l’Eglise du Christ, par leurs discours, leurs écrits, leurs discussions, leurs enseignements, bref, par tous leurs actes et leurs paroles ; qui ont dénoncé et rejeté hors de l’Eglise les mille espèces d’hérésies maudites inventées par Barlaam, Acindyne et leurs sectateurs ; à ces vaillants qui ont prêché avec éclat les dogmes apostoliques et patristiques, ces trésors de la vraie piété ; qui, pour cette raison, ont été diffamés et calomniés par les cacodoxes et ont subi les mêmes outrages que nos saints Pères et Docteurs théologues et théophores ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui confessent un seul Dieu en Trois Personnes, tout‑puissant et incréé non seulement quant à l’essence et quant aux hypostases, mais encore quant à l’énergie ; à ceux qui disent que l’énergie divine provient de l’essence divine, mais provient d’elle indivisiblement, indiquant par le terme de «provenir» l’ineffable distinction qui existe entre l’essence et l’énergie ; et montrant par l’adverbe «indivisiblement» leur union surnaturelle, selon les déclarations du saint Sixième Concile Oecuménique ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui confessent que Dieu est incréé et sans commencement35 selon l’énergie, exactement comme Il l’est selon l’essence, l’expression de «sans commencement» voulant dire ici «hors du temps36» ; qui disent que Dieu, selon l’essence divine, est absolument imparticipable et incompréhensible ; mais qu’Il Se laisse participer par ceux qui en sont dignes, selon l’énergie divine et déifiante, comme le déclarent les théologiens de l’Eglise ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui confessent que la lumière qui a ineffablement resplendi sur la montagne de la Transfiguration du Seigneur est une lumière inaccessible et illimitée, effusion incompréhensible de la splendeur divine, gloire indicible, gloire plus que parfaite et originelle de la Divinité, éclat intemporel du Fils et Royaume de Dieu, beauté véritable et souverainement aimable qui entoure la nature divine et bienheureuse ; gloire naturelle de Dieu, et Divinité du Père et de l’Esprit qui rayonna comme l’éclair dans le Fils Unique, ainsi que l’ont dit nos divins Pères théophores, Athanase et Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome et Jean Damascène ; à ceux qui, en conséquence, croient que cette lumière très divine est incréée ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui croient que la lumière de la Transfiguration est incréée, pour les raisons qu’on a dites ; et qui confessent aussi qu’elle n’est cependant pas l’essence suressentielle de Dieu, laquelle demeure absolument invisible et imparticipable ; car «Dieu, personne ne L’a jamais vu» ; ce qui veut dire : personne ne L’a vu tel qu’Il est selon la nature, comme l’expliquent les théologiens. A ceux donc qui disent que cette lumière n’est pas l’essence, mais la gloire naturelle de l’essence suressentielle, qui provient de l’essence sans se séparer d’elle37 et se fait voir, par la bienveillance de Dieu, à ceux qui ont l’esprit purifié ; et que c’est dans cette gloire, enfin, que Notre Seigneur Dieu viendra lors de Son second et redoutable avènement juger les vivants et les morts, comme l’enseignent les théologiens de l’Eglise ‑mémoire éternelle ! (Ter)
Eloge des Empereurs, Impératrices
Patriarches et Métropolites défunts
A Michel III notre roi orthodoxe et à sa sainte mère Théodora ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Basile, Constantin, Léon, Alexandre, Christophe, Romain, Constantin, Romain, Nicéphore, Jean, Basile, Constantin, Andronic, Romain, Michel, Constantin, Michel, Isaac, Constantin, Romain, Andronic, Michel, Nicéphore, Isaac, Alexis, Jean ; Andronic et Isaac les très fortunés Sébastocrates et nés dans la pourpre ‑mémoire éternelle ! A Isaac qui devint moine et prit l’habit angélique et divin sous le nom de Joannice ; à Manuel, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Matthieu ; à Alexis, Isaac, Alexis et Théodore, qui tous ont échangé la royauté terrestre pour le Royaume des Cieux ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean Doucas, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Théodore Doucas notre glorieux empereur de pieuse mémoire, qui revêtit le monachisme et prit l’habit angélique et divin sous le même nom de Théodore ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Michel IX Paléologue le Jeune, notre très glorieux empereur de pieuse mémoire ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Andronic Paléologue notre glorieux empereur de pieuse mémoire qui porta l’habit angélique et divin sous le nom d’Antoine ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Andronic Paléologue notre glorieux empereur entré en possession du pieux héritage, le roi très orthodoxe et ami du Christ, ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean Cantacuzène, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, très pieux et ami du Christ, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Joasaph et qui a lutté toute sa vie, avec ténacité et de toute son âme, en parole, en actions, par ses discours et ses écrits, pour la défense de l’Eglise du Christ et de ses dogmes orthodoxes, pour l’affermissement des doctrines apostoliques et patristiques de l’Eglise et pour l’éviction de l’hérésie maléfique et athée de Barlaam, Acindyne et leurs partisans ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Manuel notre despote très orthodoxe, qui revêtit l’habit angélique et divin sous le nom de Macaire ‑mémoire éternelle !
A Jean Paléologue, notre glorieux empereur de pieuse mémoire ‑mémoire éternelle !
A Jean VII Paléologue, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Joseph, ‑mémoire éternelle !
A Manuel II Paléologue, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Matthieu -mémoire éternelle !
A Eudocie, Théophanô, Théodora, Hélène, Théophanô, Sophie, Théodora, Zoï, Théodora, Catherine, Eudocie, Marie, Irène, Irène, Irène, Marie, qui prit le divin schème angélique des moniales sous le nom de Xénie, Euphrosyne, Anne et Hélène, les très pieuses Augustas -mémoire éternelle ! (Ter)
A Irène notre très pieuse et glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Eugénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théodora, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Eugénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Irène, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire -mémoire éternelle ! (Ter)
A Marie, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom de Xénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Anne, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Anastasie et qui lutta toute sa vie et de toute son âme, par ses paroles et par ses actes, pour l’affermissement des dogmes apostoliques et patristiques de l’Eglise et pour l’éradication de l’hérésie maléfique et athée de Barlaam, Acindyne et leurs partisans -mémoire éternelle ! (Ter)
A Irène, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Eugénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Anne, épouse de Jean VIII, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire -mémoire éternelle ! (Ter)
A Hélène, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Hypomonie qui signifie Patience -mémoire éternelle ! (Ter)
A Marie, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom de Macarie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Silvestre, Damase, Célestin, Léon, Vigile, Agathon, Adrien et Grégoire le Dialogue, les très saints et bienheureux papes de l’Ancienne Rome et à tous les évêques qui pensent comme eux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Germain, Taraise, Nicéphore et Méthode, les très glorieux et bienheureux patriarches -mémoire éternelle ! (Ter)
A Ignace, Photios, Stéphane, Antoine, Nicolas, Euthyme, Stéphane, Tryphon, Théophylacte, Polyeucte, Antoine, Nicolas, Sisinnios, Serge, Eustathe, Alexis, Michel, Constantin, Jean, Côme, Eustrate, Nicolas, Jean, Léon, Michel, Luc, Michel, Chariton, Théodose, Basile, Théodote, Nikitas, Léon, Dosithée, Mélétios, Pierre, Georges, Jean, Michel, Théodore, Maxime, Manuel, Méthode qui prit l’habit angélique et divin sous le nom d’Acace, et Manuel qui fit de même sous le nom de Matthieu ; à tous ces patriarches orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
A Germain le glorieux patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Georges -mémoire éternelle ! (Ter)
A Arsène, le très saint et très glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Joseph, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Athanase, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Gérasime le très saint et vénérable Patriarche -mémoire éternelle ! (Ter)
A Isaïe, le très saint Patriarche -mémoire éternelle ! (Ter)
A Isidore, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Calliste, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Philothée, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux et qui lutta avec vigueur pour la défense de l’Eglise du Christ et de ses dogmes orthodoxes et combattit fermement par ses paroles, ses actes, ses entretiens, ses écrits et ses enseignements -mémoire éternelle38 ! (Ter)
A Macaire, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Nil le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux, qui a fermement combattu pour l’Eglise du Christ et pour ses dogmes orthodoxes et qui a mis ses paroles, ses actes, ses enseignements, ses écrits et ses bonnes oeuvres au service de cette lutte sacrée -mémoire éternelle ! (Ter)
A Antoine, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Calliste, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Matthieu, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Euthyme, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux, qui a excellé en tout ; il a possédé une connaissance parfaite aussi bien de la culture humaine extérieure à l’Eglise que de la sagesse divine ; dès l’enfance, il a choisi d’embrasser la vie selon le Christ et il a brillé dans cette voie glorieuse. Il a nourri un zèle ardent pour les dogmes orthodoxes de l’Eglise et, par l’exemple de sa vie, par son enseignement, ses bonnes oeuvres et ses entretiens, il a conduit une multitude d’âmes à la vertu divine. A ce saint qui, tel un flambeau brillant à la cime des vertus, éclaire de ses rayons jusqu’aux confins de l’univers
-mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean le Miséricordieux, Athanase et Cyrille, Pierre et Alexandre, les glorieux Patriarches d’Alexandrie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Christophe, Théodore, Agapios, Jean, Nicolas, Elie, Théodore, Basile, Pierre, Théodose, Nicéphore, Jean, Luc, Athanase, Théodore et Cyrille, les glorieux Patriarches d’Antioche -mémoire éternelle ! (Ter)
A Sophron, Cyrille, Thomas, Basile et Jean, les glorieux et bienheureux Patriarches de Jérusalem -mémoire éternelle ! (Ter)
A Damien, Basile, Constantin, Nicéphore, Léon et Sisinos, Basile et Joseph, Michel et Christophe, Nicéphore, Georges, Pantaléon et Alexandre, Cosmas et Constantin, Théophane, Pierre, Jean, Nicéphore, Georges, Nicolas et Jean, les Métropolites orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
A Michel, Métrophane, Mélétios, Ignace et Maxime, les Métropolites glorieux des Pères Anciens -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous les très saints Patriarches, Archevêques et Evêques orthodoxes ayant dispensé fidèlement la parole de Vérité, qui ont échangé la sainteté terrestre contre la béatitude céleste -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous nos Pères saints et bienheureux, à tous les hommes théophores, très sacrés et saints parmi les saints, qui se sont réunis dans les saints et divins Conciles Oecuméniques ; qui ont été les Grands Prêtres authentiques de Dieu, les champions et les docteurs de l'Orthodoxie et qui ont livré le bon combat pour la foi orthodoxe des chrétiens -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous les patriarches glorieux et orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
Memento des vivants
Après avoir fait mémoire des Rois et Patriarches en exercice et de tous les vivants, on ajoute :
La Sainte Trinité les a glorifiés !
Aux chrétiens orthodoxes -mémoire éternelle !
Tels sont les hommes qui ont lutté et combattu jusqu'à la mort pour la défense de la foi et de la piété. Supplions instamment Notre Dieu qu'Il nous accorde d'être instruits et fortifiés par l'exemple de leurs épreuves et de leur enseignement ! Qu'Il nous donne aussi d'imiter jusqu'à la fin leur vie et leurs actes divins ! Puissions-nous l'obtenir, par la grâce et les miséricordes du Suprême et Premier Grand Prêtre, le Christ Notre Dieu Véridique, par les prières de notre Souveraine, glorifiée par-dessus tout, la Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie, par les supplications des anges semblables à Dieu et de tous les saints.
AMEN !
APPENDICES39
1. Chapitres publiés par l’Empereur Alexis Comnène.
Les Bogomiles qui se trouvent à Palerme et ceux du Catépanat40 : anathème.
Aux théories introduites au mépris de la foi chrétienne orthodoxe par Jean Italos et les disciples qui ont partagé son ignominie ; à leurs dogmes et discours païens et hétérodoxes, ennemis de la foi catholique et immaculée des Orthodoxes -anathème41 !
Ceux qui font usage de philtres et de sortilèges pour la mort d’êtres humains, leurs frères -anathème !
Ceux qui se servent de connaissances magiques, sur mer, sur terre, ou partout ailleurs -anathème !
2. Condamnation des Bogomiles42.
A ceux qui ne confessent pas une seule nature dans la Sainte Trinité, qui est consubstantielle, indivisible, partageant le même honneur et siégeant sur le même trône, coéternelle, Père, Fils et Saint Esprit ; mais qui ajoutent un certain ange dénommé Amen, dont ils font le Fils ; et qui disent que l’Esprit Saint provient d’une autre nature encore, elle aussi inférieure, alors que nous savons que Sa puissance est celle même du Père et du Fils ; à cette engeance de menteurs -anathème !
A ceux qui disent que ce n’est pas Dieu qui a fait le ciel et la terre et toutes les créatures, modelé Adam et formé Eve, mais que c’est l’Adversaire qui est le prince et l’auteur de toutes choses et le modeleur de la nature humaine ; à ces blasphémateurs -anathème !
A ceux qui ne confessent pas que le Fils et Verbe de Dieu, né du Père sans altération avant tous les siècles, s’est dans les derniers temps incarné de la très pure Mère de Dieu Marie à cause des entrailles de Sa Miséricorde infinie et s’est fait homme pour notre salut, assumant tout ce qui nous appartient hormis le péché ; à ceux qui ne communient pas dans la crainte à Ses saints et immortels Mystères comme à la Chair même du Maître et à Son Sang très pur et précieux répandu pour la vie du monde ; mais qui n’y voient que du pain ordinaire et un simple mélange de vin et d’eau ; à ces sacrilèges -anathème !
