mercredi 5 janvier 2011

La Lumière du Thabor n°9. Mgr Léonty, Archevêque du Chili.

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Mgr Léonty, Archevêque du Chili


L’archevêque Léonty du Chili, vrai confesseur et zélote de la foi orthodoxe, a été le triple témoin des luttes de l’Eglise des Catacombes, des Vrais Chrétiens Orthodoxes (VCO) de Grèce et de l’Eglise Russe à l’Etranger (ERHF).

Il est né en 1907, à Kiev, dans une famille pauvre et pieuse, dont le lointain ancêtre était saint Athanase de Brest qui souffrit au XVIIème siècle le martyre des mains polonaises et jésuites.

Dès son enfance, le futur Mgr Léonty aimait chan­ter à l’Eglise et voulait consacrer sa vie au Christ. Quand la révolution bolchevique atteignit Kiev, il était déjà un enfant spirituel du célèbre monastère des grottes de Kiev. Il fut arrêté, mais l’origine pauvre et « prolétarienne » de sa famille était une petite garantie auprès des communistes qui lui proposèrent même une carrière dans un opéra. Mais, décidé à servir la sainte Eglise orthodoxe, il devint novice à la Laure de Kiev. Ainsi il connut et protégea autant qu’il le put les moines et les hiérarques réfugiés dans ce monastère ; il sauva en particulier la vie de l’évêque Parthène.

Après la liquidation définitive de la Laure des Grottes de Kiev, il se rendit à Moscou, où les cours de l’académie de théologie se déroulaient dans des conditions très difficiles, dans les appartements des professeurs. Il rencontra là de nombreux évêques et des prêtres qui se cachaient. Protégé par son statut officiel de membre du prolétariat, il put établir des contacts entre divers confesseurs isolés les uns des autres. Il se rendit ainsi à Sarov, à Diviyevo, à Novgorod ; il vit le monastère de Rostov ruiné par le pillage et détruit par le vandalisme, les reliques éparpillées et le clergé humilié. Il fut le témoin des angoisses douloureuses de la sainte Russie, il entendit les lamentations des saints hiérarques, les prophéties des fous en Christ, les pleurs des mères sur leurs enfants ; mais le plus admirable est que loin de tomber dans le désespoir, il rendait gloire à Dieu, comprenant que le temps des martyrs était à nouveau présent et qu’il fallait être plein de joie spirituelle.

Témoin et membre secret de l’Eglise des Catacombes, il ne put lui-même échapper à la persécution au moment des grandes purges. Arrêté trois fois, il connut en prison les hiérarques qui célébraient secrètement la liturgie et qui se servaient du dos des prisonniers destinés au martyre en guise de reliques ; avec ces grands hiérarques il concélébra la liturgie.

S’il put sortir de prison, ce fut pour se cacher dans un grenier, sans bouger de la journée pour ne pas éveiller les propriétaires, se déplaçant seule­ment la nuit ; il vécut ainsi de longs mois dans ces conditions de vie incroyables.

En 1941, quand les Allemands arrivèrent en Russie occidentale, la liberté de culte fut rétablie ; se trouvant alors en Biélorussie, le père Léonty – alors archimandrite – fut consacré évêque, dans la Laure célèbre de Pochaev. Entre 1941 et 1943 où il dut passer à l’Ouest, Mgr Léonty consacra trois cents prêtres et de nombreux évêques.
Il ouvrit des centaines d’églises, tant son enthousiasme et son amour pour tous entraînaient le peuple.

En Occident il continua dans le même esprit son œuvre apostolique, en Autriche, en Allemagne puis surtout au Chili où il fonda un monastère d’hommes et une communauté de femmes doublée d’un orphelinat.

A Paris, Mgr Léonty rencontra l’Archevêque Jean Maximovitch (de Shanghai et de San Francisco) en qui il reconnut un saint contemporain et qu’il défendit toujours avec amitié et respect.

Mais son rôle ecclésiastique le plus important est lié au voyage qu’il effectua en Grèce. Là, il reconnut que la lutte des Vrais Chrétiens Orthodoxes (les VCO, ceux qui gardaient fidèlement le seul calendrier orthodoxe Julien, appelés péjorativement, par les « nouveaux calendaristes » : vieux-calendaristes) contre le modernisme et l’œcuménisme était identique à celle de l’Eglise russe des Catacombes.

Voyant que l’Eglise grecque, persécutée par le gouvernement civil et par l’Eglise grecque nouvelle-calendariste et oecuméniste, n’avait plus d’évêques, il ordonna, pour les « vieux-calendaristes » des hiérarques, et il établit ainsi de fait un lien profond entre les Vrais Chrétiens Orthodoxes de Grèce (VCO) et l’Eglise Russe Hors-Frontières (ERHF).

Monseigneur Léonty est mort en 1971, cinq ans jours pour jours après l’Archevêque Jean Maximovitch. Sur sa tombe se sont produites plusieurs guérisons miraculeuses.

Défenseur des martyrs, lien entre les confesseurs russes et grecs, Mgr Léonty, par son témoignage unique, a donné l’exemple d’une conscience univer­selle de la Foi Orthodoxe. Que sa mémoire soit éternelle ! Amen.

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