dimanche 17 mai 2015

Vie de Saint Patapios

VIE
de
SAINT PATAPIOS

« Vanité des vanités »


Saint Patapios naquit en 380 dans la ville égyptienne de Thèbes. Tout en exerçant sa double profession de médecin et de philosophe, son père, qui descendait d’une des plus illustres familles du pays, était aussi gouverneur de sa province. Sa femme et lui, qui étaient de fervents Chrétiens, baptisèrent l’enfant e lui donnèrent une éducation évangélique. Ils l’instruisirent avec soin dans les Saintes Ecritures. Puis ils firent venir d’Alexandrie des maîtres réputés qui lui transmirent toute la science de leur époque.
Plus Patapios avançait en âge, plus il progressait dans la vertu. Et plus il s’apercevait du caractère éphémère des choses de ce monde, comprenant que véritablement «  vanité des vanités, tout est vanité », plus aussi il était attiré par une vie ascétique, ou, comme on disait alors, philosophique…
Les enseignements de Pandion, de Clément, d’Origène et le récit de leurs luttes l’émurent beaucoup . Et, plus proches dans le temps, les combats de Saint Athanase et du grand Antoine inspiraient à son âme la vénération et la contrition, lui mettant au cœur le désir de les imiter. C’est pourquoi souvent on le voyait sortir de la ville pour gagner le désert. Il y florissait alors une multitude d’anachorètes avec lesquels il s’entretenait des questions spirituelles utiles au Salut de l’âme.

Ammoun sauvé par Patapios

Mais un soir le jeune Patapios ne retourna pas à la maison paternelle. Ses parents s’alarmèrent. Toute la nuit, armés de lampes, ils battirent la campagne dans l’espoir de le retrouver. Pour finir, c’était déjà le petit matin lorsqu’ils le virent assis au pied d’un rocher. Il y avait là aussi un jeune homme blessé, nommé Ammoun, qui était tombé avec son chameau de toute la hauteur de la roche. Le jeune Patapios – il pouvait bien avoir treize ans à l’époque- lui tenait compagnie tout en prenant soin de lui. Et ses prières avaient fini par guérir le chameau et par sauver Ammoun qui, sans le secours du jeune Patapios, serait mort.

Ammoun, le petit blessé, racontait ensuite que, cette nuit-là, l s’était vu baigné d’une lumière aveuglante, dont le feu le réchauffait en même temps qu’une énergie puissante le ramenait à la vie. Par la suite, Ammoun devait suivre le Saint sa vie entière et demeurer fidèlement à son obéissance.
A la ville, la nouvelle se répandit bientôt, et tous les Thébains ne tardèrent pas à aimer Patapios et à le vénérer comme un Saint.


Patapios renonce à tout pour l’amour du Christ.

Après quoi, son père l’envoya à Alexandrie, à l’école catéchétique dont la renommée était grande à l’époque. Là, Patapios eut un maître dont l’influence devait être déterminante pour la sagesse, la vertu et la sainteté de Patapios : « Didyme l’Aveugle, le même auquel le grand Antoine avait déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, Didyme, de ce que tu es privé des yeux du corps. Ces yeux-là sont bons pour les mouches et pour les moustiques. Mais réjouis-toi plutôt de ce que tu possèdes les yeux de l’âme qui chez toi sont ouverts sur les beautés divines, spirituelles et célestes ».
Lorsqu’il eut achevé ses études à l’école catéchétique, et qu’il fut revenu à Thèbes, il apprit avec un vif chagrin qu’on s’apprêtait à le nommer gouverneur –éparque- des finances de sa province. Patapios ne voulut pas accepter cette charge, et préféra demander à sa mère la bénédiction pour se retirer au désert et y mener l’ascèse. Et voilà que le jeune homme qui était le plus riche de tous les jeunes gens de la ville, et qui avait tant de titres et de parchemins dans sa bibliothèque, préféra abandonner tout cela pour mener la vie dure de l’ascèse, afin de sauver plus sûrement son âme.
Il alla d’abord au Monastère des Tavennisiotes, qui était le centre monastique de la Thébaïde. Là, il s’adonna à l’ascèse, à la prière, au jeûne, à la veille, à l’étude des Saintes Ecritures, de la Vie des Saints et des écrits des Saint Pères, qui avaient fleuri depuis l’origine du Christianisme jusqu’à son époque.
Il y demeura dix années durant lesquelles il faisait l’admiration de tous. La célébrité de Saint Patapios, réputé savant et thaumaturge, était parvenue jusqu’aux confins de l’Egypte.
C’est alors que se présenta au Monastère des Tavennisiotes une délégation venue de Thèbes qui, l’éparque en tête, le prièrent avec insistance de revenir à Thèbes, pour y être consacré Evêque de la ville. Mais l’humble Patapios s’y refusa.


La ville libérée de la peste

De partout maintenant, les moines et les laïcs venaient à lui pour retirer de son enseignement spirituel du profit pour leurs âmes. Mais lui, soucieux de ne pas tomber dans l’orgueil et de se donner plus entièrement à Dieu, s’enfuit du célèbre monastère des Tavennisiotes et s’enfonça plus profondément dans le désert. Là, il s’installa une cabane pour y mener l’ascèse.
Mais à la même époque s’abattit sur la ville de Thèbes une terrible épidémie de peste, qui en décima les habitants. Les Thébains songèrent alors à Saint Patapios. Ils lui envoyèrent une délégation pour le supplier de venir secourir ses compatriotes dans cette épreuve difficile. Le Saint d’abord s’y refusa. Il ne voulait pas se rendre à la ville sous des allures de célèbre guérisseur. Il y alla pourtant, mais à la nuit, et sans être reconnu de personne, il entreprit l’œuvre immense de guérir les malades.
Les pieds nus et la tête couverte, il allait vêtu du manteau rapiécé des anachorètes et, entrant à l’improviste dans les maisons des malades, il les guérissait de leur mal sans que nul ne le reconnût.
Et quand enfin l’épidémie eut entièrement cessé d’exercer ses ravages sur la ville, tous se mirent en quête de ce moine thaumaturge. Mais personne ne put le trouver. Il s’en était allé aussi subrepticement qu’il était venu. Tous pourtant comprirent bientôt qu’il s’agissait là de leur cher compatriote Patapios.
Mais maintenant qu’il avait guéri les siens, tout le monde se mit d’autant plus à l’honorer et à le vénérer comme un Saint. Et chaque jour, une foule de moines accompagnés de leurs higoumènes accouraient à sa cabane pour y recevoir ses enseignements en en tirer du profit spirituel.