A ceux qui n’adorent pas la Croix de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ parce qu’elle est la gloire et le salut de l’univers, l’instrument qui a brisé et anéanti les armes et les stratagèmes de l’ennemi, qui a délivré la création de la souillure des idoles et fait briller la victoire sur le monde ; à ceux donc qui ne voient en elle que l’instrument d’un tyran -anathème !
A ceux qui n’adorent pas la Sainte et Vénérable Icône de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ comme le portrait de Dieu le Verbe incarné pour nous et qui refusent de Le glorifier tel qu’ils Le voient dans Son icône ; qui agissent de même à l’égard de Sa très pure Mère et de tous ses Saints ; à ceux donc qui appellent toutes leurs icônes des idoles -anathème !
A Paul de Samosate, Luc, Blaise, Barnabé, Antoine, Rodinace, Anthos, Léon, Pierre et Nicolas, ainsi qu’à tous les autres docteurs trois fois maudits de cette nouvelle hérésie, précurseurs de l’Antichrist et créatures de Satan -anathème !
Notre Dieu et Sauveur Jésus Christ nous a transmis par Ses saints disciples et Apôtres le mystère de la foi dans sa pureté et Il a dit que dans les derniers jours, viendront beaucoup de «faux‑prophètes et de faux‑christs» et nous a commandé de nous garder de ces gens‑là ; à Sa suite, Paul, le héraut de Dieu, écrit à Timothée que «dans les derniers temps des hommes déserteront la foi, pour s’attacher à des esprits d’erreur et à des enseignements de démons, avec l’hypocrisie de gens qui mentent, ayant insensibilisé leur conscience au fer rouge ; ils prohiberont le mariage, interdiront des aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient consommés avec action de grâce par les fidèles, qui ont compris la vérité : que toute créature de Dieu est bonne, si elle est prise avec action de grâce ; car elle est sanctifiée par la Parole de Dieu et la prière» ; il dit encore : «De leur nombre sont ceux qui s’introduisent et s’immiscent dans les maisons et traînent captives après eux des femmelettes de rien, chargées de monceaux de péchés, tiraillées par mille passions, toujours en train d’apprendre et à jamais incapables de parvenir à la connaissance de la vérité».
Notre Dieu et Sauveur ayant fait cette prophétie et l’Apôtre ayant ainsi prêché, soyons sur nos gardes, bien aimés. Car voici, conformément à ces prédictions, et alors que nous sommes entrés dans les derniers temps, que l’hérésie des Messaliens, dits aussi Bogomiles, ce pot‑pourri d’erreurs aux mille et un noms, prolifère dans toutes les villes, campagnes et provinces43, où ses missionnaires inlassables vont séduire les âmes les plus simples ; ces gens qui ont la haine du Christ se déclarent chrétiens et à la faveur de ce nom, ils se mêlent aux orthodoxes ; sans se faire connaître, car ils cachent le loup sous la toison de l’agneau, ils tirent de nos Ecritures vénérables le point de départ de leur creux verbiage ; une fois qu’ils ont gagné, sous le couvert de ce masque, la confiance de leurs auditeurs et qu’on commence à prêter l’oreille, les voici qui crachent leur venin et, s’adressant déjà à vous comme à de vieilles connaissances, ils se mettent à dégorger les dogmes maudits de Satan ; dogmes que nous vouons à l’anathème, avec leurs doctrinaires, comme adultères, profanes et étrangers à l’Eglise catholique.
A Pierre, chef et fondateur de la secte des Messaliens, dits aussi Pierres‑garous, Phoundadites ou Bogomiles, lequel s’est donné le nom de Christ et a promis qu’il ressusciterait après sa mort ; son nom a été changé en celui de Pierre‑garou pour la raison que voici : la justice ayant voulu qu’il fût enseveli sous des pierres pour ses oeuvres infectes et ses innombrables tours de sorcellerie, comme il avait promis à ses infâmes compagnons d’initiation, qu’il ressusciterait après trois jours, ces derniers restaient assis auprès de ses immondes reliques ; et trois jours après, on vit un démon, sous l’apparence d’un loup, surgir du tas de pierres ; à cet hérésiarque ‑anathème !
A Tychique, son disciple et co‑initié, qui a altéré et interprété à faux plusieurs passages des Ecritures Saintes, notamment tout l’Evangile selon saint Matthieu ; qui a glosé à tort et à travers toutes les choses qui sont dites de Dieu le Père et aussi celles qui se rapportent au Saint Esprit, en les appliquant à son propre père spirituel, confisquant ainsi la gloire de Dieu au profit des instigateurs de son hérésie nauséeuse ‑anathème !
A Dadoès, Sabas, Adelphios, Hermas, Syméon et à tous ceux qui ont vomi le venin de cette hérésie atroce et qui ont abusé les plus naïfs, hommes et femmes, les entraînant au gouffre de la damnation ‑anathème !
A ceux qui disent que, en plus et en dehors de la Sainte Trinité, Principe de Vie, c’est‑à‑dire de Dieu le Père, du Fils et Verbe de Dieu incarné, Notre Seigneur Jésus Christ, et du Tout Saint Esprit, il existe une autre Trinité, voire une Puissance transcendante, qui siège sur le plus élevé des sept cieux, selon leur infecte et apocryphe Vision d’Isaïe, ‑anathème !
A ceux qui introduisent d’autres Ecritures en plus de celles qui ont été dictées par l’Esprit Saint et transmises à nous par nos Pères saints ‑anathème !
A ceux qui disent que le mariage dans le Seigneur et l’usage de la viande, même selon Dieu, sont en abomination à Dieu et qui, pour cette raison, abolissent l’un et l’autre ‑anathème44 !
A ceux qui portent atteinte aux chants et aux prières dont la tradition nous vient d’abord des divins Apôtres ‑car il est écrit : «Soyez toujours pleins de l’Esprit Saint, parlant en vous‑mêmes avec des psaumes et des chants venus de l’Esprit» et, à leur suite et dans leur lignée, des divins et bienheureux Pères et docteurs de l’Eglise ; à ceux donc qui calomnient et rejettent toutes ces prières comme des rengaines oiseuses et interminables ; qui, en guise de prémisses à leur divorce d’avec Dieu, enseignent qu’on ne doit dire que le Notre Père, accompagné de la prosternation à terre, mais sans faire sur son visage le signe de la Croix du Maître ; ils invoquent comme prétexte que c’est le Christ Notre Maître qui nous a donné cette prière ; mais en réalité, leur but est d’invoquer leur père exécrable, Satan ; voilà pourquoi ils rejettent à la fois le signe de la Croix et l’invocation finale à la gloire de la Sainte et Consubstantielle Trinité, cette ecphonèse que les divins guides et luminaires de l’Eglise ont ajoutée en conclusion : «Car à Toi appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire, Père, Fils et Saint Esprit» , doxologie qu’ils ne supportent pas même d’entendre ! A ceux donc qui pensent et enseignent de telles insanités et s’opiniâtrent jusqu’au bout dans leur refus de la vérité, ‑anathème !
A ceux qui font fi des assemblées qui se tiennent dans l’Eglise et s’isolent pour donner des cours particuliers, soi‑disant pour être tranquilles, mais en réalité, afin que le contenu de leur erreur sacrilège échappe à tout examen et à toute condamnation ; si bien qu’ils déversent en cachette, à pleine dose, le venin de leur hérésie dans les esprits qu’ils ont dévoyés ; à tous ceux qui persistent jusqu’à la fin dans cet égarement épouvantable ‑anathème !
A ceux qui insultent aux églises que les saints Apôtres nous ont commandé d’édifier pour la gloire de Dieu, sous le prétexte que ce sont des ouvrages faits de main d’homme ; qui qualifient ces églises de «séjour des démons» et qui persistent dans cette voie ; qui se trouvent conduits à rejeter également la très sainte restauration des saintes et divines icônes, ainsi que l’honneur et la vénération qui leur sont rendus ; à ces blasphémateurs, comme à des membres entièrement pourris et gangrenés ‑anathème !
A ceux qui s’acharnent à ruiner les prescriptions de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ; qu’Il a données à Ses saints Disciples : Il leur a commandé de baptiser ceux qui croiraient en Lui au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ; et Il leur a dit : «Quiconque ne naît pas d’eau et d’Esprit, n’entrera jamais dans le Royaume de Dieu» ; à ceux donc qui sont aveugles à tout cela, et qui, poussés par l’énergie de Satan qui opère en eux, osent dire la sottise que le saint baptème n’est que de l’eau ordinaire ; à ces hommes qui sont hors de notre foi et de l’Eglise, et définitivement aliénés de Dieu ‑anathème !
A ceux qui dans le droit fil de ces insanités et de ces extravagances, osent appeler la précieuse et vivifiante Croix une potence et le saint baptême, une eau ordinaire, qui n’apporte pas la rémission des péchés et ne vient pas de l’Esprit ; ils se font forts, eux, de conférer le baptême de l’Esprit dans leur secte ; voici comment : ils travestissent leurs initiés sacrilèges en pseudo‑moines et font sur eux leur mirobolante épiclèse ‑ou, pour mieux dire, les engloutissent, corps et âme, dans l’abîme ; à ces homicides ‑anathème !
A ceux qui disent que la communion aux précieux Corps et Sang de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, est une communion à du pain et du vin ordinaires ; qui, en vertu de cette théorie, pour dissimuler leur erreur et l’insinuer sans bruit, invitent les laïcs qui passent dans leurs rangs à s’approcher de la communion sans être à jeun et vont jusqu’à permettre aux prêtres qui les rejoignent de célébrer la divine et redoutable liturgie en ayant mangé ; à ces antichrists déclarés, quand bien même ils revendiqueraient pour eux‑mêmes le nom de «citoyens du Christ» ‑anathème !
A ceux qui, pour subvertir la foi en Dieu, font subir, en guise de mystères, des traitements ignominieux à ceux qu’ils initient à leur athéisme ; entre autres sacrements diaboliques, au lieu du divin souffle sacré que nous avons reçu du Christ Notre Maître, lors de l’insufflation mystique du Saint Esprit, ils couvrent leurs initiés de crachats, qu’ils mériteraient bien de recevoir eux‑mêmes : ils leur font exactement ce que nous faisons, nous, contre les démons. En outre, ils pratiquent également une aspersion d’eau souillée, qu’ils font de bas en haut, avec des éponges, en une parodie sacrilège du saint Baptême et de la venue illuminatrice de l’Esprit divin ; à ces imitateurs pervers ‑anathème !
Telles sont les graines de la malice et de l’impiété, telles les pousses et les moissons de l’athéisme du maléfique Satan.
Nous, le peuple élu du Christ, restant attachés de tout notre coeur aux divins enseignements des Apôtres et aux traditions des Pères, fuyons de toute notre âme les dogmes fétides de l’impiété et tenons‑nous loin de leurs rites mortifères ; ainsi nous pourrons adorer dans la pureté le Dieu connu et vénéré dans la Trinité des Personnes ; à Lui appartiennent la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.
AMEN !
Action de grâces anniversaire
offerte à Dieu pour Son grand bienfait,
en ce jour où l'Eglise nous fut rendue,
avec l’exposé des dogmes pieux et véridiques de notre foi,
et la condamnation des inventions maudites de l'impiété.
PREFACE
Marchant dans la suite des paroles des Prophètes, dans la voie des exhortations apostoliques et dans les pas du récit évangélique, voici que nous célébrons la fête du Renouveau1. En effet, la voix d'Isaïe, demandant que «les îles fêtent leur renouveau devant Dieu», s'adresse en symbole aux Eglises des nations ; et par «églises», il faut entendre non seulement les édifices et les splendeurs qui y scintillent, mais encore la multitude des fidèles qui les remplissent, ainsi que tous les hymnes et louanges du culte divin.
L'Apôtre, à son tour, lance la même exhortation : il commande de «marcher dans la nouveauté de la vie» et, s'adressant à tous ceux qui sont, «en Christ, devenus une nouvelle création», il les presse d'inaugurer leur renouveau.
Les paroles du Seigneur, enfin, d’une manière non moins prophétique, déclarent ceci : «Il y eut la fête du Renouveau du Temple à Jérusalem ; et c'était l'hiver» : entendons soit l'hiver sensible, celui qui afflige nos sens quand le temps se met à la glace, soit l'hiver spirituel, la saison des tourmentes et des ouragans de fureur sanguinaire que le peuple juif s'apprêtait à déchaîner contre le Sauveur de tous les hommes.
L'hiver ! Nous avons nous aussi connu l'hiver, -et quel hiver ! celui qui verse l'horreur des plus grands maux ; mais le beau printemps de la grâce a fleuri pour nous, ce printemps divin qui nous rassemble aujourd'hui pour offrir à Dieu l'action de grâces et de reconnaissance pour la moisson promise ; si bien que nous crions, en empruntant la voix du psalmiste : «Eté et printemps, Tu les as formés ; qu'il Te souvienne de Ta créature !»
Oui, les ennemis du Seigneur, les insolents qui L'outrageaient, qui flétrissaient la sainte adoration que nous Lui rendons par les icônes, les blasphémateurs pleins d'orgueil, exaltés dans leurs sacrilèges, le Dieu des merveilles les a fracassés ; Il a précipité au sol la morgue de l'apostasie, Il n'a pas méprisé la voix de ceux qui crient vers Lui : «Souviens-Toi, Seigneur, de l'opprobre de Tes serviteurs, que je porte en mon sein, de l'offense de tous ces peuples, de l'outrage, Seigneur, de l'outrage que tes ennemis ont infligé à la contrepart2 de ton Christ». Nous voyons dans cette contrepart du Christ, ceux qui ont été rachetés par sa mort et qui ont cru en Lui, grâce à la prédication de la Parole et aux représentations des icônes. Car c'est par la parole et les icônes que la grande oeuvre de l'Economie du Salut se fait connaître et se manifeste à ceux que le Seigneur a délivrés par Sa Croix, Sa Passion et Ses miracles d'avant et d'après la Croix ; c'est de la parole et des icônes encore, comme d'une source, que vient l'imitation des souffrances du Seigneur : elle se transmet d'abord aux Apôtres, passe de ceux-ci aux Martyrs, et descend par ces derniers jusqu'aux Confesseurs et aux Ascètes.
Notre Dieu, donc, s'est souvenu de cet outrage que les ennemis du Seigneur avaient infligé à la part de son Christ, et Il a frémi dans Ses entrailles ; Il s'est laissé fléchir par les prières de Sa Mère et les supplications des Apôtres et de tous les saints, qui ont subi avec Lui la même offense et ont été vilipendés en même temps que les icônes ; et cela s'est produit, semble-t-il, afin que, ayant souffert avec Lui dans leur chair, ils partagent aussi avec Lui les insultes des iconoclastes. Notre Dieu a donc entendu leur supplique et Il a exécuté l'arrêt qu'Il avait déjà pris : l’exploit de jadis, voici qu'Il l'accomplit de nos jours pour la seconde fois3. Une première fois, en effet, après de longues années de déshonneur et d'infamie pour les saintes icônes, Notre Seigneur avait permis le retour et le rétablissement de la piété véritable ; aujourd'hui, pour la seconde fois, après bientôt trente ans de persécutions, Il nous a accordé, indignes que nous sommes, de fuir nos oppresseurs, d'échapper à nos tourmenteurs, de prêcher la foi véritable, d'adorer sans crainte les icônes, enfin de célébrer la fête qui nous comble de tous les fruits du Salut.
En effet, les icônes nous font voir les souffrances que le Maître accepta pour nous, Sa Croix, Sa Sépulture, Hadès mis à mort et l'Enfer dépouillé ; nous y voyons les luttes et les couronnes des martyrs, le Salut même, enfin, opéré au milieu de la terre par Celui qui, le premier, nous appela au combat, qui, le premier, en fixa le prix et la récompense, et qui enfin, victorieux, reçut le premier la couronne du triomphe.
Telle est la solennité universelle que nous célébrons aujourd'hui ; en elle nous nous réjouissons et sommes ravis d'allégresse, nous exultons en prières et nous répandons en processions, nous chantons des hymnes et des psaumes :
Quel Dieu est grand comme notre Dieu ?
Tu es Notre Dieu, Toi seul fais des prodiges !
Tu t’es moqué de ceux qui outrageaient Ta gloire ;
les contempteurs de Ton icône tremblent et fuient devant Toi !
(Trois fois)
SYNODICON DES ICONES
Exposition du dogme des icônes
Telle est l'action de grâce que nous offrons à Dieu, tel est le trophée que le Maître a élevé sur ses adversaires ; pour les luttes et les combats contre les iconomaques, nous les exposerons et les raconterons plus en détail ailleurs. A présent, comme en un lieu de repos après la traversée du désert, nous voici entrés en possession de la Jérusalem spirituelle : imitant donc Moïse, ou plutôt, suivant le commandement divin, nous estimons juste et conforme à notre devoir de graver dans les coeurs de nos frères, comme une stèle de pierres majestueuses prêtes à recevoir l'écriture, les bénédictions dues à ceux qui observent la Loi et les malédictions qu'attirent sur eux-mêmes ceux qui la transgressent. C'est pourquoi nous lançons solennellement ces acclamations :
A ceux qui reconnaissent la venue de Dieu le Verbe dans la chair et qui la confessent en parole, de bouche, de coeur et d'esprit, par les icônes et le dessin -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui savent que pour l’unique et la même hypostase du Christ, il existe une diversité dans les essences ; qui attribuent donc à Son hypostase à la fois le créé et l'incréé, le visible et l'invisible, le passible et l'impassible, le descriptible et l'indescriptible ; qui rapportent l'incréé et les attributs de même sorte à l'essence divine et affirment les autres de la nature humaine, notamment le fait d'être descriptible ; qui confessent, enfin, tout cela par la parole et par l'iconographie -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui croient et qui prêchent, c'est-à-dire annoncent l'Evangile, en écrivant les mots et en peignant les choses ; et qui confessent que ces deux moyens, la prédication par le langage et la confirmation de la Vérité par les images, concourent à une seule et même utilité -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui sanctifient leurs lèvres par la parole évangélique, puis les auditeurs en qui elle pénètre, et qui savent et enseignent que les yeux sont sanctifiés de la même manière grâce aux icônes sacrées qui élèvent notre esprit à la connaissance de Dieu, tout comme le font les églises de Dieu, les vases saints et les autres trésors sacrés -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui savent que la Verge et les Tables, l'Arche, le Chandelier, l'Autel et l'Encensoir, dépeignaient à l'avance en figure la Toute Sainte, Marie Mère de Dieu ; qui confessent que ces choses la préfigurèrent en effet, mais qu'elle ne fut pas ces choses, mais bien une jeune vierge (Kore), et qui demeure vierge (Parthénos) après avoir mis Dieu au monde ; ceux donc qui connaissent cela et qui, pour cette raison, décident de représenter la Mère de Dieu telle qu'elle fut, dans une icône, et s'abstiennent de la figurer par les ombres de la Loi4 -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui acceptent et reconnaissent les visions des Prophètes, telles que le Divin même les a formées et figurées ; qui croient tout ce que le choeur des Prophètes a vu et annoncé ; qui maintiennent la tradition, écrite et non écrite, transmise par les Apôtres et reçue par les Pères, et qui, pour cette raison, représentent et vénèrent sur des icônes les choses et les êtres saints -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui comprennent le vrai sens des paroles de Moïse : «Prenez garde à vous, parce que le jour où le Seigneur Dieu a parlé dans l'Horeb, sur la montagne, vous avez entendu la voix des paroles, mais vous n'avez point vu d'image» ; à ceux qui savent répondre en orthodoxe et dire : «Si nous avons vu quelque chose, nous l'avons vu en vérité», comme le Fils du Tonnerre nous l'enseigne : «Ce qui était au commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie», voilà ce dont nous rendons témoignage. Et comme les autres disciples du Verbe l'ont aussi proclamé : «Nous avons mangé et bu avec Lui», non seulement avant la Passion, mais aussi après la Passion et la Résurrection. Ceux donc qui, par la force reçue de Dieu, sont capables de distinguer entre le précepte de la Loi et l'enseignement de la grâce ; qui savent que l'invisible de la première se rend, sous la seconde, visible et palpable ; à ceux qui, par conséquent, représentent et adorent dans des icônes Celui qui a été vu et touché -mémoire éternelle ! (Ter)
Ainsi que les Prophètes ont vu, que les Apôtres ont prêché, que l'Eglise a reçu, que les Docteurs ont dogmatisé et que l'univers a cru ; ainsi que la grâce a resplendi, que la vérité a été démontrée et l'erreur dissipée ; ainsi que la Sagesse a déclaré, et que le Christ a triomphé : ainsi nous pensons, ainsi nous parlons, ainsi nous proclamons, vénérant sans cesse le Christ Notre Dieu Véridique avec tous Ses saints, en paroles, en écrits, en pensées, par des sacrifices, des temples et des icônes ; nous adorons et vénérons le Christ comme Notre Seigneur et Notre Dieu ; nous révérons Ses saints à cause de Lui, le Maître de tous, et comme Ses serviteurs authentiques ; et nous les honorons d'une adoration relative :
telle est la foi des Apôtres, telle, la foi des Pères,
telle la foi des Orthodoxes,
telle enfin la foi qui a affermi l'univers.
Acclamations des orthodoxes
Remplis d'affection fraternelle et de piété filiale pour les hérauts de la foi, nous les honorons de ces acclamations, à la gloire et à la louange de la piété pour laquelle ils ont combattu :
A Germain, Taraise, Nicéphore et Méthode, évêques authentiques et hiérarques de Dieu, champions et docteurs de l'orthodoxie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Ignace, Photios, Stéphane, Antoine et Nicolas, les patriarches très saints et orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous les écrits ou paroles publiés contre les saints Patriarches Germain, Taraise, Nicéphore et Méthode ; Ignace, Photios, Stéphane, Antoine et Nicolas -anathème ! (Ter)
A tous les actes et innovations qui ont été ou seront à l'avenir perpétrés contre la tradition de l'Eglise et contre l'exemple ou l'enseignement de nos Pères saints et vénérables -anathème ! (Ter)
A Stéphane le Jeune, Saint Martyr et Confesseur -mémoire éternelle ! (Ter)
A Euthyme, Théophile et Emilien, glorieux Archevêques et Confesseurs -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théophylacte, Pierre, Michel et Joseph, les bienheureux Métropolites -mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean, Nicolas et Georges, les trois fois heureux Archevêques et Confesseurs et à tous les évêques du même sentiment qu’eux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théodore le très saint higoumène du Stoudion -mémoire éternelle ! (Ter)
A Isaac le Thaumaturge, Michel le Syncelle, Théophane et Théodore les Marqués, les bienheureux Confesseurs, ainsi qu’à Joannice le grand Prophète -mémoire éternelle ! (Ter)
A Mélétios et Hilarion, les très saints archimandrites et higoumènes du monastère de Dalmatos -mémoire éternelle ! (Ter)
A Syméon le très saint Stylite, colonne de l’Orthodoxie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Euthyme5, le très saint higoumène du monastère de Didyme -mémoire éternelle ! (Ter)
A Etienne le Jeune, notre père très saint -mémoire éternelle ! (Ter)
A Germain, le tout saint Patriarche Oecuménique -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théophylacte, le bienheureux métropolite -mémoire éternelle ! (Ter)
A Nikon le Métanoïté et à Joannice, les très saints thaumaturges -mémoire éternelle ! (Ter)
A saint Jean Damascène, prêtre et poète, qui par ses paroles et ses écrits, dans des luttes sans nombre, s'est montré l'adversaire inébranlable des hérésies et des ennemis des sacro-saintes icônes -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théophane, le très saint higoumène du monastère du Grand Champ-mémoire éternelle ! (Ter)
Condamnation des iconoclastes
Comme ces bénédictions adressées aux Pères descendent aussi sur nous, leurs enfants, qui brûlons d'imiter leur piété, de même les malédictions retombent sur les parricides et sur les contempteurs des commandements du Seigneur. C'est pourquoi, d'une voix unanime, nous, le corps plénier des fidèles, leur jetons ici la malédiction qu'ils ont eux-mêmes appelée sur leur tête.
A ceux qui acceptent en théorie l'Economie et l'Incarnation de Dieu le Verbe, mais ne supportent pas de la voir représenter sur les icônes ; qui tout en paraissant confesser notre salut, le renient donc en réalité ; à ces dénégateurs -anathème ! (Une fois)
A ceux qui s'attachent de façon erronée au terme d'indescriptible et refusent pour cette raison de représenter le Christ Notre Dieu Véridique, qui a en commun avec nous, de façon presque identique, la chair et le sang ; à ceux donc qui montrent par ce refus qu'ils sont des Phantasiastes -anathème ! (Une fois)
A ceux qui admettent, à contre-coeur, les visions des Prophètes, mais rejettent -ô l’étrange chose !- la représentation des images que les Prophètes ont contemplées avant même l'Incarnation du Verbe ; qui tantôt prétendent sottement que c'est l'essence même de Dieu que les Voyants ont vue, elle qui est invisible et insaisissable ; et tantôt consentent à dire que les Prophètes ont eu la révélation d'une image de la Vérité, de ses types et de ses figures, mais refusent catégoriquement de représenter le Verbe devenu homme et les Souffrances qu'il a acceptées pour nous ; à ces contempteurs -anathème ! (Une fois)
A ceux qui entendent le Seigneur dire : «Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez en moi» et ce qui suit, et qui connaissent cette parole de l'Ecriture : «Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre nos frères un Prophète comme moi» dite par Moïse à ceux qui ont des oreilles pour entendre ; et qui, ensuite de cela, affirment bien avoir reçu ce Prophète, mais ne proposent pas dans des images la grâce de ce Prophète et le Salut du monde ; qui ne représentent pas ce Prophète tel qu'Il a été vu, qu'Il s'est mêlé aux hommes, qu’Il a guéri des souffrances et des maladies incurables, a été crucifié, a été enseveli et est ressuscité, tel enfin qu'Il a tout accompli et supporté à cause de nous ; à ceux donc qui ne souffrent pas de voir sur les icônes ces hauts faits du salut de l'univers, qui ne les vénèrent ni ne se prosternent devant elles -anathème ! (Ter)
A ceux qui persistent dans l'hérésie iconomaque, ou pour mieux dire dans le reniement de la foi et dans l'hostilité au Christ ; qui ne veulent ni se laisser ramener par la Loi de Moïse sur la voie du salut, ni regagner, sous la houlette des enseignements apostoliques, le chemin de la piété, ni prêter l'oreille aux exhortations et aux explications des Pères pour revenir de leur erreur, qui, enfin, n'ont pas souci du consentement unanime des Eglises de Dieu partout répandues ; mais qui se rangent une fois pour toutes sous la bannière des juifs et des païens -car les blasphèmes que ces derniers profèrent contre le Prototype, les iconomaques ne rougissent pas de les lancer, à travers l'icône, contre Celui que l'icône représente. A ceux donc qui s'avèrent irrémédiablement possédés de cette erreur et qui ferment l'oreille à toute parole divine comme à tout enseignement inspiré ; à ces membres déjà pourris qui se détachent d'eux-mêmes du corps de l’Eglise -anathème6 ! (Ter)
HERESIES SUR L’ECONOMIE DE L’INCARNATION
Condamnation des idées d’Eustrate
Aux propositions contraires aux dogmes orthodoxes de l’Eglise et contenues dans les deux traités contre les Arméniens composés par Eustrate, l’ex‑métropolite de Nicée, et qui ont déjà été vouées à l’exécration ‑anathème !