Guérison de l’higoumène Sérapion

Il arriva qu’un jour l’higoumène d’un monastère voisin tomba malade. Sérapion – c’était son nom- fut porté par ses moines au-devant de Saint Patapios. Et l’on pria l’ascète de le guérir.
Le Saint alors, s’agenouillant avec les moines, supplia le Christ Tout Puissant de le guérir. Puis, le Saint plaça la main sur Sérapion, qui était si gravement malade, et –ô miracle !- l’higoumène guérit sur-le-champ.
Ce miracle, ajouté à d’autres semblables qu’il accomplissait, avaient beau être tenus soigneusement cachés par le Saint, ils n’en furent pas moins connus de tous. Et l’on accourait à lui pour recevoir bénédiction et guérison. Bientôt, on lui amena, outre ceux dont le corps était atteint, ceux aussi dont l’âme était malade, avec l’entière certitude qu’il saurait les guérir. Et tous ceux qui venaient avec Foi et repenti, il les guérissait.

Guérison d’un paralytique, fils unique d’une veuve

Une veuve n’avait qu’un fils, paralytique de naissance. Il s’appelait Kipht. Un jour donc, on le mit sur un âne, et on l’amena avec sa sœur à Saint Patapios pour que celui-ci le guérisse.
Ils errèrent longtemps parce qu’ils ne savaient pas exactement où se trouvait la skyte du Saint. Cependant, Saint Patapios se trouvait non loin de là, priant sur une hauteur. Lorsque, de loin, il vit venir ces gens, il s’empressa d’aller au-devant d’eux et il leur demanda ce qu’ils cherchaient. Les deux femmes, qui ne le connaissaient pas, lui dirent : «  C’est Saint Patapios que nous cherchons. Nous t’en supplions, mène-nous à lui pour qu’il guérisse Kipht, cet enfant paralysé de naissance ».
Le Saint fut pris de compassion et, s’agenouillant, il se mit en prière, suppliant notre Seigneur Jésus Christ de le guérir. Longtemps, il pria. Et le miracle eut lieu ! Le petit Knipht commença à marcher.
Alors les femmes comprirent que ce moine n’était autre que Saint Patapios. Saisies d’une joie indescriptible, elles n’avaient pas de mots pour le remercier.
Ce miracle se répandit bientôt dans nombre de villes de la Thébaïde. Mais cela n’était pas pour plaire au Saint. Il ne voulait pas que son nom s’ébruitât. Le bienheureux était si humble en vérité !


Devant « Abbou Kyr » ( Aboukir)

Sur ces entrefaites, Saint Cyrille devint Patriarche d’Alexandrie. C’était un ancien compagnon de Patapios, qui avait été élève avec lui autrefois à l’Ecole Alexandrine.
A l’époque, cependant, demeurait encore en Haute Egypte le culte idolâtre du devin de « Cyra ». Là se pressait une foule d’idolâtres qui venaient pour se faire prédire leur avenir et recevoir des guérisons. Ce lieu de divination était un centre de spiritisme où opérait Satan, car c’était bien à lui que l’on venait en fait rendre un culte. Saint Cyrille, voulant détruire cet antre du diable, décida d’y transporter les saints restes des Saints Anargyres, Cyr et Jean, ainsi que ceux des vierges martyres Théoktiste, Théodotée, Eudoxie, et de leur mère Athanasia.
Le Patriarche pria également Saint Patapios de venir à Alexandrie, pour prendre part à cette grande procession et au transfert des saintes reliques.
A l’immense « litie » - à l’immense cortège en procession – se joignirent encore des milliers de moines et de clercs, et une foule innombrable de peuple de fidèles, venus de toutes les régions de l’Egypte.
Six jours après, le cortège arrivait au village de Ménouthi. On y déposa les saintes reliques qui y opérèrent beaucoup de miracles. Depuis lors, et à cause des miracles des Saints Cyr et Jean, la ville et la campagne avoisinante furent appelées Abba Cyr ou « Abbou Kyr », et ce nom d’Aboukir est resté jusqu’à aujourd’hui.
De ce moment, le culte divinatoire de l’idole de « Cyra » tomba dans l’oubli, incapable de rivaliser avec les miracles des Saints Anargyres Cyr et Jean.
Cette grande litie donna en outre au Patriarche Cyrille et à Patapios l’occasion de s’entretenir des grandes questions de l’Orthodoxie. Ils ne comprenaient que trop bien tous deux que sur le siège impérial de Constantinople, on se jouait de l’Orthodoxie. Au Patriarche de la capitale, il eût fallu pour conseillers des clercs savants qui fussent en même temps des hommes sûrs.
Cyrille suggéra alors à Saint Patapios de prendre part à cette œuvre, disant qu’il était le plus apte de tous. Mais le Saint s’y refusa. « je n’en suis pas capable », dit-il.
Patapios retourna ensuite au désert pour y continuer son ascèse. Les foules accouraient afin d’entendre ses divines paroles ou de recevoir la guérison de maladies incurables.
Et bientôt, des disciples vinrent installer leurs cabanes non loin de la sienne.


Fuite à Constantinople

Mais aux alentours de l’année 428, après avoir laissé à la tête de ses moines un higoumène, le Saint se mit en route pour Constantinople. Le bateau cependant essuya une terrible tempête. Tous suppliaient Dieu de les sauver. Au même moment, un mât se rompit et vint frapper le capitaine. Le vaisseau demeurait sans guide au gouvernail. Alors, perdant leur sang-froid, les passagers furent saisis de panique. Mais, à cet instant, une voix venue d’auprès du gouvernail s’éleva, qui leur ordonnait à tous de descendre dans la cale du navire tandis que l’équipage poursuivrait ses efforts. Se retournant, ils virent que Patapios, le moine, tenait le gouvernail. Avant l’aube, la tempête avait pris fin. Le Saint les avait sauvés. Ils s’aperçurent alors que le pilote qu’ils avaient cru mort n’avait pas la moindre blessure. Saint Patapios les avait sauvés.