A ceux qui introduisent des nouveautés de leur cru à propos de l’ineffable économie de l’Incarnation de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, et qui disent ou pensent que l’humanité du Christ adore en esclave Sa Divinité inaccessible et que cette condition servile lui appartient pour l’éternité, comme une propriété essentielle et inamissible7 ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui partagent l’hérésie des Jacobites et qui font fi des excommunications et autres châtiments divins et canoniques, selon l’humeur des Jacobites ‑anathème8 !
A ceux qui n’usent pas en toute piété de la distinction de raison9, pour montrer seulement l’hétérogénéité des deux natures qui se rencontrent ineffablement dans le Christ, unies en Lui sans confusion ni séparation ; mais qui abusent de cette distinction et vont jusqu’à affirmer que la chair que le Seigneur a prise10 diffère de la Divinité non pas seulement en nature, mais encore en dignité ; que cette chair adore donc Dieu, s’acquitte envers Lui du culte dû par un esclave à son Créateur, bref, Lui rend l’hommage qu’elle Lui doit à titre de créature, exactement comme le font les ministres de la liturgie céleste, les esprits angéliques qui servent et adorent Dieu en esclaves ; à ces théoriciens qui enseignent de surcroît que la qualité de Grand Prêtre Souverain appartient en propre à cette Livrée Assumée et non à Dieu le Verbe devenu homme ; à tous ceux qui osent par toutes ces propositions, diviser selon l’hypostase le Christ qui est un, notre Dieu et Seigneur ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui disent que la livrée assumée est esclave et à toutes les thèses en général que le champion de ces idées nouvelles a répandues ‑anathème11 !
A ceux qui disent ou pensent que l’humanité du Christ adore en esclave Sa Divinité inaccessible ou qu’elle est à jamais serve, cette qualité lui étant essentielle et inamissible ; ou qu’elle diffère de la Divinité en dignité ou Lui rend un culte et se fait la servante de Ses opérations ; ou qu’elle progresse et se parfait en vertu ; ou qu’étant imparfaite, elle aspire à la perfection conférée par Dieu ; ou encore qu’elle se purifie par des mérites qui l’améliorent, qu’elle fait conversion vers la Divinité et dépend d’Elle ; à ces hérétiques ‑anathème !
A ceux qui prétendent que le Grand Prêtre n’est pas purement et simplement le Christ ; mais spécifiquement la nature qu’Il a assumée ‑anathème !
Si quelqu’un n’emploie pas la distinction de raison avec une grande circonspection, pour montrer seulement la différence des natures qui concourent dans le Christ ; si on abuse de cette distinction et qu’on affirme que dans la même hypostase du Christ, il y a une chose qui est toujours maître et une autre toujours esclave ; que cette servilité est incluse dans l’essence de l’humanité du Christ et par conséquent inamissible ; et que la livrée assumée offre à Dieu l’adoration qui Lui revient, acquittant la dette de la créature envers Son Créateur, exactement comme les esprits de la liturgie céleste servent Dieu et Lui rendent un culte à titre d’esclaves ; aux tenants de ces idées ‑anathème !
Le Sacrifice du Christ
Aux inventions forgées et répandues par Michel, ancien docteur, ancien Prôtekdikos et Maïstor des rhéteurs et par Nicéphore Basilaque, docteur chargé d’expliquer les Epîtres, tous deux diacres de la sainte et grande Eglise de Dieu qui est à Constantinople ; à ces idées qui eurent aussi les suffrages d’Eustathe, le métropolite de Dyrrachium et que Sotérique, diacre de la même Eglise, défendit par écrit ‑cet homme fut un moment candidat au patriarcat de la ville de Dieu, la grande Antioche, et reçut le surnom de Panteugène ; ensemble, les autres thèses inventées et publiées par ce Sotérique ; à toutes ces propositions, donc, que leurs auteurs ont, du reste, rejetées et anathématisées par la suite et que le saint concile réuni sur ordre du grand roi orthodoxe, né dans la pourpre, l’Empereur de Rome, Manuel Comnène, a solennellement condamnées et exécrées ‑anathème !12
A ceux qui parlent mal du sacrifice que Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ a offert pour notre salut en souffrant Sa Passion rédemptrice de l’univers lorsqu’Il devint à cause de nous souverain sacrificateur selon Son humanité et immola Son corps et Son sang très précieux ; à ceux donc qui déclarent que ce sacrifice où Il fut à la fois Dieu, Sacrificateur et Victime, comme le dit saint Grégoire, le sublime Théologien, le Christ l’a bien offert à Dieu le Père, mais ne l’a point reçu avec Lui, en tant que Dieu, Lui, le Fils unique et le Saint Esprit13 ; étant donné que ces gens bannissent par cette théorie et Dieu le Verbe Lui‑même et l’Esprit Consolateur qui est consubstantiel et conglorifié avec Lui, de la vénération une et de l’honneur qui appartient à Dieu ; à ces impies -anathème ! (Ter)
A ceux qui disent que le sacrifice liturgique n’est pas offert à la Sainte Trinité toutes les fois que les prêtres, qui ont reçu du Christ le pouvoir de consacrer les divins mystères, célèbrent ce saint sacrifice ; par ce refus de reconnaître la vérité, ces gens contredisent les très sacrés et divins Pères, Basile et Chrysostome, avec qui s’accordent tous les autres pères théophores dans leurs paroles et leurs écrits ; à ces sacrilèges ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui interprètent la formule : «Faites ceci en mémoire de moi», que le Sauveur nous a prescrite pour consacrer les divins mystères, en prenant le terme de «mémoire» dans un sens non‑orthodoxe : car ils osent dire que le sacrifice offert dans chaque liturgie selon les commandements de notre Sauveur le Roi de l’Univers par les prêtres qui font la consécration des divins mystères, que ce sacrifice, donc, renouvelle à la manière d’une image et d’un pur simulacre le sacrifice que Notre Sauveur offrit sur Sa précieuse croix, sacrifice de Son propre corps et sang, pour la délivrance et la réconciliation universelle de la nature humaine. Selon leur théorie, donc, le sacrifice offert dans les liturgies n’est pas absolument identique au premier, accompli par le Sauveur, mais le reproduit à la manière d’une image ou d’un simulacre. Ces disputeurs exténuent ainsi le mystère de la divine et redoutable liturgie, où nous recevons les arrhes de la vie à venir. Ils sont d’autant plus coupables que notre divin Père Jean Chrysostome, ce trésor de sagesse à la bouche d’or, a expliqué clairement et distinctement l’unicité absolue du sacrifice et a rappelé à mainte reprise qu’il s’agit, ici et là, du même sacrifice, dans plusieurs de ses commentaires aux Epîtres du grand Paul. A ces obstinés -anathème ! (Ter)
Aux penseurs qui imaginent des étapes temporelles dans la rencontre qui a uni la nature humaine avec la nature divine et bienheureuse de la Toute Pure Trinité Principe de Vie ; ces gens décrètent que nous avons été réconciliés dans un premier temps avec le Verbe et Fils unique par la seule Incarnation ; et, dans un second temps seulement, avec Dieu le Père, lors de la Passion salvatrice du Christ Notre Maître. A ces diviseurs de l’indivisible, qui contredisent les Pères divins et bienheureux qui enseignent que par le mystère de l’Economie toute entière le Fils Unique nous a réconciliés à Lui et, par Lui et en Lui, à Dieu le Père, en même temps et de la même façon qu’au Tout Saint et Vivifiant Esprit ; à ces inventeurs de questions nouvelles et insolites ‑anathème ! (Ter)
Anathème aux hétérodoxes
A Constantin, Anastase et Nikitas, qui furent, sous les Isauriens, les instigateurs des hérésies ; à ces prêtres indignes et guides de perdition -anathème ! (Ter)
A ceux qui semblent être des nôtres par la foi, mais sont en réalité eux aussi des hétérodoxes à cause de la corruption de leur foi et de la scission qu’ils introduisent dans la Divinité, si bien que le Théologien les appelle des semi-ariens -anathème14 !
A Constantin Copronyme l’Isaurien -anathème !
A Théodote, Antoine et Jean, qui se sont contaminés l’un l’autre et se sont succédés dans l’impiété -anathème ! (Ter)
A Constantin de Nakolie, Constantin de Nicomédie et Constantin d’Ephèse, métropolites dissidents et hérésiarques, ‑ anathème ! La Trinité les a détrônés15.
A Paul, redevenu Saul par sa chute, à Théodore surnommé Gastès, à Stéphane Molite, à Théodore Crithinos, à Laloudios Léon et à quiconque partage leur hérésie, de quelque état, dignité ou cléricature qu’il soit, s’il persévère dans le sacrilège -anathème ! (Ter)
A Géronte, dont le point de départ fut Lampé et qui vomit en Crète le venin de son hérésie infecte et se proclama lui-même Oint et Messie, ruinant pour son malheur l’Economie salvatrice du Christ ; à cet homme, à ses dogmes et à ses écrits tordus, ainsi qu’à ses sectateurs -anathème ! (Ter)
Les Onze Chapitres de Jean Italos
A ceux qui tentent d'introduire, de quelque manière que ce soit, un nouvel examen et un enseignement nouveau sur l'indicible économie de l'Incarnation de Notre Dieu et Sauveur ; aux penseurs qui cherchent à savoir selon quel mode Dieu le Verbe Lui-Même s'est uni à la pâte humaine et dans quelle proportion Il a déifié la chair qu'Il avait assumée, bref, qui essayent, à grand renfort de raisonnements dialectiques, de disputer sur les mots de «nature» et d'«adoption» à propos de la nouveauté16 surnaturelle que sont les deux natures du Dieu-Homme ; à ces scrutateurs -anathème ! (Ter)
A ceux qui se prétendent orthodoxes, mais reprennent les dogmes sacrilèges des païens sur les âmes humaines, le ciel, la terre et les autres créatures, pour les introduire sans vergogne, ou plutôt en parfaits hérétiques qu'ils sont, dans l'Eglise orthodoxe et catholique -anathème ! (Ter)
A ceux qui donnent leur préférence à la prétendue sagesse des philosophes de ce monde, alors que cette sagesse est folie ; qui se mettent à l'école de ces professeurs et admettent la métempsychose des âmes humaines ou croient qu'elles périssent exactement comme celles des bêtes et retournent au néant ; ce qui conduit à rejeter la Résurrection, le Jugement et la Rétribution finale des actes de cette vie -anathème ! (Ter)
A ceux qui croient que la matière ou les Idées sont sans commencement17 ou co-éternelles au Dieu et Créateur de toutes choses ; qui dogmatisent que le ciel, la terre et le reste des créatures sont éternels et sans commencement et demeurent à jamais immuables ; qui posent ainsi une loi contraire à Celui qui a dit : «Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point» ; à ceux donc qui s'en tiennent à ces propos vides de sens et à ces idées terrestres et qui attirent sur leur tête la malédiction divine -anathème ! (Ter)
A ceux qui prétendent que les sages du paganisme, qui sont les premiers hérésiarques et qui ont été condamnés par les sept Conciles saints et universels, ainsi que par la voix unanime des Pères qui brillent dans l'éclat de l'Orthodoxie ; à ceux donc qui disent que ces penseurs païens, qui ont été frappés d'anathème comme étrangers à l'Eglise catholique, jouissent ici-bas, en vertu de la richesse impure et artificieuse de leur discours, d'un rang bien supérieur aux hommes pieux et orthodoxes qui ont commis quelque faute par ignorance ou par faiblesse humaine, et l'emporteront sur ces derniers lors du Jugement à venir -anathème ! (Ter)
A ceux qui ne reçoivent pas d'une foi simple et pure et de tout leur coeur les miracles extraordinaires de Notre Dieu et Sauveur, de Celle qui L'a enfanté sans tache, Notre Souveraine, la Mère de Dieu, et de tous les saints, mais qui s'ingénient à les calomnier par des raisonnements et des arguties sophistiques, pour démontrer leur impossibilité ; ou qui en donnent une fausse interprétation fondée sur leur quant-à-moi et leurs vues personnelles -anathème !
A ceux qui approfondissent les sciences païennes et ne se contentent pas de les étudier à titre de culture générale, mais suivent pour de bon les vaines doctrines des penseurs païens et les tiennent pour véridiques ; qui se mettent à faire fond sur elles, comme si elles avaient de la solidité, au point d'y convertir autrui, ouvertement ou en secret, et de les enseigner effrontément -anathème ! (Ter)
A ceux qui, non contents des chimères mythologiques forgées par leur fantaisie, veulent aussi reforger notre propre création ; qui tiennent pour réelles les Idées platoniciennes et disent que la matière possède une existence indépendante et qu'elle est mise en forme et structurée par le moyen de ces Idées ; à ceux qui calomnient ainsi ouvertement la liberté souveraine du Démiurge qui a amené toutes choses du non-être à l'être et leur assigne à toutes un commencement et une fin, avec l'autorité libre et absolue du Créateur -anathème ! A ceux qui prétendent que lors de la Résurrection universelle à la fin des temps, les hommes ressusciteront et seront jugés avec un autre corps que celui de la vie présente, ce dernier devant se décomposer et disparaître ; à ces jacasseurs qui sont aussi futiles que vains, puisque le Christ Notre Dieu Lui-Même, ainsi que Ses disciples, nos maîtres, ont enseigné que les hommes seront jugés avec le corps dans lequel ils auront vécu ; et le grand Paul, l'Apôtre des Gentils, a magistralement exprimé cette vérité en termes propres quand il a prêché la Résurrection ; il l'a expliquée par des exemples et a dénoncé la folie de ceux qui pensent autrement ; à ceux donc qui légifèrent contre de tels dogmes et enseignements -anathème ! (Une fois)
A ceux qui acceptent et qui enseignent les vaines théories des Païens ; qui reconnaissent la préexistence des âmes, refusent de croire que tout ait été fait et créé à partir de rien, assignent un terme au châtiment ou soutiennent la Restauration universelle de la création et des choses humaines ; qui introduisent par ce genre de doctrines un Royaume des Cieux passager et dissoluble, alors que le Christ Notre Dieu nous a appris et révélé que son Royaume est éternel et indéfectible ; nous savons également, par tout l'Ancien et le Nouveau Testament que le châtiment est sans fin et le Royaume éternel ; à ceux donc qui disent le contraire, qui provoquent ainsi leur propre perte et deviennent pour autrui les fourriers de la damnation éternelle -anathème ! (Ter)
Anathème au moine Nil18
A toutes les propositions impies du non-moine Nil et à ceux qui les confessent -anathème ! (Ter)
Premier concile sur l'expression «Mon Père est plus grand que moi»
Considérant les instructions que rédigèrent et nous transmirent autrefois les saints Pères théophores, hérauts de la Vérité et docteurs de la sainte Eglise de Dieu ; considérant aussi les clarifications et les définitions dont ces enseignements ont maintenant fait l'objet, depuis que, mû par une impulsion divine et par son zèle théologique, le prince couronné de Christ, le très puissant, sage en Dieu, orthodoxe et maître des trophées, notre saint et grand roi, né dans la pourpre, l'Empereur Manuel Commène, a fait assembler sur son ordre exprès le saint et divin concile qui a définitivement arrêté ces vérités ; nous décidons de procéder en ce jour vénérable et sacré à leur proclamation solennelle.19
A ceux qui n'acceptent pas en orthodoxes les divins énoncés des saints docteurs de l'Eglise de Dieu et tentent de déformer et d'interpréter à faux les propositions claires et manifestes qu'ils ont formulées avec la grâce du Saint-Esprit -anathème ! (Ter)
A ceux qui reconnaissent pour justes, à propos de ce mot : «Mon Père est plus grand que moi» les diverses interprétations que les saints Pères en ont données ; et qui pensent, en particulier, que cette parole de notre vrai Dieu et Sauveur Jésus-Christ s'applique à l'humanité qui était en Lui et selon laquelle Il a souffert ; chose qu'enseignent expressément et à plusieurs reprises les saints Pères dans leurs homélies inspirées ; aux même encore, qui disent que le Christ a souffert selon Sa Chair -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui pensent et enseignent que la déification de la livrée humaine assumée consiste dans une transformation de la nature humaine en Divinité ; qui ne croient pas que le Corps du Seigneur, du seul fait de l'union, participe effectivement à la dignité et à la majesté divines, reçoit une seule adoration avec Dieu le Verbe qui l'a assumé, possède avec Lui le même honneur, la même gloire, la même puissance de vivifier, ainsi que l'égalité de louange avec Dieu le Père et le Tout Saint-Esprit ; qu'Il siège sur le même trône, sans néanmoins devenir consubstantiel à Dieu au point de sortir de ses propriétés naturelles, comme le fait d’être créé, la délimitation dans un corps et les autres attributs qu'on observe dans la nature humaine du Christ, ni au point de se changer en l'essence de la Divinité. A ceux donc qui refusent cette distinction orthodoxe et admettent ou bien que l'Incarnation et les souffrances du Seigneur sont des mirages et non des réalités, ou bien que la Divinité même du Fils Unique a connu la souffrance -anathème ! (Ter)
A ceux qui disent que la chair du Seigneur a été, du seul fait de l'union, exaltée par-dessus tout et élevée au-dessus de toute gloire ; qu'elle est devenue, dès le premier instant de cette union, co-divine, sans changement ni altération, sans confusion ni mutation, en vertu de l'union hypostatique ; qu'elle demeure inséparable et indissociable de Dieu le Verbe qui l'a assumée, et qu'elle est vénérée dans l'égalité d'honneur avec Lui et adorée d'une seule et même adoration ; qu'elle siège à la droite du Père sur le trône royal et divin, devenue riche des gloires de la Divinité, par la communication des idiomes20, les propriétés des natures subsistant telles quelles ; à ceux qui parlent ainsi -mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui refusent les choses que les saints Pères ont dites pour l'affermissement des dogmes orthodoxes de l'Eglise de Dieu ; qui rejettent l'autorité d'Athanase, de Cyrille, d’Ambroise, d'Amphiloque ; celle de Léon, le héraut de Dieu, le très saint Pape de l'Ancienne Rome, ainsi que des autres Pères ; qui n'acceptent pas non plus les Actes des Conciles Oecuméniques, notamment ceux des Quatrième et Sixième Conciles -anathème ! (Ter)
Second concile sur le même objet
Quelques années après que les saints Pères eurent arrêté ces décisions et fixé le dogme relatif au mot du Seigneur : «Mon Père est plus grand que moi», les sots et les impies qui s'acharnaient contre l'interprétation orthodoxe et tentaient de la réfuter, furent l'objet de nouveaux anathèmes, que voici. Il faut noter que l'ex-métropolite de Corfou, nommé Constantin, neveu de l'archevêque de Bulgarie, était à cette époque favorable à ces idées. Toutefois, il fut de nouveau reçu dans l'Eglise, quelques années après, parce qu'il avait renoncé à ce parti pour se joindre aux orthodoxes, en jetant l'anathème sur les impiétés et les abominations qu'il avait auparavant défendues et dogmatisées.
A ceux qui ne recoivent pas cette parole de Notre Vrai Dieu et Sauveur Jésus-Christ : «Mon Père est plus grand que moi» selon les diverses interprétations que les saints en ont données ; pour certains Pères, en effet, ce mot se réfère à la Divinité du Christ et s'explique par la relation éternelle de causalité qui lie le Fils au Père, puisqu'Il naît du Père de toute éternité ; les autres Pères l'appliquent aux propriétés naturelles de la chair douée d’âme et d’intellect que le Fils, Parfait issu du Parfait selon le mode de l’essence divine, a assumée et hypostasiée, c'est-à-dire personnalisée en l'unissant à Sa Divinité ; ces propriétés sont : le caractère créé, la limitation, la sujétion à la mort et à toutes les passions naturelles et irréprochables : à l'égard de tout cela, donc, le Seigneur a déclaré Son Père plus grand que Lui-même. Mais les hérétiques soutiennent qu'il faut entendre cette parole de la chair prise en elle-même, conçue par la seule raison, comme séparée de la Divinité, ni plus ni moins que si l'union n'avait jamais eu lieu. De plus, ils ne prennent pas cette notion de «distinction de pure raison» au sens où l'ont employée les saints Pères. En effet ces derniers se sont servi de cette distinction pour traiter de la condition d'esclave et de l'ignorance assumées, parce qu'ils ne pouvaient souffrir d'outrager par ces termes la Chair du Christ, qui est co-divine et co-honorée. De façon toute différente, nos adversaires appliquent également cette distinction de pure raison aux propriétés naturelles, existant réellement, de la Chair du Christ, laquelle est hypostasiée dans sa Divinité et en demeure inséparable ; si bien qu'ils posent les mêmes dogmes à propos de choses qui n'ont pas d'existence personnelle ni de réalité effective et à propos de choses réelles et liées à une hypostase ; à ces vains discoureurs -anathème ! (Ter)
Aux propositions impies et pernicieuses dues au métropolite de Corfou, Constantin, neveu de l'archevêque de Bulgarie, qui les a lui-même anathématisées par la suite -anathème21 !
A tous ceux qui partagent ces idées -anathème !
A l'ex-métropolite de Corfou, neveu de l'archevêque de Bulgarie ; à ceux qui ont dogmatisé des erreurs pernicieuses et impies, à propos de la parole : «Mon Père est plus grand que moi», de Notre Vrai Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; à ceux qui ne croient ni ne confessent ces deux vérités : premièrement que cette parole est susceptible de diverses interprétations pieuses et orthodoxes que les saints Pères théophores lui ont données ; deuxièmement, que ce mot s'applique notamment à la chair même que le Fils unique de Dieu a prise de la Sainte Vierge et Mère de Dieu et qu'Il a hypostasiée dans Sa Divinité, de telle façon qu'elle conserve sans confusion ses propriétés intrinsèques après l'union indivisible. Ainsi donc, c'est par rapport à ces propriétés que Notre Seigneur a proclamé le Père plus grand que Lui, qui est adoré et glorifié d’une seule adoration avec la livrée qu’il a personnellement assumée et qui est co-divine et co-honorée avec Lui, le Père et le Tout Saint-Esprit. Mais les hérétiques maintiennent qu'il ne faut pas interpréter cette parole en concevant le Seigneur comme une seule hypostase porteuse des deux natures qu'elle tient unies, mais en isolant par la pensée la chair du Christ à part de Sa Divinité, en sorte qu'on n'y reconnaisse rien de plus qu'une chair semblable à celle de tout homme. Et ils osent ce blasphème, quoique un prince de la théologie, Jean Damascène, ait enseigné avec précision que l'on réserve l'usage de la distinction de pure raison à un seul cas : lorsqu'on parle de la chair du Christ et que l'on veut exposer des traits qui n'appartiennent pas directement et nécessairement à la nature humaine, mais expriment la servitude ou l'ignorance22. En conséquence, nous disons à l'adresse de ces hommes qui refusent de suivre les Conciles Saints et Oecuméniques, surtout le Quatrième et le Sixième, qui ont défini dans un esprit de justesse et de piété le dogme des deux natures unies en Christ sans confusion et ont enseigné à l'Eglise du Christ la confession orthodoxe de la vérité ; à ces misérables qui trébuchent et tombent dans de multiples hérésies -anathème ! (Ter)
A tous ceux qui partagent les idées de ce Constantin, neveu de l'archevêque de Bulgarie ; qui se montrent désolés et attristés de sa déposition, non par pitié pour lui, mais parce qu'ils ont eux-mêmes embrassé son impiété -anathème ! (Ter)
Au pseudo-moine, maître-sot et pourfendeur de moulins à vent, nommé Jean le Pacifique ou Jean Irénicos ; à ses écrits dirigés contre la piété et qui contiennent les mêmes opinions ; il y affirme en effet et déclare dogmatiquement que ce n'est pas l’humanité telle qu'elle se trouve dans Notre Seigneur et Sauveur Dieu Jésus-Christ, hyspostasiée et unie indissolublement à Sa Divinité sans division ni confusion, qui est l'objet de cette phrase : «Mon Père est plus grand que moi» que Notre Sauveur a prononcée, comme homme parfait, dans Son Evangile. Non, selon lui, ces mots s'entendent de l'humanité prise pour ainsi dire nue et totalement dissociée, par une pure vue de l'esprit, d’avec Sa Divinité, ni plus ni moins que si elle ne Lui avait jamais été unie ; bref, cette parole s'applique à notre humanité, conçue de façon abstraite et générale ; à Jean Irénicos -anathème ! (Ter)
ANATHEME AUX ICONOMAQUES
ET AUX AUTRES HERETIQUES
Au conciliabule qui a écumé sa morve contre les saintes icônes ‑anathème23 ! (Ter)
A ceux qui pensent que les invectives de l’Ecriture Sainte contre les idoles s’appliquent aux saintes icônes du Christ Notre Dieu et de Ses saints ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui communient en esprit avec les dénigreurs et les destructeurs des saintes icônes ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui blasphèment et outragent l’ordre sacerdotal, ‑anathème !
A ceux qui disent que les Chrétiens ont recours aux icônes et se tournent vers elles comme vers des dieux ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui disent qu’un autre que le Christ Notre Dieu nous a délivrés de l’égarement des idoles ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui osent prétendre que l’Eglise Catholique ait un moment admis les idoles et qui ruinent ainsi tout le mystère de la piété en insultant la foi des Chrétiens ‑anathème ! (Ter)
A quiconque se fera l’avocat d’un de ces hérétiques accusateurs des Chrétiens24 ; ou défendra la mémoire d’un de leurs partisans mort dans l’hérésie ‑anathème ! (Ter)
A ceux qui ne confessent pas que notre Souveraine Sainte Marie est authentiquement et véritablement génitrice de Dieu pour avoir enfanté dans la chair le Christ Notre Dieu ‑anathème !
A Serge, Onorios, Pyrrhos, Kyr et Marri, qui se sont transmis le mal les uns aux autres et se sont succédés dans l’impiété, ‑anathème !
A tous les Chrétiens orthodoxes ‑mémoire éternelle !
Aux sept Conciles Saints et Oecuméniques ‑mémoire éternelle !
Si quelqu’un n’adore (proskyneî) pas Notre Seigneur Jésus Christ délimité dans l’icône selon Son humanité ‑qu’il soit anathème ! (Ter)
Si quelqu’un ne confesse pas que le Christ Notre Dieu est délimité selon l’humanité ‑qu’il soit anathème !
A tous les Arméniens ‑anathème !
A tous les Jacobites ‑anathème !
A tous les Messaliens ‑anathème !
A tous les Nestoriens ‑anathème !
A Sévère, Dioscore, Eutychès et Pierre ‑anathème !