Sechnouti

Un des membres de l’équipage s’appelait Sechnouti. C’était un rameur d’origine égyptienne. Tombé malade, il demanda à Patapios, qui était son compatriote, de venir à son secours en le guérissant. Tout le jour, le Saint s’affaira à le soigner. Mais, le soir, il le laissa à d’autres pour aller faire sa prière quotidienne.
Cette nuit-là, la mer fut très mauvaise.
Il pleuvait à verse et un vent terrible soufflait. Les membres de l’équipage et tous ceux des passagers qui pouvaient leur venir en aide, luttèrent de toute leur force pour maintenir le navire sur la mer. Personne ne se souciait plus de Sechnouti qui était malade. Tous étaient bien trop occupés à faire front contre l’ouragan. Au matin pourtant, ils s’aperçurent que Sechnouti manquait. Les vagues l’avaient emporté. Et tous s’affligeaient, se rendant les uns et les autres responsables de sa disparition.
Le Saint restait à l’écart, muet et pensif. Il semblait ne rien entendre au sujet de Sechnouti.
L’ouragan cependant commençait à faire rage. Le capitaine décida de longer les côtes de la Crète, pour trouver un endroit abrité du vent et y faire relâche jusqu’à ce que la tempête s’apaise. Là les voyageurs pourraient se refaire un peu et remettre les voiles en état. Et, de fait, au coucher du soleil, ils parvinrent à entrer dans un petit golfe.
Mais quelle ne fut pas leur surprise à tous, lorsqu’ils eurent mis pied à terre ! Que virent-ils ? Là, devant eux, Sechnouti qui les attendait§ Sechnouti que les vagues avaient enlevé la nuit passée !
-Lorsque les vagues m’eurent enlevé, leur dit-il alors, je me retrouvai sur le dos d’une baleine, laquelle, se guidant à un signe lumineux qui la conduisait, me mena sain et sauf sur le rivage de cette baie où elle me déposa. »
Tous alors coururent s’agenouiller aux pieds de Saint Patapios, lui demandant sa bénédiction. Car ils comprenaient que c’était la prière du Saint qui avait sauvé le matelot.
Sechnouti le supplia de bien vouloir le prendre pour disciple : il accompagnerait son maître partout où il irait. Le Saint acquiesça à sa demande. Et le pilote du navire, qui était idolâtre, à la vue de ces miracles, demanda au Saint de lui conférer le baptême des Chrétiens. Ils gagnèrent ensuite une grotte située non loin de là, où ils allumèrent un feu pour y demeurer jusqu’à ce que la tempête s’apaise. Et là, dans la grotte, le Saint lui parla du Christ, et l’initia à la Foi des Chrétiens.
Ils ne restèrent que quelques jours en Crète. Le beau temps était à peine revenu que déjà ils se mettaient en route pour Constantinople, unis par le même amour tendre qui règne entre les frères d’une même famille. Ils rendaient gloire à Dieu pour ces miracles qu’ils voyaient et pour le Saint qui était avec eux.
Un jour pourtant, le pilote du navire dit au Saint : « Père, nous allons passer par Corinthe, ma patrie. Je voudrais aller à la rencontre des miens, pour leur dire que je suis devenu Chrétien, et faire en sorte qu’eux aussi soient baptisés.


Corinthe

Et de fait, après un voyage qui dura de longs jours, ils arrivèrent à Corinthe. Le Saint y reçut la visite de gens d’Eglise qui le supplièrent de demeurer là quelque temps. C’est ainsi que, par une économie divine, Saint Patapios se trouva dans la campagne de Corinthe, que sa présence allait sanctifier pour les siècles.
Tout de suite, les Monts Géraniens, en face de Corinthe, avaient retenu son attention. A leur pied, sur l’emplacement de la Loutraki d’aujourd’hui, se trouvait une grotte. C’était là qu’avait dormi l’Apôtre André lorsqu’il était en chemin pour Patras ; là aussi qu’en 1345 jean Cantacuzène érigea une église à saint André. Elle existe d’ailleurs encore près des établissements thermaux.
Au moment où Saint Patapios vint dans cette grotte, elle était occupée par une synodie de moines. Y faisant étape pendant son voyage à Constantinople, le Saint entreprit de leur enseigner l’ascèse et la prière, selon le modèle des monastères égyptiens.


La grotte des Géraniens

Le Saint chérissait l’hésychia et le silence divin. Aussi chercha-t-il à monter plus haut sur les Monts Géraniens. Il y trouva une autre grotte. Elle avait servi de refuge aux premiers Chrétiens durant les persécutions. C’est là que le Saint s’établit. Et non loin de là s’installèrent aussi ses sept disciples qui étaient ses compagnons d’ascèse. Peu après, le saint apprit qu’il y avait là sur les Monts Géraniens une autre communauté monastique, dont l’higoumène, très instruit d’ailleurs, était un Saint. Aussi ces autres moines se joignirent-ils à eux. Et, dans la grotte, ils construisirent une chapelle. C’est là qu’ils rendaient le culte à Dieu et qu’ils recevaient les enseignements du Saint.