A tous les hérétiques ‑anathème ! (Ter)
CONDAMNATION DES HERESIES
DE BARLAAM ET D’ACINDYNE
A Barlaam, Acindyne, leurs disciples et leurs successeurs, ‑anathème25 ! (Ter)
Chapitres contre Barlaam et Acindyne
A ceux qui professent des opinions fausses et tiennent des propos dépourvus de sens sur la lumière qui rayonna du Seigneur lors de Sa divine Transfiguration ; disant tantôt que cette lumière est une image visuelle26, une chose créée et un simulacre un instant apparu et aussitôt évanoui ; tantôt, au contraire, qu’elle est l’essence même de Dieu. Ils tombent ainsi, avec leur cervelle dérangée, dans un gouffre de choses radicalement contradictoires et totalement impossibles. A ces malades atteints d’un double mal, qui souffrent d’une part de la folie d’Arius, lequel scindait en créé et incréé la Divinité Une et le Dieu Unique, et qui présentent en même temps les symptômes de l’hérésie des Messaliens, qui veulent que l’essence divine soit visible ; à ces égarés enfin qui ne confessent pas, selon la théologie des saints inspirés de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que cette lumière très-divine n’est ni une créature, ni l’essence de Dieu, mais la grâce, l’éclat et l’énergie naturelle et incréée qui jaillit perpétuellement de l’essence même de Dieu et en demeure inséparable ; à ces hérétiques ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes, qui croient et professent que Dieu n’a aucune énergie naturelle, mais qu’Il est seulement essence ; ces gens s’imaginent que l’essence de Dieu et l’énergie de Dieu sont la même chose et qu’il est absolument impossible de les différencier ; ils croient donc qu’on ne peut concevoir aucune distinction, sous quelque rapport que ce soit, entre l’essence et l’énergie divine ; mais que c’est la même chose qui est appelée tantôt essence, tantôt énergie. Ainsi, avec leur sottise, c’est l’essence même de Dieu qu’ils font totalement disparaître et réduisent au néant ! En effet, les Docteurs de l’Eglise déclarent expressément que seul le néant est sans énergie. De plus, ils sont gravement atteints de sabellianisme et ils osent remettre à l’honneur cette vieille hérésie prêchant la contraction, la confusion et la coalescence27 des Trois Personnes de la Divinité, en l’appliquant maintenant à l’essence et à l’énergie divines ; si bien qu’ils égalent Sabellius dans l’impiété par la confusion qu’ils introduisent. Enfin, ils refusent de confesser, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, à la fois l’essence de Dieu et Son énergie essentielle et naturelle ; cette confession a pourtant été clairement exposée par la plupart des saints et principalement par les Pères du Sixième concile Saint et Oecuménique, qui ont consacré toute leur sainte réunion à la question des deux énergies, divine et humaine, et des deux volontés du Christ. Ces impies rejettent ainsi cette vérité, que l’essence et l’énergie divines sont à la fois unies sans confusion et distinguées sans séparation ; car elles se différencient l’une de l’autre sous divers rapports, notamment comme la cause de l’effet et l’imparticipable du participé, les premières de ces qualités appartenant à l’essence, les autres à l’énergie. Aux partisans donc de ces dogmes hérétiques ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes encore, qui croient que toute force et énergie naturelle de la Divinité tri‑hypostatique est créée ; position qui les conduit fatalement à penser que l’essence divine aussi est chose créée, puisque, selon les saints, une énergie créée manifeste une nature également créée ; tandis que l’énergie incréée caractérise l’essence incréée. Ainsi, ces gens courent le risque, avec leur théorie, de verser dans la mythologie païenne et dans l’athéisme le plus total, en mêlant à la foi pure et immaculée des Chrétiens, l’adoration des créatures. Attendu qu’ils ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que toute force et énergie naturelle de la Divinité aux Trois Hypostases est incréée ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes, qui croient et professent que la distinction dont nous parlons implique nécessairement composition en Dieu. Ils se montrent ainsi rétifs à l’enseignement des saints, qui nous apprennent que l’existence des propriétés naturelles n’entraîne pas de composition dans la nature. Ce faisant, ces hommes accusent et calomnient non seulement nous, mais tous les saints qui à mainte reprise et en mainte occasion ont explicitement enseigné à la fois que Dieu est simple et sans composition et que l’essence diffère de l’énergie divine ; ils ont ainsi montré clairement que cette différence ne nuit en rien à la simplicité divine. Car ils n’eussent pas présenté si ouvertement une théologie si contradictoire. A ces tisseurs de vent qui ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que cette différence digne de Dieu garde absolument intacte la simplicité divine ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes, qui croient et confessent que la grâce divine et éternelle du Père, du Fils et du Saint Esprit et que la lumière du siècle à venir où les justes brilleront comme le soleil, ainsi que le Christ l’a montré en brillant sur la Montagne ; en bref, qui dogmatisent que toute force et énergie de la Divinité aux Trois Hypostases et, en général, que tout ce qui diffère de la nature divine est créé ; qui scindent de façon impie la Divinité une en créé et incréé ; et qui, enfin, pour couronner leur démence, flétrissent du nom de dithéistes les fidèles qui confessent pieusement comme incréée cette lumière divine, ainsi que toute force et toute énergie de Dieu, parce qu’aucun des attributs naturels de Dieu n’est de date récente. Ces hérétiques nous accusent de polythéisme, comme le font les juifs, les Sabelliens et les Ariens ; à ces impies calomniateurs et à tous ceux qui partagent leurs idées ‑anathème ! Aux mêmes, qui croient et professent que le nom de «Divinité» ne s’applique qu’à l’essence divine ; et qui ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que ce terme convient tout autant à l’énergie divine. Ainsi, qu’on l’emploie dans l’un ou l’autre sens, on confesse dans les deux cas une seule Divinité du Père, du Fils et de l’Esprit, qu’il s’agisse de leur essence ou de leur énergie. Tel est l’enseignement que nous ont donné nos divins mystagogues. A ceux qui rejettent ces divines vérités ‑anathème ! (Ter)
Aux mêmes enfin, qui croient et professent que l’essence divine est susceptible d’être participée par la créature ; qui ont ainsi le front de réintroduire dans notre Eglise, par des voies détournées, la vieille hérésie des Messaliens, jadis rongés de cette fausse croyance, et qui ne confessent pas, selon la théologie inspirée des saints de Dieu et la pieuse doctrine de l’Eglise, que l’essence est totalement inaccessible et imparticipable, tandis que la grâce et l’énergie divine sont au contraire participables ; à ces hérétiques ‑anathème ! (Ter)
A tous leurs écrits et paroles sacrilèges, ‑anathème ! (Ter)
A Isaac surnommé Argent28, qui a souffert durant toute sa vie du syndrome de Barlaam‑Acindyne ; cet homme, même à la fin de ses jours, lorsque l’Eglise lui demanda, comme elle l’avait déjà fait plusieurs fois, de faire pénitence et de revenir vers Elle, persista dans son impiété et rendit misérablement l’esprit dans la confession de son hérésie. A Isaac Argent ‑anathème ! (Ter)
Anathème contre Nicéphore Grégoras et les frères Cyndonès29
Au non-moine Nicéphore dit Grégoras, qui fut infecté en profondeur par l’hérésie de Barlaam et Acindyne. Cet homme a vomi des blasphèmes, comme un athée fini qu’il était, contre la grâce divine et la divine lumière du Thabor. Il a écrit d’une main et d’un coeur licencieux contre l’Eglise du Christ et contre Ses pasteurs, et notamment contre Grégoire, le saint évêque de cette ville. A cet insolent, qui a semé des troubles sans nombre dans l’Eglise du Christ, pour finir par rendre son âme misérable dans la confession de son hérésie ‑anathème30 !
Au pseudo‑moine Prochore Cyndonès31, successeur direct de Barlaam et d’Acindyne dans le mal, l’athéisme et l’impiété. Non content de dogmatiser avec eux que la grâce divine commune aux Trois Personnes, ainsi que la force et l’énergie naturelle de la Divinité Tri‑hypostatique sont des choses créées ; non content de croire comme eux que la lumière qui a rayonné de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ au jour de Sa très divine Transfiguration sur la montagne, est également une créature ; quoique tous les saints Théologiens et nos Pères théophores chantent, prêchent et théologuent à l’unisson que cette lumière est la Gloire divine, l’éclat et le Royaume de Dieu ; à la fois Divinité incréée, lumière inaccessible et illimitée, et effusion incompréhensible et ineffable de la splendeur divine. Non content, disons‑nous, de ces blasphèmes, il s’est encore attaqué, d’un coeur plein d’insolence et d’une plume infecte, aux autres dogmes apostoliques et patristiques de l’Eglise du Christ et il a écrit contre eux des horreurs telles que nul autre, parmi tous les hérétiques qui ont jamais été, n’avait osé en écrire. Il a même éructé cette abomination : que la livrée de Dieu le Verbe, c’est‑à‑dire la Chair royale de Notre Seigneur Jésus Christ, en laquelle a habité corporellement toute la plénitude de la Divinité, que cette Chair, donc, était revêtue, avant l’élévation sur la Croix, des Principautés et des Puissances, autrement dit, des démons ! Ce Prochore a été dévoilé et confondu dans un synode, au cours duquel on produisit ses ouvrages, en le mettant en demeure ou de les contredire par de nouveaux textes ou de leur jeter l’anathème. Il refusa et persista dans ses impiétés. A ce lamentable personnage, qui a rendu l’âme dans sa confession hérétique ‑anathème !
A Démétrios surnommé Cyndonès32, qui a été toute sa vie un athée, atteint du délire et de la lèpre de Barlaam et d’Acindyne. Il a craché sa morve et son venin contre l’énergie divine et la lumière incréée qui a resplendi sur le mont Thabor. Il a décrété, avec autant de prétention dans la pensée que dans l’expression, que l’essence divine ne peut être que ou privée d’énergie ou pourvue d’une énergie créée, édictant ainsi des dogmes en parfaite conformité avec la mythologie du paganisme. Malgré les exhortations paternelles que lui ont adressées à mainte reprise l’Eglise du Christ et les Pasteurs qui la gouvernaient alors, malgré les invitations qu’on lui a faites de renoncer à cette hérésie mortelle, il a fermé les yeux de son intelligence à l’éclat de la vérité. Il est entré dans la lice aux côtés du pseudo‑moine, ou pour mieux dire, du fléau de Dieu, Prochore Cyndonès, son frère, qui l’avait converti à cette hérésie. Il a blasphémé, avec des mots et des idées infectes, les Pères sacrés qui ont brillé en leur temps en fixant les dogmes inspirés par Dieu. Ces horreurs sont apparues après sa mort, avec l’édition de ses écrits ignobles, qu’il avait tenus cachés toute sa vie, dignes qu’ils étaient des ténèbres, ces fruits d’un labeur acharné contre les champions de la Vérité ! A ce déserteur, à cet apostat, qui s’est exilé de Dieu, de son Eglise, de sa patrie, des dogmes divins et des Saintes Ecritures, pour finir sa vie en terre étrangère, dans la honte et la privation de Dieu ‑anathème !
ANATHEME A TOUS LES HERETIQUES
Au premier théomaque Arius, le fondateur des hérésies -anathème ! (Ter)
A Pierre le Foulon, l’insensé qui a dit : Saint Immortel qui a été crucifié pour nous33 -anathème ! (Ter)
A Nestorius, frappé de Dieu, qui a déclaré passible la Sainte Trinité, et à Valentin l’insensé -anathème ! (Ter)
A Paul de Samosate et à Théodote son co-initié dans l’erreur, ainsi qu’à l’autre Nestorius, l’insensé -anathème ! (Ter)
A Pierre l’Infortuné, l’hérétique, surnommé Pierre Garou, à Eutychès et à Sabellius, les cacodoxes -anathème ! (Ter)
A Jacques Stanstalos l’Arménien, à Dioscore, Patriarche d’Alexandrie, à Sévère l’impie, ainsi qu’à Serge, Paul et Pyrrhus unis dans l’erreur de Serge, disciple de Pierre-Garou -anathème ! (Ter)
A tous les Eutychianistes, à tous les Monothélites, à tous les Jacobites, à tous les Arzibourites et, en un mot, à tous les hérétiques -anathème ! (Ter)
ANATHEME CONTRE L’OECUMENISME (1983)
A ceux qui attaquent l’Eglise du Christ en enseignant que l’Eglise du Christ est divisée en soi‑disant «branches» qui divergent entre elles quant à la doctrine et au mode de vie, ou que l’Eglise n’existe pas visiblement, mais sera formée, dans le futur, lorsque toutes les «branches», sectes ou confessions et religions même, seront unifiées en un seul corps ; et qui ne distinguent pas le Sacerdoce et les Mystères de l’Eglise de ceux des hérétiques et qui disent que le baptême et l’eucharistie des hérétiques sont efficaces pour le salut ; de même, à ceux qui, en toute connaissance de cause, sont en communion avec les hérétiques sus‑mentionnés ou qui plaident, répandent ou défendent leur nouvelle hérésie de l’Oecuménisme sous prétexte de l’amour fraternel ou de l’unification supposée des chrétiens séparés, ‑anathème !
Sur les raisons de l’ajout de cet ultime anathème, voir l’Editorial.