Guérison du moine Arsène

Une nuit, l’on avertit saint Patapios qu’un moine, malade, gisait dans la cabane. Il s’agissait du moine Arsène, qui était originaire de Corinthe. Arsène était l’un des premiers disciples du Saint. Il avait beaucoup de zèle et d’amour pour le Christ. Le Saint aimait beaucoup le Géronda – l’Ancien – Arsène, et le proposait souvent en exemple aux autres. Il travaillait comme tisserand et il enseignait son art aux moines pour qu’ils puissent se procurer les économies nécessaires à leur subsistance.
Aussitôt, le Saint courut à la cabane du malade. Là, il pria longtemps avec ses frères. Et le miracle eut lieu : Arsène guérit !
Un soir, à l’heure à laquelle il entretenait ses disciples, il leur dit : «  Je voudrais, mes Pères, qu’après ma mort, quel que soit sur terre l’endroit où je meure, vous transportiez mes restes ici, pour les enterrer dans ma chère grotte des Géraniens ».
Et que de fois, à l’époque, les religieux comme les chefs politiques de Corinthe et des villages alentour étaient venus le prier de devenir leur Evêque. Mais lui, humble comme il était, toujours s’y refusait.


En route pour Constantinople

En 435 Saint Patapios quitta sa skyte des Géraniens pour aller à Constantinople. Avec lui, il emmenait le moine Sechnouti qui lui était d’un grand secours dans tous ses déplacements.
Parvenu à Constantinople, il se présenta en inconnu au monastère des Blachernes. Car, afin de fuir la louange, il ne voulait pas qu’on sache qui il était.
Là, de plus belle, il recommença son ascèse. Il n’accordait aucune importance à la nourriture ni au vêtement. Il se mortifiait et priait sans trêve. Il vivait là comme un ange. Aussi Dieu le glorifia-t-il, lui donnant le pouvoir d’accomplir des miracles. Au monastère, le Saint avait la diaconie de portier. Et voici qu’un jour où le Saint se trouvait à la porte du Monastère, il vit passer le convoi funèbre d’une femme qui était morte le jour précédent. Ses parents pleuraient et se lamentaient. Mais à l’instant où le cortège passait devant le moine tout ému, la morte se dressa sur son séant, se signa, et regarda le moine avec vénération. Puis elle descendit du cercueil, s’agenouilla devant le saint et lui baisa les mains. Elle l’appela par son nom, Patapios. De cet instant, le Saint fut reconnu des moines, et, bientôt, de toute la capitale.
Alors que Patapios se trouvait dans la Grande Ville, il vit venir à lui un aveugle-né.
  • « Je t’en prie, saint de Dieu, rends-moi la lumière de mes yeux ».
  • « Comment peux-tu même songer, lui répondit le Saint, à solliciter de moi un si grand don ? Ce n’est pas là une œuvre pour la créature, mais pour le Créateur ! »
  • « Si toi tu le veux et si tu supplies Dieu, tu me donneras la lumière », dit l’aveugle.

Voyant la Foi de l’aveugle, le Saint fit sur lui le signe de croix et dit :
  • «  Au nom de notre maître Jésus Christ, qui éclaire les aveugles et ressuscite les morts, je te l’ordonne, vois ! »

Il avait à peine achevé ses mots qu’aussitôt – ô miracle- l’aveugle voyait la lumière. Ivre de joie et d’allégresse, celui qui, jusque-là, avait toujours été sans rien voir, rendit gloire à Dieu et baisa les mains du Saint.


L’hydropique

Il y avait encore parmi les habitants de Constantinople un homme qui souffrait d’hydropisie. Et son ventre était enflé comme une baudruche. Il dépensait tout son bien en médecins. Et son argent les enrichissait, tandis que lui ne recevait d’eux aucun profit. Il souffrait énormément. Lorsque le malheureux comprit qu’il ne pouvait pas obtenir la guérison du secours des hommes, il courut voir le Saint. Il lui montra son ventre, et le supplia d’avoir pitié de lui et de prier le Seigneur de le guérir.
A la vue d’un spectacle si pitoyable, le Saint fut touche de compassion ; car ce n’était pas le ventre seulement qui était ainsi gonflé et ballonné, mais tout le corps qui était tendu comme une outre, lui causant une douleur inexprimable. Le Saint se mit donc à prier le Seigneur, avant de faire le signe de la Croix sur ce ventre de douleur. Puis il fit une onction de l’huile de sa veilleuse, disant : « Le Christ, mon maître, qui a guéri l’hydropique, te guérira aussi. »
Et comme le Saint disait ces mots, les liens qui dans le ventre retenaient les humeurs se rompirent et, par les voies naturelles, toutes les eaux impures s’écoulèrent. En un instant le malade était devenu parfaitement sain. Et tous ceux qui virent cela étaient remplis d’admiration.


Le démon chassé.


Un autre jeune homme était possédé par un démon effrayant. Parfois le malheureux déchirait ses vêtements et restait tout nu ; d’autres fois, il se jetait dans l’eau au risque de se noyer. Un jour même, tandis qu’il marchait sur la route, Satan l’avait soudain entraîné et allait le jeter dans la mer, lorsque par une intervention divine, il avait au même instant rencontré Saint Patapios. Le démon, lorsqu’il le vit, secoua puissamment le jeune homme. ET celui-ci roulait des yeux féroces tandis que l’écume lui sortait de la bouche. Ses dents s’entrechoquaient et il regardait le Saint avec sauvagerie. Mais comme celui-ci s’approchait, le démon qui était au-dedans du jeune homme, comme en pleurant lui dit : « Ah ! Quel malheur je souffre ! Que vient faire ici Patapios ? Que vais-je devenir ? Où irai-je trouver un lieu pour habiter ? Que j’aille en ville ou dans les déserts, tu me devances, Nazaréen, et avec cette croix, qui est sa marque, tu me chasses. Tu l’emportes sur moi, et je dois m’évanouir. »
Et en disant cela, le démon souleva le jeune homme en l’air et le projeta à terre avec violence. Avec sa main, le grand Saint du Christ traça dans l’air le signe de la croix, disant : « Sors, esprit impur, et va-t’en loin dans le désert. Le Christ te l’ordonne, dont malgré toi tu as condamné la puissance. »
Comme il disait ces mots, dans une ultime convulsion, le démon sortit. Cela fit comme une fumée, puis il s’éloigna. Le jeune homme pleurait de joie, rendant gloire à Dieu et action de grâce au Saint.



Guérison de la cancéreuse.


Une autre personne, une femme, était atteinte à la poitrine de la redoutable maladie du cancer. Toute cette partie de son corps s’était comme pétrifiée, et de la vermine sortait de son sein. Et la malheureuse ne souffrait pas seulement de la poitrine, mais, partout, elle n’était que plaies. Or le mal atteignait le cœur, la mettant en danger de mort. Et elle, voyant que les médecins mangeaient son bien, et la vermine ses chairs, finit par se rendre auprès de Saint Patapios. Toute en pleurs, elle se jeta à ses pieds : « Guéris-moi, malheureuse », implora-t-elle. «  Guéris-moi, serviteur de Dieu. Aie pitié de moi, l’infortunée que les vers dévorent avant même que je sois dans la tombe. Ils me causent tant de maux pourtant, que je préfèrerais encore la mort ».
« Si tu as dans le Seigneur, répondit-il, une foi pure et sans tâche, et si tu ne doutes pas de ta guérison, alors, qu’il soit fait selon ton désir. »
Et elle, du plus profond de son âme, exhala un soupir : « je crois, ô homme de Dieu, que par la Grâce de Dieu tu es tout puissant. Je t’en supplie, guéris-moi de mes maux. »
Alors le Saint lui demanda de lui montrer ses plaies. Un spectacle aussi effrayant le laissa aussitôt sans voix. Pris de compassion, il lui dit : « En vérité, ton mal est pitoyable et difficile à guérir, mais la foi vient toujours à bout de tout, et l’espérance est porteuse de guérison. Et maintenant va en paix, tes souffrances ont cessé. »
A l’instant même, la femme guérit. Elle repartit, rendant gloire à Dieu et remerciant le Saint. Et partout elle allait proclamant le miracle et répandant la renommée du Saint.



Sa dormition



Tels sont les miracles, et bien d’autres encore, que la Grâce du Saint Esprit opéra par l’entremise de Saint Patapios. Et le moment arriva pour lui de quitter cette vie éphémère pour entrer dans l’autre qui est éternelle. Il s’en allait sous les yeux de ses disciples qui pleuraient, inconsolables à l’idée qu’ils n’auraient plus la Grâce du Saint pour les fortifier.
« Père, disaient-ils, toi le plus doux des pères, pourquoi abandonner tes enfants orphelins ? Pourquoi aller dans l’autre patrie ? Qui fera cesser notre peine et qui guérira les plaies de nos âmes ? »
Le Saint, devant la mort, ne montrait aucune lâcheté, aucun attachement pour cette vie.
« Mes enfants, leur disait-il, ne me faites pas vos adieux au milieu de la tristesse et des larmes, parce qu’en agissant ainsi vous vous causez du tort à vous-mêmes ainsi qu’à moi. Mais priez plutôt Dieu pour mon âme et faites un office de supplication. Cela vous sera d’un grand profit. »
C’est ainsi que le Saint mit fin à leurs lamentations, en même temps qu’il les édifiait à propos de la bienheureuse éternité.
Puis il se mit à prier pour eux et, tandis qu’il était en prières, il remit sa sainte âme au Seigneur. C’était en l’année 463. Le Saint était alors âgé de quatre-vingt-trois ans.
Ses disciples se mirent alors en devoir d’ensevelir son saint corps dans l’église du Précurseur.


La découverte à Loutraki de sa relique.


Tous ces faits touchant la vie du Saint qui sont rapportés ici n’étaient pas inconnus au début du siècle. Mais ce que l’on découvrit à une époque récente, ce fut sa sainte relique qui dormait dans son ermitage des Monts Géraniens, surplombant Loutraki en face de Corinthe.
C’est là le lieu bienheureux que Saint Patapios avait choisi pour y mener l’ascèse ; là aussi que fut découverte sa dépouille toute vénérable que tant de siècles aveint laissée intacte et embaumante.
En effet, si la chapelle avait de nouveau servi à célébrer la liturgie aux alentours de 1500, elle avait été laissée à l’abandon depuis le temps de Patapios jusqu’à cette date, c’est-à-dire jusqu’à la chute de Constantinople. Elle était belle pourtant, ainsi creusée à même la grotte, avec son iconostase où figurent en pied les grandes silhouettes bien droites du Saint Père Nikon le jeune, de Saint Patapios, de Sainte Patience et d’autres Saints encore.
Il fallut néanmoins attendre 1904 pour en faire la découverte. Cette année-là, un prêtre célébrait à l’ermitage. Constantin Sousanis – tel est son nom- s’acquittait de ses devoirs liturgiques. Mais parce qu’il était de haute taille, il était gêné par le plafond trop bas de la grotte et par l’étroitesse du sanctuaire. Il eut alors l’idée d’agrandir l’endroit pour l’aménager plus spacieusement. Il fit venir des ouvriers qui pratiquèrent une ouverture dans le mur ouest de la chapelle. Quelle ne fut par leur stupeur lorsqu’ils découvrirent, cachée là depuis des siècles, la vénérable dépouille d’un Saint conservé intact et dont s’exhalait un parfum d’une incomparable suavité – l’odeur de sainteté qui s’exhale des corps des bienheureux -. C’est grâce au manuscrit qu’ils tenaient entre les mains qu’ils purent identifier le corps, car sur le papyrus figurait son nom : « Saint Patapios ».
Après la découverte de la sainte relique, l’on put voir, et l’on voit encore, s’opérer une multitude de miracles pour ceux qui le prient avec foi.




CANON DE SUPPLICATION
A NOTRE PERE DANS LES SAINTS
PATAPIOS
par le moine Gérasime



Béni soit notre Dieu, en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles.
Amen. Gloire à Toi, notre Dieu, gloire à Toi !
Roi du Ciel, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi qui es partout présent et qui remplis tout, Trésor des bons et donateur de vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi qui es bonté.
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ! ( 3 fois)
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles, amen.
Très Sainte Trinité, aie pitié de nous !
Seigneur, remets-nos péchés !
Maître, pardonne nos iniquités !
Saint, visite et guéris nos infirmités, à cause de Ton Nom !
Kyrie eleison, Kyrie eleison, Kyrie eleison !
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles, amen.
Notre Père qui es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne arrive, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel et remets-nous nos dettes, comme nous remettons à nos débiteurs et ne nous soumets pas à l’épreuve, mais délivre-nous du malin.
Car c’est à toi…
Amen. Kyrie eleison ( 12 fois) 
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles, amen.
Venez, adorons et prosternons-nous devant le Roi notre Dieu !
Venez, adorons et prosternons-nous devant le Christ, le Roi notre Dieu !
Venez, adorons et prosternons-nous devant le Christ lui-même, notre Roi et notre Dieu !