LOUANGE DES ORTHODOXES
Acclamations des Orthodoxes
A Michel, notre empereur orthodoxe et à Théodora la bienheureuse impératrice -mémoire éternelle ! (Ter)
A Andronic Paléologue, notre empereur vénérable et bienheureux, qui a réuni le premier concile contre Barlaam et a généreusement présidé aux destinées de l’Eglise du Christ et de ce saint concile34 ; par ses actes, ses propos tenus en privé et ses magnifiques discours publics, il a raffermi les dogmes évangéliques et apostoliques ; il a bousculé et bouté hors de l’Eglise le susdit Barlaam avec tout son bataclan d’hérésies, de livres et de bafouillages publiés contre notre foi orthodoxe ; à ce vaillant qui, au milieu de ses saints combats et de ses belles actions à la défense de la piété, a été heureusement ravi de ce monde et porté dans la vie meilleure et bienheureuse du Ciel ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Grégoire, le très saint métropolite de Thessalonique, qui, au cours d’un concile réuni dans la Grande Eglise, a vaincu de haute lutte Barlaam et Acindyne, chefs et inventeurs des nouvelles hérésies, ainsi que la tourbe de leurs partisans ; qui a confondu ces gens effrontés, qui avaient proclamé que la force et l’énergie naturelle de Dieu, qui est inséparable de Dieu, et que toutes les propriétés naturelles en général de la Sainte Trinité, étaient des créatures ; ils disaient en particulier que la lumière inaccessible de la Divinité qui a rayonné du Christ sur la Montagne est une divinité créée ; ils essayaient ainsi de réintroduire misérablement les fables païennes et les idées platoniciennes dans l’Eglise du Christ. A ce sage, monté en première ligne, qui a combattu vaillamment pour l’Eglise universelle du Christ et pour les dogmes vrais et infaillibles sur la Divinité ; qui n’a cessé de prêcher, dans ses homélies, ses traités et ses entretiens, une Divinité Unique et Un Seul Dieu en Trois Hypostases, énergique, volontaire, tout‑puissant et incréé, comme l’enseignent les Saintes Ecritures et les Théologiens qui les ont expliquées : Athanase, Basile, Grégoire, Jean Chrysostome, Grégoire, Cyrille leur prédécesseur, Maxime le sage et Jean, le chantre de Dieu à Damas, sans oublier tous les autres Pères et Docteurs de l’Eglise du Christ ; à Saint Grégoire Palamas, donc, qui s’est révélé, dans ses paroles et ses actions, le partisan, le compagnon, l’associé, l’émule et l’allié de tous les Pères ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Nil le très saint archevêque de Thessalonique, qui a combattu en paroles, en actes et par des écrits divins pour la défense de l’Eglise du Christ ; qui a réfuté et couvert de honte, par ses discours pleins de sagesse divine et ses démonstrations inattaquables, la fadaise de Barlaam et Acindyne ‑mémoire éternelle !
A tous ceux qui ont combattu pour l’orthodoxie aux côtés de l’Empereur Andronic de bienheureuse mémoire ; qui, avec lui, ont soutenu vaillamment l’Eglise du Christ, par leurs discours, leurs écrits, leurs discussions, leurs enseignements, bref, par tous leurs actes et leurs paroles ; qui ont dénoncé et rejeté hors de l’Eglise les mille espèces d’hérésies maudites inventées par Barlaam, Acindyne et leurs sectateurs ; à ces vaillants qui ont prêché avec éclat les dogmes apostoliques et patristiques, ces trésors de la vraie piété ; qui, pour cette raison, ont été diffamés et calomniés par les cacodoxes et ont subi les mêmes outrages que nos saints Pères et Docteurs théologues et théophores ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui confessent un seul Dieu en Trois Personnes, tout‑puissant et incréé non seulement quant à l’essence et quant aux hypostases, mais encore quant à l’énergie ; à ceux qui disent que l’énergie divine provient de l’essence divine, mais provient d’elle indivisiblement, indiquant par le terme de «provenir» l’ineffable distinction qui existe entre l’essence et l’énergie ; et montrant par l’adverbe «indivisiblement» leur union surnaturelle, selon les déclarations du saint Sixième Concile Oecuménique ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui confessent que Dieu est incréé et sans commencement35 selon l’énergie, exactement comme Il l’est selon l’essence, l’expression de «sans commencement» voulant dire ici «hors du temps36» ; qui disent que Dieu, selon l’essence divine, est absolument imparticipable et incompréhensible ; mais qu’Il Se laisse participer par ceux qui en sont dignes, selon l’énergie divine et déifiante, comme le déclarent les théologiens de l’Eglise ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui confessent que la lumière qui a ineffablement resplendi sur la montagne de la Transfiguration du Seigneur est une lumière inaccessible et illimitée, effusion incompréhensible de la splendeur divine, gloire indicible, gloire plus que parfaite et originelle de la Divinité, éclat intemporel du Fils et Royaume de Dieu, beauté véritable et souverainement aimable qui entoure la nature divine et bienheureuse ; gloire naturelle de Dieu, et Divinité du Père et de l’Esprit qui rayonna comme l’éclair dans le Fils Unique, ainsi que l’ont dit nos divins Pères théophores, Athanase et Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome et Jean Damascène ; à ceux qui, en conséquence, croient que cette lumière très divine est incréée ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A ceux qui croient que la lumière de la Transfiguration est incréée, pour les raisons qu’on a dites ; et qui confessent aussi qu’elle n’est cependant pas l’essence suressentielle de Dieu, laquelle demeure absolument invisible et imparticipable ; car «Dieu, personne ne L’a jamais vu» ; ce qui veut dire : personne ne L’a vu tel qu’Il est selon la nature, comme l’expliquent les théologiens. A ceux donc qui disent que cette lumière n’est pas l’essence, mais la gloire naturelle de l’essence suressentielle, qui provient de l’essence sans se séparer d’elle37 et se fait voir, par la bienveillance de Dieu, à ceux qui ont l’esprit purifié ; et que c’est dans cette gloire, enfin, que Notre Seigneur Dieu viendra lors de Son second et redoutable avènement juger les vivants et les morts, comme l’enseignent les théologiens de l’Eglise ‑mémoire éternelle ! (Ter)
Eloge des Empereurs, Impératrices
Patriarches et Métropolites défunts
A Michel III notre roi orthodoxe et à sa sainte mère Théodora ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Basile, Constantin, Léon, Alexandre, Christophe, Romain, Constantin, Romain, Nicéphore, Jean, Basile, Constantin, Andronic, Romain, Michel, Constantin, Michel, Isaac, Constantin, Romain, Andronic, Michel, Nicéphore, Isaac, Alexis, Jean ; Andronic et Isaac les très fortunés Sébastocrates et nés dans la pourpre ‑mémoire éternelle ! A Isaac qui devint moine et prit l’habit angélique et divin sous le nom de Joannice ; à Manuel, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Matthieu ; à Alexis, Isaac, Alexis et Théodore, qui tous ont échangé la royauté terrestre pour le Royaume des Cieux ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean Doucas, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Théodore Doucas notre glorieux empereur de pieuse mémoire, qui revêtit le monachisme et prit l’habit angélique et divin sous le même nom de Théodore ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Michel IX Paléologue le Jeune, notre très glorieux empereur de pieuse mémoire ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Andronic Paléologue notre glorieux empereur de pieuse mémoire qui porta l’habit angélique et divin sous le nom d’Antoine ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Andronic Paléologue notre glorieux empereur entré en possession du pieux héritage, le roi très orthodoxe et ami du Christ, ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean Cantacuzène, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, très pieux et ami du Christ, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Joasaph et qui a lutté toute sa vie, avec ténacité et de toute son âme, en parole, en actions, par ses discours et ses écrits, pour la défense de l’Eglise du Christ et de ses dogmes orthodoxes, pour l’affermissement des doctrines apostoliques et patristiques de l’Eglise et pour l’éviction de l’hérésie maléfique et athée de Barlaam, Acindyne et leurs partisans ‑mémoire éternelle ! (Ter)
A Manuel notre despote très orthodoxe, qui revêtit l’habit angélique et divin sous le nom de Macaire ‑mémoire éternelle !
A Jean Paléologue, notre glorieux empereur de pieuse mémoire ‑mémoire éternelle !
A Jean VII Paléologue, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Joseph, ‑mémoire éternelle !
A Manuel II Paléologue, notre glorieux empereur de pieuse mémoire, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Matthieu -mémoire éternelle !
A Eudocie, Théophanô, Théodora, Hélène, Théophanô, Sophie, Théodora, Zoï, Théodora, Catherine, Eudocie, Marie, Irène, Irène, Irène, Marie, qui prit le divin schème angélique des moniales sous le nom de Xénie, Euphrosyne, Anne et Hélène, les très pieuses Augustas -mémoire éternelle ! (Ter)
A Irène notre très pieuse et glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Eugénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Théodora, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Eugénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Irène, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire -mémoire éternelle ! (Ter)
A Marie, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom de Xénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Anne, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Anastasie et qui lutta toute sa vie et de toute son âme, par ses paroles et par ses actes, pour l’affermissement des dogmes apostoliques et patristiques de l’Eglise et pour l’éradication de l’hérésie maléfique et athée de Barlaam, Acindyne et leurs partisans -mémoire éternelle ! (Ter)
A Irène, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Eugénie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Anne, épouse de Jean VIII, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire -mémoire éternelle ! (Ter)
A Hélène, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom d’Hypomonie qui signifie Patience -mémoire éternelle ! (Ter)
A Marie, notre glorieuse souveraine de pieuse mémoire, qui prit le divin schème angélique sous le nom de Macarie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Silvestre, Damase, Célestin, Léon, Vigile, Agathon, Adrien et Grégoire le Dialogue, les très saints et bienheureux papes de l’Ancienne Rome et à tous les évêques qui pensent comme eux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Germain, Taraise, Nicéphore et Méthode, les très glorieux et bienheureux patriarches -mémoire éternelle ! (Ter)
A Ignace, Photios, Stéphane, Antoine, Nicolas, Euthyme, Stéphane, Tryphon, Théophylacte, Polyeucte, Antoine, Nicolas, Sisinnios, Serge, Eustathe, Alexis, Michel, Constantin, Jean, Côme, Eustrate, Nicolas, Jean, Léon, Michel, Luc, Michel, Chariton, Théodose, Basile, Théodote, Nikitas, Léon, Dosithée, Mélétios, Pierre, Georges, Jean, Michel, Théodore, Maxime, Manuel, Méthode qui prit l’habit angélique et divin sous le nom d’Acace, et Manuel qui fit de même sous le nom de Matthieu ; à tous ces patriarches orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
A Germain le glorieux patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux, qui prit l’habit angélique et divin sous le nom de Georges -mémoire éternelle ! (Ter)
A Arsène, le très saint et très glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Joseph, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Athanase, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Gérasime le très saint et vénérable Patriarche -mémoire éternelle ! (Ter)
A Isaïe, le très saint Patriarche -mémoire éternelle ! (Ter)
A Isidore, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Calliste, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Philothée, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux et qui lutta avec vigueur pour la défense de l’Eglise du Christ et de ses dogmes orthodoxes et combattit fermement par ses paroles, ses actes, ses entretiens, ses écrits et ses enseignements -mémoire éternelle38 ! (Ter)
A Macaire, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Nil le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux, qui a fermement combattu pour l’Eglise du Christ et pour ses dogmes orthodoxes et qui a mis ses paroles, ses actes, ses enseignements, ses écrits et ses bonnes oeuvres au service de cette lutte sacrée -mémoire éternelle ! (Ter)
A Antoine, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Calliste, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Matthieu, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux -mémoire éternelle ! (Ter)
A Euthyme, le très saint et glorieux Patriarche entré en possession de l’héritage bienheureux, qui a excellé en tout ; il a possédé une connaissance parfaite aussi bien de la culture humaine extérieure à l’Eglise que de la sagesse divine ; dès l’enfance, il a choisi d’embrasser la vie selon le Christ et il a brillé dans cette voie glorieuse. Il a nourri un zèle ardent pour les dogmes orthodoxes de l’Eglise et, par l’exemple de sa vie, par son enseignement, ses bonnes oeuvres et ses entretiens, il a conduit une multitude d’âmes à la vertu divine. A ce saint qui, tel un flambeau brillant à la cime des vertus, éclaire de ses rayons jusqu’aux confins de l’univers
-mémoire éternelle ! (Ter)
A Jean le Miséricordieux, Athanase et Cyrille, Pierre et Alexandre, les glorieux Patriarches d’Alexandrie -mémoire éternelle ! (Ter)
A Christophe, Théodore, Agapios, Jean, Nicolas, Elie, Théodore, Basile, Pierre, Théodose, Nicéphore, Jean, Luc, Athanase, Théodore et Cyrille, les glorieux Patriarches d’Antioche -mémoire éternelle ! (Ter)
A Sophron, Cyrille, Thomas, Basile et Jean, les glorieux et bienheureux Patriarches de Jérusalem -mémoire éternelle ! (Ter)
A Damien, Basile, Constantin, Nicéphore, Léon et Sisinos, Basile et Joseph, Michel et Christophe, Nicéphore, Georges, Pantaléon et Alexandre, Cosmas et Constantin, Théophane, Pierre, Jean, Nicéphore, Georges, Nicolas et Jean, les Métropolites orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
A Michel, Métrophane, Mélétios, Ignace et Maxime, les Métropolites glorieux des Pères Anciens -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous les très saints Patriarches, Archevêques et Evêques orthodoxes ayant dispensé fidèlement la parole de Vérité, qui ont échangé la sainteté terrestre contre la béatitude céleste -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous nos Pères saints et bienheureux, à tous les hommes théophores, très sacrés et saints parmi les saints, qui se sont réunis dans les saints et divins Conciles Oecuméniques ; qui ont été les Grands Prêtres authentiques de Dieu, les champions et les docteurs de l'Orthodoxie et qui ont livré le bon combat pour la foi orthodoxe des chrétiens -mémoire éternelle ! (Ter)
A tous les patriarches glorieux et orthodoxes -mémoire éternelle ! (Ter)
Memento des vivants
Après avoir fait mémoire des Rois et Patriarches en exercice et de tous les vivants, on ajoute :
La Sainte Trinité les a glorifiés !
Aux chrétiens orthodoxes -mémoire éternelle !