Ton 4
Patapios, ô notre Père, nous venons à ton saint corps solliciter ta brûlante intercession ; grand thaumaturge, délivre-nous de tout artifice et de toute influence du Malin ; ô miséricordieux, protège-nous de toute peste et de toute affliction et garde-nous toujours dans la paix du Seigneur.
Gloire au Père…
(reprise du même stichère : Patapios, ô notre Père…)
Maintenant et toujours…

THEOTOKION
Mère de Dieu, nous indignes ne cesserons jamais de célébrer ton pouvoir divin ; car si tu n’étais là pour intercéder auprès du Seigneur, qui nous arracherait aux dangers qui nous menacent ? Qui sauvegarderait notre liberté ? Nous tes serviteurs ne pouvons rester loin de toi, car tu es toujours, ô Souveraine, notre salut dans les périls.

PSAUME 50

Aie pitié de moi, ô Dieu,
Selon Ta grande miséricorde,
Et dans Ton infinie bonté, efface mon péché.

Lave-moi complètement de mon iniquité
Et purifie-moi de mon péché.

Car je connais mon iniquité
Et mon péché est toujours devant moi.

Contre Toi seul j’ai péché
Et j’ai fait le mal devant Toi,
Afin que Tu sois justifié dans Tes sentences
Et vainqueur quand Tu seras jugé.

Voici : j’ai été conçu dans l’iniquité,
Et dans le péché ma mère m’a enfanté.

Voici : Tu aimes la vérité
Et Tu m’as fait connaître les secrets
Et les choses cachées de Ta sagesse.

Asperge-moi avec l’hysope et je serai purifié,
Lave-moi
Et je deviendrai plus blanc que la neige.

Fais-moi entendre la joie et l’allégresse
Et mes os humiliés se réjouiront.

Détourne Ta face de mes péchés
Et efface toutes mes iniquités.

Crée en moi un cœur pur, ô Dieu,
Et renouvelle en moi l’esprit de droiture.

Ne me rejette pas de devant Ta face,
Ne me retire pas Ton Saint Esprit.

Rends-moi la joie de Ton salut
Et qu’un esprit souverain me soutienne.

J’enseignerai Tes voies aux pécheurs
Et les impies reviendront à Toi.

Délivre-moi du sang, ô Dieu, Dieu de mon salut !
Dans la joie, ma langue célèbrera Ta justice.

Seigneur, Tu ouvriras mes lèvres
Et ma bouche proclamera Ta louange.

Si Tu avais voulu un sacrifice,
Je Te l’aurais offert,
Mais Tu n’aimes pas les holocaustes.

Le sacrifice agréable à Dieu, c’est un esprit brisé,
Dieu ne méprisera pas un cœur blessé et humilié.

Dans Ta bonté, Seigneur,
Répands Tes bienfaits sur Sion
Et les murs de Jérusalem seront rebâtis.

Alors, Tu agréeras le sacrifice de justice,
L’offrande et l’holocauste,
On offrira sur Ton autel des taureaux.

CANON ACROSTICHE

O Patapios, délivre-nous de nos passions. Amen.
O Patapios théophore, affranchis-nous de toutes les peines de cette vie, garde des afflictions ceux qui t’honorent et qui, dans la foi, implorent Ton intercession.
Dans ta bonté, Mère de Dieu, louée par-dessus tout, veille sur moi : guéris les souffrances de mon corps et chasse de mon âme la langueur de la maladie.

CATHISME
Ton 2

Plein d’une foi ardente, bienheureux Patapuos, ton troupeau vient à toi, implorant ton intercession. Délivre-le des ruses du Serpent et des chutes amères et insuffle-nous le feu immatériel de l’amour divin, afin que toute notre vie, nous marchions sur la voie droite.
Saint Patapios, jette un regard compatissant sur ceux qui dans la foi vénèrent tes divines reliques et entend leurs supplications.
Par la rosée de ta Grâce, ô Père, éteins la brûlure des passions et la fournaise des maladies, et donne à ceux qui te supplient la joie et l’allégresse.
Par tes prières, ô Saint, repousse l’esprit ennemi qui, dans mes profondeurs rugit contre ton monastère, et sauve ta communauté à l’ombre de ta bénédiction.
THEOTOKION
Dans ta bonté, Vierge toute Pure, supplie le Dieu que tu as mis au monde de nous accorder le pardon des péchés.

ODE V
Du haut des Cieux, Père très Saint, tel un père sur ses enfants, veille sur nous sans cesse et donne la paix à nos âmes.
Aux fidèles pleins de foi qui, de partout, jour après jour, accourent à ton monastère, accorde, ô Saint Patapios, ta compassion et exerce leurs supplications.
La guérison de nos corps et la recréation de nos âmes, nous les puisons intarissablement de tes reliques ; aussi nous te louons, toi notre protection.

ODE I. Ton 4
O Patapios, notre protecteur et notre intercesseur, implore sans te lasser le Créateur et supplie-Le avec ardeur de nous délivrer des malheurs qui de tous côtés nous entourent.
Toi qui as saintement achevé la course de ta vie, Patapios, sanctifie-nous et délivre-nous des fléaux par la Grâce irradiée de ton corps très Saint.
Père médecin, vrai guérisseur selon le Christ, soigne les corps souffrants et les cœurs douloureux de tous ceux qui, dans la ferveur, implorent tes prières.

THEOTOKION
Vierge très Sainte, Mère très pure du Créateur de l’Univers, trésor inépuisable de l’infinie miséricorde, accorde-nous ta compassion et donne à tes serviteurs la santé du corps et de l’âme.