Tels sont les hommes qui ont lutté et combattu jusqu'à la mort pour la défense de la foi et de la piété. Supplions instamment Notre Dieu qu'Il nous accorde d'être instruits et fortifiés par l'exemple de leurs épreuves et de leur enseignement ! Qu'Il nous donne aussi d'imiter jusqu'à la fin leur vie et leurs actes divins ! Puissions-nous l'obtenir, par la grâce et les miséricordes du Suprême et Premier Grand Prêtre, le Christ Notre Dieu Véridique, par les prières de notre Souveraine, glorifiée par-dessus tout, la Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie, par les supplications des anges semblables à Dieu et de tous les saints.
AMEN !
APPENDICES39
1. Chapitres publiés par l’Empereur Alexis Comnène.
Les Bogomiles qui se trouvent à Palerme et ceux du Catépanat40 : anathème.
Aux théories introduites au mépris de la foi chrétienne orthodoxe par Jean Italos et les disciples qui ont partagé son ignominie ; à leurs dogmes et discours païens et hétérodoxes, ennemis de la foi catholique et immaculée des Orthodoxes -anathème41 !
Ceux qui font usage de philtres et de sortilèges pour la mort d’êtres humains, leurs frères -anathème !
Ceux qui se servent de connaissances magiques, sur mer, sur terre, ou partout ailleurs -anathème !
2. Condamnation des Bogomiles42.
A ceux qui ne confessent pas une seule nature dans la Sainte Trinité, qui est consubstantielle, indivisible, partageant le même honneur et siégeant sur le même trône, coéternelle, Père, Fils et Saint Esprit ; mais qui ajoutent un certain ange dénommé Amen, dont ils font le Fils ; et qui disent que l’Esprit Saint provient d’une autre nature encore, elle aussi inférieure, alors que nous savons que Sa puissance est celle même du Père et du Fils ; à cette engeance de menteurs -anathème !
A ceux qui disent que ce n’est pas Dieu qui a fait le ciel et la terre et toutes les créatures, modelé Adam et formé Eve, mais que c’est l’Adversaire qui est le prince et l’auteur de toutes choses et le modeleur de la nature humaine ; à ces blasphémateurs -anathème !
A ceux qui ne confessent pas que le Fils et Verbe de Dieu, né du Père sans altération avant tous les siècles, s’est dans les derniers temps incarné de la très pure Mère de Dieu Marie à cause des entrailles de Sa Miséricorde infinie et s’est fait homme pour notre salut, assumant tout ce qui nous appartient hormis le péché ; à ceux qui ne communient pas dans la crainte à Ses saints et immortels Mystères comme à la Chair même du Maître et à Son Sang très pur et précieux répandu pour la vie du monde ; mais qui n’y voient que du pain ordinaire et un simple mélange de vin et d’eau ; à ces sacrilèges -anathème !
A ceux qui n’adorent pas la Croix de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ parce qu’elle est la gloire et le salut de l’univers, l’instrument qui a brisé et anéanti les armes et les stratagèmes de l’ennemi, qui a délivré la création de la souillure des idoles et fait briller la victoire sur le monde ; à ceux donc qui ne voient en elle que l’instrument d’un tyran -anathème !
A ceux qui n’adorent pas la Sainte et Vénérable Icône de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ comme le portrait de Dieu le Verbe incarné pour nous et qui refusent de Le glorifier tel qu’ils Le voient dans Son icône ; qui agissent de même à l’égard de Sa très pure Mère et de tous ses Saints ; à ceux donc qui appellent toutes leurs icônes des idoles -anathème !
A Paul de Samosate, Luc, Blaise, Barnabé, Antoine, Rodinace, Anthos, Léon, Pierre et Nicolas, ainsi qu’à tous les autres docteurs trois fois maudits de cette nouvelle hérésie, précurseurs de l’Antichrist et créatures de Satan -anathème !
Notre Dieu et Sauveur Jésus Christ nous a transmis par Ses saints disciples et Apôtres le mystère de la foi dans sa pureté et Il a dit que dans les derniers jours, viendront beaucoup de «faux‑prophètes et de faux‑christs» et nous a commandé de nous garder de ces gens‑là ; à Sa suite, Paul, le héraut de Dieu, écrit à Timothée que «dans les derniers temps des hommes déserteront la foi, pour s’attacher à des esprits d’erreur et à des enseignements de démons, avec l’hypocrisie de gens qui mentent, ayant insensibilisé leur conscience au fer rouge ; ils prohiberont le mariage, interdiront des aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient consommés avec action de grâce par les fidèles, qui ont compris la vérité : que toute créature de Dieu est bonne, si elle est prise avec action de grâce ; car elle est sanctifiée par la Parole de Dieu et la prière» ; il dit encore : «De leur nombre sont ceux qui s’introduisent et s’immiscent dans les maisons et traînent captives après eux des femmelettes de rien, chargées de monceaux de péchés, tiraillées par mille passions, toujours en train d’apprendre et à jamais incapables de parvenir à la connaissance de la vérité».
Notre Dieu et Sauveur ayant fait cette prophétie et l’Apôtre ayant ainsi prêché, soyons sur nos gardes, bien aimés. Car voici, conformément à ces prédictions, et alors que nous sommes entrés dans les derniers temps, que l’hérésie des Messaliens, dits aussi Bogomiles, ce pot‑pourri d’erreurs aux mille et un noms, prolifère dans toutes les villes, campagnes et provinces43, où ses missionnaires inlassables vont séduire les âmes les plus simples ; ces gens qui ont la haine du Christ se déclarent chrétiens et à la faveur de ce nom, ils se mêlent aux orthodoxes ; sans se faire connaître, car ils cachent le loup sous la toison de l’agneau, ils tirent de nos Ecritures vénérables le point de départ de leur creux verbiage ; une fois qu’ils ont gagné, sous le couvert de ce masque, la confiance de leurs auditeurs et qu’on commence à prêter l’oreille, les voici qui crachent leur venin et, s’adressant déjà à vous comme à de vieilles connaissances, ils se mettent à dégorger les dogmes maudits de Satan ; dogmes que nous vouons à l’anathème, avec leurs doctrinaires, comme adultères, profanes et étrangers à l’Eglise catholique.
A Pierre, chef et fondateur de la secte des Messaliens, dits aussi Pierres‑garous, Phoundadites ou Bogomiles, lequel s’est donné le nom de Christ et a promis qu’il ressusciterait après sa mort ; son nom a été changé en celui de Pierre‑garou pour la raison que voici : la justice ayant voulu qu’il fût enseveli sous des pierres pour ses oeuvres infectes et ses innombrables tours de sorcellerie, comme il avait promis à ses infâmes compagnons d’initiation, qu’il ressusciterait après trois jours, ces derniers restaient assis auprès de ses immondes reliques ; et trois jours après, on vit un démon, sous l’apparence d’un loup, surgir du tas de pierres ; à cet hérésiarque ‑anathème !
A Tychique, son disciple et co‑initié, qui a altéré et interprété à faux plusieurs passages des Ecritures Saintes, notamment tout l’Evangile selon saint Matthieu ; qui a glosé à tort et à travers toutes les choses qui sont dites de Dieu le Père et aussi celles qui se rapportent au Saint Esprit, en les appliquant à son propre père spirituel, confisquant ainsi la gloire de Dieu au profit des instigateurs de son hérésie nauséeuse ‑anathème !
A Dadoès, Sabas, Adelphios, Hermas, Syméon et à tous ceux qui ont vomi le venin de cette hérésie atroce et qui ont abusé les plus naïfs, hommes et femmes, les entraînant au gouffre de la damnation ‑anathème !
A ceux qui disent que, en plus et en dehors de la Sainte Trinité, Principe de Vie, c’est‑à‑dire de Dieu le Père, du Fils et Verbe de Dieu incarné, Notre Seigneur Jésus Christ, et du Tout Saint Esprit, il existe une autre Trinité, voire une Puissance transcendante, qui siège sur le plus élevé des sept cieux, selon leur infecte et apocryphe Vision d’Isaïe, ‑anathème !
A ceux qui introduisent d’autres Ecritures en plus de celles qui ont été dictées par l’Esprit Saint et transmises à nous par nos Pères saints ‑anathème !
A ceux qui disent que le mariage dans le Seigneur et l’usage de la viande, même selon Dieu, sont en abomination à Dieu et qui, pour cette raison, abolissent l’un et l’autre ‑anathème44 !
A ceux qui portent atteinte aux chants et aux prières dont la tradition nous vient d’abord des divins Apôtres ‑car il est écrit : «Soyez toujours pleins de l’Esprit Saint, parlant en vous‑mêmes avec des psaumes et des chants venus de l’Esprit» et, à leur suite et dans leur lignée, des divins et bienheureux Pères et docteurs de l’Eglise ; à ceux donc qui calomnient et rejettent toutes ces prières comme des rengaines oiseuses et interminables ; qui, en guise de prémisses à leur divorce d’avec Dieu, enseignent qu’on ne doit dire que le Notre Père, accompagné de la prosternation à terre, mais sans faire sur son visage le signe de la Croix du Maître ; ils invoquent comme prétexte que c’est le Christ Notre Maître qui nous a donné cette prière ; mais en réalité, leur but est d’invoquer leur père exécrable, Satan ; voilà pourquoi ils rejettent à la fois le signe de la Croix et l’invocation finale à la gloire de la Sainte et Consubstantielle Trinité, cette ecphonèse que les divins guides et luminaires de l’Eglise ont ajoutée en conclusion : «Car à Toi appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire, Père, Fils et Saint Esprit» , doxologie qu’ils ne supportent pas même d’entendre ! A ceux donc qui pensent et enseignent de telles insanités et s’opiniâtrent jusqu’au bout dans leur refus de la vérité, ‑anathème !
A ceux qui font fi des assemblées qui se tiennent dans l’Eglise et s’isolent pour donner des cours particuliers, soi‑disant pour être tranquilles, mais en réalité, afin que le contenu de leur erreur sacrilège échappe à tout examen et à toute condamnation ; si bien qu’ils déversent en cachette, à pleine dose, le venin de leur hérésie dans les esprits qu’ils ont dévoyés ; à tous ceux qui persistent jusqu’à la fin dans cet égarement épouvantable ‑anathème !
A ceux qui insultent aux églises que les saints Apôtres nous ont commandé d’édifier pour la gloire de Dieu, sous le prétexte que ce sont des ouvrages faits de main d’homme ; qui qualifient ces églises de «séjour des démons» et qui persistent dans cette voie ; qui se trouvent conduits à rejeter également la très sainte restauration des saintes et divines icônes, ainsi que l’honneur et la vénération qui leur sont rendus ; à ces blasphémateurs, comme à des membres entièrement pourris et gangrenés ‑anathème !
A ceux qui s’acharnent à ruiner les prescriptions de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ; qu’Il a données à Ses saints Disciples : Il leur a commandé de baptiser ceux qui croiraient en Lui au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ; et Il leur a dit : «Quiconque ne naît pas d’eau et d’Esprit, n’entrera jamais dans le Royaume de Dieu» ; à ceux donc qui sont aveugles à tout cela, et qui, poussés par l’énergie de Satan qui opère en eux, osent dire la sottise que le saint baptème n’est que de l’eau ordinaire ; à ces hommes qui sont hors de notre foi et de l’Eglise, et définitivement aliénés de Dieu ‑anathème !
A ceux qui dans le droit fil de ces insanités et de ces extravagances, osent appeler la précieuse et vivifiante Croix une potence et le saint baptême, une eau ordinaire, qui n’apporte pas la rémission des péchés et ne vient pas de l’Esprit ; ils se font forts, eux, de conférer le baptême de l’Esprit dans leur secte ; voici comment : ils travestissent leurs initiés sacrilèges en pseudo‑moines et font sur eux leur mirobolante épiclèse ‑ou, pour mieux dire, les engloutissent, corps et âme, dans l’abîme ; à ces homicides ‑anathème !
A ceux qui disent que la communion aux précieux Corps et Sang de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, est une communion à du pain et du vin ordinaires ; qui, en vertu de cette théorie, pour dissimuler leur erreur et l’insinuer sans bruit, invitent les laïcs qui passent dans leurs rangs à s’approcher de la communion sans être à jeun et vont jusqu’à permettre aux prêtres qui les rejoignent de célébrer la divine et redoutable liturgie en ayant mangé ; à ces antichrists déclarés, quand bien même ils revendiqueraient pour eux‑mêmes le nom de «citoyens du Christ» ‑anathème !
A ceux qui, pour subvertir la foi en Dieu, font subir, en guise de mystères, des traitements ignominieux à ceux qu’ils initient à leur athéisme ; entre autres sacrements diaboliques, au lieu du divin souffle sacré que nous avons reçu du Christ Notre Maître, lors de l’insufflation mystique du Saint Esprit, ils couvrent leurs initiés de crachats, qu’ils mériteraient bien de recevoir eux‑mêmes : ils leur font exactement ce que nous faisons, nous, contre les démons. En outre, ils pratiquent également une aspersion d’eau souillée, qu’ils font de bas en haut, avec des éponges, en une parodie sacrilège du saint Baptême et de la venue illuminatrice de l’Esprit divin ; à ces imitateurs pervers ‑anathème !
Telles sont les graines de la malice et de l’impiété, telles les pousses et les moissons de l’athéisme du maléfique Satan.
Nous, le peuple élu du Christ, restant attachés de tout notre coeur aux divins enseignements des Apôtres et aux traditions des Pères, fuyons de toute notre âme les dogmes fétides de l’impiété et tenons‑nous loin de leurs rites mortifères ; ainsi nous pourrons adorer dans la pureté le Dieu connu et vénéré dans la Trinité des Personnes ; à Lui appartiennent la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.
AMEN !
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