ODE IV
Père compatissant, tu veilles en esprit sur le saint monastère qui s’est placé sous ta protection. Ne cesse pas, sage divin, d’écarter de lui toute ombre de scandale.
De ta sainte sépulture, ô Saint, jaillit la Grâce vivifiante de l’Esprit Très Saint qui purifie nos cœurs ; par elle, ô théophore, tu tires nos âmes du bourbier des passions.
Père très Saint, prie toujours pour que nous soyons délivrés des péchés, des malheurs et de toute angoisse quand nous implorons ta protection avec foi et amour.

THEOTOKION

Toi qui sans l’homme a enfanté l’Auteur de l’univers et qui demeures Vierge après ton indicible enfantement, Mère de Dieu, seule toujours Vierge, secours et protection de toutes les créatures, garde pure, je t’en supplie, mon cœur, mon âme et mon esprit.

THEOTOKION
Toi qui jouis d’une grande assurance auprès de Dieu que tu as enfanté, toi véritablement Vierge et Mère de Dieu, supplie-Le de sauver nos âmes.

ODE VI
O torche inextinguible des Géranéens, Patapios le thaumaturge, intercède auprès du Créateur, Le suppliant de nous arracher aux tribulations de cette vie et de nous donner la sérénité, afin que nous goûtions ne fût-ce qu’une parcelle de la divine Bonté.
Comblés de la lumière céleste, guérisseur divin, dissipe en nous les ténèbres des passions et intercède, ô théophore, auprès du Créateur : que tes lities lumineuses fassent luire sur nous le jour joyeux de la mort des passions.
Tes reliques, ô Saint, exhalent un parfum céleste, qui chasse la puanteur des passions impures et les esprits malins. Ceux qui pieusement s’en approchent y recueillent la Grâce divine.

THEOTOKION
Mère de Dieu, bénie par-dessus tout, trône éclatant de la divinité, relève-moi du gouffre de mes fautes, dirige ma vie dans la pénitence et sauve-moi, je t’en supplie, de l’assaut des malins démons, ô Vierge innocente.
Patapios, théophore, garde-nous des afflictions et des soucis de cette vie, nous qui implorons ton intercession et qui t’honorons dans la foi.
Par la salutation de l’Ange, Vierge toute pure, tu as enfanté dans les derniers temps Dieu le Verbe indiciblement ; tu as auprès de Lui l’audace d’une Mère ; supplie-Le pour tes serviteurs.

KONDAK. Ton 2

Comme vers un port tranquille, ô Saint, nous nous hâtons vers ta puissante protection. Délivrés des vagues de la vie, nous échappons à la tempête du siècle et nous chantons tes charismes divins.

PRKIMENON

Elle est agréable au Seigneur, la mort de ceux qu’Il aime.

Que rendrais-je au Seigneur Pour tout ce qu’il m’a donné ?

J’acquitterais mes vœux au Seigneur
Devant tout son peuple,

Dans les parvis de la maison du Seigneur,
Au milieu de toi, Jérusalem.

STICHERE

Comme vers un port tranquille, ô Saint, nous…

EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU
(Matt. 11, 27-30)

Toutes choses m’ont été remises par mon Père ;
Et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ;
Et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils ;
Et celui à qui le Fils aura bien voulu le révéler.
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug, et recevez mes leçons : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger.
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.
Par les prières de ton Saint, Seigneur Jésus-Christ, prends pitié de nous.
Maintenant et toujours, et aux siècles des siècles, amen.
Par les prières de la Mère de Dieu, ô Sauveur, sauve-nous.

STICHERE

Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde.

TON PLAGAL II

Tu es notre protection, ô Saint, et notre soutien dans les détresses. Vers ta Grâce en tiut temps nous accourons. Tu prodigues à tous ton secours, signe éclatant de leur salut. Tous tes enfants et ceux qui viennent à tes reliques, tu les délivres de toute adversité et de toute affliction. Dans ta grande compassion, ne nous abandonne pas, mais presse-toi de nous arracher aux malheurs qui nous menacent.

Seigneur notre Dieu, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage. Garde la plénitude de Ton Eglise, sanctifie ceux qui aiment la beauté de Ta maison. Glorifie-les en retour par Ta divine puissance et ne nous abandonne pas, nous qui espérons en Toi.

ODE VII

Sur la hauteur inaccessible, bienheureux Patapios, garde de tout dessein sournois de l’Ennemi ta bergerie qui s’honore du saint trésor de tes reliques.
A ceux qui, pleins de foi et de piété fervente, accourent à ton saint monastère, accorde, ô Père, un accueil bienveillant. Dans ta bonté, sois-leur propice et comble-les, sage divin, de tes dons paternels.
Que ton intercession, Père, soit pour tes serviteurs une protection infaillible et un rempart invincible qui brise les assauts du démon vaniteux toujours enragé contre tes suppliants.
Honteux de mes œuvres mauvaises et mort à cause de mon péché, le visage inondé de larmes brûlantes, j’accours vers toi, Vierge Toute Sainte, mon refuge ; toi qui as enfanté la Vie, Christ donateur de vie, ravive, ô Toute Pure, la lampe morte de mon cœur, éclairant mon esprit des feux du repentir.

ODE VIII

Ton saint monastère est paré de la gloire, de la richesse et du trésor incorruptible de tes reliques ; en elles, ô très Saint, il puise son allégresse et sa joie.
Penché sur les voûtes célestes, Père, pour nous veiller, entends la voix de tes suppliants venus implorer ta sollicitude.
Accourus à ta divine dépouille pour implorer ton intercession, nous t’en supplions, Patapios, donne à nos corps la santé et à nos âmes la guérison.

THEOTOKION

Vierge Toute Pure, secours et protection de tout l’univers, ne cesse pas jusqu’à la fin de veiller à chaque instant ton serviteur.

ODE IX

Saint Patapios, tu habites avec les anges parmi les tentes célestes et tu pries pour nous le Dieu miséricordieux.
Guéris nos cœurs blessés par les traits du serpent et réjouis-nous des rayons lumineux de ta G^râce, ô Patapios, bienheureux.
Par tes prières, Patapos notre Père, donne à nous tes enfants de partager au dernier jour le Royaume du Chrit.
O Saint Patapios, toi notre ardent défenseur et notre sublime libérateur, ne cesse pas, nous t’en prions, de veiller sur nous d’heure en heure.

THEOTOKION

Réjouis-toi, Pleine de Grâce, Mère du Très-Haut, vers toi se tournent à tout instant nos regards. Rends-nous dignes, Toute Innocente, de la joie sans déclin.

Il est digne en vérité de te célébrer, Toi qui enfantas Dieu, bienheureuse à jamais et toute pure et Mère de notre Dieu, Toi plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, qui sans tâche enfantas Dieu le Verbe, Toi véritablement la Mère de Dieu, nous t’exaltons.

MEGALINAIRE

Divin Patapios, gloire des Géranéens, ornement des fidèles, couronne de Loutrakion, guérisseur de la cancéreuse et de l’hydropique,intercède auprès du Seigneur pour tes serviteurs.
Honorons de nos hymnes Patapios le grand, l’astre éclatant qui a brillé sur le monde dans la vie angélique, le flambeau des miracles allumé par Dieu.
Tu as foulé aux pieds la puissance de l’Ennemi par ton ascèse indéfectible, ô Patapios, et la fermeté de ta foi a fait briller ta gloire trois fois bienheureuse. Tu sauves des dangers tous ceux qui recourent à ta protection.
Réjouis-toi, sarment divin de l’Egypte, réjouis-toi, sauvegarde de Loutraki, réjouis-toi, gloire de toute la Corinthie. Réjouis-toi, Patapios, Père Saint !
Tes reliques distillent la Grâce qui guérit les passions et réjouis toutes les âmes. Venus avec foi vers ton cœur très sacré, nous y puisons les flots divins de la sanctification.
Bienheureux Patapios, exauce les demandes de tous ceux qui, d’une foi ardente, accourent à ton saint monastère et guéris-les, Compatissant, de tous les tourments de l’âme et du corps.
Ton monastère, ô Bienheureux, possède en toi son bouclier. Rends-le inaccessible aux fureurs de Bélial et garde-le de toute atteinte, Saint Père Patapios.

APOLYTIKION
(Tropaire de Saint Patapios).


Gloire des Géranéens et fierté de la Corinthie,ô notre Père Patapios, sois maintenant le protecteur de tes moniales. Par les ascèses, les jeûnes et les prières, tu as acquis auprès de Dieu une grande assurance. Ne cesse pas d’intercéder pour nous Chrétiens pécheurs et déjà condamnés. Gloire à Celui qui par toi est glorifié, Gloire à Celui qui t’a rendu fort, gloire à Celui qui par ton ascèse nous a tous illuminés.

TRISAGION

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ( trois fois).
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit ; maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.
Très Sainte Trinité, aie pitié de nous !
Seigneur, remets nos péchés !
Maître, pardonne nos iniquités !
Saint, visite et guéris nos infirmités, à cause de Ton Nom !
Kyrie eleison, Kyrie eleison, Kyrie eleison.
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit ; maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.
Notre Père qu es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne arrive, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel et remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs ; et ne nous soumets pas à l’épreuve, mais délivre-nous du Malin. Amen.

Ecténie

Aie pitié de nous, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde, nous T’en prions, exauce-nous et prends pitié de nous.
Kyrie eléison ( trois fois).
Prions encore pour tous les Chrétiens pieux et Orthodoxes.
Prions encore pour notre Archevêque …, pour notre Evêque …, pour tous nos frères, prêtres, hiéromoines, diacres, moines, et pour toute notre fraternité en Christ.
Prions encore pour obtenir miséricorde, paix, santé, salut, visite et rémission des péchés des serviteurs de Dieu qui habitent cette ville ( ou ce saint monastère) ;
Prions encore pour les bienheureux fondateurs des saintes églises de Dieu dont la mémoire est éternelle, pour nos pères et frères défunts qui reposent pieusement près d’ici ou partout ailleurs.
Prions encore pour tous ceux qui offrent des fruits et font le bien en cette sainte et vénérable église, pour tous ceux qui y travaillent, y chantent et pour tout le peuple ici présent qui attend de Dieu sa riche et abondante miséricorde.
Car tu es un Dieu miséricordieux et ami de l’homme et nous Te rendons gloire, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles.
Amen.

RENVOI

Gloire au Père…
Kyrie eléison ( trois fois).
Bénis Seigneur.
Que Celui qui est ressuscité des morts le Christ notre Dieu véridique, par les prières de Sa toute pure Mère, la puissance de la vénérable et vivifiante Croix, l’intercession des puissances incorporelles, célestes et vénérables, par les supplications de l’illustre Prophète, Précurseur et Baptiste Jean, des Saints illustres et glorieux Apôtres, de Saint Patapios dont nous célébrons la mémoire, des Saints et justes ancêtres de Dieu Joachim et Anne et de tous les Saints, aie pitié de nous et nous sauve, Lui qui est Bon et Ami de l’homme.
Par les prières de nos Pères Saints, Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

TON 2

O Saint Patapios, protège-nous de l’ennemi. Eloigne de nous les embûches et ses attaques. Garde-nous des périls et des tribulations. Fais que, protégés par toi, nous échappions à ses griffes et demeurions indemnes. Devant le Christ notre Dieu, tu jouis d’une grande assurance. Implore pour nous tous la rémission des péchés et prie sans te lasser afin que nous vivions dans la tranquillité. Le corps de Saint Patapios, tel une source de miracles, fait jaillir maintenant, pareils aux flots du Nil, des flots de guérison pour tous ceux que malmènent des maladies cruelles ou les amers tourments de l’existence. Aussi nous hâtons-nous, Patapios, de tomber à tes genoux, et entre nos sanglots nous te crions : des maladies, des épreuves, et des afflictions de mille espèces, délivre, ô Saint tes serviteurs.


DISTIQUE

Saint Patapios, accueille la supplication
Que Gérasime, du fond de son cœur, t’adresse.





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